‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 92 sur 208 · Liébault, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Liébault, loc. cit., p

CIIAPITIIK 111.

Modifications de la respiration et de la circulation chez les

hypnotisés.

D’après Liébault, dans le soiiiiiieil profond, l’attention, en se concentrant au cerveau, entraîne une diminution des fonctions de la vie nutritive; les inouvements respiratoires deviennent moins frécpients, la circulation se ralentit et la température du corps baisse; cette sédation générale du système nerveu.x est précédée parfois d’une période d’excitation, pendant lacpielle la respiration est accélérée et gênée.

Bernheim n’insiste pas sur les troubles de la respiration et de la circulation chez les hypnotisés ; il semble ne pas admettre leur existence : « La respiration, dit-il, est calme et régulière, le pouls est normal. Lorsque vous constaterez, chez une personne hypnotisée pour la première fois, une respiration anxieuse ou haletante, un pouls accéléré, une face injectée et des secousses musculaires ou des tressaillements, soyez assuré que ces phénomènes n’appartiennent pas au fait même de l'hypnose, mais à l’émotion du sujet, impressionné par l’expérience ».

On peut, en effet, modifier la respiration et la circulation en suggérant à un sujet soit une vive frayeur, soit une émotion violente.

On pourrait même, d’après Beauuis, ralentir ou accélérer les battements du cœur par simple suggestion, en disant : « Votre cœur bat plus vite ou votre cœur bat moins vite. »

Il semblerait, d’après certaines recherches, que la volonté a une action directe sur les battements du cœur : Frei

dit avoir vu des personnes qui avaient la faculté d arrêter volontairement leur pouls, et le physiologiste Weber prétendit pouvoir interrompre à volonté les battements de sou cœur en

DOCTRINES DE l’ÉCOLE DE NANCY.

arrêtant sa respiration par la compression Je la poitrine : « Un jour, Jit-il, que j’avais retenu ma respiration nn peu plus qu’à l’ordinaire (certainement pas une minute entière), je perdis connaissance. Pendant que j’étais en cet état, les assistants remarquèrent chez moi quelques convulsions de la lace ; lorsque je revins à moi, j’avais perdu la mémoire de ce (jui s’était passé, et au premier moment, bien que mon pouls fiU I redevenu sensible, je ne pouvais me rappeler où j’étais. Je me suis souvenu ensuite que, lorsque je sentis venir la syncope, I je cessai de comprimer ma poitrine, et il est probable que si ) je ne l’avais pas faiU cela aurait eu des suites fâcheuses pour ^ moi, et que ma vie aurait peut-être été mise en danger. »

Un étudiant de Strasbourg-, nommé Ed. Weber, possédait aussi la faculté d’arrêter son cœur en faisant une aspiration I profonde, suivie de l’occlusion de la glotte, et de la contraction énergique des muscles expirateurs.

De même, certains individus peuvent accélérer voloutaire- I ment les battements de leur cœur. Tarchanolî cite le cas d’un étudiant, Eugène Salomé, qui pouvait accélérer à volonté les ' battements de son cœur ; le même auteur rapporte encore quelques cas semblables.

Ues faits font comprendre la possibilité des résultats obtenus i par Beaunis sous l’influence de la suggestion. Elisa F... étant éveillée, l’auteur lui applique sur l’artère radiale gauche le sphygmographe à transmission de Marey ; il recueille le tracé I des pulsations, puis il endort la malade par suggestion : le pouls est à 98.5. Il dit à Élisa : « Faites attention, votre cœur bat moins vite, moins vite, encore moins vite, etc. »

Les résultats sont consignés dans les tableaux suivants ; les chiffres indiquent le nombre des pulsations pour des périodes de 10 secondes.

A. — Avant le sommeil hypnotique .

— 15,7. En moyenne :

— 15,7. 16 pulsations pour 10 se-

— 15,8. ' coudes.

CHAPITRI5 IH.

Mouvement de la main.

90 pulsations par minute.

B. — Pendant le sommeil hypnotique .

En moyenne :

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