OBSERVATION
(Clinique ophtalmologique de l'Hôtel-Dieu de Lyon)
Irido cyclite tardive avec hypopyon. — Injection sous-conjonctivale de bleu de méthylène. — Guérison. — Iridectomie ultérieure sans complications infectieuses.
M"° B..., soixante-six ans, entre à la Clinique ophtalmologique de Lyon le 7 mars 1903. On l’opère le 9 mars de cataracte à l'œil droit sans pratiquer d’iridectomie.
Les suites opératoires sont normales et la malade sort de l'hôpital vingt jours plus tard avec une acuité Vs 2 Pre D!
17 avril1g05, — Deux ans plus tard, elle revient parce
que, depuis quelques jours, elle éprouve de violentes douleurs oculaires irradiées dans la région sous-orbitaire. Son acuité visuelle, restée jusque là satisfaisante, a baissé brusquement.
A l'examen, on constate un larmoiement abondant et de la photophobie. La cornée est trouble; l'iris décoloré, feuille morte.
Un hypopyon de 3 millimètres occupe la chambre antérieure. La pupille est presque obstruée et on voit partir de là des traînées purulentes qui se dirigent du côté de la cicatrice. La pupille, rétrécie, est très déformée.
On ne note pas de défectuosités apparentes du côté de la cicatrice. |
17 avril. — La malade est soignée par des injections sous-conjonctivales de bleu de méthylène. Amélioration.
Nouvelle injection deux jours plus tard, suivie encore d'une amélioration. On applique en outre des compresses humides et les phénomènes douloureux disparaissent. L'hypopyon se résorbe progressivement ; la cornée devient de
plus en plus limpide.
20 mai. — Les phénomènes inflammatoires ont complètement disparu, mais la vision est nulle.
26 mai. — On pratique l’iridectomie pour rendre un peu
de vision à la malade.
10 juin. — Elle quitte le service avec V — 1/30.
OBsERVATION II
(Clinique ophtalmologique de l'Hôtel-Dieu de Lyon)
Panophtalmie tardive après opération de cataracte
Nous avons retrouvé le cas d’un homme de soixante ans, opéré de cataracte sans iridectomie le 3 septembre 1904.
Il est sorti de l'hôpital au bout du temps normal avec Mero 40 :P;
Décembre 1907. — Trois ans plus tard, ce malade fit un nouveau séjour à la Clinique, où il arriva avec une panophtalmie de l'œil opéré.
Son ancienne cicatrice présentait un léger pincement irien.
Nous n'avons trouvé que des renseignements insuffisants sur ce malade dans les archives de la Clinique ; nous avons voulu cependant consigner ici ce que nous en savons, deux faits nous ayant paru intéressants :
Le long délai entre l'opération et l’accident tardif : plus de trois ans ;
La constation très nette d’un léger pincement irien dans la cicatrice.
Pour ce malade, arrivé trop tard avec une panophtalmie, on a dû probablement se résoudre à pratiquer l'énucléation.
OBsERVATION III
(Clinique ophtalmologique de l'Hôtei-Dieu de Lyon)
Irido-cyclite tardive après opération de cataracte. — Injec- {ions sous-conjonctivales de cyanure de mercure. — Guérison.
Mme O.., soixante-douze ans, est opérée au début de mai 1911 de cataracte à l'œil gauche.
Elle quitte la Clinique le 31 mai avec V — 1/8 + 10 D et se déclare très satisfaite.
Vingt mois plus tard, le 1° janvier 1913, elle fut prise de douleurs oculaires et périorbitaires du côté opéré, en même temps que sa vision s'amoindrissait jusqu’à devenir nulle en quelques jours.
Agée et hésitant à se rendre à l’hôpital, elle se soigne elle-même, fait des applications de cataplasmes chauds et ses douleurs deviennent plus tolérables ; mais les princi-
paux symptômes persistent. Elle se décide, le 8 janvier, à entrer à la Clinique.
À son arrivée, elle présentait un gros œdème des paupières supérieure et inférieure, du larmoiement. On constatait une infection conjonctivale et périkératique très vive, un chémosis très accentué. Dans la chambre antérieure, un hypopyon affleurait jusqu’au bord inférieur de la pupille. L'iris, violacé, était recouvert d’îlots purulents. La pupille rétrécie et déformée. Du côté de la cicatrice, on pouvait voir à la loupe et à l'éclairage oblique des filaments tombant derrière la face postérieure de la cornée et flottant dans la chambre antérieure.
On pratiqua, à plusieurs reprises, des injections sousconjonctivales de cyanure de mercure au 1/1.000 et des pansements humides. La guérison s’opéra progressivement et, le 25 janvier, le pus était résorbé, l'inflammation avait disparu. Des synéchies rendaient la pupille irrégulière sans trop diminuer la vision.
La malade, réexaminée le 27 mai de la même année, présentait une acuité V — 1/12 + 10 D.