TOT.^L
iSu'"veillants
k"urveillanti'.s
Sous-surveillants
Sous-surveillantes
Suppléants
Suppléantes
Premiers infirmiers
Premières infirmières
Panseurs
Panseuses
Garçons d'amphithéâtre
Infirmiers et parc, de service.
Infirmer et filles de service..
Personnel professionnel permanent et ouvrières du Magasin central
Totaux
Si, à ce total, 1.930, on ajoute les nouveaux et les nouvelles diplômés appartenant aux hôpitaux, soit 191, on voit que, après la distribution des diplômes qui va avoir lieu à la fin de cette cérémonie, le nombre des ao-ents diplômes du personnel secondaire s'élèvera à •2.P21, sur le total général des 4.080 diplômés.
Pour compléter les renseignements concernant le personnel secondaire nous avons demandé à l'Administration, comme les années i)récédenles, la liste de tous les agents possesseurs de diplônn^s et de certificats donnant une idée de leur instruction primaire. Voici ce tableau (v. p. 171) :
(1) Dans ce nombre, ne sont pus compris les (lii)lûmés de la promotion de 1000.
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Ecoles d'Infirmières.
De ce tableau, il ressort que 84H sous-employés, et infirmiers des deux sexes possèdent un dii)lôme indiquant fju'ils ont une instruction générale satisfaisante. Cette année, les élèves diplômés, libres ou appartenant aux hôpitaux, qui sont dans le même cas, sont au nombre de 217, soit l.OGl, sur 5.375 sous-employés, infirmiers et infirmières.
Nous estimons qu'il y a une réelle utilité à produire chaque année cette double statistique. Elle montre, en effet, les résultats obtenus, tant sous le rapport de V enseignement professionnel que de V enseignement primaire, grâce à la création des écoles professionnelles d'infirmiers et d'infirmières et elle fournit des arguments irréfutables pour répondre aux adversaires de la réforme de la laïcisation des établissements hospitaliers qui, quoiqu'on en dise, n'ont pas désarmé et ne désarmeront jamais.
Nous avons toujours profité de la cérémonie des distributions des prix pour signaler les améliorations que notre pratique nous fait reconnaître utiles dans votre situation matérielle, intellectuelle et morale, et pour indiquer celles de ces améliorations accomplies dans le courant de l'année, nous allons rappeler brièvement les principales :
1° Création de bourses 7iationales et départementales pour faciliter à la laïcisation des établissements nationaux ou des asiles et des hôpitaux de province. Le ministère de Tintérieur pourrait seconder les municipalités à l'aide d'un prélèvement sur le pari mutuel.
2° Distribution des récompenses accordées par l'Administration et le ministère de l'intérieur à la solennité annuelle de la Salpêtrière et inscription dans le Palmarès, le Livre d'or de TInfirmat, des noms de tous les infirmiers et infirmières récompensés et de tous ceux et celles qui ont obtenu le certificat d'études. Sur ces deux points, nous avons eu pleine satisfaction en 1898 et en 1899 et
nous sommes heureux d'en remercier M. le Directeur de l'Assistance publique, notre vieil ami le D"" Napias.
3° Il est à souhaiter, ainsi que cela se fait pour les infirmiers des asiles, c[ue les années de service militaire soient comptées, pour la pension de repos, aux infirmiers des hôpitaux.
4° Nous demandons encore qu'on réunisse dans le même établissement l'inlirmier et l'infirmière mariés et qu'on leur donne une chambre ; que, quand ce dernier avantage n'est pas possible, on leur accorde leur sortie le même jour et non à des jours différents comme nous l'avons vu faire ; — que les infirmiers et infirmières en contact avec les malades soient partout pourvus de blouses ; — que, en été, les infirmiers soient munis de l)louse au lieu de la veste de drap lourde et malsaine qui leur est imposée.
5° Les cours étant ouverts à tout le monde, il convient que les employés du bureau de la direction des établissements-écoles délivrent, sans difTiculté, des cartes d'admission à tous les moments de l'année scolaire. Les élèves retardataires peuvent ainsi se faire une opinion sur l'enseignement, sur la profession d'infirmière, voir si elles se sentent en mesure de devenir de bonnes hospitalières, si elles doivent persister dans leurs intentions et suivre les cours l'année suivante.
6° Le dmngement de service ou le roulement devrait s'opérer au cours de l'année dans les quatre hôpitaux-écoles ; en d'autres termes, les élèves infirmiers et infirmières devraient passer à tour de rôle dans tous les services : médecine, chirurgie, accouchements, lingerie, cuisine, etc. Ce n'est qu'à cette condition que l'enseignement pratique sera réellement complet et que nous aurons de véritables hospitalières. Cette réforme, que nous n'avons jamais cessé de réclamer, sera réalisée, le jour où l'Administra^ tion centrale le voudra.
1° Nous persistons aussi à réclamer la réorganisation du service de veille : tant qu'on imposera l'obligation aux
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débutants d'être veilleurs ou veilleuses, on nuira aux malades et au bon recrutement du i)ersonnel secondaire.
8* Le régime alimentaire des infirmiers et infirmières mérite d'être examiné avec soin par l'Administration. Si, dans quelques établissements, il a été amélioré, dans d'autres, nous assure-t-on, il est resté défectueux. Cette réforme aurait pour première conséquence de diminuer le nombre des malades dans le personnel.
9° Nous persistons dans nos réclamations au sujet de Yhabltation des infirmiers et infirmières. Elle est insalubre dans le plus grand nombre des établissements. Si quelques améliorations ont été réalisées, il reste encore énormément à faire. En attendant, ne serait-il pas utile d'étendre à beaucoup plus de sous-employés et dinfirmiers mariés ce qui a été fait dans quelques hôpitaux, par exemple à la Charité, à Lariboisière, à Bicètre, dans les asiles d'aliénés, c'est-à-dire le logement au dehors ?
C'est en réalisant ces réformes, en supprimant l'habitation en commun, c'est-à-dire les dortoirs, en donnant des chaiiihi'os distinctes, hygiéniquement aménagées, que l'on assurera un meilleur recrutement du personnel secondaire. Que de femmes sérieuses, dignes, instruites, consentiraient à se mettre au service des malades si elles étaient assurées d'avoir un peu de considération et des conditions matérielles convenables, salubres !
Voilà ce que nous avions à vous dire sur Veiiseignement professionnel à Paris et dans le Département de la Seine. Nous avons le regret de déclarer que, malgré le vote du Conseil supérieur de l'Assistance publique sur la création et le programme des Ecoles professionnelles en province, il ne s'en est pas organisé une seule. Ce n'est pas la bonne volonté qui man(|ue pourtant, mais ce sont des renseignements précis, et des subventions.
Nous n'avons à citer qu'une création : l'École professionnelle française des infirmières à domicile, située rue Garanoière, 8. Le mérite de l'idée appartient à ^I"*
Allegret, directi'ice du lycée de jeunes filles à Versailles et celui de l'exécution à M"*' Alphen Salvador. Les journaux politiques, à l'époque de l'ouverture de l'école, ont donné des renseignements sur le but et l'organisation de cette école. Nous allons indiquer les principaux.
Les candidates devront être françaises, âgées de 18 ans au moins, de 25 au plus, être munies d'un certificat médical constatant leur aptitude physique pour les fonctions d'infirmières, du diplôme de fin d'études secondaires ou de l'un des brevets de l'enseignement primaire (ou se soumettre à un examen d'entrée). Les élèves font, en qualité d'internes, un stage de deux ans. Elles paient une pension mensuelle de 80 fr. Elles contractent, au bout de la première année, un engagement de 6 ans au service de l'école. L'enseignement est pratique et théorique. Le matin, les élèves suivront, dans certains hôpitaux désignés, la visite du médecin ou du chirurgien, s'exerceront à soigner et à panser les malades. L'après-midi, il leur sera fait des cours théoriques (120 leçons), dont voici l'objet : anatomie et physiologie ; — médecine générale ; — médecine infantile ; — chirurgie ; — soins aux nouveau-nés et aux femmes en couches ; — soins aux aliénés ; — hygiène générale et professionnelle ; — éléments de pharmacie ; — devoirs professionnels. — Le programme, comme on le voit, est, dans son ensemble celui des Ecoles municipales, avec cette différence que nous avons toujours évité l'enseignement des notions de médecine, voulant que nos élèves restent des auxiliaires des médecins et ne se croient jamais des quarts de médecins. — Au bout de la deuxième année, les élèves subiront un examen à la suite duquel elles seront admises au titre d'infirmières.
Un mot maintenant sur la question connexe à la précédente, qui, elle, est la plus importante, c'est-à-dire la Laïcisation des établissements hospitaliers.
A Paris, des cinq Maisons de secours qui restaient aux mains des relis^ieuses en 1899, aucune n'a été laïcisée. Des hôpitaux et hospices de l'Assistance publique, les Fondations écartées, deux seulement sont encore confiés à des religieuses, l'Hôtel-Dieu et Saint-Louis. La Répulîlique, bridée par un décret impérial tic 1810, n'a pas encore eu l'énergie de réaliser le vœu, renouvelé presque chaque année, depuis 1877, parle Conseil municipal, réclamant la sécularisation de ces deux établissements. — L'Administration doit confier à un personnel laïque les deux nouveaux hôpitaux d'enfants et le sanatorium d'Angicourt, exclusivement affecté au traitement de la tuberculose.
Tous les établissements relevant de la direction des affaires municipales, confiée à ^I. ^Iéxaxt, sont laïques. Il en est de même de ceux qui rentrent dans les attributions de j\L Le Roux, directeur des affaires départementales. Le V^ asile de la Seine, construit en partie sur le programme que nous avons tracé au nom d'une commission spéciale et qui vient d'être ouvert, a été donné à un personnel laïque. Ajoutons que, de même que l'asile de Mllejuifet l'hôpital Bichat, il n'y a pas été construit dé chapelle. Puisque l'occasion nous en est fournie, profitons de la présence de M. H. Monod pour exprimer de nouveau le vœu que le ministère de l'intérieur publie chaque année une Statistique des établissements hospitaliers laïques et rel'Kjienx, comme le fait le ministère de l'instruction publique pour les écoles primaires.
En province, des efforts sérieux paraissent être faits en faveur de la laïcisation. Le Conseil municipal de Marseille et celui de Limoges ont voté la laïcisation de leurs hospices et n'attendent plus que l'approlKition du Gouvernement. Des propositions pour la même réforme ont été faites aux Conseils municipaux d'Alais, de Cette, de Lorient et de Poitiers.
De ce côté, M. le Président et vous, M. le Directeur, vous pouvez faire beaucoup, en aidant à la création des Ecoles, en fournissant, pour les organiser, ou pour laïciser quelques surveillantes laïques instruites et dévouées.
Dans les départements, les conseils municipaux, les commissions administratives hésitent, ont peur de ne pas trouver de personnel pour faire la laïcisation de leurs maisons, d'avoir un personnel trop coûteux. Bien des fois nous avons montré, par des exemples précis, que leurs craintes n'étaient pas fondées.
Le Maire de St-Pons, M. Arcangel, dans Tllérault, qui a laïcisé son hôpital, il y a un an, nous a envoyé à propos du coût des Laïques, des renseignements qui sont de nature à encourager les municipalités et les Commissions administrai ives :
« Nous donnons, dit-il, 800 francs de traitement à la surveillante générale et 500 francs à la seconde. Ce qui fait un total de 1.300 francs. Les sœurs ne nous coûtaient que 900 francs. C'est donc une dépense de 400 francs. Mais si je vous faisais le compte des économies, véritablement formidables, qui ont été réalisées dans le second semestre de 1899. vous seriez absolument surpris. La fourniture du pain, à elle seule, nous donne une économie de 700 francs. Et toutes les dépenses sont à l'avenant. Il y avait là, du temps des sœurs, un ga^^pillage inouï, à tel point que depuis fort longtemps nos budgets se soldaient par des déficits, et que cette année, rien qu'avec les six mois du nouveau régime et malgré des réparations importantes, notre budget de 1899 se solde, au 31 mars 1900, par un excédent derecettes déplus de 2.000 francs. Je suis heureux de vous faire connaître cette situation.
« Lorsque les infirmières laïques sont arrivées, il y a eu contre elles dans le monde clérical, et surtout dans l'entourage des sœurs qui se sont logées en face de l'hospice, une hostilité sourde. On aurait bien voulu trouver prétexte à la médisance. Ces dames ont été de tout point si correctes, les soins donnés aux malades ont été tellement appréciés, la transformation de notre hôpital a été si évidente, que force a été à leurs adversaires de garder le silence, et qu'à l'heure actuelle elles jouissent ici de l'estime et de la considération de tous,
« Un détail vous marquera la transformation qui s'est opérée. Dans nos petits pays de )nontagne, encore un peu arriérés, aller à l'hôpital est un peu considéré comme une honte, un signe d'indigence et d'extrême misère. Il n'y avait que les malheureux qui se décidaient, à regret, à y entrer.
Dernièrement un vieux docteur^ très honorable^ de la ville, tomba malade ; il avait été à même d'apprécier les soins donnés par nos infirmières, il exigea d'être soigné par elles à l'hôpital. Un fait de ce genre ne s^'était jamais produit ici. « Nous sommes encore une fois très heureux de ces résultats et très fiers de vous en faire part. Je vous serais très reconnaissant de vouloir bien communiquer ma lettre à M. le D"" Napias, qui nous a, lui aussi, encouragés et secondés, et auquel nous sommes profondément reconnaissants des résultats acquis. >■
M. Arcangel écrit que le traitement des deux surveillantes laïques est de 1.300 fr., tandis que celui des sept religieuses n'était que de 900 fr. D'où, ajoute-t-il, une dépense supplémentaire de 400 fr. Or, cet excédent est apparent et non réel. En effet, la nourriture et l'entretien de sept religieuses, au lieu de deux surveillantes laïques, entraînait une dépense qui dépassait certainement les 400 francs du surplus de traitement en argent des Laïques.
Dans une seconde lettre, l'honorable maire de Saint- Pons complète en ces termes les renseignements qui précèdent.
« J'aurais voulu ajouter à ma lettre un détail relatif à la tenue de la comptabilité en matières et de la comptabilité en deniers de la maison. Avec les sœurs, il nous avait toujours été impossible de nous reconnaître dans leurs comptes. Aujourd'hui, auec les laïques, tout est net et à jour. Les dépenses sont vérifiées et contrôlées jusqu'à un centime. Ce n'est pas là, croyez-le bien, le moindre des avantages de notre réforme. »
On ne saurait avoir une démonstration plus nette et plus péremptoire des avantages de la laïcisation. Les mêmes résultats ont été obtenus à Beaucaire, àMontreuil- Bellay, et dans un certain nombre de localités que nous avons citées. Ils sont de nature à décider enfin le Gouvernement de défense répulilicaine à donner satisfaction aux Conseils municipaux de Marseille et de Limoges qui ont, depuis plusieurs années, voté la laïcisation de leurs établissements hospitaliers. Ils encourageront certainement les Conseils municipaux d'Alais, de Lorient, de Cette et de
Poitiers dans leurs intentions deprocéder à cette réforme. Partout, pour en assurer le succès, il est nécessaire de créer un enseignement professionnel, qui, seul, peut assurer la suprématie des laïques sur les religieuses.
C'est à vous, infirmiers et infirmières, à aider à la laïcisation des hôpitaux de province en vous mettant à la disposition des municipalités républicaines. L'Administration supérieure de l'Assistance publique doit vous y encourager, en invitant les municipalités et les commissions administratives à relever les traitements du personnel secondaire, dans leurs hôpitaux, et à faire créer pour lui des pensions de repos comme celles qui existent à Paris et dans le Département de la Seine.
Vous savez tous. Mesdames et Messieurs, ce qui a été fait pour l'amélioration de votre situation au point de vue matériel, entre autres le relèvement des salaires, — au point de vue de votre enseig-nement, la création des écoles d'infirmières, — et enfin au point de vue de votre condition morale, la considération plus grande dont on vous entoure. Ces bienfaits, vous les devez à la République. Montrez-vous toujours et en toutes circonstances ses zélés défenseurs. Il y va de votre intérêt et de l'intérêt de la Patrie.