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ÉCOLE DE NANCY
Liébault et Bernheim ne croient pas que l’hypnotisme puisse être le point de départ d’accidents bien sérieux ; ils insistent cependant sur ce point que les manœuvres hypnotiques doivent être pratiquées prudemment et en connaissance. de cause : € Pour ma part, dit Bernheim ('}, sur des milliers d’hypnotisations que j'ai pratiquées, je n’ai jamais vu Île moindre inconvénient en résulter. Sans doute, des sujets très impressionnables peuvent, sous l'influence émotive d'une auto-suggestion, présenter quelques troubles nerveux, mais ceux-ci, un opérateur prudent les calmera toujours par la suggestion. »
En 1885, Delbœuf partageait les préjugés (sic) courants touchant les dangers de l'hypnotisme, mais bientôt, après avoir expérimenté lui-même, il en vint à croire à l’innocuité absolue de ces pratiques : « Alors, dit-il (2), sachant voir ce qui est et non pas ce que je préjuge, je n’aperçus bientôt que le sommeil hypnotique était inoftensif, assimilable au sommeil naturel. »
Morselli () émet une opinion analogue à celle de Delbœuf : « Quant aux accidents attribués aux manœuvres de Donato, je partage votre manière de voir, écrit-il à Delbœuf. 1 n'y a eu que de l’exagération, du parti pris et de la jalousie. On a vu alors des hommes qui, quatre jours auparavant, ne savaient ce que c'était que l’hypnotisme et qui croyaient que les phéno-
(1) Bernaeim. Lettre à M. Delbœuf, in £'hypnotisme devant les chambres légis-
latives Belges, Bruxelles, 1892, p. 24.
(2) Dezsœur. L'hypnotisme devant les Chambres législatives Belges, 1892 p. 23.
(3) MorsEeLLi. in DELBOŒUF, loc. cit., p. 28.
Li4 CHAPITRE XVII
mènes obtenus par Donato étaient pure friponnerie, s’ériger en «
juges de la question et la résoudre sans avoir aucune connaissance théorique ou pratique. »
Cependant Morselli pense, comme Liébault et Bernheim, que | l’hypnotisme, manié par des mains inexpérimentées, peut ame-
ner des accidents fâcheux : « Maïs je suis convaincu, dit-il, que l’hypnotisme, manié par des mains imprudentes, peut être dan-
gereux. J'ai vu quelques effets morbides sur des individus {
névropathiques et sur des hystériques. »
Bérillon et Déjerine émettent un avis semblable : « Mais, de là à admettre avec M. Zimmermann, dit Déjerine ('), que l’hypnotisme thérapeutique puisse avoir de fâcheux résultats, c'est
là une proposition à laquelle je ne saurais souscrire. On peut
dire, en eflet, de l’hypnotisme thérapeutique que, lorsqu'il est
manié par des gens compétents, il est absolument inoffensil DM
Tuckhey et De Jong ont tenu le même langage : « Quant aux dangers moraux (de l’hypnotisme), dit De Jong (?), ils sont autant niés qu’affirmés. Mon opinion personnelle est qu'il ny faut pas attacher une trop grande importance. En ce qui concerne les dangers physiques, j'ose affirmer, tant par mon expé-
rience que par celle de mes collègues qui se sont livrés à un sérieux examen, que le traitement psychique, appliqué avec” prudence et discernement, n’en offre pas QUE que tout autre |
traitement médical. )
Liébault, sourd Delbœuf, Morselli, sont d’avis que les.
séances publiques d'hypnotisation ne doivent pas être inter-
dites : « Maintenant que j'ai eu les loisirs pour réfléchir, dits Liébault (*), je suis déjà depuis longtemps persuadé qu’il n'est
nul besoin de réglementation pour l’exercice de l'hypnotisme..… Qu'est-ce Qué ces appels à la réglementation de l’hypnotisme ?
Un non-sèns. Parce que les médecins ont le privilège et de
tuare et de seignare per totam terram, privilège contre lequel je proteste, l’hypnotisme, science complètement hérétique, puisqu’elle est venue au monde malgré les médecins, l’hypnotisme
. (1) Déserne. Revue de l'hypnotisme, août 1891, p. 64. (2) De JonG. Soc. d'hypnologie, juillet 1891. (3) LiéBauLr. Lettre à Delbœuf in l'hypnctisme devant les chambres, etc., p.25.
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