II
Ce sont des sujets caractérisés par l'habitude asthénique. Ils ont un thorax étroit, une musculature peu développée. Ils sont minces, élancés, leurs membres sont grêles. Ce sont des longilignes. Ils ont le teint pâle ; leurs traits sont tirés, leurs extrémités froides. Un certain degré de nonchalance, de dépression physique et psychique se dégageñt de leur allure, leur manière d’être, Leur cœur est médian, petit, allongé, en goutte. Leur aorte est étroite et flexueuse.
À côté de ce type, il en est un autre qui a été individualisé par Bartel, sous le nom: de status lymphaticus et d'état thymicolymphatique, par Paltauf. Ce sont des sujets dont la peau est pâle, ils ont un développement exagéré du panicule adipeux, ils sont souvent un peu obèses, mais cette obésité dissimule mal leur habitus asthénique (Joachim). En outre, ils ont les amygdales, les follicules lymphoïdes du naso-pharynx et même du thymus, hyperplasiés. Chez eux, on peut parfois constater des ganglions un peu gros, surtout au cou, aux aines. Il existe une aplasie cardioaortique. Leur tension artérielle est basse.
Un autre type également nous a frappé chez nos hypotendus permanents, C'est le tempérament vagotonique, individualisé par Eppinger et Hess et que nous décrirons très rapidement. ,
Les vagoloniques ont un facies pâle, leurs extrémités, surtout les mains, sont légèrement violacées, mortes et froides. Ils ont des transpirations faciles. Il existe, chez eux, de l’arythmie extra-systolique, de la bradycardie ; l'aérophagie, la constipal'on sont fréquentes chez de tels sujets, dont la tension est souvent basse.
D'ailleurs, pour les auteurs viennois, la vagolonie et les états thÿmo-lymphatiques sont liés étroitement, la vagotonie en étant le « composant clinique ».
Venant encore à l'appui de cette hypotension constitutionnelle, c'est le rôle possible de l'hérédité. Nous avons quelques observations dans lesquelles les enfants d’une mê-
me famille présentent de l'hypotension permanente. M. J. Garvin, enfin, rapporte six cas d'hypotendus permanents dans une même famille : trois sœurs et deux frèr es, le sixième est le fils d'un d'entre eux. Ce rôle de l'hérédité est naturellement hypothétique, nos observations ne sont pas assez nombreuses ; nous soulevons simplement cette hypothèse comme elle a été soulevée pour l'hypertension.
Enfin, nous signalons simplement qu'à côté de ces allures si particulières que peuvent revêtir certains hypotendus, il est de ces sujets dont l'aspect extérieur est rextrêmement varié. L'obésité même a pu être rencontrée chez eux. C'est ainsi que M. Garvin a rapporté quelques cas d'hypotendus chez lesquels il a observé des poids respectifs de 120 kilos (T. À. 10/7), 110 kilos (T. À. 9/7), sujets ayant dépassé la cinquantaine. Il en est de même d’une observation du D' Lian, femme de 45 ans, poids 87 kilos (T. A. 11/7).
Il nous reste encore à dire quelques mots de l'influence du sexe, de l’âge, de la race, du climat sur l’hypotension artérielle permanente.
En ce qui concerne le sexe, il semble que le syndrome que nous avons décrit se rencontre peut-être un peu plus fréquemment chez la femme que chez l’homme. Maïs cependant, 1l n’y a aucune différence assez marquée pour que nous y insistions davantage.
En ce qui concerne l’âge, nos observations se recrutent principalement chez les sujets adolescents, où chez l’adulte jeune, de 20 à 4o ans. Bishop a cependant observé chez des enfants de l’hypotension artérielle, qu'il intitule constitutionnelle. Nous n'avons pas, sur ce point, assez d’expérience pour tirer des conclusions. Nous ajouterons cependant que, dans nos observations, nous avons pu rencontrer des sujets ayant atteint la cinquantaine et la dépassant parfois.
Enfin, en ce qui concerne la race, nous nous en remettons aux auteurs américains, qui, à ce sujet, ont publié
(se
d'assez nombreuses statistiques, que nous résumerons d’ailleurs très succinctement.
Pour Cadbury, qui a examiné un très grand nombre de sujets, les Cantonais et les Chinois du Sud, les habitants de Bengale et des Philippines ont une tension artérielle maxima de 20 à 30 mm. de mercure moindre que les Européens et les Américains.
Il en est de même de Roddis et Cooper, qui ont fait sur des officiers de marine une série d'observations tendant à prouver que c’est le climat qui exerce une influence sur la pression artérielle et qu'en particulier, sous les tropiques, la pression normale est nettement inférieure à ce qu êMe est dans les climats tempérés.
Ils ont également constaté que leurs compatriotes qui allaient aux colonies voyaient baisser leur tension maxima et minima de 10 et 15 mm. de mercure, tandis qu'elles remontaient dans les contrées tempérées.
Cet abaissement de la T. À. (qui représente une diminution de tonus vaso-moteur, et une diminution génitale de l’activité organique) cadre bien avec cette diminution de l’activité physique et intellectuelle si manifeste chez la plupart des indigènes, l'hypotension permanente venant également se révéler chez eux par son maître symptôme, le symptôme de fond : la fatigabilité.