‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 75 sur 208 · Liébault, loc. cit., p. 25, édition de · texte numérisé non relu

Liébault, loc. cit., p. 25, édition de

CHAPITHK III.

l’exlérieur : le prciniei- s’isole de tout ce qui se passe autour de lui ; le second reste en i-apport avec l’opérateur, parce qu’en s’endormant, son attention reste fixée sur l’iiypnotiseur.

11 est évident, d’après ce qui vient d’ètrc dit, (pie Liébault considère le soniineil liypnotiijue comme dO purement à la suggestion.

Il admet deux sortes fondamentales de sommeils : le sommeil léger et le sommeil profond.

Le sommeil léger comprend, d’après lui, ejuatre degrés : degré. — Somnolence, torpeur, pesanteur de tête, difficulté à soulever les paupières.

3° degré. — Commencement de catalepsie. Le sujet peutj encore faire des mouvements si on l’en défie. j

degré. — Catalepsie, aptitudes à exécuter des mouvements j automatiques, le sujet ne peut arrêter l’automatisme rotatoire . suggéré.

4^ degré. — Catalepsie, automatisme rotatoire, le sujet ne i peut porter son attention que sur l’hypnotiseur et ne se rappelle ; au réveil que ce qui s’est passé entre lui et l’opérateur.

Le sommeil profond comprend deux degrés :

Z" degré. — Sommeil somnambulique avec amnésie au réveil et hallucinabilité pendant le sommeil.

degré. — Sommeil somnambulique avec amnésie au réveil et hallucinabilité intra et post-hypnotique.

Telles sont les idées émises jîar Liébault, idées qui furent le point de départ des recherches de Bernheim et qui servirent de base à l’édification des théories de l’Ecole de Nancy.

Bernheim’ développa et étendit considérablement la théorie suggestive de Liébault. Pour lui, il vaudrait mieux supprimer complètement le mot hypnotisme, et le remplacer par état de suggestion. Le sommeil, ou l’idée du sommeil n’est en effet pas nécessaire pour qu’il y ait influence hypnotique : on peut, par simple suggestion, cataleptiser, insensibiliser, automatiser

i. Bernheim, La suggestion dans l'étal hypnotique, 1884.

doctrines de l’école de NANCY.

nit^me un sujet éveillé, ayant toute sa conscience, comme on peut renclonnic en lui ordonnant ; « N’ai-je pas démontré ainsi, dit Bernheim' , que le sommeil, ou l’idée du sommeil n’est lui-mènie qu’un des phénomènes obtenus pai‘ l’inlluence hypnotique, au môme titre que la catalepsie et riiallucination, mais que ce phénomène, sommeil, n’est pas le prélude obligé, ni le mécanisme générateur des autres?... il y a hypnose sans sommeil, tous les phénomènes de l’hypnotisme existent sans sommeil.

« Qu’est-ce d’ailleurs que le sommeil? comment peut-on le caractériser? Par l’immobilité du corps, la résolution des membres, l’occlusion des yeux, le souvenir des rêves ou l’amnésie? Mais ces signes se rencontrent dans une foule d’états tels que, l’apoplexie, l’épilepsie, etc. Tant que l’on ne connaîtra pas ce qu’est le sommeil physiologique on ne pourra dire si le sommeil apparent de l’hypnotisé est toujours un sommeil réel». D’après Bernheim^, beaucoup de sujets ne dorment pas, mais croient dormir parce qu’on le leur affirme : « c’est donc restreindre singulièrement la conception du mot hypnose, c’est méconnaître la nature réelle du phénomène que de le définir par sommeil provoqué. »

« Si l’on veut conserver le mot hypnose, état hypnotique, nous le définirons ainsi : état psychique particulier susceptible d’être provoqué, qui met en activité ou exalte à des degrés divers la suggestibilité, c’est-à-dire l’aptitude à être influencé par une idée acceptée par le cerveau et à la réaliser®. »

Les phénomènes hypnotiques ne sont que des phénomènes de suggestibilité ; l’auteur reconnaît que le sommeil facilite singulièrement la suggestion, mais il croit que le sommeil, qu il soit naturel ou provoqué, n’agit qu’en atténuant l’initiative intellectuelle, en concentrant l’activité cérébrale sur les phénomènes d’automatisme. Dans certains cas, le sommeil peut même créer la suggestibilité, mais il faut bien comprendre que ce sommeil n’est pas nécessaire pour produire la suggestion.

1. Bernheim, Uypnolisnie, sugcfeslion, psychothérapie ^ 1891.

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