ACCIDENTS GRAVES
Les accidents nerveux. — Nous arrivons ici aux lésions qui nous intéressent le plus, celles qui nous ont donné l’idée, sur les conseils éclairés du Professeur Henry, d'entreprendre ce travail : les lésions,du système nerveux.
Ces observations sont rapportées depuis longtemps déjà par les auteurs. On les retrouve en compulsant notre littérature vétérinaire ; de même que les inédites et récentes, fournies par les vétérinaires praticiens, elles nous donnent une symptomalogie des plus complètes et des plus précises, à de rares exceptions près.
La première que l’on puisse retrouver date de 1828; elle est due à Rose, vétérinaire anglais.
Les symptômes présentés par le malade, un poulain de 3 ans, sont les suivants : Perte de mouvement volontaire dans les membres gauches, imposibilité de station debout sans soutien; inclinaison de la tête du même côté, direction oblique des yeux, pas de délire, pouls 60, respiration peu interrompue, miction et défécation faciles, extrémités et peau chaudes ; l’animal mangeait quand ôn lui apportait le fourrage à portée de la bouche. Aucune lésion extérieure. Le dixième jour, comme on essayait de le relever, il mourut. A la section de la région occipito-atloïdienne, il s'écoule environ cent grammes de sérosité de teinte foncée. Sur l'hémisphère droit existaient 3 caillots sanguins ; en les enlevant, on en découvrit un autre, duquel se dégageait en rampant une larve (de la taille de celles que l’on trouve dans les noisettes, mais beaucoup plus transparente) ; en dessous de ce caïllot, on trouva dans les membranes une extravasation considérable de sang. Le cerveau était sain d'ailleurs, sauf que ses vaisseaux étaient plus turgides que d’'or-
dinaire.
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Un autre accident, contemporain du précédent, est relaté par Touss, également vétérinaire anglais.
I s’agit ici d'une localisation dans le canal rachidien. Ponette ayant passé au pâturage une grande partie de l'été, sans présenter aucun trouble, Un matin, elle fut trouvée couchée se débattant et essayant en vain de se relever. Elle était restée consciente, mais se trouvait incapable de faire mouvoir ses membres postérieurs. À force de volonté, elle parvenait à relever l’avant-train, mais dès qu'elle voulait étendre les membres postérieurs, elle était prise de convulsions et retombait avec de violents grincements de dents. On l'abattit au bout d'une quinzaine de jours. Le canal rachidien était enflammé de la cinquième vertèbre dorsale à la troisième lombaire : au-dessous des méninges existait un épanchement de sérosité et plusieurs caillots sanguins. Au niveau de la treizième vertèbre dorsale on découvrit, enfoncée dans la moëlle épinière, une grande larve qui était évidemment morte depuis peu — de la même taille que la précédente.
En 1845, un autre vétérinaire anglais, STANLEY, rapporte un cas similaire. Mais son mémoire n'est publié que plusieurs années après l'accident, et il dénomme la larve — larve d'Hélophilus pendulus — c’est-à-dire asticot. Aucune notion précise ne peut ètre tirée de cette observation.
SIEDAMGROTZKY, à l'Ecole vétérinaire de Dresde, a observé un cheval hongre de 7 ans qui, tout à coup, s'était mis à vaciller du train de derrière, puis s'était abattu pour ne plus se relever. La conscience n'était pas atteinte : il n'y avait ni paralysie totale ni troubles centraux, mais par contre il existait des signes d'excitation (contracture des muscles de l’encolure) et une certaine difficulté des mouvements conscients. Diagnostie — lésion de la moëlle allongée.
Le cheval fut sacrifié au bout de 4 Jours. À l'autopsie, on trouve la dure-mère normale, mais la pie-mère altérée en quelqués points au niveau de l'hémisphère droit. Tout le: reste était sain jusque sur la moitié droite de la moëlle allongée.
PO à REA
Là se montrait à la limite du cordon cunéiforme et du cordon latéral à 2 mm. en arrière du pédoncule cérébelleux jusqu'à l’origine de la moëlle allongée, une ouverture longue d'environ 5 mm., de laquelle émergeait en grande partie un parasite vermiforme. Cette ouverture donnait entrée dans une cavité irrégulièrement allongée, d'environ 13 mm. de long sur 7 mm. de profondeur et % mm. de largeur, dont la paroi était formée de tissu nerveux déchiqueté, friable et infiltré de sang. La partie correspondante de Ja pie-mère était également déchirée et écchymosée
Le parasite était long de 13 mm. et épais de 2 mm,5.
SIEDAMGROIZKY le prit pour une larve de Gastrus (Gastrophilus) qui, des cavités nasales, aurait pénétré dans l’intérieur du crâne.
Le Professeur Barcrier trouve que cette opinion est d'autant plus inadmissible que les gastrophiles ne vivent pas dans les cavités nasales. Pour lui les dimensions de larve se rapportent exactement à celles de larves d'Hypoderme au 2° stade.
M. Locnper, vétérinaire en premier au dépôt de remonte de Bec-Hellouin (Eure) fit présenter à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire par M. Mécxin, des pièces provenant du bulbe rachidien d'un cheval mort d’aploplexie.
M. Méci présenta à la Société de Biologie une note relative au même cas : Les pièces consistaient en une portion de bulbe rachidien qui, à l’autopsie fut trouvé entouré d’un énorme épanchement sanguin ; détaché et débarrassé du sang qui l’enveloppait, ce bulbe se montra percé d'un trajet incomplet de 2 à 3 millimètres de diamètre rempli par un caillot qui cachait un ver blanc blotti au fond. Le parasite, dont les caractères ne sont pas indiqués, fut rapporté à l'Hypoderma bovis au deuxième stade, tel que l’a décrit BrauER.
Note du Professeur Sirovor : Jument de cinq ans du 10° d’artillerie, en garnison à Rennes. Prise toute une nuit d'accès convulsifs subits. Le lendemain, les membres antérieur droit
et postérieur gauche étaient immobiles, en contracture tétani-