‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 89 sur 208 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

minés dont seul ralloiiclienienl l’endopl; j’en crée d’autres dont ralloncheinenl le réveille. Tout est, je le répète, dans les suggestions. »

Liébault, Liégeois, Lcaiinis et beaucoup d’autres auteurs encore sont du inômc avis, j’aurai l’occasion de mentionner plus loin les opinions de (juelques autres auteurs au sujet des zones bypnogènes.

État de la sensibilité et des fonctions intellectuelles chez

les hypnotisés.

a. L’état de la sensibilité varie considérablement suivant les sujets ; pour Bernheim, aucune règle ne peut être formulée. Certains sujets sont anesthésiques, d’autres ne le sont pas, les uns et les autres pouvant réaliser la catalepsie et les hallucinations. Bernheim ne reconnaît aucun rapport entre la profondeur du sommeil et l’anesthésie spontanée.

h. Pour ce qui concerne les troubles de la mémoire, Liébault j admet que lorsqu’il y a sommeil profond, il y a amnésie complète au réveil ; l’auteur explique cette amnésie par la concentratiou de l’activité nerveuse vers les centres inférieurs du cerveau, siège des facultés d’imagination ; l’étage supérieur étant engourdi, les sens ne fournissent pas d’impression au sensorium.

Pour Bernheim, l’amnésie au réveil est tout ce qu’il y a de plus variable ; parmi les sujets les uns se souviennent de tout, d’autres oublient tout, d’autres encore se rappellent imparfaitement. « L’amnésie du sommeil provoqué, dit-il', n’est du reste jamais absolue; les souvenirs sont latents, ils ne sont pas éteints. »

t. Beknhbim, loc. cü., p. 133.

DOCÏUINES DE l’ÉCOLE DE NANCY.

Dclbœuf a émis la même conclusion en 1884 : « L’absence du souvenir au réveil, dit-il, n’est pas un caractère essentiel du rêve hypnotique. »

U suffit d’ailleurs de suggérer le rappel des souvenirs poui* en provoquer la réapparition ; le sujet se concentre et bientôt raconte avec précision tout ce qui s’est passé (Beiinueim).

Beaunis admet que l’on peut résumer l’état de la mémoire dans les trois propositions suivantes* :

1" Le souvenir des états de conscience du sommeil provoqué est aboli au réveil , mais ce souvenir peut être ravivé par suggestion, soit temporairement, soit d’une façon permanente;

2° Le souvenir des états de conscience du sommeil provoqué réparait dans le sommeil hypnotique; mais ce souvenir peut être abhli par suggestion, soit temporairement, soit d’une façon permanente.

3" Le souvenir des états de conscience de la veille et du sommeil naturel persiste pendant le sommeil hypnotique; mais ce souvenir peut être aboli par suggestion, soit temporairement, soit d’une façon permanente.

c. Partant de ce principe qu’il n’y a pas d’état hypnotique spécial, qu’il n’y a que des suggestibilités diverses, Bernheim déclare qu’il n’y a pas d’état psychique particulier au sommeil hypnotique : « Tout est individuel, dit-iP... il n’y a que des suggestibilités intéressant les diverses fonctions motrices, sensitives, sensorielles, idéales, personnelles, accomplissement d’actes; chaque sujet présente ê l’égard de chacune de ces fonctions une impressionnabilité spéciale. »

Tel sujet est hallucinable sans présenter l’amnésie au réveil, tel autre est amnésique au réveil sans être hallucinable, un troisième est cataleptisable, etc.

Beaunis s’est demandé quel est l’état mental des hypnotisés ; il pense qu’il y a chez eux, repos absolu de la pensée tant que des suggestions ne sont pas faites. Quand, en effet, l’on demande à un sujet endormi : A quoi pensez-vous? Presque toujours il répond : A rien. « Il y a donc, dit l’auteur*, un

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