Beaunis, loc. cit., p
DOCTRINES DE l’ÉCOLE DE NANCY.
L’auteur est frappé de la forte proportion des somnambules dans l’enfance et dans la jeunesse; il fait remarquer qu’aucun sujet au dessous de 14 ans n’a été réfractaire; dans la vieillesse, le nombre des somnambules décroît.
Beaunis se demande si l’on peut endormir quelqu’un sans qu'il soit prévenu qu’on veut l’endormir. Il est parvenu à hypnotiser des personnes en faisant des passes, à leur insu, par derrière; mais il ne considère pas ces expériences comme concluantes, ses mouvements ayant pu révéler sa présence aux sujets. Il est cependant porté à croire que l’on peut endormir Tine personne sans qu’elle le sache*.
Peut-on endormir une personne malgré elle? Bernheim répond négativement : « Le sommeil provoqué ne dépend pas de l’hypnotiseur, mais des sujets; c’est sa propre foi qui l’endort; nul ne peut être hypnotisé contre son gré, s’il résiste à l’injonction.^ »
Beaunis ne peut être aussi affirmatif, il croit qu’une personne peut être hypnotisée malgré elle, à condition d’avoir déjà été endormie précédemment.
Les zones hypnogènes.
Je serai bref pour ce qui concerne l’opinion de l’École de Nancy sur les zones hypnogènes ; il me suffira de mentionner ce passage de Bernheim^ pour en donner une idée : « Les prétendues zones hypnogènes n’existent pas en dehors de la suggestion, dit il. On peut les créer artificiellement chez tout sujet habitué à l’hypnose. Je touche un point quelconque de son corps, il s’endort, ou bien je crée certains points déter-