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L'HYPNOSE UNILATÉRALE

prisme, une lentille, le résultat est en tout conforme aux lois de la physique. Je veux répéter l'expérience devant quelques confrères, — four complet — le sujet répétait les résultats de la première expérience dans l’ordre du prisme, lentille, etc., observés la veille ; et pas du tout dans l’ordre du corps présenté sur le moment. Mes notes en ‘feraient foi. Depuis ce jour, je suis devenu sceptique sur l'interprétation des expériences et ne crois à l’entière valeur que de la première, et encore faut-il que l’expérimentateur s’observe singulièrement et puisse se - critiquer lui-même. )» |

DE JonG (de la Haye). « Je ne crois pas à l’hypnose unilatérale, c’est un produit de suggestion. »

BARON VON ScHRENCK NorziNG (de Munich}. « Elle est due à la suggestion. »

Pour ma part, je n’ai jamais pu produire l'hypnose unilatérale sans suggestion, chez des <ujets vierges. J'ai eu beau faire fixer un objet brillant par un seul œil, comprimer un seul globe oculaire, comprimer une seule zone hypnogène, je n'ai jamais obtenu qu’un sommeil hypnotique bilatéral. Si au contraire, par une parole, par un geste d’une des personnes présentes, le sujet pouvait se douter du résultat qu’on attendait de lui, le phénomène d’hypnose unilatérale se produisait. J'ai essayé maintes fois de reproduire ce phénomène, jamais Je n'ai réussi sans suggestion. Aussi je n'hésite pas à répondre négativement à la question posée précédemment : à mon avis, Phypnose unilatérale spontanée n’existe pas.

Il est bien certain que l’on ne peut se baser sur cette hypnose unilatérale suggérée pour expliquer l'indépendance fonctionnelle des hémisphères cérébraux ; si, en effet, un seul côté du corps paraît endormi, ce n'est pas qu’un seul hémisphère fonctionne, c’est que le sujet croit que la moitié de son corps seule présente les phénomènes de l'hypnose.

ÉCOLE DE PARIS

. À l’époque de Braïd déjà, on parlait de l’action des métaux et des aimants sur les sujets magnétisés ; les mesméristes soutenaient que ces corps possédaient le pouvoir de produire des vertiges, des éblouissements, des migraines, des évanouissements, la catalepsie, etc.

Burq remarqua que chez les individus dont la sensibilité est modifiée par diverses maladies, on peut obtenir l’amélioration de ces phénomènes par l’application de métaux sur la peau, chaque malade présentant une idiosyncrasie métallique spéciale. Il vit bientôt que les aimants possèdent cette propriété au plus haut point. Charcot, Luys et Dumontpallier,

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chargés, en 1870, par la Société de Biologie, d’examiner les idées de Burq, découvrirent le transfert : ïls virent que les agents œsthésiogènes transfèrent au côté malade la sensibilité du côté sain, ce dernier devenant à son tour anesthésique; ce transfert peut se faire, au dire des auteurs, non seulement pour la sensibilité, mais encore pour les contractures, les DS ralysies, etc.

De même, une hystérique étant en hémiléthargie ou en hémisomnambulisme, il suffit d'appliquer un aimant à quelques centimètres du côté éveillé, pour qu'au bout de deux minutes, le transfert s opère.

En 1886, Babinski (‘) reprit cette étude : il plaça deux hystériques hémianesthésiques à côté l’une de l’autre et appliqua un aimant sur le bras ou la jambe de l’une d’elles ; au bout de quelques minutes, l’une des deux malades était devenue anesthésique totale, l’autre étant sensible partout. Si l’une des malades était atteinte d’une paralysie ou d’une contracture, le transfert se faisait de même, la paralysie ou la contracture passait de l’un à l’autre sujet. Babinski prétend s'être mis à l'abri de toute simulation et de toute suggestion.

En 1890, Luys (?) signala des faits plus étranges encore, il communiqua à la Société de Biologie une note intitulée : Du transfert à distance, à l'aide d'une couronne de fer aimanté, d’ ces névropathiques variés, d'un sujet à l’état de veille sur un sujet à l’état hypnotique.

La couronne aimantée de Luys présentait la forme d’un îer à cheval ; elle allait d’une tempe à l’autre, en passant par l'occiput; la région frontale seule était libre, de telle sorte que les deux pôles de l’aimant se trouvaient aux régions temporales. « Soit maintenant, dit Luys, un sujet frappé d’hémiplégie droite et en état de veille. Nous appliquons la demi-couronne sur la tête, le pôle nord à droite, et nous la maintenons horizontalement pendant environ cinq minutes. Au bout de ce temps, sans proférer aucune parole, nous la placons sur la

(1) BaBinsxi. Soc. de Psychol. physiol. 25 octobre 1886, et Soc. de Biologie, 6 novembre 1886.

(2) Luys. Société de Biologie, 8 novembre 1890.

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ACTION DES AIMANTS SUR LES SUJETS HYPNOTISÉS 163 tête d’un sujet B, préalablement mis en état de léthargie hypnotique et’ placé dans une chambre voisine. Presque instantané ment le sujet B percoit une secousse, comme une décharge électrique, tout son côté droit devient hémiplégique, et quand on ie dirige vers le réveil, suivant les procédés usuels, en le faisant passer en catalepsie, puis en somnambulisme, on constate alors qu'il a pris la personnalité du sujet hémiplégique ;; il a la parole embarrassée, il a le bras pendant, il marche en fauchant. En un mot la personnalité morbide du sujet transféreur hémiplégique réel s’est incarnée avec tous ses caractères, sur le sujet transféré avec une véritable précision. Au réveil, cet. état disparaît instantanément ».

Les couronnes aimantées seraient capables, d’après l’auteur, d'’accumuler la force nerveuse morbide. Cette force nerveuse ne se déchargerait pas complètement sur un premier sujet ; après une demi-heure et même après deux heures, elle existerait encore sur la couronne, de telle sorte que l’on pourrait obtenir des résultats en appliquant cette dernière sur la tête d’un sujet en léthargie.

Binet et KFéré (‘) ont surtout insisté sur le transfert des hallucinations unilatérales ; contrairement à ce qui se passe pour les contractures, l’hallucination visuelle transférée ne serait pas symétrique : si, par exemple, on suggère à un sujet qu'il voit, de l’œil droit, un portrait de profil et que le profil est tourné vers la droite, par l'application d’un aimant, l’hallucination passe à gauche, mais le profil regarde toujours vers la droite.

Ces auteurs attirent l'attention sur la douleur de transfert : pendant le transfert, le sujet se plaindrait d’une douleur de tête à siège fixe, coïncidant très souvent avec les centres sensoriels de l'écorce cérébrale. Dans le transfert de l’hallucination visuelle, le point douloureux serait situé un peu en arrière

” et au-dessus du pavillon de l'oreille, correspondant à la région dont la destruction détermine la cécité verbale et l’hémianopsie ; dans le transfert d’une hallucination de l’ouïe, la douleur sié-

(1) Bixer et Féré. Le transfert psychique (Rev. philosophique, janvier 1885).

gerait au milieu de l’espace compris entre la partie antérieure du pavillon de l'oreille et l’apophyse orbitaire externe. Binet et Féré n’expliquent pas la cause de cette douleur, ils signalent son existence sans en commenter la nature.

Le transiert, tel que nous venons de l’envisager, est toujours unilatéral ; on pourrait cependant, d'après les deux auteurs précédents, produire un transfert bilatéral, appelé polarisation ('). On donne, je suppose, à une somnambule, l’hallucination bilatérale d'un'oiseau posé sur son doigt ; pendant qu’elle caresse l’oiseau imaginaire, on approche un aïmant de sa tête. Au bout de quelques minutes, elle s'arrête tout à coup, lève les yeux et regarde avec étonnement : l’oiseau est parti. 4

A une autre malade éveillée, les auteurs montrent un gong réel, on frappe un coup de gong, la malade tombe en catalepsie ; on la réveille et on la prie de regarder attentivement le gong. On approche de sa tête un petit aimant. Au bout d’une minute, elle ne voit plus l'instrument ; on frappe le gong à coups redoublés, elle ne l'entend plus.

L’aimant serait donc capable de supprimer, non seulement la vision imaginaire, mais encore la vision réelle ; aussitôt que l’on écarte l’aimant, la vision, tant réelle qu’hallucinatoire reviendrait. |

La polarisation contiendrait encore un élément de plus, elle pourrait produire des phénomènes complémentaires (?) ; on

sait que si l’on regarde attentivement une croix rouge, et qu'on

regarde ensuite uné surface blanche, il se produit l'hallucination d’une croix verte. Si l’on suggère à un sujet la vue d’une croix rouge et qu'on approche un aimant de :sa tête, 4 son insu, le sujet voit apparaître des rayons verts entre ies bras de la croix ; peu à peu, ces rayons verts s’allongent et la croix devient rose; un instant ‘elle est verte, puis le sujet voit une croix vide, un trou en forme de croix, entouré de rayons verts. |

La polarisation peut s'adresser non seulement à une hallu-

(1) Bixer et Féré. La polarisation psychique (Revue philosophique, avril 1885). - (2) Bingr ct.Féré. Le magnétisme animal, Paris, 1889, p. 201.

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