‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 43 sur 140 · FUN · texte numérisé non relu

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cination, à une sensation, mais encore à un acte ; si l'acte est automatique, il se produit ce que Binet et Féré appellent la polarisation motrice : si l’acte correspond à un état émotionnel, c’est la palarisation émotionnelle.

Si l’on suggère à une malade de rouler une boulette avec ses deux mains et qu'on approche un aimant de sa nuque, elle ne parvient plus à exécuter l'acte, c’est une polarisation motrice. Voici maintenant un exemple de polarisation émotionnelle: on suggère à une somnambule qu’à son réveil elle battra M. F.; un aimant est placé à terre, à proximité de son pied droit. Sitôt qu'elle est réveillée, elle regarde M. F. avec inquiétude et lui lance un soufflet, puis sa physionomie change, elle prend une expression souriante et suppliante et veut embrasser M. F.; on observe ensuite des oscillations consécutives. « Dans cette dernière expérience, disent les auteurs, laimant polarise directement l’émotion suggérée qui, en se transformant, amène une nouvelle série d’actes. C'est une polarisation émotionnelle (!}. »

Binet et Féré prétendent s’être mis à l'abri de toute supercherie. Voici les points sur lesquels ils insistent ;

«4° Engagés dans des recherches nouvelles, nous étions incapables de prévoir, dans beaucoup de cas, notamment pour la polarisation des émotions, ce qui allait se produire ; nous n'avons donc pas pu faire de la suggestion ;

» 2 Nous avons répété les expériences sur des sujets complètement neufs et obtenu les mêmes résultats ;

»30 Nous avons dissimulé l’aimant sous un linge et les mêmes effets se sunt produits ;

» 40 Nous avons rendu l’aimant invisible par suggestion, et le même effet a continué à se produire ;

» & Nous avons employé un aimant en bois et rien ne s’est passé ; si, d’ailleurs, il s’était passé quelque chose, ce résultat aurait rien prouvé contre nous, car il aurait pu s'expliquer par un rappel de l'excitation périphérique antérieure ; 3

»6° Nos expériences, faites pendant le somnambulisme, se

(4) Bixer et FéRé. Loc. cil., p. 226.

relient logiquement à celles qui ont été faites pendant la léthargie et la catalepsie ; or, dans ces deux derniers états, nous n'avons jamais pu donner de suggestion compliquée à nos sujets.

» Ces motifs nous paraissent démontrer que nous avons 0b-

tenu, dans nos recherches, des effets dus à des esthésiogènes et non à une suggestion inconsciente. » |

Ces recherches, faites en 1885, par Binet et Féré, furent confirmées en.1887 ,par Bianchi et von Sommer : d’après ces derniers auteurs, l’application de l’aimant pourrait produire une inversion psychique, de telle sorte que le sujet gai deviendrait triste, l'individu doux deviendrait colérique, etc.

Pitres (‘) se déclare partisan du transfert ordinaire, mais il ne peut se décider à admettre le transfert pur les couronnes aimantées de Luys ni la polarisation psychique. « Des faits aussi étranges, dit-il, ne doivent être acceptés qu'après avoir été soumis à un contrôle sérieux. Il convient d’attendre, avant de croire à leur réalité, qu ‘ils aient éte démontrés par des Re riences rigoureuses. }»

À l’action des aimants sur les sujets hypnotisés ou hypnotisables, Se rapporte encore l'étude de l’hypnoscope d'Ochorowiez (?): cet auteur, ayant entendu dire qu'un ouvrier ne pouvait travailler à côté d’un électro-aimant, à cause d’un engourdissement dans les jambes que lui procurait le voisinage de cet appareil, fit, à la Faculté de Lemberg, une série d’expériences et en arriva à conclure que toutes les personnes by pnotisables sont sensibles à l’aimant.

Se basant sur ces données, Ochorowiez fit construire un petit aimant nickelé et forgé, de la forme d’un tube fendu de 3,4 ©. de diamètre sur 5,5 C. de longueur (fig. 42}. Pour se servir de cet instrument, on explore tout d’abord la sensibilité de l'index, on introduit alors le doigt de la personne en expérience dans l’aimant privé d’armature, de façon que la face interne du doigt touche les deux pôles ; après deux mi-

(1) Pirres. Leçons cliniques sur l’hystlérie el l'hypnotisme. Paris, 1891, p. 331. (2) OcHorowicz. Science et nature, 22 août 1885.

RE ture

nutes, on retire l’aimant, on explore la sensibilité, et, d’après l’auteur, 30 ‘/, des personnes examinées perçoivent une des influences suivantes :

1° Elles ont des mouvements involontaires dans le doigt ;

% Le doigt est insensible, s’il était sensible avant l’expérience, ou inversement ;

3° Le doigt est paralysé ; & Il est contracturé ;

5° Le doigt ressent de la chaleur, du froid, des picotements, des fourmillements, des douleurs, etc. ;

6° Le sujet a de la tendance au sommeil.

«Les meilleurs sujets sont ceux qui éprouvent lanesthésie complète avec paralysie et contracture. »

Pour terminer ce qui se rapporte à l'action des aimants sur les sujets hypnotisés, je dois parler des recherches de Luys sur la visibilité des effluves magnétiques et électriques |‘): « Parmi les aptitudes que l’on peut développer dans le système nerveux des sujets placés en état hypnotique, dit Luys, il en existe une très remarquable : c’est de devenir sensible à l’action des barreaux aimantés, d’être attirés et répulsés par leurs effluves, et surtout de percevoir les différences de coloration des effluves, qui émanent, soit du pôle positif (rouge), soit du pôle négatif (bleu). »

J'ai été témoin des expériences de Luys, il suffisait qu’il présentàt le pôle positif (rouge) à un sujet pour qu'aussitôt ce dernier manifeste une profonde terreur et aille se rélugier

(1) Luys. De la visibilité des effluves magn. et électriques. (Ann. de psych. el d'hyp., 1892, p. 193).

dans un coin; si, au contraire, Luys lui présentait le pôle négatif (bleu), le sujet s'élançait et le caressait amoureusement. Il suffisait alors de retourner brusquement l’aimant pour que de nouveau le sujet soit terrorisé.

Luys faisait dessiner par ses sujets ce qu’ils voyaient ; ces derniers représentaient parfaitement un barreau aimenté aux deux pôles duquel s’échappaient des effluves bleus et rouges. Ce n’était pas seulement les pôles d’un aimant desquels les sujets voyaient s'échapper des effluves, ils voyaient aussi ces deux fluides, bleu et rouge, aux deux pôles d'une machine électrigne quelconque, et, ce qui est plus extraordinaire encore, ils voyaient aussi ces mêmes effluves s'échapper du corps humain. |

«Non seulement, dit Luys (')}, les sujets hypnotisés ont la propriété de voir les effluves électro-magnétiques, mais encore ils peuvent être adaptés, en raison de cette curieuse propriété, à reconnaître des effluves analogues qui se dégagent des êtres vivants, à les distinguer, celles du côté droit (rouges) et celles du côté gauche (bleues). »

Ces effluves s’échapperaient des organes des sens, du nez, des yeux, des oreilles, de la bouche; j'ai vu de nombreux croquis, faits par les sujets mêmes, sur lesquels ils avaient peint leurs sensations : des organes des sens du côté droit s’échappaient des effluves rouges, de ceux du côté gauche, des effluves bleues.

Luys à été plus loin encore, il a voulu me prouver que le sujet était à même de diagnostiquer les maladies nerveuses suivant la couleur des effluves émanant des yeux: tandis qu'un homme normal aurait un œil rouge et un œil bleu, le névropathe aurait un œil jaune ou violet (toujours d’après le dire des sujets).

(1) Luys. Loc. cil,. p.321.

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ÉCOLE DE NANCY

Braid, déjà, a combattu les phénomènes produits par les aimants chez les hypnotisés.

«Dans une visite, dit il, que j'eus le plaisir de rendre, à Londres, à un docteur qui faisait couramment usage du : — mesmérisme, la conversation s’engagea sur les effets extraor- dinaires qu'il avait obtenus à l’aide des aimants, et, avec “bonté, il s’offrit à me démontrer le fait sur une patiente “ alors endormie dans la pièce même où nous nous trouvions et qui, selon moi, ne perdait pas un mot de notre conversation. … > 11 me dit que lorsqu'il plaçait l’aimant dans ses mains, il se produisait bientôt une catalepsie des membres supérieurs, met tel fut le résultat. Puis, ayant fait cesser la catalepsie par … le fait seul d’avoir retiré l’aimant des mains du sujet, il me démontra, de la même manière, que le simple contact de - l'aimant sur un membre quelconque, rendait celui-ci complè- tement inflexible.

— >» Je lui dis, à mon tour, que je venais justement de tirer — de ma poche un petit instrument long de trois centimètres | environ et surmonté d’un anneau à l’une de ses extrémités, | lequel, quoique bien différent du sien comme forme, et beaucoup moins important comme grosseur, n’en possédait pas . moins un pouvoir égal, et j'offris de l’expérimenter aussitôt sur la même patiente, toujours endormie. La catalépsie des mains et des bras s'étant produite exactement comme la pre- mière fois, je repris l'instrument et le replaçai de nouveau dans une autre position disant que, dé cette manière, il de-

vait nécessairement produire l'effet inverse et que nous verrions bientôt la patiente devenir incapable de le tenir et que si je fermais ses mains sur l'instrument, celles-ci s’ouvriraient quand même et le laisseraient échapper. Ma prédiction s’accomplit de point en point, au grand étonnement de mon honorable ami qui m'exprima son vit désir de connaître au plus tôt la cause de pouvoirs si opposés. Je me refusai, pour le moment, à le satisfaire, mais je promis de m’exécuter dès que je lui aurais donné quelques autres preuves de la remarquable puissance de mon instrument. Je lui dis alors qu’en touchant de mon talisman quelqu’une des extrémités de son corps, celle-ci se soulèverait, puis deviendrait cataleptique, et tel fut le résultat ; je lui prouvai de la même manière qu’un second contact sur la même partie, réduisait la rigidité et fai- . Sait retomber le membre influencé.

» Après une variété d'expériences aussi affirmatives, la patiente fut réveillée ; et je portai bientôt l’étonnement de mon ami à son comble. en rendormant et en réveillant tour à tour son sujet, par le seul fait d'appliquer successivement mon talisman en diverses positions, sur différentes parties du Corps.

» Puis, étant passé dans une autre chambre, je montrai au docteur la réelle nature de mon petit instrument et lui expliquai les magiques pouvoirs qu’elle paraissait posséder. 11 fut fort surpris lorsque je lui prouvai que ce n’était que la clef de ma valise, et j'ajoutai que ce qui lui avait communiqué l'apparence de pouvoirs si variés n’était rien que les simples prédictions que la patiente m'avait entendu faire, agissant sur elle, dans l’état particulier du sommeil nerveux, comme des impulsions irrésistibles devant être eflectuées conformément aux résultats qu’elle m'avait entendu prédire. Si j'avais prédit qu'elle verrait soit une flamme, soit une couleur, telle forme ou bien encore quelque substance animée ou inanimée, je sais, par expérience, que, quelle que soit ma prédiction, celle-ci se serait réalisée et que la patiente y aurait exactement répondu ; cela ne provenant nullement d'aucun désir de sa part d'en imposer aux autres, mais simplement de ce

baie...

qu'elle était elle-même entraînée par la vivacité de son imagination qui, dans cet état, la déterminait à croire comme réel ce qui n’était que pures fictions, suggérées à son esprit par les remarques des autres. Le pouvoir des suggestions de cette espèce est aussi véritablement étonnant dans la paralysie

“ou l'excitation du pouvoir musculaire et peut tout produire,

en parfaite bonne foi, chez presque tous les patients qui onîf

passé dans le second degré du sommeil et dans quelques-uns,

durant le premier même. »

Bernheim émet une opinion analogue :

«Je m’ai pas réussi (‘}, dit-il, à provoquer avec les aimants, le transfert d’un côté à l’autre du corps, des phénomènes divers réalisés dans l'hypnose, tels que paralysies, contractures, halluci-

“nations ; je n ai réussi que par la suggestion avec ou sans aimant. Que l’aimant ait une action sur l’organisme, cela est possible. Ce que je nie, c’est l’action spéciale constatée par Binet et Féré; je unie le transfert des attitudes et des hallucinations avec la douleur - exactement localisée à la région du crâne suspendue au centre

cortical (hypothétique) du phénomène transféré. »

Bernheim nie le transfert ordinaire, la polarisation psychique, laction-des couronnes aimantées, la visibilité des effluves magnétiques.

Delbœuf émet une opinion semblable : « L'expérience réussit

4 également bien avec de faux et avec de vrais aimants. J’annonce

“aux assistants que l’aimant fera passer l'écriture de droite à gau-

che. Elle écrit de la main droite: A qui réserve-t-on ces apprèts

meurtriers ? Aimant à droite : embarras visible, tristesse, désespoir. Tout à coup, la figure s’illumine : «J’y songe, je n’ai qu’à

“écrire de la main gauche. » Elle continue de la main gauche en … écriture directe. »

En plaçant l’aimant alternativement à droite et à gauche, la

— plume passe successivement d’un côté à l’autre; Delbœuf a pu

également bien transférer les attitudes, les contractures, les para-

….lysies. En dehors de la suggestion, l’auteur n’obtint aucun résultat

Constant.

(1) Bervuem. Revue critique, Revue de l'Hypnot., 1886-87, p. 216.

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DelbœuÎ fit confectionner un faux hypnoscope non aimanté, il obtint absolument les mêmes résultats qu'avec l'instrument aimanté.

« Conclusion, dit Delbœuf (‘)}: l’hypnoscope mérite son nom; mais pour opérer, il n'importe pas qu’il soit vrai ou faux. »

Cette conclusion est analogue à celle que formulait quelques mois auparavant le professeur Grasset, de Montpellier : « Les résultats, disait-il (*), ont été absolument les mêmes avec l’hypnos-

cope non aimanté qu'avec l’hypnoscope aimanté. »

é& (1) Dezsour. Note sur l'hypnoscope et sur les phénomènes de transfert par les aimants (Rev. de l’hypn., 1886-87, p. 370)

(2) Grasset. Note sur l’hypnoscope d'Ochorowicz (Rev. de l’hyp., 1886-87, p. 316).

PA MO TES 2 Dee ME Ant 7 Ua eur EPA ve PRE ve ee + Ca vi # n

RAA rte III A DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

: J'ai posé la question suivante :

Le transfert existe-t-il ? (!)

nu Transfert ordinaire de Charcot, etc.

ob. Transfert à l’aide des couronnes aimantées de Luys ?

Eh e. Transfert des hallucinations ?

4 . d. Transfert bitatéral ou polarisation de Binet et de Féré ? Ve. Hypnoscope d’Ochorowicz *?

ES Visibilité des effluves magnétiques et pas de Luys : ?

Voici les réponses :

« D (de Paris). « Certainement. )

me: « Je n'ai jamais rien constaté ut)

L; € Idem. »

Manor (de Paris) (?»

Pirres (de Bordeaux). «Oui. »

. a. ( Oui.»

db. REC? »

. Luys (de Paris).

&. b. c. (Assurément oui. »

d. CNescio. »

e. « Rien de bon. »

pr Assurément. )

Joue (de ee

a. « Oui. »

N E. Oui. » | & «Je ne l'ai jamais constaté, mais par déduction, je le crois 44 » |

A] Réponses à mon questionnaire.

d. «Jamaïs constaté. »

e. «Jamais constaté. »

f. «Jamais constaté. »

Davip (de Narbonne). « Le transfert est indéniable. »

a. «Le transfert ordinaire se rencontre généralement chez tous les sujets hypnotisés. » |

b. «Le transfert à l’aide des couronnes aimantées de Luys se montre fréquemment. »,

e. &« Le transfert des hallucinations n’est pas rare. »

d. « Le transfert bilatéral se rencontre chez les sujets préparés à cet effet. »

e. « L'hypnoscope d’Ochorowicz réussit surtout chez les sujets préparés. )»

f. « La visibilité des effluves magnétiques et électriques de Luys est incontestable, imais il faut des sujets exceptionnels. » à

Buror (de Rochefort). « Le transfert existe dans les grands états hypnotiques, mais il faut une certaine mobilité dans les vibrations nerveuses. Il peut se faire par différents moyens.

« La visibilité des effluves n’est pas impossible. » |

"OCHOROWICZ (de Varsovie). « Certainement, avec ou sans suggestion, dans toutes ses formes. L’hypnoscope agit principalement par attention expectante, mais l’action physique de l’aimant peut être prouvée quelquefois, quoique rarement, dans de bonnes conditions. Il ne faut pas tenir compte des sensations, mais de l’anesthésie qu'il provoque. Je n’ai jamais vu- une personne éminemment hypnotisable et insensible à l’hypnoscope, et réciproquement. La suggestion peut anéantir l’action de l’hypnoscope ; elle peut simuler l’action avec un hypnoscope faux (en bois, ete.). Mais la réussite seule d’une expérience hypnoscopique (sur le doigt indicateur), par n'importe quel moyen, prouve toujours une sensibilité hypnotique proportionnelle au degré de l’anesthésie obtenue. C’est un moyen précieux de diagnostic, non seulement au point de vue de l’hypnotisme, mais comme signe de l’état particulier du système nerveux en général, physiologie ou pathologie, surtout lorqu’on expérimente des deux côtés et sur différents membres de la même famille. Je n’ai pas pu vérifier la visibilité des effluves magnétiques de Reichenbach (Luys). »

G. Bazcert (de Paris). « Oui. »

AACOUL. )

b. «Rien de moins prouvé. »

C, (Oui. »

Beaunis (de Paris).

a. «Non. »

b. «Je ne le crois pas. »

c. d.e. f. (Je n'ai pas d'expériences sur ce sujet, »

Lagote (de Nashua-New-Hamspire). « Le transfert peut se faire ou d’une partie du corps à une autre, ou à un objet inanimé.

« Voici une expérience faite le 8 mai 1892. Une dame M..., âgée de 26 ans, santé excellente, mais souffrant depuis des semaines d’une sciatique gauche ; je lui suggérai, à la troisième séance d'hypnose, de briser le pied d’une vieille chaise et de tout jeter dans sa cave et qu’elle serait guérie; pas d’amnésie au réveil, et Mn< M... me demande si j'espère la guérir par un moyen aussi singulier. Je la renvoie, elle exécute mes ordres et fut guérie. J'avais averti son mari de faire réparer la chaise au bout d’une dizaine de jours. Mm° M..., quatorze jours après avoir brisé la chaise, est revenue à mon cabinet et souffrait de nouveau de sa sciatique depuis la veille, c’est-à-dire depuis qu’elle avait vu la chaise réparée. Alors, sans l’endormir, je lui dis de briser le pied une seconde fois et de tout brüler. Il y a plus de deux ans de cela et la sciatique n’est pas reveuue. »

b. « Je n’ai pu l'obtenir. »

Pre (C2)

f. «Oui. »

DE JoxG (de la Haye). « Le transfert est un produit de suggestion et se manifeste seulement si le sujet comprend la signification de l'expérience; un grand nombre d’expériences m'ont démontré Ça. »

BrémauD (de Brest). « On obtient tout cela par suggestion. En dehors de la suggestion l’électricité, l'aimant, ont-ils une action quelconque ? J’ai essayé et n’ai obtenu aucun résultat.

« Une feuille de papier qu'on dit magnétisée peut faire un excellent hypnoscope.

» Des hystériques hypnotisés peuvent voir tout ce qu’on leur

ordonne de voir. Des hypnotisés qui ne voyaient aucune effluve et affirmaient ne rien voir, en voyaient de toutes les couleurs quand on les avait suffisamment dirigés dans cette voie. Présentée par un confrère non prévenu, celui-ci pourrait prendre cette visibilité comme sincère. 1i est, je crois, très facile de mystifier un homme de bonne foi. Je ne crois qu'aux premières expériences sur des sujets vierges. »

HENRIKk PETERSEN (de Boston). (Autrement que par la suggestion, je ne crois pas; ma conviction est que l’aimant n'exerce aucune influence sur le système nerveux et l’état psychique. »

&. b. c. d. e. « Non.»

f. «Oui, comme lumière ou clarté, sans pouvoir les classer magnétiques ou électriques. »

DÉJERINE (de Paris). «Le transfert sous toutes ses formes est pour moi uniquement dû à la suggestion. »

BARON VON SCuHRENK NorziNG {de Munich}. «Je ne puis le considérer que comme un produit de suggestion. »

(«Également l’hypnoscope avec lequel j'ai constaté de nombreuses expériences de contrôle, n'agit d’après moi que par suggestion. » | |

Donc, pour Dumontpallier, Pitres, Luys, David, G. Ballet, Burot, Lajoie, Joire et Ochorowicz, le transfert ordinaire existe; pour Beaunis, de Jong, Brémaud, Henrik Petersen, Déjerine et von Schrenck, il n’est qu’un effet de la suggestion. Pour Dumontpallier, Luys, David, Burot, Joire et Ochorowicez, le transfert à l’aide de couronnes aimantées est réel, Pitres en doute, Lajoie, Beaunis, de Jong, Brémaud, Henrik Petersen, Déjerine et von Schrenck en nient l'existence.

Dumontpallier, Luys, David, Burot, G. Ballet, Joire et Ochorowiez croient au transfert des hallucinations, Pitres et Lajoie en doutent; De Jong, Brémaud, Henrik Petersen, Déjerine et von Schrenck n'y croient pas.

Le transiert bilatéral existe pour Dumontpallier, David, Burot et Ochorowicz ; il est douteux pour Pitres, Luys, Joire et Lajoie, et n’existe pas pour De Jong, Brémaud, Henrik Petersen, Déjerine et von Schrenck.

L'hypnoscope possède une réelle valeur selon David et Burot : son action est problématique pour Pitres, Joire et Lajoie; elle est nulle pour Dumontpallier, Luys, De Jong, Brémaud, Henrik Petersen, Déjerine et von Schrenck.

Enfin, la visibilité des effluves magnétiques et électriques est admise par Luys, David, Burot, Lajoie et Henrik Petersen: elle est douteuse pour Pitres et Joire et elle n’existe pas pour Dumont-

pailier, De Jong, Brémaud, Déjerine et von Schrenck.

Je ne puis mieux faire, pour exposer ma manière de voir à propos de ces questions, que de reproduire un extrait de la communication que je fis en Juin 1894, à la Société des Sciences médicales de Bruxelles (!).

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