‹ L'Hypopyon: chez les anciens opérés de cataracteChapitre 13 sur 16 · PROCÉDÉS CAPABLES D'AMENER LA GUÉRISON · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS CAPABLES D'AMENER LA GUÉRISON

1° Cautérisation ;

2° Autoplastie conjonctivale ;

3° Injections sous-conjonctivales antiseptiques.

Ces trois sortes de traitement ont donné des résultats heureux qui font que l’énucléation est désormais réservée aux cas désespérés qui arrivent trop tard chez le spécialiste.

La cautérisation au galvanocautère elle seule a suffi plusieurs fois à enrayer le processus infectieux.

Duverger l’a employée avec succès (obs. XXI). Mais ce procédé nous paraît un peu aveugle, détruisant trop ou pas assez de tissu interposé, et il est inapplicable dans les nombreux cas où la cicatrice présente une apparence normale.

De plus, ce moyen s’est montré plusieurs fois dangereux, et Trousseau cite des cas où la galvano-cautérisation pour réduire les hernies de l'iris a déterminé l’éclosion d’une ophtalmie sympathique.

Une méthode rallie aujourd’hui les suffrages d’un grand nombre d’auteurs : c’est l’occlusion du pertuis par une autoplastie conjonctivale.

C’est Meyer qui posa, en 1892, les indications de ce procédé déjà connu, mais qu'on n’osait employer à propos de plaies déjà infectées par les germes conjonctivaux.

Rohmer confirma, en 1897,les conclusions de Meyer.

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En 1903, Abadie avait à soigner pour irido-cyclite une femme opérée de cataracte sept mois plus tôt.

La cautérisation d’un petit pertuis cornéen sur la ligne de cicatrice n'amena aucune amélioration et l’énucléation allait être pratiquée. Sur les conseils de De Wecker, Abadie pratiqua alors une occlusion par autoplastie conjonctivale. L'amélioration fut rapide ; une ophtalmie sympathique qui débutait à l'œil non opéré guérit et les deux yeux furent conservés.

Goldzicher, en 1909, rapporte la guérison définitive par la même méthode d’un opéré de cataracte qui présentait des irido-cyclites à rechutes avec hypopyon.

Les observations de M. Dupuy-Dutemps, que nous avons résumées, confirment la valeur indubitable du procédé.

Rappelons donc en quelques mots la façon d'opérer le recouvrement cicatriciel suivant la méhode de Meyer, simplifiée par M. Dupuy-Dutemps :

« Après anesthésie locale, la conjonctive est détachée au ciseau au ras du limbe sur une étendue correspondant au tiers ou à la moitié de la circonférence cornéenne, selon l’importance du recouvrement. Elle est largement disséquée, détachée de ses adhérences avec le globe en arrière, au moins jusqu’à 1 centimètre de distance du bord cornéen.

« Au voisinage du cul-de-sac supérieur, on pratique, en quelques coups de ciseaux, une libération superfcielle de la conjonctive, nécessaire sur certains yeux pour permettre la mobilisation sans tiraillement. Deux fils à strabisme passés dans les lambeaux, viennent

RASE traverser en bas, pour y prendre appui, la conjonctive adhérente au voisinage du limbe de part et d’autre du diamètre horizontal de la cornée.

« Avivement par raclage avec un petit bistour1, du point fistuleux et des parties voisines, de façon à enlever l’épithélium cornéen et l’épithélium de la mince bande conjonctivale qui, au voisinage du limbe, a échappé aux ciseaux.

« Cautérisation plus ou moins profonde au galvanocautère du trajet fistuleux, avec ou sans ouverture de la chambre antérieure. Cette cautérisation, continuée superficiellement sur le pourtour du pertuis, complète et assure l’avivement.

« Il suffit alors de serrer les deux fils pour amener par glissement la conjonctive mobilisée sur la cornée, dont elle recouvrira environ le tiers supérieur.

« Il est nécessaire, en effet, pour assurer une bonne adhérence, que le lambeau dépasse largement la surface à recouvrir. La conjonctive se rétracte d’ailleurs rapidement, ne faisant prise que sur la partie avivée à laquelle elle reste définitivement fixée.

« Les fils peuvent être enlevés dès le einquième jour. »

Cette méthode a fait désormais ses preuves et a fourni une série indiscutable d’heureux résultats.

Nous pouvons cependant nous demander s’il n'y a pas quelques dangers à pratiquer cette technique et en particulier s’il n’y a pas lieu d’être inquiet lorsqu'on a obstrué brusquement une cicatrice enflammée et fermé définitivement la chambre antérieure encore pleine de pus.

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Est-on certain, d’autre part, que le lambeau con- Jonctival fera toujours prise sur la cicatrice avivée?

Nous ne pensons pas qu’il soit toujours nécessaire d'entreprendre cette opération délicate à effectuer nous avons vu qu’un nombre considérable d’anciens opérés étaient porteurs de cicatrices cornéennes défectueuses et que cependant les complications infectieuses tardives restaient une rareté.

Faudra-t-il alors procéder chez tous ceux-là à une autoplastie conjonctivale préventive? Non pas : on attend l'irido-cyclite, et c’est alors seulement qu’on ferme la cicatrice fistuleuse.

Mais, si on doit attendre la complication infectieuse pour intervenir, nous avons à notre disposition un moyen de traitement qui donne d'aussi bons résultats que le recouvrement conjonctival et qui présente l'avantage de n'être ni dangereux, n1 difficile à pratiquer : ce sont les injections antiseptiques sous conjonctivales.

Injections sous-conjonctivales antiseptiques. — Dans les neuf observations recueillies à la Clinique de M. le professeur Rollet, à l’'Hôtel-Dieu de Lyon, les malades ont tous été soignés au moyen d'injections sous-conjonctivales antiseptiques : cyanure de mercure à 1/1.000 et, plus souvent, bleu de méthylène à 1/800.

Après anesthésie locale à la cocaïne, on injecte sous la conjonctive V ou VI gouttes du liquide choisi. La résorption s’effectue rapidement et, dès le lendemain, l'injection peut être répétée, Suivant la rapidité

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