‹ L'Hypotension Artérielle permanente d'allure idiopathiqueChapitre 15 sur 57 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(PERSONNELLE)

Mme T..., âgée de 38 ans, présente une histoire extrèmement intéressante. Mère de 3 enfants, elle a toujours présenté une excellente santé, jusqu'à l’âge de 35 ans. À partir de cet âge, elle a commencé à présenter quelques troubles légers, passagers, qui n’ont pas trop attiré son attention. Mais surtout, ce qui l’a frappée, c'est la difficulté qu'elle éprouve à se lever le matin, Autrefois, levée de très bonne heure devant vaquer aux soins de ses enfants, elle est maintenant obligée après son réveil, de rester encore très longtemps étendue avant de pouvoir mettre le pied par terre, tant elle est lasse, courbalurée, comme « rouée de coups ». Malgré cette lassitude intense, elle a pu, en décembre 1926,

pendant > nuits de suite, veiller son mari qui présentait une affection

pulmonaire aiguë d’allure sévère. Pouvant se reposer le jour, elle passait alors son temps à dormir et à rester allongée. Au bout d’une semaine, elle était encore dans un état de dépression angoissante, présentant chaque fois qu'elle essayait de se lever des syncopes ou des tendances lipothymiques. Elle à été obligée de demeurer couchée pendant près de 15 jours pour réparer la fatigue de deux nuits de veille.

Un médecin, appelé au moment de ses crises syncopales, lui trouve une Maxima de 9. La malade se rappelle qu'avant chaque accouche,

NAT, 27 EEE.

ment, elle s'était fait examiner complètement et que sa tension artérielle oscillait entre 11 et 12 &.

L'adrénaline ne l’a que très peu soulagée. Par contre, un mélange d'arsenic et de strychnine, administré récemment, lui a rapidement redonné des forces. Chaque mois, elle fait des cures de ces médicaments et s'en trouve très bien.

Actuellement, elle se sent beaucoup mieux, elle est plus dispose le matin au réveil. Mais son état est encore instable : tantôt sa santé est excellente, tantôt elle ressent cette dépression surtout matinale. Dans l’ensemble, cependant, amélioration est manifeste et s’accentue de jour en jour.

OBSERVATION VI (D' Lran)

| Le D' L..…. vient consulter le D' Lian, parce que, outre quelques palpitations et extrasystoles, il se plaint de fatigue, d’asthénie et d’une fatigue générale. Depuis longtemps déjà cet état subsiste et le D' L... se rappelle avoir eu une pression artérielle variable, mais toujours basse, ne subissant une amélioration réelle qu’à la suite de piqures de strychnine qu'il se fait par séries. Cette amélioration de son état varie d’ailleurs avec une ascension de sa pression qui tend ainsi à redevenir normale. Il en est de même des cures à Eaux-Bonnes qui entraînent une réelle amélioration. | Cœur normal. T. A: : Mx 11 1/2, Mn 7. I. O = 6.

OBSERVATION VII (D° Lran)

Le D' GC. âgé de 44 ans, surmené pendant la guerre et surtout en 1918, a, depuis cette époque, commencé à présenter quelques lipothymies.et de fortes pulsations artérielles dans la tête. Mais surtout un symptôme a dominé : c’est une fatigue insurmontable qui existe depuis lors.-Il a pris de nombreuses fois sa tension artérielle et au Pachon il a trouvé des chiffres très bas : 12/8, 11/8, 11/7 avec parfois des oscillations si faibles qu’il lui était impossible de mesurer la pression. “Actuellement, il a une Mx de 1x et une Mn de 8 avec indice oscillô-

métrique de 7.

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OBSERVATION VIII (D' Lan)

M. F..., âgé de 28 ans, se plaint de petits vertiges et surtout d’asthénie. Il ne fait aucun excès, se couche de bonne heure, ne sort pas le soir. Il n’est absorbé, en somme, que par son travail de la journée, travail nécessitant peu de surmenage, et semblant disproportionné avec la fatigue qui en résulte.

Tension artérielle : Mx 11 1/2, Mn 6 1/2. I. O. = 6.

OBSERVATION IX (D' Lran)

Mme M..., femme de médecin, est envoyée par son mari parce qu'elle présente une fatigabilité extrême ; rapidement au moindre effort, la sensation de fatigue devient telle qu’elle est obligée de s'asseoir. De mème, elle est rapidement essouflée en montant un escalier. Parfois, enfin, elle à présenté quelques malaises avec sensation de défaillance sans aller, cependant, jusqu’à la syncope.

On lui a trouvé, à divers examens, des tensions telles que 10/6, 10 à 6 à ; actuellement Mx 12, Mn 9. I. O. = 44

OBSERVATION X (D' Lran)

Mme G..., femme de médecin, vient consulter pour une lassitude marquée. Une marche un peu prolongée, l'ascension un peu rapide d’un escalier la fatiguent rapidement. Cette malade a remarqué également que ses extrémités étaient toujours fraîches et froides. D'autre part, elle a présenté, il y a 18 mois, dés malaises, des lipothymies fréquentes avec une sensation de malaise générale, indéfinissable, l’obligeant à s'allonger. Cette sensation se répète très souvent ; aussi la malade réclame-t-elle son lit avec insistance. C’est seulement quand elle est allongée, qu’elle se sent à peu près bien. Son mari, médecin, a constaté à plusieurs reprises des tensions très basses (Mx 9, 10 à). Elle est cependant capable d'un gros effort. Elle a pu soigner son mari et ses deux enfants malades, pendant > ou 3 nuits : mais, à cet effort,

ont fait suite une dépression et une lassitude telle, que son mari inquiet L r l’a envoyée consulter.

Rien au cœur. T. A. : Mx 11 Mn 6 : L. O. : 3 L

Les extrémités sont fraîches, non violacées ; la malade redoute le froid. Légère ébauche de cyanose aux lèvres.

} 2° - Les lipothymies et les syncopes

Avec la fatigabilité, maître symptôme de Fhypotension artérielle permanente, les lipothymies et les syncopes vont constituer l’autre manifestation morbide importante de ce syndrome.

Tandis que la fatigabilité nous apparaît, en quelque sor- te, comme l’état essentiel des hypotendus, comme une manière d'être constante, mais à des degrés variés de l’hypotension, les lipothymies et les syncopes sont des phéno- mènes épisodiques qui vont émailler, de temps à autre, la vie des hypotendus. Accidents passagers, transitoires, bénins en eux-mêmes, mais impressionnant le malade, ils surviennent de temps à autre et amènent à consulter. Dans d’autres cas, c’est par l’interrogatoire que l’on apprend que le malade a eu dans sa vie 4 ou 5, 8 ou ro évanouissements. C'est là un fait courant, presque de règle, dirons-nous, dans la vie dés hypotendius.

Ges lipothymies ou ces syncopes sont déclanchées à l’occasion des causes les plus diverses : une émotion assez. forte, un accident sans gravité, une anesthésie locale pour avulsion dentaire, un incident bénin. Tel est le cas de M. F..., âgé de 24 ans (obs. 12) qui présente des syncopes à l’occasion d'un panserhent peu douloureux, d’un nettoyage d'oreille pour bouchons de cérumen, où même à la vue d’un furoncle. |

Dans certains cas, et non les moins rares, il suffit d’une histoire un peu terrifiante, d’une aventure périlleuse ra-

contée par un ami pour qu'apparaissent des lipothymies.

Enfin, chez d’autres sujets, les troubles digestifs, intestinaux surtout, semblent jouer un rôle important ; témoin Mme C... qui a présenté plusieurs évanouissements au cours d'une période de constipation accentuée. Le plus souvent,

c’est au cours d’une débâcle intestinale que surviennent

de tels troubles.

A la suite d’une grande période de dépression, où la ma- Jade a été obligée de garder la chambre, voire même le lit, (obs. 5) comme c'est le cas de Mme T..., qui a dû veiller son mari quelques nuits, se produisent les jours suivants, malgré un repos de plusieurs jours, des syncopes au nombre de 3 à 4, en l’espace de quelques heures. Ces phénômènes syncopaux ou lipothymiques nous paraissent extrêmement fréquents au cours de ces périodes où la fatigabilité a atteint un degré d'extrême acuité : ce sont de véritables poussées paroxystiques d'hypotension sur lesquelles nous reviendrons plus loin, et au cours desquelles les lipothymies, les syncopes se succèdent rapidement en l’espace de quelques heures, donnant à la maladie une allure particulièrement impressionnante.

Chez certains sujets, nous avons également pu constater des syncopes coexistant avec un ralentissement marqué du pouls : tel est le cas du jeune V... (obs. 17) qui est pris en quelques mois, d’une dizaine de syncopes coexistant avec un pouls ralenti à 5o. ,

Ces accidents revêtent des allures très variables, et tous les intermédiaires peuvent se rencontrer entre le simple petit vertige et la syncope complète totale.

Dans les cas les plus légers, il s’agit de simples petits vertiges, d'étourdissements, d’éblouissements, le sujet remarque que sa vue se brouille et que: son équilibre devient instable. Ces phénomènes durent peu, quelques secondes. Rapidement, le malade se ressaisit, aussitôt après s'être ou non appuyé Contre une chaise, une table, un arbre.

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Dans les cas moyens, il s’agit d’un malaise lipothymique son début est relativement brusque : le malade devient très

pâle, éprouve une sensation de vide, d'obnubilation, il doit

immédiatement s’allonger pour éviter de perdre connäissance. Il sent ses extrémités se refroidir, et a l'impression que le moindre mouvement entraînerait immédiatement l’évanouissement complet. Il est obligé de demeurer étendu et immobile. Le plus souvent, ces malaises se dissipent rapidement, cependant il n’est pas rare que le malade doive prolonger une demi-heure, une jou plusieurs heures même, son repos dans la position allongée, pour éviter que le malaise lipothymiqueé ne se reproduise,

Le pouls qui s'était très ralenti, revient peu à peu à sa rapidité habituelle.

Dans les cas sévères, loin d'être exceptionnels d’ailleurs, il se produit une véritable perte de connaissance, c'est la syncope proprement dite. Tel est le cas de M. D’: . (Observ. 11) qui éprouve, à la fin d’un repas, un malaise vague, puis tombe ‘en l’espace d’une seconde, sans avoir le temps de s’accrocher à un meuble. Cette syncope dure quelques minutes : lentement le malade revient à lui et est obligé de Me couché pendant quelques heures. Même brutalité dans le début des cinq syncopes survenues en l’espace de deux ans. à

Il est exceptionnel qu'un sujet ayant une hypotension permanente bien nette n'ait pas eu, dans son existence, quelques malaises vertigineux ou lipothymiques. De tels faits ne sauraient nous surprendre et la fréquence de semblables accidents nous semble assez aisément explicable.

Deux causes prédisposent tout particulièrement les hypotendus à ces phénomènes lipothymiques Où SYNnCOpaux :

— La première, c'est le déséquilibre vaso-moteur et l'instabilité constante de leur système vago-sympathique.

— La seconde, c’est l’abaissement permanent de leur tension artérielle.

Qu'un phénomène extérieur se produise (sous des aspects

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‘variés : choc, émotion, etc...) il retentit sur un système neuro-Végétatif très impressionnable : aussi la perturbation vaso-motrice sera-t-elle brusque et marquée, même si la cause provocatrice en a été légère. Or, cette perturbation retentit sur un organisme dont la pression est abaissée de manière permanente. Il est aisé de comprendre qu’elle entraînera beaucoup plus facilement que chez un sujet sain, une chute plus prononcée de la tension artérielle qui com- promettra gravement et rapidèment l'irrigation des centres nerveux, d'où lipothymies et dans les cas plus graves, syncopes. De ce fait, on saisit-aisément, que l’hypotension artérielle permanente réalise un terrain de choix dans la production d’une chute de pression génératrice d’une lipothymie. Toutes ces considérations tendent ainsi à nous montrer les liens étroits qui unissent les lipothymies, les syncopes et l’hypotension artérielle permanente,

+ Observations

OBSERVATION XI (D' Lrax)

M. D..., âgé de 36 ans, vient consulter pour des syncopes ; celles-ci surviennent à l'occasion de surmenage physique ou de soucis moraux. Par leur répétition, elles inquiètent lé malade, dont voici brièvemen résumée l’histoire clinique : ; La première syncope s’est manifestée en 1919 ; le malade qui, à cette époque, était en proie à de nombreux ennuis, ressent très brutalement un malaise vague à la fin d'un repas, puis, en l’espace d’une seconde, : tombe sans avoir eu le. temps de s’accrocher ‘à un meuble. Cette syncope dure quelques minutes ; le malade revient à lui lentement et progressivement. Il est alors obligé de se coucher pendant quelques

heures. Nouvelle syncope en 1922, en 1923, alors que sa vie physique

est l'objet d’une activité marquée et de surmenage. Tout récemment encore, il est pris en l'espace de deux ans de cinq syncopes : l’une survenant brutalement, sans cause apparente, au cours d’une paisible promenade à cheval, une autre se produisant dans des circonstances banales, en jouant aux cartes, la troisième au cours d’une grosse se- Gousse morale, la quatrième et la cinquième en quatre jours de temps, pendant une période d'instruction, nécessitant le renvoi immédiat dans ses foyers.

- L'examen de tous Le organes est négatif. On ne ‘constate qu'une hypotension : Mx 11, Mn 6 avec un indice oscillométrique de 9, un pouls ralenti à 58 ou 60.

OBSERVATION XII (D' Lran)

À côté de ces états syncopaux, influencés par le surmenage ou les soucis, chez d’autres malades, les syncopes surviennent à l’occasion d'incidents bénins : c’est ainsi que M. F.…., âgé de 24 ans, présente des syncopes à l’occasion d’un pansement peu douloureux, d’un nettoyage d'oreille pour bouchon de cérumen, la vue d’un furoncle même, le récit d’une opération, d'un accident, sont le point de départ de lipothymies.

Rien à l'examen des divers appareils, ni de ces antécédents. Tension

artérielle : Mx 11, Mn 6 ; I. O. = 5.

: OBSERVATION XIII (D' Lran)-

Il en est de même de Mlle M...., âgée de 35 ans, chez qui la syncope survient soit spontanément, soit le plus souvent à la suite d’une émo: tion même légère, Ces syncopes sont rarement complètes. La malade comprend ce qui s’est passé : elle entend parler autour d'elle. Ces syncopes se produisent à tout moment de la journée. Elles durent parfois longtemps, près d’un quart:d’heure.

L'examen ne révèle rien. La T. A. est Mx 11, Mn 7. I. O. : 3.

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OBSERVATION XIV (D' Lran)

Mile F..., âgée de 36 ans, est également facilement sujette aux! syncopes. À la moindre émotion, la plus légère fatigue, elle devient pâle, ,5e couvre de sueurs, et finit par perdre connaissance. Cette perte de connaissance dure quelques minutes À. il s'ensuit un léger malaise qui se dissipe en 20 à 25 minutes.

Examen négatif. T. A. 10/6. I. O. : 2 à.

4 OBSERVATION XV (D' Lran)

M. L.., âgé de 45 ans, présente des lipothymies fréquentes ; elles pis de a du malade : une égratignure, une pe etite bles- ‘sure, une goutte de sang, à elle seule même, suffisent pour entraîner un malaise lipothymique. À ces lipothymies se joint également un certain degré de fatigabilité, d’asthénie.

Rien d'objectif, mais une T. A. de 11/7 à avec un I. O. de 8 à 9.

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