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l'hypotension artérielle permanente qu’un simple état physiologique, incapable d'entraîner le moindre, trouble morbide.
Tout de suite, nous nous opposons formellement à cette façon de juger, et nous insistons sur l’extrème variété des troubles fonctionnels des hypotendus, qui peuvent se manifester dans le domaine des systèmes cardio-vasculaire, digestif, endocrinien et nerveux et dont voici, esquissé rapidement, un aperçu général : : |
Dans le domaine cardio-vasculaire, l’accident dont la fréquence chez les hypotendus nous a tout spécialement frappé est représenté par les lipothymies et les syncopes. Tous les degrés peuvent se rencontrer depuis le simple malaise passager jusqu'à la perte de connaissance complète. Nous avons noté également l’acrocyanose, les engelures, comme l’avait déjà remarqué Martinet. Enfin nous mentionnerons l'insuffisance cardiaque le plus souvent légère, simple dyspnée d'effort sans signes viscéraux, exceptionnellement la grande insuffisance cardiaque comme dans les faits récemment rapportés par M. Dumas (de Lyon).
On peut également signaler la bradycardie totale ou sinusale qui certes n’est pas de règle chez les hypotendus, car il n’est pas rare chez eux de noter l’accélération cardiaque. Cependant la bradycardie est assez fréquente. Nous ne la considérons pas comme une coïncidence fortuite chez de tels sujets, car l’hypervagotonie est susceptible de jouer un rôle étiologique dans la production de ces deux symptômes : lhypotension et la bradycardie.
Dans le domaine nerveux, nous trouvons un des éléments fondamentaux de l’ensemble symptomatique de l'hypotension artérielle, c'est la fatigabilité qui, souvent légère, peut être considérable au point d'aboutir à une véritable asthénie obligeant le malade à éviter tout travail et parfois méme à rester étendu. Enfin on peut, dans certains cas rares, observer un état psychasthénique, comme l'a si-
gnalé notre maître le docteur O. Crouzon. La céphalée également doit être mentionnée.
Dans le domaine digestif, il n'est pas de symptômes liés à l’hypotension artérielle aussi intimement que les précédents (cardio-vasculaires ou nerveux). Notons simplement que chez les hypotendus les ptoses viscérales sont assez souvent rencontrées et que l’on peut noter chez de tels sujets de l’aéro-gastro-colie et de la constipation.
Dans le domaine endocrinien, nous avons maintes fois noté un certain degré d'insuffisance ovarienne, parfois de l'insuffisance thyroïdienne. L'insuffisance surrénale est probablement de règle. Mais les perturbations endocriniennes sont difficiles à préciser, nous y reviendrons à propos de la pathogénie.
Tels sont, selon nous, les principaux symptômes morbides qui peuvent se rencontrer «u cours de l’hypotension artérielle permanente. Nous allons maintenant les étudier en détails.
Tout de suite, nous devons ajouter que ces symptômes sont loin d’avoir la même valeür, et qu’on est loin également de les rencontrer au grand complet chez un même sujet. |
Parmi eux, il en est deux qui nous ont semblé les plus constants et qui, de ce fait, acquièrent une haute valeur séméiologique : ce sont la fatigabilité et les lipothymies allant ou non jusqu'à la syncope. Il en existe un troisième, moins souvent rencontré dans son aspect typique, mais fréquent dans ses manifestations frustes : c'est l'acrocyanose.
Ainsi dans son aspect typique et au grand complet, le syndrome d'hypotension artérielle permanente va se manifester par une tétrade symptomatique : l’hypotension, la fatigabilite, les lipothymies, l’acrocyanose.