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au contraire, amènent bien rarement des accidents. Bien que Gilles de la Tourette ne puisse admettre que l'affirmation, procédé de l’école de Nancy, hypnotise indistinctement toutes les personnes, il doit reconnaître qu'elle présente le minimum d’inconvénients, elle est essentiellement douce et persuasive.
Pitres cite le cas d'un individu, sujet de Donato, qui, dans une cerise de sommeil, tenta de se suicider ; il considère cet exemple comme une preuve du danger des pratiques d’hypnotisation inconsidérée et non scientifique.
«Les pratiques de l’hypnotisme sont presque toujours inoffensives, dit-il (‘}, quand elles sont dirigées par des gens experts et prudents, et appliquées à des sujets qui n’ont pas de tares névropathiques accentuées ; dirigées par des personnes inexpérimentées ou appliquées à des sujets doués d’une certaine susceptibilité nerveuse, elles peuvent avoir, pour ceux qui s’y soumettent inconsidérément, des conséquences fàcheuses. )
L'hypnotisation peut déterminer l'apparition de symptômes neurasthéniques et vésaniques comme du reste Linden, Guermonprez, Masoin, Hughes le Roux, Lwofi, etc., l’ont signalé. Elle peut amener l'explosion de grandes attaques d’hystérie, surtout quand l'hypnose est provoquée par la méthode de Braïd ou de Faria, et cela chez des sujets qui n’avaient eu antérieurement aucun accident de ce genre : Ladame, Boddaert, Séglas, Rommelaere et Pitres lui-même, en ont observé des exemples. Les pratiques hypnotiques peuvent encore provoquer ultérieurement des attaques de somnambulisme spontané et des attaques de délire : Pitres, Charpignon et Lwolf en ont observé des cas. Elles peuvent rendre les sujets si sensibles qu'un rien suffit à les endormir brusquement et à les mettre à la merci du premier venu ; Richer, Pitres et Liébault ont vu des sujets, victimes de mauvaises plaisanteries, devenir le jouet des personnes de leur entourage.
L'etude des dangers de l’hypnotisme nous amène tout naturellement à celle des représentations publiques d’hypnotisme :
(1) Prrres. Leçons cliniques, 1891, p. 361.
Charcot, Lombroso, Gilles de la Tourette, furent les premiers
à signaler les dangers de ces représentations. « On sait par-
faitement aujourd’hui, dit Charcot (‘}, que la propagation vul-
gaire de l’hypnotisme peut être suivie, pour les assistants eux:
mêmes, d'accidents soit immédiats, soit à longue échéance.
accidents plus ou moins sérieux, quand ils ne sont pas très.
graves, Il n’est pas besoin de répéter encore que l’état hypnotique confine de très près la névrose hystérique, laquelle, dans certaines ‘conditions, est éminemment contagieuse, et, entre mille exemples de ce genre, notre leçon consacrée à montrer le développement d’une petite épidémie d’hystérie consécutive aux manœuvres du spiritisme pourrait, au besoin, servir à le démontrer. »
Pitres soutint la même thèse et parvint à faire interdire …
les séances de Donato à Bordeaux ; Chédevergne obtint la même interdiction à Poitiers.
Une très intéressante discussion (?) s’est élevée à ce propos. à l’Académie de médecine de Belgique, en 1888. Je ne- m’ar-. rêterai pas à décrire cette discussion qui eut comme point de.
départ le projet de loi en vigueur actuellement dans notre pays ; qu’il me suffise de rappeler qu’à la suite d’une communication de Thiriar, à la Chambre, sur’ certains faits relatifs à l'hypnotisme, M. Rommelaere déposa à l’Académie la proposition suivante
& L’Académie royale de médecine de Belgique,
» Considèrant les inconvénients et les dangers de la pratique vulgarisée de l’hypnotisme,
» Estime qu’il y a lieu de solliciter de la législation, des mes
sures tendant à :
» 1° Interdire les représentations publiques d’hypnotisme ;. » 2° Prévenir et réprimer les abus qui peuvent résulter de la pratique de l’hypnotisme. »
L’Académle nomma une commission composée de MM. Bod-
daer, Crocq, Masoin, membres titulaires, et de MM. Héger et Semal, correspondants.
(1) CHarcor. Sur l'interdiction des représ. publ. d'hypn. 1887. (2) Voir la discussion dans la Revue de l’hypnotisme, 1888-89, p.85.
Le rapport conclut à l'interdiction des séances publiques d'hypnotisme.
M. Kuborn voulut faire passer à l’ordre du jour, prétextant qu'aucun accident ne s'était produit en Belgique, par les manœuvres hypnotiques ; MM. Héger, Crocq et Lefebvre citèrent alors de nombreux cas dans lesquels les séances d’hypnotisme … avaient été le point de départ de l’éclosion des névroses.
D, Le professeur .Guermonprez, de Lille, vint prononcer un discours au sein de notre Académie ; pour lui aussi il fallait empêcher les représentations publiques d’hypnotisme.
MM. Semal et Boddaert soutinrent la même opinion, et l’Académie vota à l’unanimité, moins deux voix, la proposition - de M. Rommelaere. | Le Gouvernement tint compte de cette dècision et, le 30 maï » 1892, fut votée la loi suivante :
€ ART. 1%. — Quiconque aura donné en spectale une personne hypnotisée par lui-même ou par autrui, sera puni d’un
emprisonnement de quinze jours à six mois, et d’une amende de 26 à 1.000 francs. |
» ART. 2. — Sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à un an ou d’une amende de 26 francs à 1.000 francs quiconque aura hypnotisé une personne n'ayant pas atteint l’âge de vingt et un ans accomplis ou n'étant pas saine d’esprit, s’il n’est docteur en médecine où muni d’une autorisation du Gouvernement.
L'autorisation ne sera valable que pour une année ; elle est révocable et pourra toujours être suspendue.
» En cas de concours avec les infractions punies par les dispositions légales concernant l’art de guérir, la peine pronon- > cée par le présent article sera seule appliquée.
; ART. 3. — Sera puni de la réclusion quiconque aura, avec une intention frauduleuse ou à dessein de nuire, fait écrire ou signer par une personne hypnotisée un acte ou une pièce énonçant une convention des dispositions, un engagement, une décharge ou une déclaration. La même peine sera appliquée à celui qui aura fait usage de l’acte ou de la pièce.
ART. 4. — Les dispositions du Chap. VII du livre 1‘ et
l’article 85 du Code Le. sant LADA aux infractions prévues par la présente loi. “4 Le Congrès Ross de l'hypnotisme, réuni à Paris en … 1889, a voté à l'unanimité, moins une voix, les conclusions 1 suivantes | :
« Le Congrès de l'hypnotisme, 1 » Vu les dangers des CODES publiques de magnétisme et d’hypnotisme ; ee 0 » Considérant que l’emploi de ren comme agent thérapeutique, rentre dans le domaine de la science médicale et que l’enseignement DRGIEE de ses applications est du ressort de la psychiatrie ; | » Émet les vœux suivants : 1 4° Les séances publiques d'hypnotisme et de magnétisme ant être interdites par les autorités administratives, au nom 4 de Ru publique et de la police sanitaire : * >) 20 La pratique de l'hypnotisme comme moyen curatif doit! : ne soumise aux lois et règlements qui régissent l'exercice si la médecine ; 3 » 9° Il est désirable que l’étude de db pho liste et 06 ses | applications soit introduite dans LÉRÉRBNONER, des. sciences médicales, » de.
En Saxe, en Portugal, en Danemark, en PrtEse de plusieurs villes d'Autriche, d’Italie, de France et de Suisse, les séances publiques d’'hypnotisme sont interdites.