CÉPHALÉE — TROUBLES CARDIAQUES, PSYCHIQUES, DIGESTIFS, ENDOCRINIENS
4° — Céphalée
C’est un symptôme d’une telle banalité et d’une telle fréquence, surtout chez la femme, qu'il perd beaucoup de sa valeur. Certains auteurs, Martinet entre autres, ont décrit à cette céphalée des hypotendus, des caractères cliniques bien spéciaux qui permettraient d'en reconnaître presque sûrement l’origine hypotensive.
Selon Martinet, cette céphalée est franchement occipitale, elle est constante, entrecoupée de paroxysmes très nets survenant surtout dans la position horizontale, -disparaissant dans la position verticale, s’exaspérant dans la position couchée « véritable céphalée d'oreiller ». Cette céphalée, enfin, particulièrement tenace, ne s'accompagne d'aucun trouble digestif. |
À notre avis, cette description nous semble par trop sché-
matique, comme le montreront les observations qui suivent. Pour nous, également, cette céphalée est ‘un symptôme beaucoup moins fréquent que ne le croit la plupart des auteurs. L'expérience clinique nous a montré, en outre, qu'elle ne revêtait aucun caractère bien précis. Un de nos malades (observ. 41) se plaignait de céphalée diffuse à prédominance frontale. Un autre, cité par Goodman, souffrait surtout de la partie supérieure de la tête.
Si cette céphalée, dans certains cas, se produit alors que le malade est en décubitus, dans d’autres cas, elle survient au cours de la journée, alors que le malade est debout. Ces derniers cas mêmes, semblent les plus fréquents. Geci n’est pas, d’ailleurs, pour nous étonner, nous savons en effet que les hypotendus, en général, recherchent avec prédilection la position horizontale.
Son siège est donc des plus variables, tantôt frontal, tantôt pariétal, tantôt occipital, défiant toute attribution précise et significative. Tout ce qu'on peut dire (mais c'est là également le fait d’un bien grand nombre de céphalées) c’est qu'elle est persistante, durant souvent plusieurs jours plusieurs semaines, s’atténuant à certains moments, s'exacerbant à d’autres. Elle peut survenir à n'importe quel moment : le matin au réveil, au cours de la journée, soit même le soir et la nuit, simulant alors en tous points la céphalée syphilitique, comme dans le cas de l’observ. 43 rapportée par Artom où un médecin sur ce seul symptôme taxait de manifestation syphilitique un trouble engendré par le simple abaissement de la tension artérielle. Pour toutes ces raisons, nous ne souscrirons pas à l'opinion de Martinet qui fait presqu'exclusivement de la céphalée de l'hypotendu, une céphalée occipitale et une céphalée « d'oreiller ». Nous refusons également à ce symptôme la place si importante qu'ordinairement les auteurs lui attribuent. Pour nous, elle n'est qu'un symptôme accessoire, un symptôme « d’accompagnement », associé à d’autres sy mplômes qui dominent le tableau clinique (fatigabilité et lip pthymies), où à la
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psychasthénie dont elle n’est qu'un des éléments constitutifs. Plus rarement, elle peut être le trouble prédominant ;
elle est alors, bien souvent, le seul symptôme qui amène le malade à consulter. Son origine, par trop souvent mé-
connue, fait taxer alors de névropathes ou de pithiatiques bon nombre de tels sujets.
Observations
OBSERVATION XLHI (D' Mario ARTOM)
Mme M. T..., 47 ans, est envoyée au Docteur Mario Artom, syphiligraphe, parce qu'on la suspecte de syphilis. Cette suspicion est déterminée par l'existence d’une céphalée exclusivement vespérale et nocturne, dont le début remonte à plusieurs jours. La malade affirme que chaque soir, dès qu'elle se met au lit, apparaît une céphalée intense, diffuse, prédominanté au vertex et à l’occiput. Cette céphalée est atroce, lui empêche tout repos, lui ôte tout sommeil, et l’oblige à se lever et à marcher. Elle résiste à tous les antinévralgiques et sa persistance commence à retentir fortement sur l’état général du sujet.
L'examen de la malade est négalif au point de vue syphilis. Tous les organes sont trouvés sains. Seule, la T. À. s’est trouvée modifiée Mx 8,
Mn 7.