III, — LES RAPTS D'ENFANTS
Le baron du Potet, dans son traité complet du magnétisme animal, rapporte le fait suivant, extrait du Glaneur hindochinois, journal de Malacca, du 2 juillet 1820 :
4 « La curiosité publique à été vivement excitée depuis quel- “ques jours, par la découverte d’une bande de voleurs d'enfants “des deux sexes. Cette découverte a été faite par le zèle d’un …iisserand en soie, qui, en se promenant dans les rues du canton. reconnut l'enfant de son maître, qui avait disparu depuis quelques jours. L'enfant tourna sur lui un regard stupide et refusa de le reconnaitre.
Le tisserand l’emmena de force chez son maître. Il restait toujours comme sous le charme de la stupidité; mais on n'eut pas plutôt appelé les prêtres de Bouddha, et pratiqué les Cérémonies efficaces célébrées en pareille occasion, que le Charme disparut, et l'enfant, versant des larmes abondantes, reconnut aussitôt son père. L'affaire et le miracle fu-
rent immédiatement communiqués au Gouvernement, qui fit cerner le rendez-vous des voleurs d'enfants. On trouva six hommes et trois femmes qui faisaient ce métier depuis plus de vingt ans : ils avaient enlevé pendant ce temps plusieurs milliers d'enfants, Il n’en restait plus que dix dans la maison, tous sous l'influence du même charme stupéfiant, qui dispos | rut, Comme celui jeté sur l'enfant du tisserand, par les prières . : et les cérémonies des prêtres de Bouddha.)
Le D' Esdaille, chirurgien de l’armée ee dans l'Inde, rapporte le fait suivant : À
«Dans les premiers jours de juin 1835, je vis, en traver-m sant le bazar de Tooghly, un rassemblement considérable de- $ vant le bureau de police, j'en demandai la cause; il me fut répondu qu’on venait d'arrêter un homme qui volait un enfant, et que les parties étaient dans le corps de garde. Ce qu'entendant, J'entrai aussitôt, el je vis un garçon de dix à douze ans, assis sur { Jes genoux d’un homme qu’on disait son libérateur. Il avait l'ai hébété, à moitié stupide et un œil gonflé; c'est pourquoi j'ordonnai de le conduire à l'hôpital. Alors on me montra l'accusé ; 1 me dit qu'il était barbier, et, à l’appui de son assertion, me pré” senta un paquet qui contenait ses outils. J’examinai trés soigneu= sement ce paquet, mais je n’y trouvai rien autre chose que les instruments ordinaires d’un barbier.
« Le garçon reprit bientôt connaissance et me raconta, avec | l’apparence de la plus grande bonne foi, et sans hésiter nullement le fait suivant, récit que je lui ai entendu répéter devant le ma gistrat et sans aucune variation.
» Il déclara qu'étant allé, le matin, dans un champ voisin de la maison, un étranger quitta le chemin pour venir à lui, et. l’aborda en marmottant des charmes, lui prit la main et presque aussitôt lui passa l’autre transversalement devant les yeux. Là= dessus il perdit connaissance :. il se souvient seulement que cet. étranger l’emmena, mais sans contrainte ; il se sentait obligé de le