‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 64 sur 140 · Î. — SUGGESTIONS PAR LE SENS MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

Î. — SUGGESTIONS PAR LE SENS MUSCULAIRE

Peut-on produire des suggestions par attitudes communiquées et par expressions de physionomie ? Les auteurs ont été unanimes à me répondre affirmativement (‘).

DuMmonTPALLIER (de Paris). « Certainement. »

SANCHEZ HERRERO (de Madrid). « Oui. »

.Maror (de Paris). « Il semble bien; en particulier les expé-

- riences de Charcot dans l’état cataleptique.

Azam (de Bordeaux). « La chose est certaine ; J'ai très souvent constaté que chez les hypnotisés en catalepsie, l'attitude de la prière, par exemple, provoquait les idées pieuses, ainsi pour la colère, la joie, etc., et toute autre manifestion du sentiment. En un mot, j'ai la conviction que chez les hypnotisés et peut-être chez d’autres (question importante à étudier), l’attitude précède l’idée et probablement l’engendre. »

Prrres (de Bordeaux). « Oui. »

BRÉMAUD (de Brest). « La question me semble ambiguë : l’attitude imposée au sujet peut développer des suggestions con-

” La

(4) Réponses à mon questionnaire.

formes. si le sujet est intelligent, quelque peu instruit, s’il a la mimique faciale. Sur des méridionaux, la suggestion n'a jamais manqué ; sur des Bretons (Celtes), gens froids, peu communicatifs, ne gesticulant jamais, figures impassibles et impénétrables,

l'attitude communiquée n’a jamais développé la suggestion at-… tendue, mais le moindre mot en rapport avec l'attitude et la

suggestion attendue mettait le feu aux poudres.

« Qu'entendez-vous par expressions de physionomie ? Est-ce

l'expression de la physionomie de l'expérimentateur ? En ce

de

cas, oui, cent fois oui, l'expérimentateur doit se faire un mas- 4

que d’airain, ni faire aucun geste, si futile paraisse-t-il, qui puisse être interprété, ni donner aucun signe de contentement,

d’impatience, etc. Si vous parlez d'expressions de physionomie M

imposées au sujet en excitant tel ou tel muscle de la face, je ré” pondrai comme pour les attitudes. » :

Le MEnantT Des Cuesnais (de Ville-d’Avray). « Les attitudes communiquées et les expressions de physionomie sont certaine-

ment des procédés de suggestion et certains malades s’y mon-”

trent d’une remarquable sensibilité. »

HENRIK PETERSEN (de Boston). « Oui, subjectivement et objectivement. )

LaJote (de Nashua-New-Hamspire). « Oui, avec un sujet en

traîné. )

De Joe (de la Haye). « Oui, si le sujet comprend ce que l'on veut.»

Davip (de Narbonne). « Évidemment. »

Buror (de Narbonne), « Oui. »

Luys (de Paris). « Oui. »

C. BacLer (de Paris). (« Oui, sans aucun doute. » Ocuorowicz (de Varsovie). « Certainement. »

BEaunis (de Paris). « Oui. »

Joire (de Lille). « Oui, je l’ai observé bien souvent. » BARON von SCHRENK NorziNG (de Munich). « Oui. »

Afin d'étudier les suggestions par attitude et par expressions de physionomie, je dois envisager successivement l'influence de” l'attitude communiquée sur la physionomie et l'influence dess

changements de physionomie sur le geste.

Ces suggestions ont été étudiées, à la Salpêtrière, sur les cataleptiques ; j’ai essayé de les reproduire chez mes sujets hystériques qui présentaient l’état décrit plus haut comme se rapprochant de la catalepsie. Je n’ai jamais réussi ; ces sujets restaient inertes, sans communication avec le monde extérieur. Mais, en opérant chez des somnambules profonds, voici ce que J'ai pu observer : |

a) L'influence de l'attitude communiquée sur la physionomie a fort souvent réussi; il suffisait, par exemple, de placer le sujet à genoux pour qu'aussitôt sa physionomie prenne l'expression de la prière et même pour que ses lèvres se mettent en mouvement comme s’il priait réellement ; j'ai pu également obtenir le sourire en plaçant les mains à la bouche, comme pour envoyer un baiser; la colère en fermant les poings, etc. Mais je n’ai pu arriver à ces résultats que chez les sujets intelligents, comprenant l'attitude qu'on leur imprimait et chez lesquels la position donnée était équivalente à une suggestion verbale. Cette remarque vient à l’appui des idées émises par Brémaud et de Jong.

b) Quant à l'influence des changements de physionomie im-

primés au sujet par l'électrisation des muscles du visage, je n’ai

jamais pu l’observer.

Les Belges sont-ils gens froids comme les Bretons observés

par Brémaud? (C’est possible. Je crois que la seule condition

nécessaire à la réussite de ces expériences, c’est que le sujet comprenne ce qu'on veut obtenir de lui. Lorsqu’en effet j'indiquais au sujet, par un simple mot, par un simple geste, le résultat que j'attendais, l'attitude s’adaptait immédiatement au jeu de physionomie provoqué.

Je conclus donc que la suggestion par attitudes communiquées et par expressions de physionomie est réalisable, à condition (que le sujet comprenne ce qu'on attend de lui.

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