‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 74 sur 140 · PT IES DER · texte numérisé non relu

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de nature hystérique, si l’idée émise par Gilles de la Tourette était exacte, l’importance du viol commis sur les somnambules serait peu considérable, il faudrait la coïncidence d’un hypno- à tiseur malhonnête et d'un sujet exceptionnel. 11 n’en est malheureusement pas ainsi, les femmes en somnambulisme véritable 4 sont très fréquemment à la merci de leur hypnotiseur. | 4 Rappelons-nous la différence que nous avons établie entre les. à états somnambuloïdes et les états somnambuliques ; les premiers se caractérisant par la conservation de la conscience et de la sensibilité : les seconds, au contraire, s’accompagnant de la perte de la conscience et de la sensibilité. Le viol ne sera pres- À que jamais possible dans les états somnambuloïdes ; dans les états somnambuliques, au contraire, il pourra fréquemment se * 4 réaliser. Le sujet, dans ce dernier cas, est insensible ; on peut" le toucher, le pincer, le piquer, il ne sent rien, il est le plus +3 souvent inconscient de la position de son corps; on le couche, … | on le met debout, on l’assied, il ne peut dire dans quelle de tion il se trouve ; son corps est absolument automatique, on en fait ce qu’on veut. ; On comprend que, dans un tel état, le viol soit possible. Ge 4 qu'il y a de remarquable, c’est que cet automatisme physique se rencontre chez un grand nombre de sujets dont l’automatisme moral est loin d’être absolu. La résistance au viol doit être beaucoup moins marquée que celle que l’on rencontre pour Ia“ suggestion verbale ; la somnambule véritable, insensible, peut se rendre compte des attouchements dont elle est l’objet; elle ne résiste pas, parce qu'elle ignore ce qu’on lui fait. | Je ne puis aämettre ce que dit Gilles de la Tourette : « Un. individu qui plonge une femme en somnambulisme ne la pos sèdera .que si celle-ci veut bien, comme dans la vie normale; EL céder à sés désirs. Dans toute autre circonstance, il devra la violer, dans la propre acception du mot, ce qui ne se fera pas sans d’énormes difficultés, si l’on se rappelle combien est exaltée, chez les somnambules, la vigueur musculaire, au point qu’une jeune fille devient un véritable athlète. » | | Gilles de la Tourette cite, à l’appui de son opinion, un fait de,» Dyce où deux individus, introduits par un proxénète auprès

+ { ; DES SUGGESTIONS HYPNOTIQUES 324 f d’une somnambule, durent la bâillonner et l’attacher pour vain- - cre la résistance qu’elle leur opposait.

" Liégeois dit, au contraire, que « toute personne mise en état A de somnambulisme devient, entre les mains de l'expérimentace teur, un pur automate, tant sous le rapport moral que sous le à rapport physique. » J'ai montré, à propos de la résistance aux — suggestions hypnotiques, l’exagération de cette proposition au … point de vué du moral du somnambule ; cette exagération existe peut-être aussi au point de vue de son physique, mais elle est, dans ce cas, beaucoup moins marquée. En d’autres termes, autant je crois la résistance morale des somnambules importante et …iorte, autant je crois leur résistance physique rare et peu mar- quée : c'est pourquoi je considère le viol comme le crime prin- « cipal imputable à l'hypnotisme.

. Quoi qu’en ait dit Gilles de la Tourette, les viols dont nous avons donné la description précédemment, semblent avoir été commis pendant le somnambulisme ; à ces exemples, nous pouvons encore ajouter les deux suivants :

- Une hystérique hypnotisable quitte le service de Pitres (de Bordeaux), absolument et sûrement vierge. Elle sort accompagnée d'une autre hystérique, elles rencontrent deux messieurs qui Jeur offrent à déjeuner : « Nous arrivâmes, raconte-t-elle, dans un petit restaurant en dehors de la ville. Un des messieurs voulut “m'embrasser ; je me fâchai vivement, et on se mit à déjeuner “sans qu'il renouvelât sa tentative.

— ») Quand le déjeuner fut fini, mon amie me laissa seule avec lui. Il voulut encore m’embrasser ; je me défendis, je le menaçai de crier et je pris une chaise pour me défendre. Il s'élança sur “moi et me saisit les bras. Alors, je perdis connaissance et je ne Sais plus ce qui s'est passé... Je m’aperçus que j'étais mouillée aux parties et que j'y éprouvais un peu de douleur. Je revins à “Bordeaux et je rentrai chez moi. » Neuf mois après ce jour, la ‘jeune fille accouchait d’un enfant à terme.

Une autre jeune fille, qui était restée pendant quelques semaines VHôtel-Dieu, passe devant un café ; des étudiants l’appellent, e le les avait connus à l’hôpital, elle va s’asseoir près d'eux : € Tout à coup, dit-elle, lun d’eux se lève et m’ordonne de le 2 21

suivre, je suis obligée de lui obéir. Il m'emmène chez lui. Là, il a fait de moi tout ce qu'il a voulu ; puis, il m'a commandé de retourner seule sur le boulevard et de m’asseoir sur un banc, j'ai encore obéi, et c’est là que je me suis réveillée. »

Voici un fait analogue rapporté par le docteur Mesnet : le 10 octobre 1889, en arrivant à l'hôpital, il vit, couchée dans une des salles, une jeune fille de dix-sept ans, entrée depuis une

quinzaine de jours. L'interne lui apprit que cette jeune fille |

disait avoir été violée dans une attaque de sommeil provoqué:

Mesnet l’endormit, l’examina au spéculum, sans que la malade”

en eût la moindre notion.

Eveillée, elle ne savait que ce qu’une amie lui avait dit : un soir, emmenée par un jeune homme, elle avait passé dehors une

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