‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 109 sur 140 · PESTE MINES MINE · texte numérisé non relu

PESTE MINES MINE

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ÉCOLE DE NANCY

Liébault et Beaunis ont étudié la suggestion mentale: leurs expériences, bien conduites, paraissent prouver la réalité du phénomène. Voici le récit de l’une d’entre elles, fait par Beaunis à la Société de psychologie physiologique, en novembre 1885.

« Le sujet est un jeune homme, très bon somnambule, bien portant, un peu timide. Il accompagnait chez M. Liébault, sa cousine, très bonne somnambule aussi, et qui est traitée par l’'hypnotisme pour des accidents nerveux.

» M. Liébault endort le sujet et lui dit pendant son sommeil.

» À votre réveil vous exécuterez l'acte qui vous sera ordonné mentalement par les personnes présentes. »

» J'écris alors au crayon, sur un papier, ces mots : « Embrasser sa cousine. » Ces mots écrits, je montre le papier au D' Liébault et aux quelques personnes présentes, en leur recommandant de le lire des yeux seulement et sans prononcer, même des lèvres, une seule des paroles qui s’y trouvent et j'ajoute : À son réveil, vous penserez fortement à l'acte qu’il doit exécuter, sans rien dire et sans faire aucun signe qui puisse le mettre sur la voie. » |

» On réveille alors le sujet et nous attendons tous le résultat de l'expérience.

» Peu après son réveil, nous le voyons rire et se cacher la figure

dans ses mains, et ce manège continue quelque temps sans autre

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résultat. Je lui demande alors :

» Qu’avez-vous ?

— Rien.

— À quoi pensez-vous ? ».

Pas de réponse.

450 CHAPITRE XVII à

— Vous savez, lui dis-je, que vous devez faire quelque chose a 92 quoi nous pensons. Si vous ne voulez pas le faire, dites-nous au moins à quoi vous pensez.

— Non. 60

» Alors je lui dis: « Si vous ne voulez pas le dire tout haut, dites-le moi bas à l'oreille, » et je m’approche de lui. - F3 à

» À embrasser ma cousine, » me dit-il. 5 p

» Une fois le premier pas fait, le reste de la suggestion mentale.

s’accomplit de bonne grâce. 26

» Y a-t-il unesimple coïncidence ? Ce serait bien étonnant. At- La pu, pendant son sommeil, reconnaître le sens des paroles que J'écrivais à la façon dont je les écrivais sur le papier, ou a-t-il pu les voir ? C’est bien peu supposable. Enfin je suis sûr qu'aucune des personnes présentes na pu le mettre d’une façon JUÉOORESSS sur la voie de l’acte qu'il devait accomplir.

« Il y a là évidemment quelque chose qui bouleverse toutes les idées reçues sur les fonctions du cerveau et, pour ma part, jusquà ces derniers temps, j'étais parfaitement incrédule sur les faits de” 4 ce genre. Aujourd’hui, j'arrive à cette conviction qu’il ne faut pas. 5 A les repousser, les cas de réussite, quoique rares, étant trop nom-

la question de la suggestion mentale était posée devant la Société, j'ai cru pouvoir, quelque étranges que paraissent ces phénomènes, #. y apporter mon contingent. » : 0 Voici quelques faits observés par Liébault et Guaita. :a 1° Me Louise L.... endormie du sommeil magnétique, fut infor mée qu’elle allait avoir à répondre à une question qui lui sera faite É: mentalement, sans l'intervention d'aucune parole, ni d'aucun signe. € à Le Dr Liébault, la main appuyée au front du sujet, se recueillit un instant, concentrant sa propre attention sur la demande : « Quand serez-vous guérie ? » qu'il avait la volonté de faire. Les lèvres de la 4 somnambule remuèrent soudain, « Bientôt » murmura-t-elle dis Æ tinctement. On l’invita alors à répéter, devant toutes les person nes présentes la question, qu’elle avait instinctivement perçue. Elle ; la redit dans les termes mêmes où elle avait été formulée dans l es. £ prit de l’expérimentateur. k 20 M. de Guaita, s’élant mis en rapport avec la magnétisée, dui d

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posa mentalement une autre question : « Reviendrez-vous la semaine prochaine ? — « Peut-être ».fut la réponse du sujet: mais invité à communiquer aux personnes présentes, la question mentale, il répondit : « Vous m’avez demandé si vous reviendrez la semaine prochaine. » Cette confusion, portant sur un mot de la phrase, est très significative. On dirait que la jeune fille a bronché en lisant dans le cerveau du magnétiseur.

3 Le Dr Liébault, afin qu'aucune phrase indicative ne fût prononcée, même à voix basse, écrivit sur un billet: «Mademoiselle, en se réveillant, verra son chapeau noir transformé en Chapeau rouge. » Le billet fut passé d’avance à tous les témoins ; puis MM. Liébault et de Guaita posèrent en silence leur main sur le front du sujet, en

formulant mentalement la phrase convenue. Alors, la jeune fille, instruite qu'elle verrait dans la pièce, quelque chose d’insolite, fut réveillée. Sans une hésitation, elle fixa aussitôt son chapeau et, avec un grand éclat de rire, se récria. ;

Ce n’était pas son chapeau : elle n’en voulait pas. Il avait bien la même forme; mais cette plaisanterie avait assez duré ; il fallait lui rendre son bien.

« Maïs enfin, qu’y voyez-vous de changé ?

— Vous le savez de reste, vous avez des yeux comme moi.

— Maïs encore ? » S

On dut insister très longtemps pour qu’elle consentit à dire en quoi son chapeau était changé ; on voulait se moquer d’elle.

Pressée de questions, elle dit enfin :

Vous voyez bien qu’il est tout rouge. »

Comme elle refusait de le reprendre, force fut de mettre fin à . Son hallucination, en lui affirmant qu’il allait revenir à sa couleur

première. Le Dr Liébault souffla sur le chapeau, et redevenu le Sien à ses yeux, elle consentit à le reprendre.

« Peut-être y a-t-il, dit Beaunis, dans les faits cités, quelque con- . dition qui nous échappe et qui en donnerait une explication toute simple ; mais, jusqu’à nouvel ordre, et à moins de mettre en doute la bonne foi de ceux qui les ont observés, il est impossible de les nier. Il est certain, cependant, que ces phénomènes ne pourront entrer dans la science positive que le jour où on pourra les reproduire à volonté, et, par conséquent, quand on connaîtra les condi-

" ; * SEC ENS " ant #4 452 | ARS CHAPITRE xXVHL ï | | À tions de leur production. D'ici Ti il faut se contenter de les 1 n ot : | quand ils se présentent. »

| | Bernheïm est moins affirmatif que Liébault “ Beaunis. « Je ñ “ jamais vu la suggestion mentale, m ’a-t-il-dit, ie ne Ja nie PE mai je ne puis, non pus en certifier l'existence.

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DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

Voici l’opinion de quelques auteurs à ce sujet ; la question posée est: La Suggestion mentale existe-t-elle ? (1)...

DumonrPALLier (de Paris). « Je n’ai jamais réussi. »

Maror (de Paris). « ? » |

À. Voisin (de Paris). « La suggestion mentale n’existe pas. »

BRÉMAUD (de Brest). «J'ai cherché la suggestion mentale avec persistance, je n’ai rien vu qui me permette de croire par moimême à son existence. Je ne nie pas les expériences des autres à ce Sujet, je n’y crois que comme à un point d’ érudition ; je fais peut-être plus que douter. Si le sujet ne lit point dans la pensée,

il peut saisir et comprendre les moindres différences d’ attitude,

intonations de paroles, et cette suggestion involontaire peu produire des résultats étonnants. »

Prrres (de Bordeaux). « ? »

Luys (de Paris). « Nescio. »

Lagote (de Nashua-New -Hamspire). « That is an open question » (Je suis dans le doute, traduction littérale). »

LE MENANT DES CHesNais (de Ville-d’Avray). « J'ai vu des expériences publiques de suggestion mentale, je ne les ai pas comprises, et quant à moi, je n’ai jamais réussi dans mes essais, »

DE JonG (de la Haye). « Je ne crois pas à la suggestion mentale. »

G. Bazzer (de Paris). «Rien ne le Roue »

DÉJERINE (de Paris). —«Je ne crois pas à à la suggestion mentale. »

(1) Réponses à mon questionnaire.

Buror (de Rochefort). « Peut-être. »

SANCHEZ HERRERO (de Madrid). « Oui, très exceptionnelle. »

Davip (de Narbonne). « Elle existe. »

Ocaorowicz (de Varsovie). ( Oui, quoique, sur cent sujets, on en trouve à peine un seul capable de la manifester. La suggestion +: mentale involontaire et retardée est beaucoup plus fréquente, . mais alors peu démonstrative. mi]

JoirEe (de Lille). « Oui. »

Baron von Scmrexcx NorziG (de Munich). « Bien que j'aie pu observer à diverses reprises un certain nombre de phénomènes : appartenant à cette catégorie, ces faits ne sont pas encore suffisants. pour permettre de porter un jugement pour ou contre. »

La suggestion mentale mérite l'attention des savants, aussi ai-je M cru devoir exposer, avec assez de détails, les expériences qui sy rapportent ; leshommes qui s’en sont occupés et qui affirment son | existence sont trop connus pour que l’on puisse la nier à priori.

Cependant j'avoue, quant à moi, n’être pas fixé sur ce point. Tous les essais que j'ai faits sont restés infructueux ; de plus, les expériences réussies que j'ai rapportées précédemment, ne me pan raissent pas assez concluantes. Je crois, à l’exemple de Brémaud et de Bernheim, que le sujet peut comprendre la pensée, la flairer, en se basant sur une foule d'indices, qui ne nous frapperaient pas. mais qui suffisent à ces sujets exceptionnellement hypéresthésiés, 4 ; pour deviner la pensée. J'ai vu, comme Le Menant des Chesnais, de nombreuses expériences publiques de suggestion mentale, | mais, Contrairement à cet auteur, j'ai toujours pu trouver le truc». ‘1 souvent presque imperceptible, qui guidait le somnambule. Ces # expériences publiques ne sont pas sérieuses, elles réussissent grâce à un véritable alphabet conventionnel. | j ‘ X Ce reproche ne peut être fait aux expériences de Richer, ot ; rowicz, etc., mais si l’alphabet n’est pas conventionnel dans ce cas, | ne peut-il exister quand même, malgré la bonne foi del expéri- A mentateur ? "#4

C’est là une question que je ne puis résoudre, ainsi A 4 | non pas que je nie la suggestion mentale, mais queij’en doute fortement et que rien de bien précis ne prouve son existence. .

| ÉCOLE DE PARIS

Que faut-il entendre par phénomènes psychiques occultes ?

« Ce sont, dit Coste (1) des phénomènes contraires, en appa-

rence, à toutes les lois connues de la nature, inexplicables par les

données actuelles de la science, et qui se produisent, tantôt spon- tanément, tantôt par l’intermédiaire de certaines personnes. »

On remarque actuellement une tendance à faire entrer le merveilleux dans la science et cela grâce aux recherches et aux efforts de Croockes, de Gibier, de Luys, d'Ochorowicz. de de Rochas, de Richet, de Dariex, de Héricourt, de Beaunis, de Janet, de Lombroso, etc.

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(1) Cosre. Les phénomènes psychiqnes occultes. Montpellier, 1895, p.5.

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Toute étude un peu complète des phénomènes hypnotiques doit nécessairement comprendre l’étude des phénomènes psychiques

occultes.

Afin d'exposer les recherches scientifiques sur les phénomènes occultes, nous adopterons la classification de Richet (‘) et de Coste;

nous diviserons notre étude en sept groupes : 1° Les faits de télépathie ; 20 Les faits de lucidité ; 3° Les faits de pressentiments ; 30 Les mouvements d'objets matériels, non explicables par la mé-

canique normale ; T2

5° Les fantômes et apparitions se manifestant objectivement ; à 6° Les médiums ; k

7° Les théories émises pour expliquer les divers phénomènes occultes. E : 4

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