‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 52 sur 140 · ARE · texte numérisé non relu

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l'autre, portant à son centre, sur les deux faces, un point destiné à immobiliser le regard, fixé pendant une demi-minute du côté vert blanc, donné la sensation d’un certain rouge-vert si l’on fixe ensuite l’autre côté complètement blanc (PARINAUD). Ce contraste chromatique se réalise aussi bien pour les couleurs suggérées que pour les couleurs réelles. Richer, modifiant cette expérience, suggère un carré vert au milieu d’une feuille de papier blanc, il présente ensuite au sujet une autre feuille de papier identique, et ce dernier y voit un carré rouge, couleur complémentaire du vert suggéré.

L'hallucination, qui n’est en somme qu’un souvenir, se COmporte donc comme la sensation réelle ; ce qui indique l'unité de siège et l'identité de nature des modifications matérielles cérébrales qui accompagnent ces deux états de conscience différents, sensation et souvenir.

… Nous avons dit précédemment que l'hypnotique associe …— l’image hallucinatoire à une sensation extérieure, il prend des points de repère, l’hallucination se localise. Pour prouver ce - fait, Charcot prend une vingtaine de feuilles de papier semblables, il en choisit une ou deux au dos desquelles il trace un faible trait de crayon; il suggère ensuite à la malade l'existence d’an portrait sur ces feuilles ; il les place au hasard parmi les dix-neuf autres feuilles, et la malade ne voit le portrait que sur les deux premières ; elle reconnaît ces feuilles qui, pour tout le monde, sont semblables aux autres, mais qui présentent sans doute un point de repère pour le sujet. On peut produire des suggestions inhibitoires, des hallucinations négatives : on peut supprimer partiellement ou com- - plètement l'activité d'un sens; on peut suggérer la perte totale de la vue, la cécité partielle pour un objet ou pour une personne quelconque. Cependant si l’on place devant la figure d’une - personne un écran rendu invisible, le sujet ne peut indiquer les - grimaces que fait cette personne ; l’écran joue donc son rôle ordinaire, il est vu par l’œil, l'image cérébrale seule n'existe pas. Gun

En somme, le sujet doit distinguer un objet afin de ne pas

le voir : pour prouver ce fait, Richer montre au sujet dix cartons

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semblables ; il lui suggère que l’un d’eux sera invisible ; le sujet voit les neuf autres cartons et le premier seul n’est pas perçu ; pour le reconnaitre, il faut évidemment que le somnambule le voie.

Richer fait alors fixer au malade un carré rouge au milieu d’une feuille de papier blanc, en lui suggérant de ne pas voir le carré rouge ; il lui présente ensuite une feuille complètement blanche, et le somnambule accuse un carré vert qui n'est autre que limage consécutive du carré rouge qu'il n’a pas vu.

Les illusions et hallucinations peuvent. encore se produire

sous forme de sensations internes et viscérales ; on peut suggérer aux somnambules qu’ils sont ivres, qu'ils ont des coliques.etc:

On peut changer la personnalité du sujet, le transformer en singe, en chien, en oiseau, et on le voit reproduire les allures de ces animaux ; on peut suggérer une personnalité humaine quelconque, c’est ce que Richer a appelé l’objectivation des types, le sujet est acteur, il joue le rôle du personnage suggéré; on peut le transformer en paysan, en général, en roi, en religieuse, etc.

b. La suggestion verbale peut provoquer des amnésies quelconques : on peut faire oublier au sujet son nom, un mot, les chifîres, les faits relatifs à un événement, etc.

c. On peut, par suggestion verbale, produire des paralysies, des contractures plus ou moins étendues ; ces paralysies s’accompagnent souvent de perte de la sensibilité et du sens musculaire, d’exagération des réflexes tendineux et quelquefois de trépidation spinale et de troubles vaso-moteurs. c

d. Enfin on peut produire le mouvement par simple commandement : l’hypnotisé devient alors la chose de l’expérimen-

tateur ; il peut même devenir un instrument de crime. Cependant

le somnambule peut résister à la suggestion et opposer un refus formel à sa réalisation : « Le plus souvent, dit Richer, ce pouvoir de résistance est faible, l’expérimentateur en a facile-

ment raison. Mais quelquefois cette résistance ne peut être.

vaincue. })

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B. — LA SUGGESTION A L'ÉTAT DE VEILLE

Les auteurs de l'Ecole de Paris ont peu insisté sur la suggestion à l’état de veille ; leurs recherches ayant surtout porté sur les manifestations du grand hypnotisme, ils ont négligé l'étude des suggestions faites en dehors de l’état hypnotique. Gilles de la Tourette dit cependant que la suggestion à l’état de veille n’est possible qu’à la suite de nombreuses hypnotisations, à moins que l’on ait affaire à des hypnotisables chez lesquels la suggestibilité est un véritable stigmate névrosique.

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