‹ L'Hypotension Artérielle permanente d'allure idiopathiqueChapitre 38 sur 57 · FORMES GRAVES DE L'INSUFFISANCE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

FORMES GRAVES DE L'INSUFFISANCE CARDIAQUE

OB£ERVATION LXIX (D. A. Dümas)

« M. G. V..., 4o ans, entrée à l'hôpital au mois d'octobre 1919, pour de la dyspnée d'effort, sans lésion cardiaque décelable, ni lésion pulmonaire ; pas d’emphysème, pas de pleurésie dans les antécédents. Pas de symphyse pleurale, pas non plus d’albumine dans les urines à ce moment-là. Il se plaignait seulement d'oppression survenant dès qu'il voulait reprendre son métier, d'ailleurs pénible, de maréchal-ferrant qu'il avait exercé correctement jusque là. Je lé vis seulement au mois de janvier de l’année 1920, au moment où j'assurais une suppléance dans le service du Professeur Courmont, où il était entré 3 mois auparavant pour les troubles que nous venons de mentionner et qui n'avaient pu être expliqués.

Il s'agissait, quand nous le vimes pour la première fois, d’un malade, pâle, présentant de la dyspnée, même à l’état de repos, mais qui s’exagérait considérablement au moindre effort. Il ne présentait pas d'accès de dyspnée nocturne, aucun accident qui put faire penser à l’œdème pulmonaire. La pointe du cœur battait violemment dans le 5° espace, en dehors de la ligne mamelonnaire, le rythme était rapide, à 110, semé d’extrasystoles, peu fréquentes au début, mais qui s’accentuèrent ensuite et aboutirent à la transformation de l’arythmie extrasystolique en arythmie complète. L'œdème des jambes était modéré, le foie était gros et légèrement douloureux. L’albuminurie était intermittente.

La tension artérielle, au début de janvier, évoluait entre Mx 12 Mn 7 et Mx 10-5 Mn 6. Nous n'avions pas pris l'I. O., ne disposant pas, momentanément d'appareil de Pachon, mais nous avions fait écrire sur l'observation que les artères, malgré l’hypotension battaient violemment comme dans l'insuffisance aortique, aussi bien les carotides où ses battements étaient surtout visibles, que les radiales et même les pédieuses. Ne sachant comment interpréter ce phénomène, ni à quoi rapporter cette asystolie inexplicable, nous recherchions chaque fois attentivement, Sans le trouver jamais, un souffle diastolique d'insuffisance aortique. Les battements de la pointe du cœur prenaient bien, |certains jours, le caractère globuleux qu'on leur reconnaît dans cette af: fection, mais jamais nous ne pümes mettre en évidence une insuffisance aortique dont le souffle faisait toujours défaut.

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Ce malade n'étaë pas amélioré par les tonicardiaques ; la digitaline ne le soulageait que d’une façon tout à fait temporaire, Au contraire, la strychnine, à laquelle nous nous étions adressé, à titre seulement de médication tonique, avait une action heureuse non seulement sur l’état général, mais aussi sur l'oppression et, semblait-il, sur les accidents cardiaques. C’est là une particularité à laquelle nous n'avions pas attaché, tout d’abord, l'importance que nous lui avons reconnue depuis, en ce qui concerne l'interprétation à donner à ces accidents d’asystolie si étrangement inexplicables. Progressivement, en effet, ce malade évolua vers une asystolie qui continuait à résister à tous les ioni-cardiaques. Les œdèmes ne furent jamais considérables, mais l'oppression, les palpitations, le gros foie ne présentèrent jamais de rémission., Nous avions admis, comme on a l'habitude de le faire en pareil cas, -qu'il pouvait s'agir de symphyse du péricarde, sans qu’aucun signe pût nous permettre d'affirmer ce diagnostic.

La radioscopie, notamment, ne montrait simplement qu’un gros cœur dilaté. L'’albuminurie augmenta les derniers temps, sans que l’azotémie ait jamais dépassé 0,60 d’urée dans le sang.

Le malade succomba au mois de mars 1920. L’autopsie montra un cœur hypertrophié de 4oo grammes. Pas de lésions orificielles, le myocarde paraissait sain. Aucune lésion rénale. Les poumons étaient congestionnés. Le foie avait l'apparence du foie muscade cardiaque. L'examen histologique ne révéla aucune lésion parenchymateuse du myocarde, mais seulement quelques lésions interstitielles banales qui ne pouvaient absolument pas être tenues pour responsables des accidents présentés. Les reins, à l’examen histologique, présentaient tous

les caractères des reins cardiaques ».

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