PREND RAT PÉTER TAN
Ce sont ces pâtes molles, ces indifférents, ces esprits flasques, indécis, que l’on conduit «par le bout du nez », selon l’expression populaire. Ils ne se donnent pour ainsi dire pas la peine de contrôler les suggestions qu’on leur fait, ils les exécutent presque automatiquement, inconsciemment, leur irresponsabilité est manifeste.
Ils se feront complices d’un crime pour contenter un camarade, ils compromettront leur honneur et celui de leur famille sans s'éÉMOouvoir, Sans en comprendre momentanément la portée. |
Telle Gabrielle Fenayrou, jeune femme bonne et douce qui, « sur les conseils de son mari, donne rendez-vous à son: amant “ dans le but de le faire assassiner. 4
Elle y va, chemin faisant elle entre prier à la Madeleine, puis, froidement, elle conduit l’homme qu’elle a aimé à son mari qui” l’assassine !
Lorsque l’impressionnabilité I augmente, bien que la force de résistance R reste normale, ce qui existe souvent dans les états névrosiques et psychiques, la formule pourra être (en prenant comme idéal la formule de l'homme nvurma ER 12:84) 30
LES SUGGESTIBILITÉS 214
DER ou 6274 À à HAE = = PAPE 2 te A
Ce ne sont plus ici ces pâtes molles qui obéissent par indiftérence, par indécision ; ce sont des êtres nerveux, impressionnables, qui sont victimes de leur émotivité, de leur impressionnabilité. Ce n’est plus sans contrôle qu’ils obéissent aux suggestions, leur résistance existe, ils peuvent lutter, mais le combat est généralement de courte durée, bientôt leur raison est étouffée par leur émotivité, et, bien que le mécanisme de leur suggestibilité exagérée soit tout différent de celui
que nous venons d'examiner, le résultat est le même : les sug-
gestions s’exécutent et leur one est indéniable.
Ils commettront un acte Re UN repréhensible non
plus par indifférence, mais parce ‘qu’ils le croient nécessaire et
utile, comme on le leur à affirmé. Tels ces anarchistes violents qui s’imaginent qu’en provoquant une catastrophe, ils commettent un acte moral.
Ils seraient incapables de commettre un crime vulgaire
e qu on leur aurait suggéré sans agir sur leur impressionnabilité; ils y résisteraient, le contrôle, la résistance existent chez
eux. Mais ils cèdent aussitôt [que ‘leur impressionnabilité entre én jeu, ils sont vivement frappés par les discours et les théories
- anarchistes et ils finissent par croire qu'en accomplissant leurs
forfaits, ils se sacrifient comme des martyrs dans l'intérêt de . l'humanité.
Entre ces deux types de suggestibles pathologiques, il y a évidemment des transitions et des combinaisons infinies ; un grand nombre de sujets présentent en même temps une alté-
— ration des deux facteurs [ et R.
C'est ainsi que l'on pourra observer AURA les forpoules suivantes :
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res ET SE a EPA TT 3 £ "TOR
2E2 -CHAPITRE XIII : RME GED LR | ÉME Eh à dar Te RE SE FRURE SEM etc. etc.
Plus l'impressionnabilité T augmente, plus la résistance aux
suggestions R diminue, plus aussi la suggestibilité sera grande ; la formule, si variable dans ces. cas, peut même atteindre l'extrême I : R = 8 : 8, c’est-à-dire que l’impressionnabilité étant quatre fois plus forte, la résistance annihilée, le sujet obéira aveuglément aux suggestions et représentera le type de l’automate parfait. | Cet état automatique complet peut se rencontrer dans certaines maladies organiques ou fonctionnelles du cerveau et faire du malade une véritable machine. | Tout ce que nous venons de dire se rapporte à l’étude. de la suggestibilité à l’état de veille ; bien qu’il soit très difficile de différencier la part qui revient à la physiologie de celle qui appartient à la pathologie, des transitions insensibles existant entre ces deux états, nous avons schématisé les suggestibilités et nous nous sommes eflorcés d'établir qu'il y a deux grandes classes de suggestibilités dont les formules sont. très différentes :
les suggestibilités physiologiques et les suggestibilités patho-
logiques.
Si maintenant nous envisageons la suggestibilité ee tique, en donnant au terme hypnose son ;sens le plus large et
eu groupant. sur Ce nom tous ces états variables en intensité,
depuis la simple somnolence jusqu’au somnambulisme le plus
profond, nous voyons que cette suggestibilité varie dans des «
proportions aussi grandes que la suggestibilité à l'état de veille.
Tout le monde admet aujourd'hui, et je déve ee ce sujet
plus loin, que Brouardel,; Liébault et Liégeois ont tous trois
raison lorsqu'ils affirment : ‘le premier que les somnambules «
n'exécutent que les suggestions qui leur sont agréables ; le second,
ts
£ | a+ | 4 LES SUGGESTIBILITÉS 213 LA qu'ils vont à leur but comme la pierre qui roule; le troisième,
à qu'ils sont comme le bâton dans la main du voyageur. L Nous savons tous que grâce à l'hypnose, nous pouvons trans- — former certains sujets en de véritables automates et que d’autres offrent une résistance invincikle aux suggestions les … plus simples; nous savons aussi qu'entre ces deux extrêmes, mi] existe une infinité de suggestibilités intermédiaires formant “ une chaine ininterrompue. | — D'autre pari, il est incontestable que la suggestibilité hypno- “jique n’est pas toujours èn rapport avec la suggestibilité à Pétat de veille, et s’il est vrai, dans la plupart des cas, que les individus très suggestibles à l’état de veille deviennent plus -sugsestibles encore en état d’hypnose, il n’en est pas moins certain qu’un grand nombre de sujets, dont la suggestibilité Bar état de veille est normale et répond aux formules men- tionnées plus haut, présentent, pendant le sommeil provoqué, Dune exagération de suggestibilité pouvant aller jusqu’à l’auto- . matisme complet.
— Ce sont là des faits indubitables que j'ai maintes fois véri- … fiés.
- Par quel mécanisme cette hyper-suggestibilité se produitelle ?
… Il paraît vraisemblable que le pouvoir de résistanee aux sug- gestions appartient au centre psychique supérieur et que plus “ce centre est paralysé, plus cette résistance s’affaiblit. D'autre
avant tout, une fonction des centres inférieurs, dont le centre psychique Arte est chargé de modérer le retentissement. | | F
…. Or, l'hypnose consiste, d'après nous, en une annihilation plus ou moins profonde du centre psychique supérieur ; il en résulte donc que cet, état augmente doublement la suggestibi-
Ro com prend DAT RUE la su ggestibinité croit; en
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somnambuloïides (‘) et qui se caractérisent par la conservation de la conscience et de la sensibilité, ainsi que par le souvenir au réveil, on ne peut, le plus souvent réaliser que des suggestions élémentaires peu conséquentes, tandis qu’au contraire, dans les états somnambuliques véritables, qui se caractérisent par la perte de la conscience et de la sensibilité, on peut souvent produire les suggestions les plus complexes et les plus criminelles.
En considérant comme normales les formules les plus voisines de l’idéale, I : R — 2 : 4, nous aurons, pour les cas de EL suggestibilité hypnotique, dans lesquels les deux éléments « l et R sont simultanément atteints, toutes les variétés men tionnées plus haut, dans lesquelles l'élément I oscille de 4 à &et l'élément R de 4 à 8.
Les formules moyennes signalées tantôt se retrouveront ici et l’on pourra avoir :
lechi=r0ues L'Rreetre 0 À RE à A 2 M FRE 66" 0 A à Dee RO IR 66:12 lRRAPE RAR 2e De D | LR 8)
Dans ce que nous venons de dire concernant la suggestibilité hypnotique, nous avons, à différentes reprises, intercalé les mots : en général, le plus souvent, généralement, etc. Ces restrictions s'imposent, car tous les sujets ne répondent pas aux formules que nous venons de mentionner. Il en est qui sont, il est vrai, l'exception, mais qui n’en existent pas moins, chez lesquels la suggestibilité ne croit pas en raison de la profondeur de l'hypnose, c'est-à-dire en raison de l’annihilation du centre psychique supérieur. Ces individus appartiennent à deux catégories : ou bien leur suggestibilité est beaucoup plus
(4) Voir Croca fils. L'Hypnotisme scientifique (Paris. 1898. p. 253).
LES SUGGESTIBILITÉS 215
forte qu’elle ne devrait l'être, en raison de l'état superficiel d’hypnose qu'ils présentent, ou bien leur suggestibilité est beaucoup moins accentuée qu’on ne serait en droit de le croire en se basant sur la profondeur de leur sommeil. Chez les premiers, on constate un état somnambuloïide manifeste, avec conservation de la conscience, de la sensibilité et souvenir ou réveil et cependant on les voit obéir automatiquement ou à peu près; chez Îles seconds, on observe un état somnambulique véritable, avec perte de la conscience, de la sensibilité, amnésie au réveil. et pourtant ils refusent d'exécuter les suggestions qui leur déplaisent!
Ces faits, qui semblent inexplicables à priori, sont cependant bien faciles à comprendre et ils n’infirment nullement notre schématisation première. Dans les cas où on observe une hyper- Suggestibilité non en rapport avec le degré d’annihilation du centre psychique supérieur, c’est que la formule ordinaire, de Pétat de veille n'était pas normale. Si, par exemple, nous prenons, un individu dont la suggestibilité à l’état de veille est modifiée par une hyper-impressionnabilité, par une hypo-résistance, ou par une combinaison de ces deux facteurs, il est évident que l'hypnose, qui, comme nous l'avons vu, provoque une altération simultanée de I et de R, donnera lieu à une suggestibilité de beaucoup plus accentuée que celle que l'on aurait pu prévoir en sc basant sur la dissociation des centres nerveux que provoque habituellement un état donné d’'hypnose,
Si un individu dont la formule habituelle est I :R = 6 : 2,
“est mis en état somnambulique léger, sa formule pourra aus-
sitôt tomber à 1: R—=8 : Oet le transformer en un automate
parfait.
Lorsque l’on rencontre une hyper-suggestibilité, contrastant
avec un état somnambulique profond, l’explication n’est pas
plus difficile.
Si, en effet, les centres psychiques inférieurs agissent auto-
matiquement, et même intelligemment, c’est non seulement
parce qu’ils sont réflexes, mais encore parce qu'ils ont été primitivement éduqués par le centre psychique supérieur. Celui-ci dont le rôle est de contrôler les premiers, peut, à la
longue, habituer ceux-ci à résister à certaines ‘impressions ; il
peut ainsi créer véritablement dans les centres automatiques
un centre secondaire de contrôle et de résistancé et même à empêcher ‘une hyper-impressionnabilité trop marquée. Certes, celui qui estfàa même de se faire cette auto-éducation, possède une formule ordinaire se rapprochant fort de la formule idéale ; sa suggestibilité sera, par exemple, représentée par I : R = 2: 3 ou — 3 : 4. Sous l'influence du samnambulisme. profond, cette formule qui est un centre, se transiormerait profondément et donnerait lieu à une suggestibilité très marquée, se modifiera à peine, grâce à l’existence de la résistance devenue automatique; elle deviendra par exemple I: R = 3 :3 ou = 4 : 4 et le sujet restera parfaitement libre de n’exécuter que les suggestions qui lui conviennent, grâce à sa résistance éducative et automatique, et malgré l’annihilation complète du contrôleur principal, le centre psychique supérieur. Et 1l n'est. pas difficile de mettre en lumière la. nature automatique de cette résistance aux suggestions ; j’ai rapporté le cas d’une Jeune fille honnête qui, en somnambulisme profond, refusait obstinément, malgré les suggestions les plus énergiques, de lâcher son jupon qu'elle tenait des deux mains au niveau de la taille, pour ne pas être en chemise; mais si, au lieu de lui dire « sortez votre jupon », on lui disait «ouvrez les mains », elle obéissait et le jupon tombait ».
Une autre, également en état d'hypnose profonde, refusait énergiquement de signer un bon de 500 francs lorsqu'on lui disait «signez ce bon de 500 francs », mais elle obéissait aussitôt lorsqu'on lui ordonnaïit tout simplement de signer sans lui dire ce qu’elle devait approuver. |
Cette résistance est manifestement tome elle n’est pas
raisonnée et ces sujets exécutent les suggestions dans l'ordre verbal desquelles rien ne blesse leurs sentiments habituels, tandis
qu'ils refusent d'accepter celles qui sont en contradiction avec leur manière de réagir dans les conditions ordinaires de la vie. C’est ici que vient se placer toute cette catégorie d’individus, signalés par Bernheim, auxquels la suggestion hypnotque ne peut faire accepter des suggestions criminelles. Nous avons ainsi parcouru successivement les différentes
LES SUGGESTIBILITÉS 217
variétés de suggestibilités que nous avons classées ea: normales, pathologiques et hypnotiques. Nous avons vu que la suggestibilité hypnotique diffère de chacune des deux autres, mais que cependant elle tient de l’une et de l’autre: dans les états hypnotiques, en effet, on rencontre une suggestibilité excessivement variable qui peut n’être pas plus accentuée qu’à l’état normal et qui peut, d'autre part, être aussi forte que dans les états pathologiques les plus caractérisés, Nous avons vu des sujets n'obéissant pas aux suggestions qui leur conviennent (1: R = 2 :3 ou —3 : 4), et des sujets dont l’automatisme est absolu (I : R =8:0); entre ces deux extrêmes, nous avons trouvé toute une série ininterrompue d'états de suggestibilités expliquant les diverses manières de réagir des hypnotisés. SES
I ressort de Là que, si, ainsi que le veulent Delbœuîf et Bernheim, il n'y a pas d’hypnotisme, des états variables de suggestibilités existant seuls, nous ne pouvons comprendre comment un individu, dont la formule habituelle est I: R —=2 : 3, puisse subitement se transformer en un automate complet et voir sa formule devenir [ : R — 8 : 0, par exemple.
Or, ces cas existent indubitablement: on rencontre assez souvent des sujets dont la suggestibilité à l’état de veille est très minime et que l’on peut transformer, par le somnambulisme profond, en de véritables machines.
En niant. l'hypnose et en la remplaçant par l’unique sugges-
tibilité, on doit fatalement arriver à cette conclusion que lautomatisme somnambulique sera toujours en rapport avec la suggestibilité à l'état de veille ; l'hypnose ne dépendant elle-même que de la suggestibilité du sujet, non seulement le sommeil provoqué devra être en rapport avec la formule habituelle de ce sujet, mais encore la suggestibilité hypnotique de ce dernier ne pourra varier qu’en raison de cette même formule. Un individu, par exemple, dont la formule ordinaire est I:R—=2:4, ne pourra présenter qu'une hypnose légère et ne pourra réaliser que les suggestions qui lui sont agréables, tandis que celui dont la formule est I: R—6: O0, pourra devenir un vrai somnambule et obéira aux suggestions les plus criminelles. f ;
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Or, il arrive, au contraire, que cet individu, dont la formule habituelle est très voisine de la formule idéale, présente, en état de somnambulisme profond, une suggestibilité représentée par I: R—8: 0. D'ailleurs, si l'on admet que l’hypnose n’est elle-même qu’une manifestation de la suggestibilité, il faut croire que ceux seuls qui possédaient à l’état de veille une hypersuggestibilité très accentuée, sont susceptibles de présenter un état profond d’hypnose. Or, nous avons vu que cette hypersuggestibilité, dépendant d’une altération du rapport physiologique existant entre [ et R, appartient à la pathologie ; il faudrait donc en conclure que la sensibilité à l’hypnotisme, peu
marquée chez les individus normaux, grandit au contraire avec
le degré plus ou moins accentué de nervosisme et de maladie. Cette hypothèse nous ramènerait aux vieilles théories de la Salpêtrière, elle nous ferait considérer le sommeil hypnotique comme un état pathologique ne pouvant se montrer que chez les névrosés. Qui oserait encore actuellement soutenir une telle assertion, alors que l’on constate journellement que les névrosés sont le plus souvent moins faciles à hypnotiser que les individus ordinaires?
Et cependant leur suggestibilité est le plus souvent exaltée! Si donc le sujet hypnotisé n’a que « l'illusion du sommeil » par suggestion, comme le dit Bernheim, pourquoi le névrosé éminemment suggestible à l’état de veille, refuse-t-il la suggestion du sommeil, alors qu’il accepte d’autres suggestions autrement complexes et autrement sérieuses au point de vue moral ?
Pourquoi? C’est bien simple: parce que l’hypnose consiste essentiellement, ainsi que nous l’avons déjà dit, en une dissociation fonctionnelle des centres nerveux aboutissant à une annihilation plus ou moins forte du centre psychique supérieur
et conscient. Cette action inhibitoire se produit grâce à une,
véritable distraction de ce centre; pour provoquer l’hypuose, il faut fixer l'attention du sujet sur une idée, absolument comme pour se mettre dans l’état d’auto-hypnose, nécessaire à la réussite des séances spirites, il faut concentrer toute son attention et ne penser qu’aux phénomènes qui doivent se produire, absolument encore comme le cumberlandisme ne peut réussir qu'à
Piles à
LES SUGGESTIBILITÉS 219
condition que le sujet soit complètement absorbé par l’idée de l'acte que doit exécuter le soi-disant divinateur de pensée.
Dans toutes ces circonstances, on doit. produire la dissociation des centres nerveux, annihiler l’action du centre supérieur et conscient, et laisser le champ libre au fonctionnement cérébral automatique. C’est pourquoi les sujets les plus sensibles à lhypnotisme sont aussi ceux qui réalisent le mieux les expériences spirites et qui conduisent le mieux Cumberland et ses imitateurs.
Toutes les méthodes préconisées pour provoquer le sommeil hypnotique ont pour but de fixer l'attention du sujet, de frapper son imagination et de distraire le centre psychique supérieur.
Or, chez les névrosés, l'attention ne peut le plus souvent être fixée longtemps ou fortement, des idées contradictoires traversent continuellement leur esprit, leur imagination voyage - continuellement, on ne peut suffisamment fixer leur attention pour distraire le centre psychique supérieur, pour le séparer des centres automatiques et pour permettre à l’hypnose de se produire. Voilà comment ce fait, en apparence paradoxal, que les névrosés très suggestibles à l’état de veille sont souvent très difficiles à hypnotiser, peut s'expliquer logiquement.
Il n’en est pas moins vrai que ce fait est en opposition avec la doctrine de Bernheim qui considère l’hypnotisme comme un pur fantôme résultant, tout comme la catalepsie, la léthargie
etc., uniquement de la suggestion.
ÉCOLE DE PARIS
À. —— LES SUGGESTIONS VULGAIRES
: Que faut-il entendre par suggestion hypnotique ? «C’est, dit M. Paul Janet, l'opération par laquelle, dans le cas d’hypnotisme, ou peut-être dans certains états de veille à définir, on peut, à laide de certaines sensations, surtout à l’aide de la parole, provoquer, chez un sujet nerveux bien disposé, une série de phénomènes plus ou moins automatiques, le faire parler, agir, penser, sentir, comme on le veut; en un mot le transformer en machine. »
. «CElle consiste en ce fait, dit Gilles de la Tourette, que, pendant les états hypnotiques, l’expérimentateur peut, dans certaines conditions, faire accepter au sujet d'expérience des idées capables de se traduire par des actes, qui non seulement pourront être effec-
tués pendant le sommeil, mais encore s'accompliront fatalement au réveil. »
Pour Binet et Féré (‘), la suggestion, dans son acception rigoureuse, («est une opération qui produit un effet quelconque sur un sujet en passant par son intelligence ». Plus loin, les auteurs précisent davantage, ils disent que la suggestion consiste à introduire, cultiver et renforcer dans l’esprit du sujet en expérience une idée. L'idée se résout en image, l'image se résout en sensations rappelées : la suggestion agit donc comme un rappel de sensations, elle consiste dans le renouvellement psychique d'une excitation périphérique que le sujet a déjà éprouvée.
Binet et Féré admettent deux espèces fondamentales de suggestions : l’une a pour eftet de produire un phénomène actif, une sensation, une douleur, un acte, une hallucination : l’autre a pour effet de produire un phénomène paralytique, une amnésie, une anesthésie. La première, que les auteurs appellent Forme positive, n'est autre chose que la mise en œuvre d’une association mentale préexistant dans l’esprit de l’hypnotique. La seconde se comprend plus difficilement; peut-être est-elle due à une impression mentale qui exercerait une inhibition sur une des fonctions sensorielles ou motrices, désignée par la suggestion.
La simulation et la suggestion inconsciente sont les deux principaux écueils à éviter; il faut expérimenter pour déjouer la simulation, il faut démontrer la réalité de l’hallucination suggérée, il faut prouver que cette hallucination est modifiée par les instruments d'optique suivant les procédés que Binet et Féré ont indiqués et qui seront décrits plus loin ; il faut s’efforcer d’objectiver les troubles subjectifs. Maïs la simulation d’un sujet suggestible ne peut-elle pas faire tout ce que fait la suggestion ? Dans certains cas, oui ; mais c’est la rare exception. |
La suggestion inconsciente trompe souvent aussi l’opérateur : le sujet hypnotisé est d’une sensibilité excessive, un mot, un geste sont interprétés par lui. Les preuves morales tirées de l’honorabilité du sujet ne servent à rien. puisqu'il n’y a pas de simulalion. Pour se mettre à l’abri de la suggestion inconsciente, il faut opérer
(1) Biner et FÊRE. Loc. cil., p. 128.
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