‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 27 sur 140 · NÉE D ECHAPITR EANTE · texte numérisé non relu

NÉE D ECHAPITR EANTE

ques variés; il n’a, dans aucun cas, obtenu un résultat favorable, quoique deux de ses malades aient été endormis facile-

ment. Lorsqu'il me raconta ce fait, je fus fort surpris de voir

la suggestion être aussi stérile dans un nombre de cas aussi notable. Je le priai alors d'appliquer son traitement, en ma

présence, à une de mes malades et je pus me convaincre. que

la cause de ces insuccês était uniquement constituée par la

manière de procéder de l'opérateur, qui, n’ayant aucune con-.

fiance ni en lui-même, ni dans la méthode qu'il appliquait, faisait

sentir son manque de foi au sujet et lui suggérait inconsciem-

ment que tout ce qu'il faisait était peine perdue.

J'en ai vu un autre qui, avant de commencer le traitement, expliquait au malade que l’hypnotisme ne réussirait peut-être pas, qu'il avait échoué dans tel et tel cas, qu'il essaierait mais qu'il ne garantissait pas le succès elc., etc.

Dans ces conditions, l’échec est certain : mieux vaudrait ne pas essayer la psychothérapie que de l'appliquer d’une façon aussi défectueuse. |

Après avoir étudié les moyens de provoquer le sommeil hypnotique, on comprend pourquoi l'agent causal de lhypnose ne peut consister en un fluide, émis du magnétiseur vers le magnétisé : si, en effet, le procédé des passes peut faire croire à l’existence du fluide magnétique, celui qui consiste à ordonner le sommeil, et celui par lequel on fait fixer un objet brillant, prouve en toute évidence que le sommeil hypnotique se développe de toutes pièces dans le cerveau de l'hypnotisé.

Réveil

Le réveil se fait avec une facilité extrême, il suffit de dire au somnambule : « Réveillez-vous ! » pour le voir aussitôt revenir à l'état de veille; on peut encore lui dire : «€ Dans cinq ou dix minutes, vous vous réveillerez ! » et le sujet se réveille exactement à l'heure indiquée. On peut encore rattacher le réveil à un fait quelconque, en disant :, « Je

vais compter jusqu'à dix ; lorsque j'arriverai au chifire

eZ Tr

dix, vous vous réveillerez ! » ou bien : « Quand je mettrai la main sur votre tête, vous vous réveillerez ». On peut encore varier l'expérience de mille façons.

Mais ces différents procédés, basés uniquement sur la doc: irine suggestive, ne peuvent réussir dans tous les cas. ; quelquefois, on doit avoir recours à l’insufflation sur les yeux, pratique qui doit parfois être répétée deux ou trois fois pour amener le réveil. |

Les partisans de l’École de Nancy eux-mêmes, emploient quelquefois l’insufflation : nous avons vu Bernheim et Beaunis recommander cette méthode dans le cas où l’injonction ne suifirait pas.

L'insufflation serait donc, d’après ces auteurs, une suggestion plus forte que le commandement. Il y a là, me semble-t-il, une contradiction ; il est certain que lorsqu'on a, sans résultat, ordonné plusieurs fois à un sujet de se réveiller, et que, soufflant alors sur ses yeux, on provoque immédiatement le réveil, on ne peut attribuer ce dernier à la suggestion.

De même que, comme je l’ai montré précédemment, Berheim endort quelquefois ses malades par une méthode mixte, com- binant la fixation du regard et les passes avec la suggestion, de même il les réveille dans certains cas, en employant l’insuflation.

Il est possible, ai-je dit, d’endormir par simple suggestion ; cela est certain, mais tous les sujets ne sont pas sensibles à ce procédé, de sorte qu’en combinant l'injonction avec la fixation du regard, on arrive à des résultats bien plus constants que si l’on se contentait de pratiquer toujours la suggestion seule ; les mêmes remarques sont applicables au réveil, pour lequel on est quelquefois obligé de recourir à l’insufflation sur les yeux.

On ne peut objecter que cette insufflation est une suggestion inconsciente, puisqu'elle réussit là où la suggestion ne réussit pas et que, si l’on endort pour la première fois un sujet qui ne sait pas ce qu’on lui veut et qui n’a Jamais entendu parler d’hypnotisme, l'insufflation provoque le réveil sans que l'on ait rien suggéré.

ti y a, dans cette insufflation, une propriété particulière à

provoquer le réveil, tout comme il y a, dans la fixation d’un objet brillant, une propriété particulière à provoquer le sommeil ; si ce dernier procédé possède la vertu de concentrer l’attention du sujet sur un seul point, de dissocier les centres nerveux supérieurs et d’annihiler l’action de contrôle du centre d’idéation, le premier possède probablement celle de détourner cette attention sur un autre point, de réveiller le centre d’idéation absorbé et de rétablir les connexions fonctionnelles entre ce centre et les centres automatiques (‘).

Tout le monde est-il hypnotisable ?

Question importante, au sujet de laquelle nous retrouvons encore l’antagonisme des deux grandes écoles hypnologiques : Pour Charcot, l’hypnotisme ne se développe que chez les hystériques ; pour l'École de Nancy, au contraire, lé sommeil provoqué est susceptible de se manifester chez tout‘ individu normal.

Pour résoudre cette question, il faut comparer les statistiques des deux écoles et ïl faut examiner les conditions dans lesquelles se sont placés les expérimentateurs.

Pour l'École de Nancy, l'hypnose se rencontre chez presque tous les individus ; d’après la statistique de Liébault, 95 sujets pour 100 seraient sensibles au sommeil provoqué. Pour l’École de Paris, au contraire, la proportion des sujets hypnotisables serait d'environ 30 pour 100 ; certains partisans de cette école évaluent même cette proportion à 10 pour 100. |

Ces divergences proviennent de là conception différente que se font les auteurs des états primordiaux de l'hypnose : pour les partisans de l'École de Paris il faut, pour certifier l’existence du sommeil hypnotique, des symptômes somatiques mettant à l’abri de toute supercherie. A Nancy, on est beducoup moins difficile. |

Quoique admettant, ' avec l’École de Nancy, que les sujets normaux peuvent être hypnotisés, je ne puis considérer l'état

(1) Voir le chapitre intitulé : Cause du sommeil hypnotique et celui intitulé : Les Suggeslibililés. ù .

de certains sujets de Nancy comme appartenant à lhypnotisme ; je crois qu’il faut au moins, pour pouvoir affirmer un sommeil hypnotique, que le sujet présente les phénomènes décrits plus haut comme appartenant au premier degré des états somnambuloïdes, c’est-à-dire un engourdissement manifeste, une sorte d'extase ; cet état est assez difficile à décrire, mais lorsqu'on en a l'habitude, il dénote indiscutablement la fascination.

D'après mes expériences, je puis porter à 80 pour 100 le nombre des sujets hypnotisables, mais, parmi ces 80 sujets, la plupart n’atteignent que les états superficiels, somnambuloïdes, de l'hypnose ; il ny a environ que 10 à 15 °/, d'entre eux qui présentent le somnambulisme véritable.

La sensibilité aux pratiques hypnotiques varie, selon moi, suivant le sexe et suivant l’âge : bien que l’École de Nancy prétende que les hommes sont aussi hypnotisables que les femmes, je crois ces dernières beaucoup plus souvent accessibles au sommeil provoqué.

Les enfants sont plus sensibles au sommeil hypnotique que les adultes, les vieillards le sont au contraire moins ; les personnes anémiques ou épuisées par la maladie sont plus facilement hypnotisables que les autres.

ÉCOLE DE PARIS

Comment peut-on expliquer la production du sommeil hypnotique, à quelles modifications organiques ou fonctionnelles correspond-il ? ‘Telle est la question que se sont posée de nombreux auteurs : pour Kumpf (‘), il dépend de perturbations dé la circulation cérébrale, d’hypérémies ou d’anémies cérébrales : pour Preyer (?)}, l'hypnose résulte de la concentration de la pensée sur une seule idée; — cette monoidéisation déterminant une hyperactivité des cellules cérébrales, amène comme con-

(1) Kumpr. Deutsche med. Woch. 1880.

(2) Preyer. Die Entd. des Hypnot. 1881.

séquence la formation anormale de produits oxydables qui,

enlevant l’oxygène de la substance cérébrale, produiraient

l’engourdissement des cellules. Carpenter (‘) croit que la fatigue et la contention intellectuelle laissent le champ libre aux nerfs vaso-moteurs, qui déterminent une anémie cérébrale et un affaiblissement ou même la cessation de certaines fonctions cérébrales.

Heidenhain s'était d’abord rallié à la théorie de l'anémie cérébrale, mais, ayant constaté, à l’examen ophthalmoscopique que les vaisseaux rétiniens ne sont pas contractés pendant l'hypnose, il abandonna ses idées premières et adopta la théorie de Brown-Séquard (?), dite de l'inhilition : « l’inhilition est l'arrêt, dit l’auteur, la cessation, la suspension, ou, si l’on préfère, la disparition momentanée ou pour toujours d’une fonction, d’une propriété ou d’une activité (normale ou morbide) dans un centre nerveux, dans un nerf ou dans un muscle, arrêt ayant lieu sans altération organique visible (au moins dans l’état des vaisseaux sanguins), survenant immédiatement, ou à bien peu près, la production d’une irritation d’un point du système nerveux plus ou moins éloigné de l’endroit où l’eftet s’observe. L’inhilition est donc un acte qui suspend temporairement ou anéantit définitivement une fonction, une activité... L'acte initial lui-même, à l’aide duquel un individu est jeté dans l’hypnotisme, n’est qu’une irritation périphérique (d'un sens ou de la peau) ou centrale (par influence d’une idée ou d’une émotion) qui produit une diminution ou une aug- -mentation de puissance dans certains points de l'encéphale, de Ja moelle épinière ou d’autres parties, et le braidisme ou l’hypnotisme n'est rien autre chose que l’état très complexe de perte ou d'augmentation d'énergie dans, laquelle le système nerveux et d’autres organes sont jetés sous l’influence de l’irritation première périphérique ou centrale. Essentiellement donc, l’hypnotisme n'est qu'un eftet et un ensemble d'actes d’inhilition . et de dynamogénie, )

(4) Carpenter. In Hack Tuke (Ann. méd. psych, 1884, t. V). (2] BRowN-SEquarp. Gazelle hebdomadaire, 1883, p. 137.

Dans la léthargie, il y a exagération des réflexes médullaires, alors que le cerveau tout entier semble frappé d'inertie; dans la catalepsie, les réflexes cérébro-spinaux sont très accentués, d’où la contracture et la tonicité particulières à cet état. Dans le somnambulisme, les contractures cataleptiformes dénotent l'irritabilité médullaire. |

Lorsque cette exagération des réflexes se montre dans les centres supérieurs, il y a automatisme d'autant plus complet que l'inhilition atteint un plus grand nombre de zones cérébrales. Cette inhilition frappe les fonctions psychiques supérieures, la volonté, la conscience; elle explique la puissance de la suggestion.

ECOLE DE NANCY

Pour Liébault, la cause du sommeil hypnotique réside uniquement dans l'accumulation de l'attention qui, par un mouvement centripète des organes sensibles vers le cerveau, se concentre et s'arrête sur une idée [!).

Bernheim admet la théorie de lPinhibition de Brown-Séquard : « L'étage supérieur du serveau, dit-il (j'appelle ainsi schématiquement la partie du cerveau dévolue aux facultés de contrôle), a une action modératrice sur l'étage inférieur (j'appelle ainsi la partie du cerveau dévolue aux facultés d’imagination, à l’automatisme -cérébral).. Cette crédivité qui fait la suggestion, cet automatisme cérébral qui transiorme l’idée en acte, sont modérés par les facultés supérieures du cerveau, l'attention, le jugement qui constituent le contrôle cérébral, » La suggestibilité s'explique, d'après Bernheim, par l’exaltation de l’excitabilité réflexe idéo-motrice, idéo-sensitive, idéo-sensorielle, qui fait instantanément la transformation inconsciente, à l'insu de la volonté, de l'idée en mouvement, sensation ou image, par suite de l’inertie des centres modérateurs et du contrôle intellectuel.

(1) LiéBauLT. Loc. cil., p. 18.

DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

Quelle est la cause du sommeil hypnotique ?

Voici les réponses des auteurs ().

DuMoN'TPALLIER de (Paris). « Cause première ignorée, causes secondes ou déterminantes : attention et volonté. » Sancuez HerRERo (de Madrid) «La cause du sommeil hypnotique est une inhibition ou interférence psychique. » Manor (de Paris), «2?»

A. VoisiN (de Paris). « Le sommeil hypnotique est de cause inhibitoire. » ?

. Beaunis (de Paris). « C’est un phénomène d’inhibition produit par la volonté de l'hypnotiseur sur l'activité cérébrale du sujet. » r BRéMAUD (de Brest). « L'état particulier du sujet. » Prrres (de Bordeaux) «°?» | | Luys (de Paris). «Un état spécial du système nerveux. » Layoïe (de Nasbua-New-Hamspire.) «Je ne sais si je comprends

bien la question, mais voici: perte lente ou subite de l’ex-

tériorisation, due au commandement chez le sujet entrainé, ou à la poursuite suivie de l’idée du sommeil chez les autres, ou sans cause apparente, comme chez mon enfant de 12 ans. » DE Jon (de la Haye) « La cause du sommeil hypnotique est la conviction du sommeil (donnée par suggestion) ». Le MENanr pes Caesnais (de Ville-d’Avray). « La cause physique du sommeil hypnotique est une certaine modification du

(1) Réponses à mon questionnaire.

fonctionnement organique du sujet, due à une disposition psychique spéciale de ce dernier et de son hypnotiseur consistant dans les faits suivants : plus le sujet a foi dans la puissance de son hypnotiseur, plus il soustrait son organisme à l’action de ses facultés supérieures, |

Et inversement, plus l'hypnotiseur sent ou suppose son sujet passif, plus il devient actif et donne, même à son insu, une plus grande énergie à son regard, à Sa voix, à ses affirmations.

Dès lors, il se passe dans la profondeur de l'organisme du sujet, un fait très intéressant. La vibration organique tout entière de ce dernier est modifiée par celle de LHYPHOQSSNE avec tendances harmoniques variables.

Dans cet état, toutes les suggestions peuvent être acceptées par le sujet, aussi bien celle du sommeil que toute autre, et souvent sans qu'il lui soit possible de s’en rendre compte.

Je ne puis ici développer ce point qui est pour moi l’objet d’une étude particulière ; il suffit, du reste, à votre travail actuel, qu'il vous soit signalé. » | - Davio (de Narbonne).« L'état inhibitoire des centres intellectuels : la disparition du moi.

Henrik PETEeRSsEN (de Boston), « La suggestion principalement, aidée, peut-être, d’une irritation périphérique. »

Buror (de Rochtortl « Différence d'équilibre ou de potentiel entre l’influx cérébral conscient et inconscient. » À

Ocnorowicz (de Varsovie). « Les causes sont toujours multiples, mais l'auto-suggestion en est la principale. »

On le voit, la question posée n’a pas été comprise, dans la sens que je lui attribuais, par tous les auteurs qui ont bien voulu me répondre ; en demandant quelle est Ia cause de l'hypnose, je faisais allusion à la cause intime, organique ou fonctionnelle, qui correspond à cet état. È

Faut-il, par exemple, admettre la théorie de Rumpf, TE

Preyer, de Carpenter, de Brown-Séquard ou de Liébault ? Sanchez Herrero, Voisin, Beaunis, David, Bernheim, admettent la théorie inhibitoire de Brown-Séquard. C’est cette théorie qui, jusqu'à présent, est la plus satisfaisante ; je m'y rallie volon-

tiers : je dirai donc que, dans l’état actuel de la science, la cause intime de l'hypnose réside essentiellement dans des actes d’inhibition et de dynamogénie ; l'inhibition frappant certains centres, d’autres centres présentent une exaltation proportionnelle à l'inhibition des premiers. Ainsi s'explique la disparition plus ou moins profonde de la volonté, de la sensibilité à la douleur, l’exaltation fréquente de certains sens Spéciaux, la soudaineté des réactions motrices, l’exaltation de l’imagination, de la mémoire, l’automatisme. |

. Nous verrons, en étudiant la suggestibilité hypnotique, que cette. dernière n’est pas toujours en rapport avec la suggestibilité à l’état de veille et que, si, dans la plupart des cas, les individus très sugsestibles à l'état de veille, deviennent plus suggestibles encore en état d’hypnose, il n'en est pas moins vrai qu’un grand nombre de sujets, dont la suggestibilité à l’état de veille est normale et répond aux formules que nous considérons comme physiologiques, présentent, pendant le sommeil provoqué, une exagération de suggestibilité pouvant aller jusqu'à l’automatisme complet.

Cette hyper-suggestibilité est possible parce que l'hypnose est due à une dissociation des centres nerveux, analogue à celle que P. Jamet {') a si bien étudiée, concernant les phénomènes spirites. Nous savons aujourd'hui qu’à côté du fonctionnement psychique supérieur, conscient et volontaire, il y a un fonctionnement psychique inférieur, automatique et inconscient, et que, si le premier peut être considéré comme résultant de l'intervention d’un centre supérieur d’idéation, le second peut exister grâce à l’association intime des centres inférieurs dont le fonctionnement automatique se produit avec une très grande facilité. C’est en somme l’ancienne théorie de Durand {de Gros) modernisée.

L'hypnose peut être considérée comme due à une annihilation plus ou moins. accentuée du centre psychique supérieur volontaire et conscient, à une action inhibitive portant sur ce centre, si l'on veut conserver l’expression de Brown-Séquard. Ce centre supérieur, distrait de son rôle physiologique de contrôle sur les centres inférieurs, s’isole plus ou moins complètement et laisse une liberté

(4) P. Janer. L'automatisme psychologique. Paris, 1889, p. 347.

d'action plus ou moins grande aux centres inférieurs. Ceux-ci, étant avant tout réflexes, ont une tendance constante à transformer en réactions les impressions reçues ; de sorte que, s’ils sont abandonnés à eux-mêmes, ils feront de l'individu auquel ils appartiennent, un véritable automate; si, au contraire, le centre de l'idéation n’est que partiellement annihilé, l’automatisme fera place à un degré plus ou moins accentué de suggestibilité, suivant l’annihilation plus ou moins profonde de ce centre.

Comme nous le verrons, nous croyons que le pouvoir de résistance aux suggestions appartient au centre psychique supérieur et que, plus ce centre est paralysé, plus cette résistance est affaiblie. D'autre part, il semble logique d'admettre que l’impressionnabilité aux suggestions est avant tout une fonction des centres inférieurs, dont le centre psychique supérieur est chargé de modérer l'action.

L'hypnose résultant, d’après nous, d'une annihilation plus ou moins profonde du centre supérieur, il en résulte qu’elle augmente doublement la suggestibilité, en diminuant la résistance et en augmentant l’impressionnabilité.

C'est pourquoi la suggestibilité hypnotique croît, en général, avec le degré de profondeur du sommeil. Il y a des exceptions à cette règle, mais nous verrons plus loin (chapitre traitant des suggestibilités) que ces exceptions n’infirment nullement la règle et que tout tend à prouver que l'hypnose dépend d'une dissociation fonctionnelle des centres nerveux (‘). : |

{1) Voir Croce. Op. cit. (Revue de psychologie, Paris, 1898).

4 y 9, LESC ONE

DES ZONES HYPNOGÈNES

ÉCOLE DE PARIS

Charcot et Richer ont observé que la pression du vertex est susceptible de transformer l’état léthargique en état somnambulique ; Dumontpallier a vu que cette pression est capable de provo- quer d’emblée le sommeil hypnotique, mais c’est surtout Pitres

. qui, il y a peu de temps, s’est occupé de cette question ; «Je dési-

gne, dit Pitres (‘). sous le nom générique de zones hypnogènes, des régions circonscrites du corps, dont la pression a pour effet, soit

de provoquer instantanément le sommeil hypnotique, soit de mo- difier les phases du sommeil artificiel, soit de ramener brusque-

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