‹ L'Hypotension Artérielle permanente d'allure idiopathiqueChapitre 24 sur 57 · OBSERVATION XLVIII (PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLVIII (PERSONNELLE

Mlle C..., âgée de 19 ans, entre dans le service du Professeur Widal, salle Dreyfus-Brisac, parce qu’elle est pâle et anémique. $es muqueuses sont nettement décolorées et ses extrémités sont un peu violacées, Elle se plaint, en outre, de céphalalgies intermittentes ayant débuté de longue date, avant l'apparition de ses règles. Celles-ci n’ont amené aucun soulagement. D'ailleurs la céphalée survient à des intervalles. irréguliers, indépendant des périodes menstruelles.

L'examen du sang est normal, rien aux autres organes. La tension artérielle est de Mx 10 + Mn 5 avec I. O. de ».

20 __ Les troubles cardio-vasceulaires

Au cours de l’hypotension artérielle permanente, peuvent se produire des troubles cardio-vasculaires. Nous en exceptons les syncopes et les lipothymies, sur lesquelles nous nous sommes étendus longuement et qui, vu leur importance, ont mérité d’être placées immédiatement après le maître symptôme qu'est la fatigabilité.

Nous ne nous étendrons pas autrement sur ces troubles cardio vasculaires qui sont la signature d’une insuffisance cardiaque d'intensité variable, ou d’un certain degré d’éréthisme cardio-vasculaire. Aussi ne ferons-nous que les citer, renvoyant, pour plus de détails, au chapitre de l’évolution. Dans ce chapitre également, nous grouperons toutes les observations, où prédominent les troubles cardio-vasculaires, pour éviter de morceler ces différents troubles.

Gependant, ils peuvent être les manifestations morbides qui amènent à consulter. À ce titre, ils rentrent dans le cadre de la symptomatologie et méritent, pour cette raison, d’être signalés ici. Ces troubles cardio-vasculaires consistent en dyspnée d'effort légère le plus souvent, mais qui peut être très marquée dans certains cas. Elle peut s’accompagner où non de palpitations. Gelles-ci sont parfois

le seul symptôme qui amène le malade à consulter. C’est

un symptôme trop banal pour que nous insistions davanlage.

Enfin, M. Dumas, de Lyon, insiste sur.un autre trouble 2 La . C qu'il à observé dans quelques cas. Il s’agit de douleurs au

niveau des jambes, de caractère très particulier, sous for-

me d'élancements, de piqûres, mais surtout de battements

qui font dire aux malades « qu ils sentent leur cœur battre jusque dans les jambes ».

8° — Les troubles psychiques

CE

Nous avons pu observer personnellement un cas de PSYchasthénie avec hypotension artérielle ; mais ce sont surtout les observations empruntées à notre maître le docteur’ O. Crouzon, qui nous ont permis de faire rentrer dans le cadre de l’hypotension artérielle certains cas de psychasthénie. L'hypotension artérielle est alors bien souvent le seul signe objectif de cette manifestation psychique. Pour M. Crouzon, la constatation de cette hypotension artérielle est très importante : car elle est, pour cet auteur, un signe objectif capable d'assurer la nature organique de cette psychasthénie et par conséquent d'affirmer la sincérité du malade.

De tels sujets viennent consulter pour de l’asthénie musculaire et psychique. De même que l'effort physique leur est pénible, comme nous l’avons vu plus haut, de même tout effort intellectuel leur est intolérable. Fixer l’attention leur est chose impossible. L'activité intellectuelle est réduite, remplacée par un automatisme décousu. L’insomaie, la céphalée sont de règle. Le malade est souvent un obsédé, un anxieux, un hypocondriaque. Très souvent ‘aussi il est d’une irritabilité extrême. L'émotivité est exagérée. La moindre contrariété déclanche immédiatement des phénomènes de dépression intense. L’anxiété est à son maximum, point de départ d’une agitation marquée où d’un abattement complet, Ces sujets sont également d’une instabilité psychique avec variabilité d'humeur ; les troubles digestifs ne leur sont point épargnés : état saburral des voies digestives, constipation, lenteur des digestions, pesanteur gastrique.

Il en est de même des troubles nerveux et cardio-vasculaires : pouls petit, rapide, palpitations, sensation de gêne

* RATE précordiale, visage pâle couvert de sueurs, refroidissement des extrémités et fréquemment des tendances lipothymiques, pouvant aller jusqu'à la syncope.

Tels sont les troubles dont l’ensemble a constitué l'état psychasthénique. On conçoit combien celle-ci peut prêter à confusion avec la simulation : d’où l'importance de la mensuration de la tension artérielle, et la haute valeur diagnostique de l’hypotension.

Observations

OBSERVATION XLIX (D. CrouzoN\) !

M. B.., G. V. C., est dans l'impossibilité de faire son service ; tout effort physique lui est impossible, il manque absolument d'énergie morale, Il déclare présenter, depuis longtemps, cette asthénie musculaire et même psychique, et il en éprouve une grande gène, non seulement dans les nécessités de la vie quotidienne, mais encore dans les efforts qu'il a à fournir en raison de la vie intellectuelle qu'il mène. Cet état est chez lui très ancien et a pour ainsi dire toujours existé.

Je l’examine pendant quelques jours et je constate chez lui une tension artérielle qui se maintient aux environs de 11 au sphygmomanomètre de Potain ; la température est toujours voisine de 36°.

Il s’agit donc là d’une psychasthénie ancienne, et l’état de la tension artérielle paraît également très ancien, il a été constaté antérieurement il y a déjà plusieurs mois.

OBSERVATION L (D. Crouzon)

M. P... a été soigné déjà depuis plusieurs années dans diverses maisons de santé pour des troubles de la volonté et pour une véritable impuissance physique et psychique, Il a fait de nombreuses cures dans

-des maisons de santé et a été obligé, dès le début de la mobilisation,

de recourir à un congé de convalescence, malgré son désir d’être incorporé. L'état de la tension artérielle varie entre 11 & et 12 à.

OBSERVATION Li , .

(D. Crouzon)

(Due à l'obligeance du D' Lafosse, médecin aide-major à l’hôpilal militaire de Versailles)

« Le capitaine C..., 36 ans, entre à la fin du mois de janvier pour des troubles digestifs très légers et surtout pour un affaiblissement progressif et très marqué. Il est atteint de céphalée et d’insomnie, il ne peut plus marcher sans être très fatigué, à peine a-t-il fait 500 mètres qu'il est forcé de s'arrêter et de se reposer.

A l'examen, en dehors d’un état saburral des voies digestives peu accentué, on ne trouve aucun signe objectif et on est surpris de la disproportion entre les troubles accusés par le malade et son apparence extérieure qui est celle d’un homme fort et résistant. Il a toujours été en bonne santé, il a fait la campagne facilement jusqu’à la fin de décembre ; mais à partir de ce moment, il a remarqué que, la nuit, il marchait plus difficilement, qu'il avait quelques vertiges, et progressivement, son état d’asthénie S’est prononcé. Tout d’abord, on a supposé que les troubles digestifs pouvaient expliquer cet état ; mais devant l'intégrité du tube digestif et le malade ne s’améliorant pas, -on en vint à soupçonner une exagération des symptômes.

C'est alors que l’on prit la tension artérielle à l’oscillomètre de Pa-

chon : maximum 10 ; minimum 6 ».

OBSERVATION LIT (D. CrouzoN)

«M. T.., G. V. C., âgé de 45 ans, se plaint depuis quelques jours de douleurs précordiales, et depuis longtemps présente une céphalalgie occipitale et cervicale s'étendant quelquefois en casque. Il présente également d’autres troubles nerveux : la photophobie, l’agoraphobie, la sensation de chute dans les escaliers ou dans son lit. Il a souvent des idées noires et on le ‘trouve fréquemment plongé dans un état de rèverie profonde. Il se plaint également de diverses manifestations qui

répondent au tableau de la neurasthénie.

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