Ip., ibid., p
doctrines de l’école de NANCY.
Mais le sommeil ne se présente pas toujours sous le même aspect : on peut obtenir un sommeil artificiel sans profondeur, pendant leipiel les sujets s’éveillent au moindre bruit et ont encore une conscience nette; ils se rappellent, au réveil, ce qui s’est passé pendant leur sommeil. Les dormeurs profonds, au contraire, présentent l’amnésie pour tout ce qui s’est passé pendant leur sommeil ; il n’y a plus de liaison psychique, il y i a solution de continuité du sommeil à la veille. Eh bien ! d’après Liébault, tous ces phénomènes, on les constate chez les dormeurs ordinaires : sommeil léger avec conservation du . souvenir des rêves et sommeil profond avec amnésie au réveil.
I « D’après ce coup d’œil jeté au vol sur le sommeil, dit Liébault', il ressort que, de quelque manière qu’il naisse, il se présente sous deux aspects : ou il est profond, ou il est léger.
! Profond, il se manifeste de deux façons : par suite de l’arrêt ou du ralentissement de l’attention sur des idées, il y a abolition des fonctions des sens et du système locomoteur ; ou bien ] pendant la pensée, entrant en mouvement avec l’énergie pro- I portionnelle à sa concentration, certains sens et certaines parties du système musculaire se mettent à son service, et il en résulte le rêve en action, si étrange, connu sous le nom de somnambulisme. Dans l’im et dans l’autre cas, il y a perte de souvenir au réveil. Quand, au contraire, le sommeil est léger,
; les sens ne sont pas fermés, ils ne sont qu’affaiblis et les I muscles qu’appesantis. C’est qu’aussi, dans cette forme, l’atten- ! tion, peu accumulée au cerveau, est encore stimulée par les ^ sensations, et, consécutivement, la pensée, ralentie, est moins concentrée que dans la forrne précédente, et elle a, de plus, j moins d’effet sur l’organisme; les rêves ne s’y traduisent I jamais par des mouvements réguliers, pai’ce que les idées sont moins nettes, moins bien formulées, plus changeantes et exprimées avec moins d’énergie. Ce sommeil laisse toujours dans la mémoire le souvenir des rêves que l’on a faits, principalement de ceux qui devancent le sommeil. »
Le dormeur ordinaire s’endort par auto-suggestion, tandis que le dormeur artificiel s’endort par une suggestion venant de