L'acrocyanose
1) L'abaissement permanent de la T. A.
On ne peut considérer comme hypotendu que tout sujet dont la pression est inférieure à 12 par la méthode auscultatoire et palpatoire.
2) La fatigabilité :
: C'est le symptôme de fond, c’est la manière d'être des hypotendus. C'est une fatigabilité d’effort ou une fatigabilité spontanée. Elle peut revêtir tous les degrés, depuis la simple obligation d'entrecouper de courtes périodes de repos un travail quelconque, jusqu’à l'obligation absolue de demeurer allongé et étendu, toute une journée. Cette: fatigabilité est à rapprocher de l’asthénie surrénalienne, mais elle en diffère cependant, car, contrairement à celle-ci, elle ne s'accompagne pas d’épuisement musculaire rapide au dynamomèire. Cette fatigabilité s'accompagne en outre fréquemment de besoins de sommeil impérieux.
3) Les lipothymies et les syncopes
Ce sont des symptômes accessoires qui émaillent de temps à autre la vie des hypotendus. Elles sont presque de règle chez tous les hypotendus permanents. Elles surviennent à l’occasion d’un fait banal (émotion, anesthésie locale, etc...)." Elles peuvent revêtir tous les degrés, depuis le simple m laise que le malade pressent et qui le force à s’accrocher à un objet quelconque, jusqu’à la syncope brutale.
Ces accidents, de par leur répétition, effrayent le malade et son entourage et l’amènent à consulter.
A) L'acrocyanose
Elle est fréquente, mais elle est souvent fruste, les extrémités sont froides, et parfois violacées, offrant souvent un terrain propice aux engelures.
D’autres symptômes peuvent également être rencontrés. Ce sont des symptômes accessoires, nous ne ferons que les
ge tire
signaler : céphalée, dyspnée, troubles digestifs, dépression psychique (psychasthénie). ù
Le syndrome d'H. A. P: peut se présenter cliniquement sous des aspects très variés : tout d'abord, la forme typique, celle que nous avons décrite, puis des formes monosymptomatiques (asthéniques, syncopales), des formes latentes dans lesquelles, seule, la tension artérielle demeure abaissée et que certains auteurs considèrent à tort comme un état banal, physiologique. “
Tout particulièrement, nous insisterons sur les formes évolutives, aîguës ou paroxystiques, survenant les premières chez des hypotendus avérés. Les secondes chez les sujets aux confins de l’hypotension. Elles sont particulièrement impressionnantes, car, à l’acmé de la chute de la T. À.,Ss produit une telle lassitude que le malade est obligé de rester étendu, pendant plusieurs heures, tandis que se déclan- * chent des syncopes répétées : 2, 3, 4 ou 5 en quelques heures.
Ces formes ont un intérêt considérable, car elles nous ont permis de saisir sur le vif les accidents de ce grand syndrome, en nous faisant constater et suivre les troubles morbides, dont la recrudescence ou la diminution surviennent souvent parallèlement à la diminution ou à l'augmentation de la T. A. :
Quelle est l’évolution de ce syndrome ? Il est variable et difficile à préciser à l'heure actcelle, car la tension artérielle est loin d’être prise encore systématiquement aujourd’hui. En outre, ce syndrome est trop récemment individualisé pour qu’on puisse dès aujourd'hui en fixer neitement l’évolution. . è
Gelle-ci nous semble cependant revêtir un pronostic fa-
L CE » < , d : } r ès Lu € ;
vorable et l'avenir des hypotendus peut être envisagé sans trop d'appréhension. En effet, cette évolution peut se faire vers l'insuffisance cardiaque, mais elle est alors le plus souvent légère (dyspnée d'effort, palpitations). Exceptionnellement, elle pourra être grave : l’hypotension artérielle déterminant une fuite vasculaire incessante qui fait que Île cœur se surmène pour tenter de la compenser ; d'où dilatation hypertrophique du ventricule gauche entraînant une insuffisance cardiaque progressive et irréductible.
Enfin, on peut redouter, assez rarement, d’ailleurs, chez de tels sujets, la mort RE au cours d’ incidents banaux, comme l’anesthésie, la rachianesthésie, elc.
Du diagnostic nous ne dirons que peu de chose ; il faut éliminer toutes les causes d'erreur en prenant systématiquement la pression artérielle. On n'oubliera pas, comme nous l’avons rapporté, qu'une oblitération artérielle peut déterminer un abaissement de la tension artérielle. Aussi, sera-t-on conduit, dans les cas douteux, à mesurer celle-ci aux deux bras, parfois aux membres inférieurs. L'hypotension reconnue, on ne taxera pas de tuberculose, un sujet qui est hypotendu, parce qu'il est simplément hypotendu. On saura qu'il existe un syndrome cardio-vasculaire, dont les symptômes morbides, ‘gravitent autour d'une T. A. basse.
VER UnX
Le pronostic de ce syndrome, néanmoins, demeure assez favorable dans l’ensemble. 11 faut, cependant, avant de pouvoir le préciser, de manière définitive, attendre des observalions nombreuses et longtemps suivies, pour pouvoir fixer irrémédiablement l'avenir des hypotendus.
Il est probable, cependant, qu'un sujet hypotendu, a la
plus grande chancé d'échapper à l'hypertension artérielle, cause importante de mort ‘entre 5o et 60 ans.
Quelle est l’étiologie d’un tel syndrome?
On se rend compte naturellement qu'elle est obscure puisque nous l'avons intitulé « d'allure idiopathique », cest qu'en effet, ayant cherché chez de tels sujets l’origine de cette hypotension, nous ne l'avons pas décelée. Les glandes surrénales ont tout d’abord attiré notre attention. Les formes pures de l'insuffisance surrénale de Sergent se rapprochent des nôtres. Mais, en général, nous n'avons trouvé ni ligne blanche, ni asthénie, ni amélioration par le traitement opothérapique. Les examens des autres glandes sont demeurés souvent négatifs. Les renseignements fournis par l'examen du système neuro-végétatif, par contre, sont des plus intéressants. En effet, nos recherches ont pu, chez quelques-uns de nos malades, déceler des signes cliniques, bislogiques, chimiques d’hypervagotonie, D'ailleurs il est tentant de faire ressortir schématiquement l'opposition entre Thypersympathiconie à tendance tachycardisante et lhypertensive (goitre exophtalmique) et l'hypervagotonie, à tendance bradycardisante et hypotensive.
Toutefois, dans bien des observations, le dérèglement nerveux est total; il devient impossible de faire une discrimination entre les troubles qui relèvent du pneumogastrique ou du sympathique.
Enfin, des recherches récentes ont montré toute l’importance du rôle de Fadrénaline. L'adrénalinémie physiologique n’est plus un vain mot. Exerçant à la fois une action cardio et angiotonique (Tournade) il est tout à fait naturel qu'on puisse dans le syndrome qui nous intéresse, incriminer une hypoadrénalinémie; or, cette adrénalineest soumise aux ordres du sympathique. Un inhibition de sa part ©t l'adrénaline diminue.
Quoi qu'il en soit, la pathogénie de ce syndrome demeure complexe, elle est le fait d’une intricalion neuro-endocrinienne et il est le plus souvent impossible de faire la discrimination entre les deux facteurs nerveux et glandulaire.
L'hypotension artérielle peut dans une certaine mesure expliquer les différents troubles qui l’accompagnent : on conçoit bien qu'une hypotension artérielle favorise la production de syncopes, d’acrocyanose et aussi, quoique plus difficilement, de fatigabilité.
Cependant il est peut-être plus exact de considérer ces quatre éléments du syndrome comme étant surtout sous la dépendance directe de la perturbation neuro-endocrinienne qui est à l’origine du syndrome. Néanmoins, l'hypotension mérite de rester le pivot du syndnome parce qu'elle est l'élément le plus facile à mesurer. En effet, c'est le degré de l’'hypotension qui mesure l'intensité du syndrome. Les autres éléments varient en général parallèlement à l’importance de l’hypotension.
Témoin facile à dépister, elle doit donc grouper auteur d'elle les autres symptômes en un syndrome qui portera, un un nom.
La strychnine demeure le médicament électif, mais il doit être ordonné à doses progressives et élevées. Viennent : ensuite, l’arsenic et le phosphore. Quant aux autres médicaments, tels que l'extrait de surrénale, l’adrénaline, leur action est beaucoup plus inconstante. En cas d’ hypervago-
tonie manifeste la belladone demeure le traitement de choix.
CO. peus
À côté de l'hypertension artérielle dite essentielle, le syndrome d'hypotension artérielle permanente d’allure idiopathique doit trouver droit de cité en pathologie : d’étiologie obscure, ce syndrome revêt une pathogénie neuro-endocrinienne, une symptomatologie caractérisée par de la fatigabilité, des lipothymies pouvant aller jusqu'à la syncope, de lacrocyanose, de l’abaissement permanent de la tension artérielle et une thérapeutique élective : la strychnine.
Vu, le Président, Vu, le Doyen V1 DAL ‘ ROGER.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris :
ù | CHARLÉTY.
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