NOR RE
que, les nerfs des autres membres étaient agités d’un mouvement convulsif automatique ; lors des accès, le cou était fléchi fortement à gauche. La miction était supprimée. Après 3 jours de ces accès, entrecoupés de périodes de rémission, la bête mourut. À l’autopsie on trouva une forte congestion des méninges de l’encéphale. Au bord gauche du bulbe rachidien était une petite plaie circulaire, à contour déchiqueté, entrée d’un étroit canal au fond duquel, en arrière du calamus scriptorius, on rencontra une larve entourée de mucosité concrétée et qui fut dégagée de cet enduit au moyen d’eau gommée. On vit alors un ver blanc et sans pattes, allongé, montrant par transparences deux troncs trachéens allant s'ouvrir par deux stigmates noirs postérieurs. C'était une larve de diptère encore jeune n'ayant subi qu'une mue. On peut affirmer d’après les indications fournies qu'il s'agissait d’une larve d'hypoderme au deuxième stade.
Dieckernorr à décrit un cas de paralysie musculaire généralisée chez un cheval, occasionnée par la migration d’une larve d’œstre, dans la moëlle allongée et le pont de Varole. I] existait en ces points un canal du diamètre d’une sonde moyenne, à l'extrémité duquel se trouvait une larve de 15 millimètres de long, de teinte gris jaunâtre et composée de 9 anneaux.
DiECKERHOFF, comme SIEDAMGROTZKY, pense qu'il s'agit là d'une larve de gastrophilus qui aurait pénétré dans le pharynx par la trompe d’Eustache, dans la poche gutturale, et de là dans la cavité crânienne par le trou déchiré.
Migration possible surtout quant à l'entrée dans la cavité cränienne, mais ici encore, comme le dit d’ailleurs le Professeur RAILLIET dans ses notes, il s’agit d’une larve d’'Hypoderme.
Un Suédois, Linpsrrôm Hurpners, rapporte avoir trouvé dans le cerveau d’un cheval, qui souffrait d’une violente affection cérébrale, et avait été abattu pour ce motif, une larve d'OŒstridé, longue de 12 »/" et large de 2 à 3 "/", Le mode de pénétration de cette Jarve dans le cerveau est resté indé-
terminé. La taille est donc sensiblement la même que dans les cas précédents, nous concluons : larve d'hypoderme au deuxième stade.
PouLsex et Boas furent à même, au Danemark, d'observer un cheval qui se tenait obstinément appuyé à gauche sur la muraille, où tournait en cercle, à gauche. Essayait-on de le faire tourner à droite, il se cabrait et tombait. On trouva une larve d’hypoderme longue de 13 "/% dans la choroïde, sur le tubercule quadrijumeau antérieur gauche el recouverte par le lobe postérieur de lhémisphère cérébral correspondant.
Boas poursuivit l'étude de cette question et en 1891, il avait rassemblée six cas de larves d'OEstres du cerveau du cheval. I admit qu'un seul se rapportail à une larve erratique de Gastrophilus, trois indubitablement, et deux vraisemblablement à des larves d’Hypoderma.
SEGELBERG à fait connaître le cas d’une jument pleine qui devint subitement malade, tombant par intervalles en état de stupeur, cherchant en même temps à reporter le poids du corps sur le bipède latéral gauche. Le lendemain elle se laissait tomber sans pouyoir se relever et effectuait alors des mouvements impulsifs des quatre membres (mouvements de trot). Lorsqu'elle eut mis bas, elle fut abattue. À l’autopsie, on trouva dans la moëlle, allongée, une larve d’Hypoderma de 10 */* de long. L'auteur reste dans le vague, omet de préciser le point exact où la larve à été trouvée.
Voici maintenant la présentation d’une larve d’'Hypoderma dans le bulbe rachidien d’un cheval, faite par M. Rarbcier à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire.
Le parasite lui a été adressé par M. le docteur Ducasse, vétérinaire militaire au camp de Châlons.
Les troubles sont apparus d’une façon absolument soudaine. L'animal, un jeune cheval, s’est mis {out à coup à reculer sur l’espace d’une quinzaine de mètres, puis il à effectué sur fuimême un mouvement circulaire, à gauche, d’un tour et demi,
ne
et s’est abattu sur le côté gauche. Il a vécu encore 45 heures,
presque Toujours couché : c’est à peine si, à diverses reprises, la pu se maintenir debout pendant deux heures. La marche élit impossible, I] Y avait contracture des muscles de l’encolure et déviation à gauche de la tête, toujours tenue basse K l'oreille gauche était tombante, la droite conservail à peu près Sa posilion normale, La tendance au recul restait très marquée, mais il ne s’est plus produit aucun mouvement circulaire, I n'a pas été possible de se rendre compte de l’état des YEUX €n raison des plaies contuses que l'animal s'était faites autour des orbites. Diagnostic : lésions irritatives du pédoncule droit,
L'autopsie montra que les lésions étaient localisées au bulbe, il existait au niveau de la pyramide antérieure gauche, un loyer hémorragique de la srosseur d’une petite noisette, au centre duquel se trouvait une larve assez grêle, très transparente, longue d'environ un centimètre et demi, large de 2 /" 67 allénuée aux extrémités et nettement annelée.
Parsuite d'un accident. M. Ducasse n’a pu lui envoyer que la moitié postérieure du corps de cette larve, qui s'était déchirée en travers.
Néanmoins M. Rater dit qu'il lui à été facile de reconnaître qu'il s'agissait d’une larve d’hypoderme au deuxième stade de son évolution. Les anneaux, en effet, sont tout à lait inermes, et on n observe que de très petites épines autour
des sligimates postérieurs,
Voici quelques observations qui nous ont été communiquées par M. R. Murcer, vétérinaire à Linselles (Nord), et par le docteur Rocer, de Gournay-en-Bray
«© Jument bai, un an, race belge, en bon état, trouvée un malin, en prairie, présentant des attitudes anormales. Je suis appelé aussitôt pour un coup de sang. Je vois l'animal à 9 heures, Il est couché, à plat, et je remarque aussitôt l'œil gauche
re
à moitié fermé. Je fais lever la jument, il y à évidemment incoordination des mouvements. Le lever est pénible, et nous devons aider à la queue, la démarche est vacillante et les antérieurs sont à peine soulevés, ce qui amène des chutes fréquentes. Par ailleurs, l’état général paraît bon, l'animal est inconscient de son état, ne souffre pas, cherche à manger. Pas de troubles de la respiration, ni du pouls, ni des muqueuses, température normale, pupilles idem.
À signaler, seulement, l’œil gauche légèrement fermé et le port de la tête légèrement à droite, avec une petite tendance à tourner.
Nous parvenons, en allant doucement et en appuyant l’animal, à le rentrer à la ferme, distante de 200 mètres, et à le mettre en liberté dans une grange. Je condamne l'animal pour la boucherie, avec diagnostic d’hémorragie ou de ramollissement probable du cervelet. (Le propriétaire étant quelque peu hésitant, je lui dis qu'il n’y à pas de péril immédiat, mais qu'il verra lui-même une aggravation rapide ou lente, avec rémissions possibles, mais toujours suivies de rechutes).
Seconde visite le lendemain matin. La jument est couchée, dans un état de torpeur voisin de la mort. L’abatage immédiat est décidé sans assommage. Je fais l’autopsie le lendemain 27. Rien à signaler en général, sauf larves d’œstres dans l’estomac, une centaine. Je sors le cerveau avec précaution, détache les deux hémisphères, ainsi que le cervelet, qui sont fermes, et débités en tranches, ne présentent rien de remarquable. J'attaque l’isthme par tranches verticales et, à la seconde coupe, je vois une tâche hémorragique récente au milieu du pédoncule cérébral gauche.
Au moment où je montre cette tache rouge, qui se détache nettement sur le blanc du tissu sain, au client, je vois sur la coupe apparaître la tête d’une larve qu’une légère pression fait sortir tout entière. »
M. Muzer joint à l'envoi du prélèvement la note suivante : « En comprimant légèrement la portion du bulbe qui n'a pas
été sectionnée par moi, vous verrez sortir comme d’un tunnel, parallèle au canal central, et à gauche, si je ne me trompe, la larve en question que j'ai laissée volontairement in situ. »
À l'examen de la pièce, nous voyons que le pertuis est situé à gauche, à peu près à mi-distance entre le Locus niger ét l’Aqueduc de Sylvius — donc en pleines voies sensitives.
Ici, M. Murrer rapporte une observation assez ancienne, d’après des notes et photographies :
«En juin 1914, Je suis appelé Pour voir un cheval hongre belge, 30 Mois, atteint d’un coup de sang. Le cheval est tombé dans une écurie étroite et ne peut se. lever. On le traîne dans la cour et on arrive à le lever avec peine. Mêmes symptômes que le précédent, mais troubles plus accusés. Je saigne, pour faire plaisir au client, puis fais placer le cheval à Ja grange dans un appareil de Suspension. Ici, la tête est complètement déviée avec torsion d’un cÔté comme un poulain qui tête. Les troubles sont plus accusés au {rain postérieur qu'à l’antérieur. Les troubles des yeux et des membres étant croisés, je pense à une lésion de l’isthme et institue à tout hasard un traitement ioduré. Il y a tout d’abord une amélioration de quelques jours, la tête se redresse, Ja Mastication redevient possible. Notons que l’animal est inconscient de son état, ne souffre pas, n’a pas de fièvre. Un œil Ouvert, l’autre fermé avec déviation du globe, el Mouvements passifs de ce globe quand on redresse la tête. Bref, rechute, et abatage au bout de quinze jours. J'ai trouvé dans la base d’un des tubercules quadrijumeaux une Jarve d’œstre du cheval (gastrophilus equi ?) nettement caractérisée à la loupe par ses épines et ses plaques stigmatiques, et qui était plus grosse que celle que je vous ai envoyée.
Instruit par l'expérience, car j'ai observé quatre autres acçidents tout à fait semblables comme Symptômes depuis un an : trois poulains et un cheval de cinq ans, j'ai pu faire l’autopsie de ce cheval et d'un poulain et j'ai trouvé un cervelet complètement ramolli au centre et transformé en une sorte de pus liquide comme du pus de chien, sans odeur. et dans lequel
je n'ai rien vu comme microbes au microscope... Les symptômes de ces différents cas me paraissent correspondre à ce que j'ai appris dans les cours sous le nom de maladie des chiens pour les poulains normands. L'œstre ne jouerait-elle pas son rôle ?
Le mal de chien ou de croissance est une modalité de méningo-myélite, qui atteint les poulains après le sevrage du cinquième au dix-huitième mois, surtout vers cet âge. Il apparait chez les animaux de pur-sang et de demi-sang, élevés dans les meilleures prairies et est localisé à la Normandie et la Bretagne. La cause en est inconnue ; on tend à incriminer le streptocoque gourmeux. Les symptômes sont d'ordre locomoteur. Suivant la gravité, on a : une incoordination dés mouvements des membres, un lever difficile, un décubitus fréquent. Ou une paralysie -unilatérale avec incurvation de l’encolure et de la colonne vertébrale, ou, dans les formes les plus graves, une paraplégie complète du train postérieur.
Ces symptômes, on le voit, se rapprochent des précédents, mais l’âge du sujet, son habitat, le pays où a lieu l’accident doivent aider le praticien à poser un diagnostic différentiel.
Voici maintenant l'observation du docteur RoGEer
« Âu mois de mai, on me présente une jument qui jusqu'’alors très calme, s'est emballée la veille sans raison apparente et qui n’a pu être maîtrisée qu’à grand'peine.
Depuis, elle refuse sa nourriture. Des symptômes très nets d’immobilités sont manifestés, hébétude, conservation d’attitudes bizarres, inertie au départ, et celui-ci obtenu, grande difficulté d'arrêt. Température 39°9. En raison de la température, je pense à un abcès des centres nerveux et recommande l’abatage.
A l’autopsie, on trouve dans la partie superficielle du cervelet une larve d’œstre entourée d’une couche de pus.
RU Pur