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expérimentateurs ont signalé ; — trompe-t-elle consciemment ou inconsciemment, peut nous importe ; ce qui est essentiel, c'est qu'elle cherche toujours à frauder, et que toujours, lorsqu'on a voulu la soumettre à des conditions d’expérimentation tout à fait rigoureuses, ou bien elle a refusé d'opérer, ou bien elle a échoué.
Dans une réponse aux rapporteurs de Cambridge (‘)}, M. Ochorowicz reconnaît que dans le champ des phénomènes médianiques, il faut distinguer :
LE
a) La fraude consciente; b) La fraude inconsciente :
à l'état de veille ; à l’état de sommeil. j c) La fraude partielle, automatique.
b) Le phénomène pur.
Médianisme inférieur.
Médianisme supérieur.
Les expérimentateurs de Cambridge ont tout attribué à la fraude consciente. M. Ochorowicz répond qu’au contraire, dans les expériences dont il a été témoin, il a reconnu L. existence de tous ces facteurs saui le premier.
Je ne crois pas qu'il y ait seulement fraude consciente de la part d’Eusapia ; ce médium étant une hystérique avérée, éminemment suggestible et hypnotisable, je crois que l’automatisme des centres inférieurs est chez elle exagéré au plus haut point, grâce à son état d’automatisme pathologique inhèrent à son état hypernévrosique. Il ne me paraît pas douteux que la fraude inconsciente entre pour une large part dans les phénomènes qu’elle provoque.
La fraude est donc indéniable et nous pouvons admettre, comme Cause du médianisme d’Eusapia, les catégories a, b et c signalées par Ochorowiez.
Mais la fraude consciente et la fraude inconsciente ne suffisent peut-être pas à elles seules pour provoquer les phénomènes occultes ;
il est encore un point sur lequel il faut attirer l’attention, et ce point
a été trop peu étudié jusqu'à présent: c’est l’automatisme chez les assistants.
Quoi, me dira-t-on, vous soupçonnez MM. Ochorowicz, de Rochas, Lombroso, Richet, von Schrenck-Notzing et tant d’autres d’avoir
(1) De Rocnas. L'Eatériorisation de la motricité, p. 219.
pu participer à l’accomplissement des phénomènes qu’ils voulaient étudier ! Et pourquoi pas ? Ne sont-ce pas des hommes comme les autres et leur centre psychique supérieur O n'est-il pas susceptible d’être absorbé par une pensée et de laisser agir leurs centres inférieurs ? |
Si ces savants se mettent autour d'une table en faisant la chaîne, dans la position cabalistique, cette table se met à tourner, à danser, à parler ! Ils reconnaissent que c’est grâce à leur automatisme psychologique que la table s’anime. Pourquoi, lorsqu'ils font la chaîne avec Eusapia, cet automatisme ne se manifesterait-il pas ? Et dans ces conditions, leurs centres psychiques inférieurs n’agissent plus seuls, leur rôle n’est plus que secondaire, puisqu'il se résout à aider le'médium, qui, lui, emploie tous les moyens pour arriver à son but. |
L'automatisme des expérimentateurs me paraît bien réel, et cet automatisme ne se borne peut-être pas à produire des phénomènes moteurs ; ne provoque-t-il pas aussi des phénomènes sensoriels, de véritables hallucinations collectives, dont on n'aura pas de peine à admettre l’existence dans les circonstances spécialement émouvantes et particulièrement merveilleuses dans lesquelles Eusapia Paladino opère.
Je crois donc que, pour expliquer scientifiquement les phénomènes occultes, il n’est pas nécessaire de bouleverser la science et d'admettre l’existence de forces fluidiques : les phénomènes que la fraude et l’automatisme du médium ne suffiraient pas à produire peuvent se manifester si l'on ajoute à ces deux facteurs l’automatisme des assistants. Si l’on voulait résumer en un tableau analogue à celui dressé par Ochorowiez, les causes des phénomènes médianiques, on signalerait les facteurs suivants :
La fraude consciente.
a Du pote du ) b) La fraude inconsciente (au: 7 Fraude etauts médium | tomatisme psychologique matisme et pathologique). (psychologi- At & \(c) L’automatisme psycholo- | ue et patho- Du côté des ) PSY | qu RÉ SLPATS LA BIQUE. logique).
+ Les L3
L'occultisme ne se borne pas aux expériences de mouvement d'objets matériels ; cette pseudo-science comprend encore : la télépathie, la lucidité, les pressentiments, les fantômes et les apparitions.
Je serai bref en ce qui concerne ces phénomènes, qui ne reposent que sur des faits très discutables et peu précis. La télépathie est la ( transmission à distance, sans aucun intermédiaire appréciable, d’une impression ressentie par un organisme À à un autre organisme B, sans que cet organisme B soit en rien prévenu (Ch. Richet) ».
La télépathie repose sur un nombre très grand de faits : mais, parmi ces faits, aucun n'est à l'abri de la crittque. L'ouvrage le plus sérieux paru jusqu'ici sur ce sujet est, sans contredit, celui de MM. Gurney, Myers et Podmore (‘), qui renferme une étude approfondie de la télépathie spontanée et de la télépathie expérimentale ; la première repose uniquement sur des récits, et la conviction que ces récits entraîne est fragile; la seconde, au contraire, devrait donner des résultats inébranlables, malheureusement l’expérimentation ne réussit pas bien: « Voyons ce que donne en pareille matière l’expérimentation, dit Ch. Richet dans son introduction. Eh bien, je ne crains pas de l’avouer, c’est assez peu de chose. Malgré tous nos efforts, nous n’avons pu, ni les uns ni les autres, démontrer rigoureusement qu'il y a suggestion mentale, transmission de la pensée, lucidité, sommeil à distance. La démonstration adéquate nous échappe ; Car, si nous l’avions, elle serait si éclatante qu’elle ne laisserait pas un incrédule. Hélas ! les démonstrations expérimentales sont assez faibles pour qu’il soit permis d’être incrédule. » Il ya des résultats presque concluants, mais les alchimistes aussi étaient presque arrivés à réaliser leur fameux expérimentum cructs ile.
Indépendamment du travail de Gurney et Podmore, la télépathie a donné lieu à de nombreuses publications ; il suffit de consulter les fascicules des Annales des Sciences psychiques pour trouver la relation d’une foule de faits de télépathie. Mais ces récits ne sont pas
(1) Gurey, Myers, PopMore, Les Hallucinations Télépathiques; traduit de
l'Anglais par ie Marillier, avec une préface de M. Ch. Richet, (Paris, Alcan, édi-
teur.)
plus concluants que ceux que l’on trouve relatés dans le livre des auteurs anglais :; la plupart même sont naïfs, ils contiennent des histoires enfantines et facilement critiquables. Prenons quelques faits au hasard. Le Dr Morisse raconte (‘) que, se trouvant avec sa mère dans la chambre voisine de celle où était le cadavre de son grand-oncele et causant de sa terrible agonie et des hoquets qui leur
avaient déchiré le cœur, ils entendent, à {a même seconde, deux ou
trois de ces hoquets venant de la chambre du défunt. Effrayés, ils se précipitent dans la chambre mortuaire et voient la religieuse baigner tranquillement le front du mort avec de l’eau bénite. L'auteur considère ce fait comme se rapportant à la télépathie. Mais c’est une simple hallucination semblable à celles que l'on observe journellement.
Mme de Manacéine (?) avoue avoir souvent des hallucinations. « ou
va sans dire, écrit-elle, qu'avec une vie subjective fortement développée, mon système nerveux me donnait de temps en temps des phénomènes hallucinatoires indépendants de ma volonté. » Elle voit des fleurs, des visages humains, et, presque continuellement, une étoile très brillante qui lui apparaît toujours précédant quelque succès (sic). Tel est l’état ordinaire de Mme de Manacéine, état
qu’elle dépeint naîivement avant de raconter qu’Alexandre III lui
est apparu quelques jours avant sa mort et que Rubinstein, qui a donné des leçons de piano à sa fille, s’est montré à elle quelques
jours avant de mourir! Comment peut-on considérer tout cela
comme se rapportant à la télépathie ?
Astère Denis (*) raconte qu’un de ses sujets, resté à Verviers, le voit lorsqu'il est à Paris et lui dit à son retour ce qu’il a fait pendant son voyage,
» {er cas de télépathie. — « Vous regardiez bien curieusement une femme, dit le sujet. lorsque vous étiez à Paris. »
Interloqué, je lui demande de préciser.
» Vous regardiez une femme qui faisait des roulades.
(4) D' Lucren Monisse. Hallucinations PARDAHEUEE (Ann. des sc. psych., 189,6, n° 5), p. 260.
(2) M" DE MaNassëine. Hallucinations prémonitoires (Ann. des sc. psych., 1896, n° 3), p. 129.
(3) AsrTÈRE Denis. Quelques phénomènes de télépathie (Ann. des sc. psych., 1896 ,n°.1)}:p.'1.
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» — Où cela dis-je. |
»— Dans une grande salle où il y avait assez de monde. Vous vous serviez de toutes sortes de verres pour examiner cette personne.»
» Ce détail est typique, dit M. Denis, car ne me fiant pas à mes lunettes, que je jugeai insuffisantes, je me suis servi de la lorgnette de mon compagnon, espérant parvenir plus sûrement à distinguer si Milk Polain était ou non le sujet de M. de Rochas.
» Cette chanteuse m’a-t-elle vu parmi les see ne ? reprls-je.
» — Non.
» — Qu'avez vous encore constaté ?
D + vous étiez avec une personne que vous estimiez beau- COUP. )
are un des cas de télépathie rapporté par M. Denis. Est-il besoin de le discuter ? Il ressemble tellement aux révélations des somnambules de foires, que l’on se demande comment un être bien pensant peut le considérer comme extraordinaire. Un provincial va-t-il à Paris sans aller au théâtre, sans entendre chanter, sans se servir de jumelles, et habituellement ne va-t-on pas au spectacle avec des personnes que l'on estime ?
» 2e cas de télépathie. — Je continuai l’interrogatoire.
» M'avez-vous vu à Paris ?
» — Oui, dans une longue rue ; vous marchiez vite, vous courriez presque.
» — Vous rappelez-vous de cette rue un détail qui puisse la faire reconnaître ?
» — Non, cette rue n’est ni belle ni laide. »
». Je suppose, dit M. Denis, qu’il s’agit de la rue de l’Université. Je l’ai parcourue entièrement du boulevard Salnt-Germain à la rue Jacob ; elle m'a semblé interminable, conséquence probable de ce que j'étais très pressé. »
Quelle naîveté ! Va-t-on à Paris sans parcourir une longue rue qui n’est ni belle ni laide? Et pour qui connaît M. Denis, est-il étonnant qe‘'il marche VE ? Mais continuons :
» 3e cas de télépathie. — Déjà fort RIRE, je ne cessai pas de questionner Aloud. | » Mavez-vous encore vu ailleurs ?
» — Oui, vous vous trouviez avec un monsieur qui faisait-force gestes devant une femme. Il tenait un objet dont Linnuence sur cette personne était grande. )
» Nul doute, dit M. Denis, ‘ s'agissait de M. de Rochas et a morceau de cire dans lequel il avait dissous les effluves de son sujet extériorisé. » |
» A quel étage étions-nous !
» — Vous n'étiez pas à un étage. »
Efiectivement, les expériences étaient faites au rez-de chaussée.
» — Décrivez-moi la chambre où nous nous tenions. » — Je n’ai distingué aucun détail.
» — Et moi, que faisais-je ?
» — Vous n’aviez, pas assez de vos yeux pour regarder 2»
Comme tout cela est vague et peu concluant ! le sujet savait fort bien que son hypnotiseur allait à Paris pour y assister à des expériences, peut-être même savait-il de quelles expériences il s’agissait, car il est probable que M. Denis les avait tentées sur Aloud
avant son départ. M. Denis, que je connais très bien, est convaincu
et sincère, mais il ne comprend pas que les sujets hypnotisés sont hyperesthésiés à un tel point qu'ils devinent une foule de choses en se basant sur des signes imperceptibles pour nous ; certes M. Denis n’a pas dit à Aloud qu’il allait à Paris y faire des expériences, mais ce sujet, qui est très intelligent, peut parfaitement l'avoir compris.
Je ne prétends pas pour cela que Mike Aloud est une trompeuse, mais je me défie, d’elle parce que je l’ai vue à l’œuvre et que j'ai constaté chez elle un automatisme véritablement pathologique.
Je ne puis m’arrêter à discuter les nombreux faits publiés dans
ces dernières années, maïs je puis affirmer qu'aucun n’est démonstratif, tous sont explicables par les facteurs suivants: coïncidence, hallucinations, automatisme psychologique et pathologique.
La lucidité se rapproche beaucoup de la télépathie ; cette dernière comporte un agent et un sujet, la lucidité n'implique que le sujet seul. La lucidité consiste dans la connaissance, pour un indi-
vidu À, d’un phénomène non perceptible par les sens normaux, en
dehors de toute transmission mentale.
Dire: >
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+ »* à he
Richet a fait de nombreuses expériences sur la lucidité : il enferme des dessins dans une enveloppe opaque et les fait décrire par un sujet. Sur cent quatre-vingts expériences, trente seulement ont réussi plus ou moins bien : aussi l’auteur conclut-il que la lucidité varie et qu’elle est fort incertaine. |
Comme pour la télépathie, il existe de nombreux cas de lucidité
spontanée ; mais il est difficile de se baser uniquement sur des affirmations de ce genre, pour se faire une opinion. Ici encore, je crois que la coïncidence, l’hallucination et l’automatisme psychologique et pathologique jouent un grand rôle.
Le pressentiment, c’est, d’après Richet, la prédiction d'un évènement plus ou moins improbable qui se réalisera dans quelque temps et qu'aucun des faits actuels ne permet de prévoir. Il n’existe aucune expérience se rapportant à ce phénomène ; on a bien mentionné des récits relatant des cas de pressentiment, mais ces récits sont discutables et sujets à caution.
En ce qui concerne les fantômes et les apparitions, on a mentionné des faits véritablement renversants ; maïs ici encore, lorsqu'on à voulu soumettre ces faits à une étude rigoureuse, on n’est arrivé à aucun résultat concluant ; comme précédemment, je crois que, pour expliquer ces phénomènes, il faut faire intervenir l’hallucination et l'’automatisme.
Parmi les phénomènes que nous avons englohés sous le nom d’occultisme scientifique, il n'en est donc pas un qui puisse être rigoureusement considéré comme étant d’une nature spéciale et mer- veilleuse.
Comme je l’ai dit plus haut, il est de notre devoir de nier leur origine occulte tant qu’elle ne sera pas prouvée scientifiquement. Le jour où les occultistes feront. comme on l'a fait pour l’hypnotisme et les rayons Rœntgen, des expériences bien précises et bien nettes, il n’y aura plus d’incrédules. Malheureusement, l’occultisme ne fait guère de progrès : certes, le groupe des occultistes est bien plus considérable qu'autrefois, mais les spirites sont aussi de plus en plus nombreux, et il semble que l'extension des recherches médianiques, qui se font actuellement dans tous les pays, devrait avoir pour conséquence de préciser de plus en plus les phénomènes occultes, de les rendre de plus en plus démontrables ; il n’en est
si Crot. M, à at j CP
eo
rien, puisque les expérimentateurs actuels ne sont pas même arri vés à atteindre les rêsultats obtenus par Crookes avec son célèbre
médium Home. D’un autre côté, l'étude du fonctionnement incons-
« . / : pts cient et automatique des centres nerveux inférieurs nous montre
de plus en plus comment les phénomènes occultes peuvent s’expli-
quer d’une facon relativement simple, sans qu’il soit nécessaire
de faire intervenir des forces inconnues et jusqu’à présent hypothétiques. Fe Je conclus en disant que la nature spéciale des phénomènes mer-
veilleux que l’on désigne sous la qualification d’occultes, n’est pas
rigoureusement prouvée et que les expériences et les faits sur les-. quels on se base pour affirmer l'existence de forces inconnues s’ex-
pliquent suffisamment par la fraude, l’automatisme psychologique et l’automatisme pathologique.
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VARIATION DE LA FORCE MUSCULAIRE ET DE L’ACUITÉ | AUDITIVE CHEZ LES HYPNOTISES
Beaunis s’est efforcé d'étudier les variations spontanées qui se manifestent sous l'influence du sommeil provoqué, dans la force musculaire et l’acuité auditive des sujets.
Pour mesurer la force musculaire, il s’est servi du dynamomètre de Mathieu: sur 242 cas, la force dynamométrique, PRSE pendant le sommeil, à été :
31 fois égale à celle prise avant le sommeil ;
41 fois plus grande ;
162 fois plus faible.
Donc, dans la majorité des cas, la force PE toile Lo diminue pendant le sommeil provoqué.
Sur ces 242 cas, la force dynamométrique, prise après le réveil, a été :
29 fois égale à celle prise avant le sommeil ;
114 fois plus grande ;
71 fois plus faible.
Donc dans la majorité des cas, la force dynamométrique aus mes après le réveil.
Si l’on compare la force dynamométrique prise après le réveil à celle prise pendant le sommeil, on voit que sur 225 cas, elle a été: 14 fois égale ; 168 fois plus grande ; 43 fois plus faible.
Donc, d’uné façon générale, la force dynamométrique est plus grande après le réveil que pendant le sommeil provoqné. Si l'on groupe les sujets d’après la DOAIORRE de leur sus on obtient des résultats analogues.
À. — Force dynamométrique prise pendant le sommeil, comparée à celle prise avant le sommeil.
Egale Supérieure Inférieure ToTAL DES CAS Sommeil léger 7 16 67 90 Sommeil profond 15 12 47 74 Somnambulisme 8 23 49 80
B. — Force dynamométrique prise après le réveil compar de à celle prise avant le sommeil. |
Egale Supérieure Inférieure TorTaL DES cas Sommeil léger 13 94 29 16 Sommeil profond 8 39 | TO 66 Somnambulisme Fr 99 24 66 C. — Force dynamométrique prise après le réveil, comparée à celle
prise pendant le sommeil.
Egale Supérieure Inférieure TOTAL DES Cas Sommeil léger 4 2 T1 73 Sommeil profond 1 64 102 80
Somnambulisme 9 40 4 À 6 60