‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 64 sur 208 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

terrible, comme cehti d’un coup de poinij ou d’un fort soufflet donné sur la table.

« 2. Chocs cl coups frappés contre les chaises des voisins du médium, parfois assez forts pour faire tourner la chaise avec la personne. Quelquefois , cette personne se soulevant, sa chaise était retirée.

« 3. Transport sur les tables d’objets divers, tels que des chaises, des vêtements et d’autres choses, quelquefois « éloignés de plusieurs mètres » et pesant « plusieurs kilogrammes. »

« 4. Transport dans l’air d’objets divers, d’instruments de musique, par exemple, percussions et sons produits par ces objets.

<( 5. Transport sur la table du médium, avec là chaise sur laquelle il était assis.

« 6. Apparitions de points pjliosphorescents de très courte durée [une fraction de seconde) et de lueurs, notamment de disques lumineux, qui soiivent se dédoublaient, d’une durée également très courte.

« 7. Bruit de deux mains cqui frappaient en l’air Tune contre l’autre.

« 8. Souffles d’air sensibles, comme un léger vent limité à 2in petit esjjace.

« 9. Attouchements produits par une main mystérieuse , soit sur les parties vêtues du corps, soit sur les parties nues [visage et mains), et, dans ce dernier cas, on éprouve exactement cette sensation de contact et de chaleur que produit une main humaine. Parfois, -on perçoit réellement de ces attouchements qui produisent un bruit correspondant .

U 10. Vision d’une ou deux mains projetées sur un papier phosphorescent ou une fenêtre faiblement éclairée.

U 11. Divers ouvrages eff ectués par ces mains : nœuds faits et défaits, traces de crayon [selon toute apparence) laissées sur une feuille de papier ou autre part. Empreintes de ces mains sur une feuille de papier noircie.

« 12. Contact de nos mains avec une figure mystérieuse « qui n’est certainement pas celle du médium. »

« Tous ceux qui nient la possibilité des phénomènes médianimiques essaient d’expliquer ces faits, en supposant que le

DOCTniNES DE l’ÉCOLE DE PARIS.

médium a la faculté (déclarée impossible par le professeur Richet) de voir dans l’obscurité complète oh se faisaient les expériences, et que celui-ci, par un babile artilicc, en s’agitant de mille manières dans l’obscurité, finit par faire tenir la même main par ses deux voisins, en rendant l’antre libre, pour produire les attouchements. Ceux d’entre nous qui ont eu l’occasion d’avoir en garde les mains d’Eusapia sont obligés d’avouer que celle-ci ne se prêtait assurément pas à faciliter leur surveillance et à les rendre à tout instant sûrs de leur fait.

« Au moment où allait se produire quelque phénomène important, elle commençait à s’agiter de tout son corps, se tordant et essayant de délivrer ses mains, surtout la droite, comme d’un contact gênant. Pour rendre leur surveillance continue, ses voisins étaient obligés de suivre tous les mouvements de la main fugitive, opération pendant laquelle il n’était pas rare de perdre son contact pendant quelques instants, juste au moment où il était le plus désirable de s’en bien assurer. Il n’était pas toujours facile de savoir si l’on tenait la main droite ou la main gauche du médium.

« Pour cette raison, beaucoup des manifestations très nombreuses, observées dans l’obscurité, ont été considérées comme d’une valeur démonstrative insuffisante, quoique en réalité probable; aussi les passerons-nous sous silence, exposant seulement quelques cas sur lesquels on ne peut avoir aucun doute, soit à cause de la certitude du contrôle exercé, soit par l' impossibilité manifeste qu’ils fussent l’œuvre du médium.

« a. Apports de différents objets pendant que les mains du médium étaient attachées à celles de ses voisins.

« Pour nous assurer que nous n’étions pas victimes d’une illusion, nous attachûmes les mains du médium à celles de ses deux voisins, au moyen d’une simple ficelle de 3 millimètres de diamètre, de façon que les mouvements des quatre mains se contrôlassent réciproquement.

« L’attache fut faite de la façon suivante : autour de chaque poignet du medium, ou fit trois tours de ficelle^ sans laisser de jeu, serrés presque ag point de lui faire mal, et ensuite on fit

CHAI'ITUE II.

deux fois un nœud simple. Ceci fait, une sonnetle fut placée sue une chaise, i\ droite du inédinin. On fit la chaîne et les mains du médium furent, en outre, tenues comme d’habitude, ainsi que ses pieds. On fit l’obscurité, en exprimant le désir que la sonnette tintât immédiatement, après (pioi nous aurions détaché le médium. Immédiatement , nous entendîmes la chaise se renverser, d’écrire une courbe sur le sol, s’approcher de la table et bientôt se placer sur celle-ci. La sonnette tinta, puis fut projetée sur la table. Ayant fait brusquement la lumière, on constata que les nœuds étaient dans un ordre parfait. 11 est clair que l’apport de la chaise n’a pu être produit par l’action des mains du médium, pendant cette expérience, qui ne dura en tout que dix minutes.

« b. Empreintes de doigts obtenues sur du papier enfumé.

« Pour nous assurer que nous avions vraiment affaire à une main humaine, nous fixâmes sur la table, du côté opposé à celui du médium, une feuille de papier noirci avec du noir de fumée, en exprimant le désir que la main y laissât une empreinte, que la main du médium restât propre, et que le noir de fumée fût transporté sur l’une de nos mains. Les mains du médium étaient tenues par celles de MM. Scbiaparelli et Du Prel. On fit la chaîne et l’obscurité; nous entendîmes alors une main frapper lég'èrement sur la table, et bientôt M. Du Prel annonça que sa main gauche, qu’il tenait sur la main droite de M. Finzi, avait senti des doigts qui la frottaient.

« Ayant fait la lumière, nous trouvâmes sur le papier plusieurs empreintes de doigts et le dos de la main de M. Du Prel teint de noir de fumée, les mains du médium, examinées immédiatement, ne portaient aucune trace. Cette expérience fut répétée trois fois, en insistant pour avoir une empreinte complète; sur une seconde feuille, on obtint cinq doigts et sur une tioisième, l’empreinte d’une main gauche presque entière. Après cela, le dos de la main de M. Du Prel était complètement noirci et les mains du médium parfaitement nettes.

« c. Apparition de mains sur un fond légèrement éclairé.

« Nous plaçâmes sur la table un carton enduit d’une substance phosphorescente (sulfure de calcium) et nous en plaçâmes

DOCTIUNKS DE l’ÉCOLE DE PAHIS.

d’autres sur des chaises, eu diü'éreuls points de la chambre. Dans ces conditions, nous vîmes très bien Je profil d’une main (pii se posait sur le carton de la table et sur le fond formé par les autres cartons; on vit J’ombre de la main passer et repasser autour de nous.

« Le soir du 21 septembre, l’im de nous vit, à plusieurs reprises, non pas une, mais deux mains à la fois se projeter sur la faible lumii'-re d’une fenêtre, fermée seulement par des cai’reaux (au dehors il faisait nuit, mais ce n’était pas l’obscurité absolue); les mains s’agitaient rapidement, pas assez pourtant pour que nous n’en pussions distinguer nettement le profil. Elles étaient complètement opaques et se projetaient sur la fenêtre, en silhouettes absolument noires. Il ne fut pas possible aux observateurs de porter un jugement sur les bras auxquels ces mains étaient attachées, parce qu’une petite partie seulement de ces bras, voisine du poignet, s’interposait devant la faible clarté de la fenêtre, dans l’endroit où l’on pouvait l’observer.

« Ces phénomènes d’apparition simultanée de deux mains sont très significatifs, parce que l’on ne peut les expliquer par l’hypothèse d’une supercherie du médium qui n’aurait pu, en aucune façon, en rendre libre plus d’une seule, grâce à la surveillance de ses voisins. La même conclusion s’applique au battement des deux mains l’une contre l’autre, qui fut entendu plusieurs fois dans l’air, pendant le cours de nos expériences.

« d. Enlèvement du médium sur la table,

« Nous plaçons parmi les faits les plus importants et les plus significatifs cet enlèvement, qui s’est effeetué deux fois, le 23 septembre et Je 3 octobre : le médium, qui était assis à un bout de table, faisant entendre de grands gémissements, fut soulevé avec sa chaise et placé avec elle sur la table, assis dans la même position, ayant toujours les mains tenues et accompagnées par ses voisins.

« Le soir du 28 septembre, le même médium, tandis que ses deux mains étaient tenues par MM. Richet et Lombroso, se plaignit de mains (|ui le saisissaient sous le bras, puis, dans un état de transe, il dit d’une voix changée, qui est ordinaii-e

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dans cnl état : « Mainlcnanl:, j’aj)])oiie mon niédiimi sur la table. » Au bout de deux ou ti-ois secondes, la chaise avec le luédiuiu (jui y était assis fut, non pas jetée, mais soulevée avec précaution et déposée sur la labié, taudis (jue MM. Iticbet et Lombroso sont sûrs de n’avoir aidé en rien A celle ascension par leurs propres eflorts. Après avoir parlé, toujours en état de transe, le médium annonça sa descente, et M. Finzi s’étant substitué à M. Lombroso, le médium fut déposé à terre avec autant de sûreté et de précision, tandis (pic MM. Richet et Finzi accompagnaient, sans les aider en rien, les mouvements des mains et du corps et s’intei'rogeaient à chaque instant sur la position des mains. ; j

« En outre, pendant la descente, tous deux sentirent, à plusieurs reprises, une main cpii les touchait légèrement sur la tête. Le soir du 3 octobre le même phénomène se renouvela -.i dans des circonstances assez analogues, MM. Du Prel et Finzi se tenant à côté du médium. ’ i l

« e. Attouchements.

« Quelques-uns méritent d’ètre notés, particulièrement, cause d’une circonstance capable de fournir quelque notion \ intéressante sur leur origine possible; et d’abord, il faut notery les attouchements qui furent sentis par les personnes placées J; hors de la portée des mains du médium. >;

(( Ainsi, le fi octobre, M. Geroza, qui se trouvait à la distance ? de trois places du médium (environ l mètre), ayant élevé la ? main pour qu’elle fût touchée, sentit plusieurs fois une main ,■ qui frappait la sienne pour l’abaisser, et comme il persistait, j il fut frappé avec une trompette, qui, un peu auparavant, avait rendu des sons en l’air...

« En second lieu il faut noter les attouchements qui constilent des opérations délicates, qu’on ne peut faire dans l’obsarité avec la précision que nous leur avons remaiapiée.

« Deux fois (16 et 21 septembre), M. Schiaparelli eut ses mettes enlevées et placées devant une autre personne sur la ible. Ces lunettes sont fixées aux oreilles au moyen de deu^ essorts, et il faut une certaine attention pour les enlever, lême pour celui qui opère en pleine lumière. Elles furent

DOCTUINKS DK l’kCDLE DK l'AlllS.

pourtant enlevées, tlans rohscurité complète, avec tant de délicatesse et de promptitude, (juc ledit expérimentateur ne s’en aperçut c|u’cu ne sentant ])lus le contact habituel de ses lunettes sur son nez, sur les tempes et sur les oreilles, et il dut se tâter avec les mains pour s’assurer quelles ne se trouvaient plus â leur place habituelle.

« Des effets analogues résultèrent de beaiiconp d’autres attouchements, exécutés avec une excessive délicatesse, par exemple, lorsqu’un des assistants se sentit caresser les cheveux et la barbe. Dans toutes les innombrables manœuvres exécutées par les mains mystérieuses, il n’y eut jamais à noter une maladresse ou un choc, ce qui est ordinairement inévitable pour qui opère dans l’obscurité. . .

« /. Contacts avec une ligure humaine.

« L’un de nous, ayant exprimé le désir d’ètre embrassé, sentit devant sa propre bouche le bruit rapide d’un baiser, mais non accompagné d’un contact de lèvres : cela se produisit deux fois (21 septembre et 1" octobre). En trois occasions différentes il arriva à l’un des assistants de toucher une figure humaine ayant des cheveux et de la barbe ; le contact de la peau était absolument celui de la figure d’un homme vivant, les cheveux étaient beaucoup plus rudes et hérissés que ceux du médium, et la barbe, au contraire, paraissait très fine 5 et 6 oct.).

« h. Expériences de Zœllner sur la pénétration d’un solide à travers un autre solide.

« On connaît les célèbres expériences par lesquelles l’astronome Zœllner a tenté de prouver expérimentalement l’existence d’une quatrième dimension de l’espace, laquelle, d'après sa manière de voir, aurait pu servir de base à une théorie acceptable de beaucoup de phénomènes médianimiques.

« Quoique nous sachions bien que, d’après une opinion très répandue, Zœllner a pu être victime d’une mystification fort habile*, nous avons cru très important d'essayer une partie de ses expériences, avec l’aide de Eusapia. Une seule d’entre

1. Opinion qui a cours aussi en ce qui concerne Croockes... Elle est si commode! Grâce à elle, on évite si aisément les courbatures cérébrales que l’on attraperait, à vouloir réfléchir sérieusement sur ces histoires-là!

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elles, qui aurait réussi, avec les précautions voulues, nous aurait récompensé avec usure de toutes nos peines et nous aurait donné une preuve évidente de la réalité des faits médianimiques, môme aux yeux des contradicteurs les plus obstinés. Nous avons essayé successivement trois des expériences de Zœllner, savoir ;

« 1“ L’entrecroisement de deux anneaux solides (de bois ou de carton), auparavant séparés;

« 2“ La formation d’un nœud simple sur une corde sans fin ;

« 3“ La pénétration d’un objet solide de l’extérieur à l’intérieur d’une boite fermée, dont la clef était gardée en main sûre*. Aucune de ces tentatives n’a réussi. 11 en fut de même d’une autre expérience qui aurait été non moins probante, celle du moulage de la main mystérieuse dans la paraffine fondue. i

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