‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 26 sur 140 · PROPORTION POUR · texte numérisé non relu

PROPORTION POUR

AT SAME se

| HOMMES FEMMES Somnambulisme. . : .-. . . .:. . 18.8 19.4 Sommeil très profond . . He rer Sommeil profond . 37.6 34.8 SOMMAIRE en nur 18.1 21.1 DOMITOIeNES 1... dé, Lun te «à 7.3 10.6 Influencés. . . 10.8 6.6

Beaunis conclut de ces recherches que les hommes sont presque aussi souvent hypnotisables que les femmes et que la proportion est presque identique pour ce qui concerne le somnambulisme.

Voici le tableau relatif à l’âge :

RTS SOMME SOMMEIL | SOMMEIL | SOMNO- Non | AGE tres à ; BULISME. profond, profond. léger. LENCE. |influences Jusqu'à 7 ans . . 26.5 4.3. 13 O4 4.3 »

PAU L'ANPE D 7.6 23 13.8 » »

LEA 2, SN JE 44.8 DL re) 10.3 « ARS SN Li. 1922 0e | 36.7 18.3 1 es re Fa à 28 à 39 22.6 5.9 34.9 17.8 13 9 35 à 42 10.5 11.7 35.à 28.2 5.8 8.2 | 42 à 49 . 21.6 4.7 2) 2 22.6 9.4 12.2 44 à 56 . 150 44.7 39.2 21.9 40.2 4.4 LT NS OMR ANSE Lo 8.6 37.6 18.8 13 14.4 63 et au-delà. . 11.8 8.4 38.9 20.3 6.7 43.5

(4) Beaunis. Loc. cil.,

L'auteur est frappé de la forte proportion des somnambules dans l’enfance et dans la jeunesse; il fait remarquer qu'aucun sujet au-dessous de 14 ans n'a été réfractaire ; dans la vieillesse, le nombre des somnambules décroit.

Beaunis se demande si l’on peut endormir quelqu'un sans qu'il soit prévenu qu'on veut l’endormir. Il est parvenu à hypnotiser des personnes en faisant des passes, à leur insu, par derrière ; mais il ne considère pas ces expériences comme concluantes, ses mouvements ayant pu révéler sa présence aux sujets. Il est cependant porté à croire que l’on peut endormir une personne sans qu'elle le sache (!).

Peut-on endormir une personne malgré elle ? Bernheim répond négativement : «Le sommeil provoqué ne dépend pas de l’hypnotiseur, mais du sujet ; c'est sa propre foi qui l’endort: nul ne peut être hypnotisé contre son gré, s'il résiste à l’injonction (?). » |

Beaunis ne peut être aussi affirmatif, il croit qu'une personne peut être hypnotisée malgré elle, à condition d’avoir déjà été endormie précédemment.

(1) Beaunis. Op. cit., p. 17.

(2) BERNHEIM. Rev. méd. de l'Est, p. 556.

DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

Hypnotisation

Voici l'opinion de quelques auteurs qui ont bien voulu

répondre à la question :

Quel procédé d'hypnotisation et de réveil préférez-vous (") ?

‘ Sancuez HerrEro (de Madrid). « La fixation de la vue du sujet en la mienne, ou en mon appareil hypnotisateur, et la suggestion. )

Maror (de Paris). «Éclectisme. Fixation du regard, pression des globes oculaires, souffle pour le réveil, le tout accompa-

. gné de suggestions : Vous dormez, etc..., réveillez-vous . »

AzaAM (de Bordeaux). «Le procédé de Braïd. »

A. Voisin (de Paris. «J’emploie plusieurs procédés d’hypnotisation : application de la main sur le front et les paupières, fixation des yeux, fixation des yeux sur un point brillant, sur un miroir rotateur. Je préfère le réveil par suggestion. »

BEAUNIS (de Paris). «Au fond, le procédé importe peu. J'emploie plus spécialement la fixation du regard pour lhypnotisation et l'insufflation avec l’ordre verbal pour le réveil. »

Prrres (de Bordeaux). «Celui de Braïd. »

Luys (de Paris). «Le miroir rotatif et la suggestion à l’état de veille. »

G. BALLET (de Paris). «La fixation du regard pour endormir ; le souffle sur la figure pour réveiller. »

(1) Réponses à mon questionnaire. :

à 3 APE RE PLAT AU der SV Te as »

ou PATES rt EF AN.

VarinaRD (de Paris). « Suivant le sujet ou même suivant son état actuel. »

Ocxorowicz (de Varsovie). « L'application de la main sur la tête pour l’hypnotisation, un léger massage et Ia suggestion pour le réveil. »

Joire (de Lille). (Fixation du regard accompagné de passes faites avec les mains. F'our le réveil, souffle sur les yeux. »

DumonrpALLiEr (de Paris). «La suggestion verbale: »

BRÉMAUT (de Brest.) «Le sommeil par persuasion ; les méthodes dites de force ont des conséquences graves. Le réveil par ordre de se réveiller ou une légère insufflation sur le globe oculaire. Cette dernière méthode me semble très souvent être une suggestion. )

DE JonG (de la Haye). «Le procédé par la suggestion verbale. » |

Le MENANT DES CHEsNAIS (de Ville-d’Avray). «(Je crois que la méthode de Bernheim pour endormir et réveiller les malades est la meilleure. C'est celle que je suis. Mais au moment üu réveil, je n'oublie jamais, suivant la recommandation de Luys, d'annoncer au malade que je vais le réveiller complètement. Je crois, avec Luys, que la prononciation de ce mot est très importante, et je le répète plusieurs fois. D'autre part, pour empêcher mon malade d’être endormi par le premier venu, je le préviens, pendant son sommeil, que désormais il ne pourra être endormi que par un médecin, et qu'il résistera à tout autre individu qui chercherait à l’endormir et d'autant Qu énergiquement que l’autre insisterait davantage. )

Davin (de Narbonne). « Le procédé de Rabah est le plus pratique. »

Lago (de Nashua-New-Hamspire). (Par suggestion parlée.»

Henrick Petersen (de Boston). «La volonté, le regard, et la parole. »

Burort (de Rochelort). « La suggestion verbale, avec application de la main sur le front. »

BARON von SCHRENCK NorziNG (de Munich). (Le procédé de Liébault. »

Pour hypnotiser le plus grand nombre de sujets possible, en un espace de temps relativement restreint, il ne faut négliger aucun des moyens indiqués par la pratique des magnétiseurs et des hypnotiseurs; c’est ainsi que les passes agissent sur certains sujets beaucoup plus vite que la suggestion verbale ou que la fixation d’un objet brillant, elles frappent l'imagination du patient qui se croit pénétré d’un fluide particulier, elles agissent par suggestion indirecte.

Vôici comment je procède habituellement : je fais asseoir le sujet dans un fauteuil, ou je le couche sur une chaise longue, de manière qu'il soit commodément installé et qu'aucun effort corporel n’exige une partie de son attention. Après Pavoir complètement rassuré au sujet des conséquences fàcheuses que pourrait entraîner l'hypnose, après lui avoir fait entrevoir tout le bénéfice qu'il pourra retirer de Ia thérapeutique suggestive, je lui ordonne de me regarder fixement en concentrant toute son attention sur lidée de fixer mes yeux. Je lui assure alors qu’il va dormir, qu’il sent l’engourdissement l’envahir de plus en plus, qu'il s’isole progressivement du monde extérieur, qu'il sent le sommeil le gagner, qu'il sent ses yeux se fermer de plus en plus, qu'il lui serait absolument impossible de résister, que malgré lui il va se sentir pénétré par un calme bienfaisant qui va s'accentuer rapidement et provoquer un sommeil réparateur, capable de le guérir complètement, etc., ete. Lorsque je vois que le sujet est sensible à l'influence de mes pratiques et qu'il va s'endormir, je lui dis avec autorité : « Dormez ». Je répète au besoin ces manœuvres en les variant à l'infini et en m'efflorçcant de convaincre le malade avec douceur et sans aucune brusquerie.

Si je vois que les yeux du sujet fixent difficilement les miens, qu'ils voyagent continuellement sans arriver à pouvoir s’arrêter, j'ordonne avec fermeté, mais toujours avec douceur, de fixer mes yeux. Je répète cet ordre plusieurs fois au besoin, l’intercalant entre mes fragments de suggestions verbales. Je joins à ce procédé purement suggestif et contemplatif, l’attouchement, les passes, l’occlusion des paupières : je place la

main gauche sur la tête du sujet et, avec la droite, je fais quelques passes devant ses yeux, j'appuie cette main sur sa poitrine et je m’eflorce de régulariser sa respiration en appuyant et en soulevant successivement la main lors de l’expiration et de l'inspiration. |

Si cette méthode simple ne réussit pas à provoquer rapidement l'hypnose, je fais fixer un petit miroir ou une petite boule brillante tenue à vingt-cinq ou trente centimètres du visage, de manière que la lumière solaire se réfléchisse dans les yeux; je tiens cet objet immobile. Si l’action ne me parait pas suffisante, je fais osciller le miroir d'un mouvement régulier, de facon que le rayonnement lumineux passe alternativement sur les yeux, de gauche à droite et de droite à gauche. AL

Ordinairement, ces oscillations provoquent une espèce d’extase annonçant l’arrivée prochaine du sommeil. Insensiblement, les yeux du patient se mouillent, ses paupières clignotent, puis s’abaissent lentement ; je ralentis alors le mouvement du miroir, et lorsque les yeux sont complètement fermés, je pratique quelques passes devant la figure du sujet; en même temps, je lui dis: (Dormez! » ordre que Je répète au besoin. Les passes doivent être régulières et assez lentes, le sujet les sent parfaitement, grâce aux mouvements de l’atmosphère, et l’état hypnotique,. qui n'était souvent que très superticiel lorsqu'il a fermé les yeux, devient de plus en plus profond,

Ces méthodes sont fatigantes pour l’hypnotiseur ; aussi, bien que ce soit celles qui réussissent le mieux, je suis souvent obligé d'avoir recours à un autre procédé chez les sujets difficiles à hypnotiser. Dans ce cas, J’emploie le miroir rotatif de Luys, dont les effets sont moins constants, mais qui m’a rendu plus d'une fois de réels services.

Ces procédés compliqués ne sont nécessaires que chez certains individus, pour les premières séances ; lorsque le sujet a été hypnotisé une ou deux fois, il suffit de quelques passes ou de linjonction pure et simple, pour le voir s'endormir aussitôt.

Certains sujets deviennent d'une telle sensibilité aux pra-

tiques hypnotiques, que l'on peut les endormir à distance, par lettre ; il suffit de leur écrire qu’à telle heure ils s’endormiront pendant autant de minutes, pour que la suggestion se réalise exactement.

J'ai en ce moment une malade habitant la province qui, sur mon ordre, s'endort spontanément tous les jours de 11 heures à midi. Pendant ce sommeil, qui est tout à fait profond, elle entend les suggestions que je lui fais tous les quinze jours seulement. Ces séances ont un résultat aussi favorable que si la. malade venait me voir tous les jours : sa guérison, incomplète à son départ, se parfait de jour en jour et les phénomènes de neurasthénie avec agoraphobie ont actuellement presque complètement disparu.

J'ai évidemment suggéré à cette malade qu’elle ne pourrait jamais être hypnotisée que par un médecin et avec son plein consentement. Grâce à cette suggestion, que je considère comme absolument nécessaire dans tous les cas où on a affaire à un bon somnambule, ma malade conserve toute sa personnalité et est à l'abri des manœuvres malhonnètes.

Dans plusieurs cas, j'ai eu recours, avec un plein succès, à cette méthode ; dans d’autres j'ordonne au sujet, par lettre, qu'il dormira tel jour, de telle à telle heure, qu'il m’entendra lui dire telles et telles choses et que l'effet sera aussi puissant que s’il était venu chez moi. Bien entendu, ces procédés ne sont réalisables que chez les sujets très sensibles à l'hypnose.

Pour hypnotiser, il ne faut pas seulement que l’hypnotiseur sache modifier sa méthode suivant les sujets, à! faut encore

qu'il ait confiance en ses moyens.

L'assurance de l’hypnotiseur est une qualité capitale, le sujet se rend parfaitement compte de ses moindres hésitations, c’est pourquoi, lorsqu'on débute dans l'art d’hypnotiser, réussiton relativement rarement, aussi de nombreux expérimentateurs ont-ils abandonné leurs recherches, découragés par leurs résultats premiers. | Je connais un praticien consciencieux qui a essayé la psy- Chothérapie chez dix malades atteints de: phénomènes névrosi-

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