‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 28 sur 140 · CRE · texte numérisé non relu

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ment à l'état de veille, les sujets préalablement hypnotisés. »

(1) Pirres. Loc, cil., D. 98.

Les zones hypnogènes peuvent se rencontrer, d’après l’auteur, à toutes les régions du corps et en nombre plus ou moins grand: la peau qui les recouvre est absolument normale; elles sont souvent symétriques et ne sont nullement en rapport avec les anesthésies cutanées. Leur étendue est ordinairement restreinte, quelquefois, cependant, elle atteint plusieurs décimètres carrés ; leur action se manifeste, dans certain cas, par simple frôlement, mais, la plupart du temps, il faut une compression assez forte pour provoquer les effets voulus.

D’après la nature des effets qu’elles provoquent, Pitres a divisé ces zones en hypnogénes proprement dités et en hypno-frénatrices: les unes provoquant le sommeil, les autres le faisant cesser brusquement. Dans le groupe des zones hypnogènes proprement dites, il distingue :

1° Les zones hypnogènes simples qui, comprimées à l’état de veille, déterminent invariablement une phase constante ;

2° Les zones hypnogènes à effets successifs, dont la compression donne successivement lieu à des phases de plus en plus profondes ;:

3° Les zones hypnogènes à effets incomplets, dont la compression ne produit rien à l’état de veille, mais peut modifier les phases du sommeil hypnotique.

Les zones hypno-frénatrices sont également divisées en trois variétés analogues. |

ÉCOLE DE NANCY

Je serai bref pour ce qui concerne l’opinion de l'Ecole de Nancy sur les zones hypnogènes ; il me suflira de mentionner ce passage de Bernheim (‘}) pour en donner une idée : « Les prétendues zones hypnogènes n'existent pas en dehors de la suggestion. On peut les créer artificiellement chez tout sujet habitué à l'hypnose. Je touche un point quelconque de son corps, il s'endort, ou bien je crée certains points déterminés dont seul l’attouchement l'endort ; j'en crée d’autres dont l'attouchement le réveille. Tout est, je le répète, dans les suggestions. » |

Liébault, Liégeois, Beaunis et beaucoup d’autres auteurs encore sont du même avis, J'aurai l’occasion de mentionner plus loin les opinions de quelques autres savants à ce sujet.

(4) BERNHEIM. LOC. Cit., p. 87.

DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

Les zones hypnogénes existent-elles ? (1).

Davin (de Narbonne). « Oui : quand elles n’existent pas, on peut les créer. » :

Henrik PETERSEN (Ge Boston). («Je ne connaïs définitivément que celle de l’ovaire. » |

Luys (de Paris). « Oui, chez des sujets prédisposés. »

Prrres (de Bordeaux). (Oui. » 3

SANcHEZ HERRERO (de Madrid). » Elles existent, mais chez de rares sujets; elles sont inconstantes et variables suivant les sujets. » |

Buror. «Oui, mais elles sont variables et peuvent changer. »

G. BazLer. ( Oui. » |

OcHorowicz (de Varsovie). «Individuellement et par association idéo-organique, mais pas dans le sens propre du mot. »

JorRE (de Lille}, « Oui, mais elles sont rares.»

DumonrPALLIER (de Paris). « Elles sont, quand elles existent,

secondaires à la suggestion. »

Maror (de Paris). (Il me semble qu’elles doivent être rappor-

tées à la suggestion. »

Voisin (de Paris). « Les zones hypnogènes n’existent qu'en tant que moyen suggestif. » |

Beaunis (de Paris). « Non, je ne le crois pas; quand elles existent, elles ont été produites par suggestion. » |

BréÉmauD (de Brest). « J'ai constaté des zones hypnogènes :

(1) Réponses à mon questionnaire.

DES ZONES HYPNOGÈNES 401

mais très rarement, toujours chez des sujets observés par d'autres expérimentatenrs. Je me demande si elles ne sont pas le plus souvent le résuitat de suggestions inconscientes. »

LAJOIE (de Nashua-New-Hamspire), ( Je n’en ai jamais rencontré sur 169 malades. » | |

DE JonG (de ia Haye). « Selon mes expériences, ces zones hypnogènes sont des produits de suggestion. »

DEJERINE (de Paris). «Non. »

Baron Von Scarencx NorzinG (de Munich). « Les zones hypnogènes ne sont qu'un produit de suggestion consciente ou Inconsciente, ou d'auto-suggestion. »

Ce que je puis certifier, et c'est là le point le plus important, c’est que j'ai rencontré quelquefois, chez les hystériques, des z0nes circonserites dont la pression provoque le sommeil hypnotique.

Il est d’ailleurs probable que ces zones ne sont hypnogènes que par suggestion ou auto-suggestion ; lorsque le sujet n’a pas été manipulé et lorsque l’on peut écarter toute influence suggestive extérieure, on peut admettre qu'il existe des associations d'idées dont l’origine indéterminée remonte à une époque antérieure de la vie du sujet.

Un problème intéressant consiste à se demander s’il est possible d’endormir le sujet sans qu’il le sache ou sans qu'il le veuille, en cComprimant ces zones hypnogènes.

Pitres s’est posé cette question, voici comment il y répond :

(« Pour répondre avec certitude à cette question, les expériences

du laboratoire sont sans valeur. Le fait seul que les malades se

trouvent en présence de médecins ou d'étudiants qui les ont déjà endormis ou qu'ils savent capables de les endormtr, suffit pour Jeter le doute sur les résultats obtenus. La solution du problème posé doit ressortir d’abservations accidentelles, réalisées dans des circonstances imprévues, indépendamment de toute intervention des personnes qui pourraient avoir sur les malades une autorité ou

une influence quelconque. Je ne connais qu'un fait qui ré-

ponde à ces désidérata, encore n'est-il pas absolument irréprochable, »

* + ne.

Ar :.

Pitres ne résoud pas la question, il doute. Cependant, en expérimentant avec Joséphine D......, j'ai facilement. pu me convaincre que la pression des zones hypnogènes peut

endormir le sujet sans qu'il le sache et sans qu’il le

veuille.

Lorsque j'ai recherché pour la première fois les zones hypnogènes de Joséphine, elle ne savait pas ce qui devait se produire, puisqu'elle n’avait jamais assisté à une expérience semblable ; sans rien lui dire, J'ai appuyé légèrement sur le vertex, ses yeux se fermèrent et elle tomba en somnambulisme. Je l’ai alors réveillée et j'ai appuyé de la même manière au-dessus des seins, rien ne se produisit; j'ai ensuite pratiqué la pression aux bosses Irontales et la malade s’endormit aussitôt, L’expérience étant répétée successivement pour les différentes parties du corps, le sommeil ne se produisit que pour les trois régions äindiquées. Ceci prouve bien que l’on peut endormir le sujet sans qu’il le sache.

Mais, peut-on l’endormir sans: qu’il le veuille ? Oui, et en voici la preuve : un Jour que Joséphine refusait obstinément de se laisser endormir, j'ai comprimé les régions hypnogènes frontales et, en quelques secondes, le somnambulisme se déclara.

Grâce à ces faits, je puis éviter le doute de Pitres et déclarer que la pression des zones hypnogènes est capable d’endormir le sujet sans qu'il le sache et sans qu’il le veuille.

ÉTAT DE LA SENSIBILITÉ ET DES FONCTIONS INTELLECTUELLES CHEZ LES HYPNOTISÉS

ÉCOLE DE PARIS

Ce chapitre comprend quatre parties : état de la sensibilité, état de la mémoire, êtat intellectuel des hypnotisés, phénomènes de sensibilité élective.

a. L'état de la sensibilité générale ou spéciale est, d’après P. Richer (‘), fort variable suivant les sujets et suivant les phases de l'hypnose : le seul phénomène constant qu'il ait observé, c’est l’abolition de la sensibilité cutanée à la douleur; la sensibi-

(1) P. Ricuer. Loc. cit., p. 659.

lité au contact et à la chaleur n’ont rien offert de bien invariable.

Pendant la léthargie, la sensibilité, tant générale que spéciale, est le plus souvent complètement abolie, quelquefois cependant la sensibilité spéciale persiste. En parlant dans un cornet acoustique ou dans la paume de la main, on parvient à réveiller temporairement le sens de l’ouïe. La malade répond par signes, elle ne peut parler; si on lui ordonne de se lever, elle n'chéit qu'avec peine et est incapable de faire un pas.

Dans l’état cataleptique, la sensibilité générale est encore complètement abolie, mais la sensibilité spéciale varie considérablement suivant les sujets : certains d’entre eux présentent une impressionnabilité partielle des sens, chez d’autres les sens sont complètement abolis. Le sens musculaire, par contre, conserve toute son activité, c’est par son intermédiaire que l’on peut, le plus souvent, produire les états suggestifs remarquables dont nous avons parlé précédemment.

En parlant brusquement, à haute voix, on peut quelquefois produire des suggestions chez les cataleptiques ; par le toucher. on peut leur suggérer des mouvements automatiques : en leur

mettant une aiguille, un tricot dans les mains, ils se livrent auto-

matiquement à l'ouvrage qui leur est familier. Par la vue, on produit parfois la fascination. Si l’on regarde fixement le sujet, si on lui fait fixer le bout des doigts, et qu’ensuite on se recule, le sujet suit passivement (!) ; si on fait le geste de poursuivre un oiseau, le cataleptique se met à poursuivre l'oiseau et cherche à le saisir. On peut donc, dans cet état de fascination, déterminer des hallucinations en simulant certains actes, mais aussitôt qu’on cesse l'acte, le cataleptique redevient immobile’: si on veut le faire écrire, il faut dicter syllable par syllabe (?).

Si l’on fait de la musique devant un sujet cataleptique, il prend aussitôt l’attitude en rapport avec le genre de musiqué qu'il entend; il danse ou se jette à genoux suivant que c’est un morceau gai ou religieux.

(1) BOURNEVILLE et NS Iconogr. photogr. de la Salpétrière. t. III. (2) Féré. Les hypn. hystériques considérés comme sujets Tevnemences en médecine mentale (Arch. de neurol., 1883).)

Fe

Pendant le somnambulisme, l’anesthésie à la piqûre persiste,

dit P. Richer (‘}, mais l’état des sens varie ; certains d’entre eux

sont abolis, d’autres sont exaltés. Le fait le plus remarquable a trait aux sens de la température et du toucher : le moindre courant d’air est ressenti à plusieurs mètres de distance.

Le champ visuel et l’acuité visuelle peuvent être doublés ;; l’odorat peut être hyperesthésié à ce point que le sujet retrouve les morceaux d’une carte de visite qu’on lui.a fait sentir ; l’ouie peut être si fine qu’une conversation peut être entendue à un étage inférieur.

b. La mémoire est souvent exaltée pendant le somnambulisme : « J'endors V.. , dit Richer, je lui récite quelques vers, puis je la réveille. Elle n’en a conservé aucun souvenir, Je la rendors de nouveau, elle se rappelle parfaitement les vers que je lui ai récités. Je la réveille, elle à oublié de nouveau. »

Une autre somnambule chante parfaitement l'air du deuxième acte de l’Africaine, elle ne peut en retrouver une seule note à l’état de veille. |

L'hypnotisme exalte perticulièrement la mêmoire de rappel, la mémoire de conservation restant à peu près identique (BINEr et FÉRÉ).

Si l’on compare la mémoire pendant le sommeil provoqué à celle de l’état de veille, on voit que :

1° Les personnes hypnotisées se rappellent, dans l'état de sommeil, tout ce qu’elles ont appris antérieurement, lorsqu'elles étaient à l’état de veille ;

2° Les personnes qui ont été hypnotisées ne conservent aucun souvenir de ce qu’elles ont fait ou appris, pendant qu’elles étaient en état de sommeil hypnotique ;

3° Les personnes en état ‘de somnambulisme spontané ou provoqué, se souviennent de tout ce qu’elles ont appris soit dans l’état de veille normale, soit dans les états hypnotiques antérieurs,

c. Binet et Féré ont entrepris l'étude de l’état intellectuel des hypnotisés ; ils croient que, d'une manière générale, l’in-

(1) Ricuer. Loc, cil., p. 662.

telligence se développe parallèlement à l’état de la sensibilité: La léthargie s'accompagne d’un état psychique presque nul, c’est à peine si l’on peut produire quelques suggestions élé-

mentaires : « cependant il se pourrait que la léthargie suspendit

seulement le pouvoir de réagir, et que derrière le masque inerte de la léthargie, un reste de pensée veillât encore, » Dans la catalepsie, l'esprit se laisse manier avec docilité,

c’est l’automatisme, les suggestions ont un caractère fatal ; il

n'existe pas de moi cataleptique (BiNET et FÉRÉ).

Le somnambule n’est plus un automate, Il a son caractère, il existe un moi somnambulique ; il n’y a pas de différence bien tranchée entre la vie somnambulique et la vie normale, les fonctions intellectuelles s’accomplissent parfaitement et souvent le somnambule résiste aux suggestions.

A l'état mental des hypnotisés se rattache une question de la plus haute importance au point de vue juridique : les sujets endormis peuvent-ils mentir ? Pitres résoud cette question afirmativement : « Les sujets, dit-il, peuvent, pendant le

sommeil hypnotique, mentir volontairement et sciemment.

Interrogés sur des faits qu’ils connaissent, sur des actes dont ils ont le souvenir précis, ils peuvent faire des réponses contraires à la vérité. » L'auteur cite à l'appui de son opinion l'exemple d’une femme à laquelle il fit commettre un crime pendant son sommeil ; interrogée dans un sommeil ultérieur, elle n’avoua son crime qu'après avoir été pressée de questions. »

d. Les phénomènes de sensibilité élective ou de rapport peuvent acquérir un grand développement pendant le somnambulisme : l'expérimentateur a seul, dans ce cas, le pouvoir de produire des contractures et de les détruire, lui seul peut suggérer. C’est l’état décrit par Binet et Féré sous le nom de somnambulisme électif : cet électisme manque souvent, le sujet présente alors le somnambulisme indifférent. Certains sujets présentent l’électivité, d’autres ne la présentent pas, sans qu’il soit possible d’en donner la raison.

Il est probable que cette électivité dépend d’une sensation de contact (BINET et FÉRÉ). |

| ÉCOLE DE NANCY

(a) L'état de la sensibilité varie considérablement suivant les sujets : pour Bernheiïm,- aucune règle ne peut être formulée.

Certains sujets sont anesthésiques, d'autres ne le sont pas: les

uns et les autres pouvant réaliser la catalepsie et les hallucinations. Bernheim ne reconnaît aucun rapport entre la profondeur du sommeil et l’anesthésie spontanée.

(b) Pour ce qui concerne les troubles de la mémoire, Liébault admet que,lorsqu’il y a sommeil profond, il y a amnésie complète au réveil ; l’auteur explique cette amnésie par la concentration de l’activité nerveuse vers les centres inférieurs du cerveau. L’étage supérieur étant engourdi, les sens ne fournissent pas d'impression au sensorium.

Pour Bernheim, l’amnésie au réveil’est tout ce qu’il y a de

plus variable; parmi les sujets, les uns se souviennent de tout,

d'autres oublient tout, d'autres encore se rappellent imparfaitement : « L’amnésie du sommeil provoqué, dit-il (‘)}, n'est du reste jamais absolue ; les souvenirs sont latents, ils ne sont pas éteints. » |

Delbœuf a émis la même conclusion en 1884 : « L'absence du souvenir au réveil, dit-il, n'est pas un caractère essentiel du rêve hypnotique. »

Il suftit d’ailleurs de suggérer le rappel des souvenirs pour en provoquer la réapparition, le sujet se concentre et bientôt raconte avec précision tout ce qui s'est passé (BERNHEIM).

(1) BERNHEIM. Op. cit. p. 133.

FILS ht

Beaunis admet que l'on peut résumer l’état de la mémoire dans les trois popositions suivantes (!)

1° Le souvenir des états de conscience du sommeil provoqué est aboli au réveil, mais ce souvenir peut être ravivé par suggestion, soit temporairement, soit d'une façon perma- nente ;

20 Le souvenir des états de conscience du sommeil provoqué reparaît dans le sommeil hypnotique; mais ce souvenir peut être aboli par suggestion, soit temporairement, soit d'une facon permanente;

30 Le souvenir des états de conscience de la veille et du sommeil naturel persiste pendant le sommeil hypnotique ; maïs ce souvenir peut être aboli par suggestion, soit temporairement, soit d’une façon permanente.

(c) Partant de ce principe qu'il n’y a pas d'état hypnotique spécial, qu'il n’y a que des suggestibilités diverses, Bernheim déclare qu'il n'y a pas d'état psychique particulier au sommeil hypnotique : « Tout est individuel, dit-il (?)... il n'y a que des suggestibilités intéressant les diverses fonctions motrices, sensitives, sensorielles, idéales, personnelles, accomplissement d’actes ; chaque sujet présente, à l'égard de chacune de ces fonctions, une impressionnabilité spéciale. »

Tel sujet est hallucinable sans présenter l'amnésie au réveil, tel autre est amnésique au réveil sans être hallucinable, un troisième est cataleptisable, etc.

Beaunis s'est demandé quel est l'état mental des hypnotisés : il pense qu'il y a chez eux, repos absolu de la pensée tant que des suggestions ne sont pas faites. Quand, en eflet, on demande à un sujet endormi : À quoi pensez-vous ? Presque toujours il répond : A rien. «Il y a donc, dit l'auteur (*)}, un véritable état d'inertie ou plutôt de repos intellectuel, ce qui s'accorde bien du reste avec l’aspect physique de l’hypnotisé... Il n’y à certainement ni rêves ni pensées d’aucune sorte. »

(1) BerNueïm. Loc. cit., p. 119.

(2) 10., ibid.., p. 98.

(3) BEaAuNIS. Loc. cil., p. 210.

Se basant sur cette idée, Beaunis considère le sommeil hypnotique, sans suggestions, comme plus réparateur que le sommeil ordinaire, c’est pourquoi. il attribue une partie des effets thérapeutiques de l'hypnotisme à ce repos.

Cette inertie intellectuelle n'est que conditionnelle ; il suffit de la moindre suggestion pour que le cerveau reprenne son activité normale et peut-être même une activité supérieure à celle de l’état de veille.

Beaunis n'admet pas le mensonge chez les sujets hypnotisés. « Pour ma part, dit-il (‘), je n'ai jamais pu surprendre un des sujets que J'ai observés, en flagrant délit de mensonge : ils ont quelquefois refusé de répondre à mes questions, Jamais ils n'ont dit le contraire de la vérité. » Pour Bernheim, le sujet est conscient à toutes les périodes de l'hypnose, il entend tout ;

on peut évoquer au réveil le souvenir de tout ce qui s’est passé

alors que rien dans le masque du sujet ne trahissait son activité psychique.

(d) Liébault admet parfaitement la sensibilité élective, il dit que, presque toujours, les somnambules artificiels sont en relation par l’esprit et les sens avec les endormeurs, mais rien qu'avec eux (?). ;

Comment expliquer ce phénomène ? « C'est, dit Liébault (*°}, que le sujet garde dans son esprit l’idée de celui qui l'endort et met son attention accumulée à ses sens au service de cette idée, et cela, sans aucune transition de la veille au sommeil. »

Le bon somnambule ne paraît pas entendre ce que disent les autres personnes, nice que dit son hypnotiseur en s'adressant

à d'autres personnes. Si on lui élève le bras, l'attitude ne per-

siste que dans le cas où c'est l’hypnotiseur qui l'a fait; pour

toute autre personne, le bras retombe inerte. Beaunis déclare

également que le sujet hypnotisé n’est en rapport qu'avec la personne qui la endormi. | Bernheim, au contraire, n’admet pas ce rapport; presque

(1) Beaunis. Loc. cit., p. 215.

(2} LiéBauzr. Loc. cit., p. 43. (3) In., 1bid., p. 44.

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