I. — Tracé de la respiration
li. — Tracé des oscillations du membre, d'après CHARCOT.
Certains adeptes -de l'Ecole de Charcot ont modifié ces idées: premières. Tandis que cet auteur croit que les trois états hypnotiques peuvent se développer primitivement par les moyens hyp-
32 | CHAPITRE Il
nogènes, Luys (‘) pense qu’ils se succèdent toujours dans le même ordre : somnambulisme, catalepsie, léthargie ; la léthargie serait ainsi l’état le plus profond de l’hypnose. «(Certains sujets, dit Luys, brülent les états somnambuliques et cataléeptiques », c’est-à-dire qu'ils tombent tellement rapidement dans l’état léthargique qu'on
ne peut pour ainsi dire pas apercevoir les deux autres états par
lesquels ils ont passé. |
Nous avons entendu Luys développer ces idées dans ses leçons cliniques, à la Charité : il y montrait deux beaux sujets qui tombaient au commandement en état léthargique et qu’on pouvait
facilement faire revenir aux états précédents par certaines ma-
nœuvres.
Richer (?) à appelé l’attention sur un état qu’il appelle cata: leptoïde et qu’il ne faut pas confondre avec la catalepsie véritable : « À côté des cas que l’on pourrait appeler des cas types et réguliers, dans lesquels tous les symptômes offrent les caractères de précision sur lesquels nous venons d'insister, 1l en est d’autres moins parfaits, dans lesquels le sommeil hypnotique n'est plus susceptible d’être divisé en deux périodes distinctes : état léthargique avec hyperexcitabilité neuro-musculaire et état cataleptique. C'est une sorte d’état mixte qui paraît tenir des deux à la fois, et qui compte au nombre de ses manifestations, les symptômes cataleptoïdes dont ïl est question.»
Dans cet état cataleptoide, il n’y a généralement pas d’hyperexcitabilité neuro-musculaire, iles paupières sont ouvertes ou fermées, les yeux-ne se laissent pas ouvrir facilement ; la pupille fuit la lumière en se cachant, soit sous la paupière Supérieure, soit sous la paupière inférieure ; lorsqu'on arrive a ouvrir les yeux, la convulsion des globes oculaires empéche toute fixité du regard. Pour que l'attitude persiste, il faut souvent maintenir le membre pendant quelque temps, et lorsqu'on le lâche, il retombe bientôt de lui-même.
Le sommeil hypnotique, s’accompagnant des trois phases
(1) Luys. Leçons orales à la Charité. 1893.
(2) Ricuer. Etude clinique sur la grande hystérie ou histero-épilepsie. Paris,
classiques de Charcot, est appelé par Richer grand hypnotisme en opposition avec les états hypnotiques superficiels qu'il englobe sous le terme général de petit hypnotisme.
Pitres(‘) a également apporté d’importantes modifications au croquis hypnologique dressé par Charcot : il étudie un grand nombre d'états hypnotiques mixtes et frustes tels qu on les rencomtre habituellement : « Les trois grands stades de. l'hypnotisme, dit-il, Ia léthargie avec hyperexcitabilité neuro-musculaire, la catalepsie avec plasticité des membres et automatisme spinal, le somnanbulisme avec excitabilité cutanomusculaire et automatisme cérébral, corrrespondent à des types bien tranchés qui se trouvent rarement réalisés dans la nature, à l’état de pureté parfaite.
« On les rencontre de loin en loin chez quelques sujets, mais ils ne font pas partie de la clinique courante. Je n’ai pu en trouver un seul exemple parmi les malades qui sont en ce moment dans le service, et c’est pour cela que, contrairement à mes habitudes, je n’ai fait, dans la dernière leçon, aucune démonstration ob- Jective. et :
» En revanche, on observe très souvent, chez les hystériques, des états hypnotiques mixtes et frustes ressemblant, par quelques-uns de leurs symptômes, aux états typiques décrits par Charcot, mais en différant par des particularités importantes. 11 y a un sérieux intérêt à les connaitre et à les classer. »
Leurs principales variétés sont indiquées dans le tableau ciapres.
(1) Prrres. Leçons cliniques sur l’hystérie el l'hypnotisme. Paris, 1891.
Variétés des états hystéro-hypnotiques, d’après Pitres