II. — SUGGESTIONS PAR LA VUE
Ici encore je n’ai rien obtenu chez les sujets cataleptiques. Comme je l’ai indiqué précédemment, cet état s’est présenté, les yeux ouverts ou fermés. Si, devant un cataleptique ayant les yeux ouverts, je faisais osciller un objet, il ne le remarquait généralement pas ; lorsque je plaçais cet objet assez près de ses yeux, son regard s’y attachait et le suivait même, stupide-
ment, sans expression ; Jamais le regard dirigé en haut n’a
exprimé la joie, dirigé en bas il n’a pas davantage pris une expres-
sion de tristesse.
Je n’ai pas non plus réussi à faire obéir un cataleptique par geste ; si je parvenais à faire fixer son regard sur mon doigt, il le regardait stupidement, sans comprendre l'intention.
Dans le somnambulisme, il en a été tout autrement et J'ai pu réaliser une foule de suggestions par la vue. La prise du regard n'est autre chose qu’une suggestion de ce genre : on: place deux doigts devant les yeux ouverts d'un sujet, il les fixe, il est fasciné, il les suit partout où on les porte ; si on les cache, il s’efforce d'ôter ce qui les recouvre et cela souvent avec une impuk sivité extraordinaire. C'est qu’il a compris l’ordre de son hypnotiseur, il sait qu'il doit fixer les doigts qu'on lui présente ;
d’ailleurs il suffit que la main fascinatrice désigne une per.
sonne où un objet quelconque pour que le regard du sujet s'y attache avec la même ténacité : c'était bien à l’ordre tacite de son hypnotiseur que le sujet obéissait, puisqu'un simple geste a suffi pour changer son idée fixe.
Les somnambules obéissent également bien aux ordres par
gestes, c’est là une question d'éducation ; on peut les faire lever,! s'asseoir, jouer d'un instrument quelconque par un simple signe.
La suggestion par la vue équivaut, en somme, à la suggestion verbale, le sujet la réalise quand il la comprend.
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