‹ L'hysterie de Sainte Therese. --Chapitre 12 sur 29 · CONSEIL MUNICIPAL · texte numérisé non relu

CONSEIL MUNICIPAL

Séance du 7 7iovembre.

Les Ecoles d'Infirmières

M. LE Président. — Voici le décret d'annulation de l'une de vos délibérations :

« Le Président de la République française^ sur le rapport du Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et dos Cultes;

« Vu la délibération, en date du 29 juin dernier, par laquelle le Conseil municipal de Paris a décidé qu'une commission de qatre membres, nommée par lui, sera chargée de choisir chaque année les volumes destinés à être donnés en prix aux élèves des écoles municipales d'infirmières: — vu la loi du 40 janvier 1849, les lois des 18 juillet 1837, 24 juillet 1867 et 14 avril 1871;

« Considérant que la délibération susvisée aurait pour effet de substituer à l'autorité du représentant légal de l'administration de l'Assistance publique, personne morale distincte du Conseil municipal, l'autorité d,une commission nommée par cette assemblée; qu'ainsi, en méconnaissant les pouvoirs légaux d'une autorité qui relève exclusivement, aux termes de la loi du 11 janvier 1849, du Préfet de la Seine et du Ministre de l'Intérieur, le Conseil municipal a délibéré sur un objet étranger à ses attributions, telles qu'elles sont déterminées par les lois du 18 juillet 1837 et du 24 juillet 18137 et que, par suite^ sa délibération tombe sous le coup de l'article 14 de la loi du 14 juillet 1871, décrète :

« Article premier. — Est déclarée illégale et nulle la délibération susvisée prise parle Conseil municipal de Paris dans sa séance du 29 juin 1900.

« Art. 2. — Le président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes, est chargé de l'exécution du présent décret.

« Fait à Paris, le 27 juillet 1900. Signé : Emile Loubet.

« Par le Président de la République : Le Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes. Signé : Waldeck- Rousseau. »

M. Edmond Lepelletier. — ^lessieurs, vous venez d'entendre un second décret portant annulation d'une seconde de vos délibérations; celle-ci appartenant à un ordre d'idées purement municipal. Vous venez de protester contre la prétention du Gouvernement de vous empêcher de recevoir dignement le commandant Marchand. Je vous demanderai de protester

d'une façon moins platonique contre cette négation d'une de vos prérogatives les plus importantes, et j'ajoute les plus anciennes, car elle remonte au temps du Parloir aux bourgeois et les rois de France les plus absolus n'avaient jamais songé à la contester.

^I. Brard.— Les rois de France, je m'en moque !

M. Edmond Lepelletier. — Leur arbitraire est cependant ce que personnifie le mieux notre gouvernement actuel. (Applaudissements. ) Les anciens pouvoirs qui se sont succédé en France avaient reconnu à la municipalité, aux échevins, le droit de s'ingérer dans le contrôle de l'emploi de fonds votés par eux.

Aujourd'liui on vient de dire qu'en fournissant les fonds nécessaires pour faire fonctionner les écoles d'infirmiers et d'infirmières créées par vos prédécesseurs, vous n'avez pas le droit de savoir ce qui se passe dans ces écoles, de contrôler le Directeur de l'Assistance publique, de vous opposer à la distribution de livres de polémique dont je ne recommencerai pas la nomenclature. La Ville est bonne pour payer, et ses représentants ne sont pas bons pour contrôler.

Nous retrouvons ici la prétention de l'Administration do tailler, de rogner à sa guise. Eh bien! j'estime que nous ne devons pas nous borner à protester par de vaines paroles, et, au cours du vote du budget, /aiuMi l'honneur de demander que soit supprimée l'allocation destinée au fonctionnement dec écoles d'infirmiers et d'infirmières, sauf à la rétablir parla suite sous une autre forme. (Très bien!). — L'incident est clos. ( Bulletin municipal officiel, 8 novembre 1900.)

C'est la suite de la discussion qui a eu lieu le 29 juin au Conseil municipal.

Alors que partout, à l'étranger, on a organisé l'enseignement professionnel du personnel secondaire des hôpitaux, qu'on se préoccupe de le créer dans un certain nombre de villes en France, conformément aux instructions ministérielles, le Conseil municipal de Paris va essaye?' de supprimer les Ecoles d'infirmières que nous avons fondées il y a vingt-trois ans, afin de ne pas laisser plus longtemps notre pays en arrière des autres. Et ces gens-là se disent des jîafriofes! Les professeurs, et nous, n'en demeurons pas moins à la disposition de l'Administration pour continuer quand même les cours.

Les Écoles d'infirmiers et dinfirmières au Conseil municipal.

Après les dernières élections municipales de Paris qui ont envoyé à l'Hôtel de Ville une majorité de réactionnaires dont le cléricalisme, à l'instar d'un ciment, a formé un bloc compact, nous ne nous sommes pas fait illusion sur ce que l'avenir préparait aux réformes républicaines péniblement réalisées par les Conseils municipaux antérieurs. Ce pronostic fâcheux, que certains illusionnés trouvaient exagéré, a eu une première justification dans l'interpellation de M. Ed. Lepelletier, que nous avons reproduite dans le n" du 4 juillet du Progrès médical. Ce conseiller, triste épave du parti républicain, demandait à l'Administration de l'Assistancepublique de nous interdire de prendre la parole aux distributions de prix des Ecoles d'infirmières, de participer au choix des livres donnés dans ces cérémonies. El il concluait par une proposition consistant à faire nommer par le Conseil municipal une commission qui, chaque année.» examinera et choisira les volumes destinés à être donnés en prix..,. »

Sur le premier point — interdiction de parler aux distributions de prix — M. le directeur de l'Assistance publique a fait cette réponse judicieuse : « II est absolument naturel que M. Bourneville rende compte des travaux de l'Ecole puisqu'il en est le directeur; il vient tout simplement dire ce que les élèves ont fait dans le cours de l'année. »

Malheureusement, l'Administration n'a pas conformé ses actes à cette sage déclaration. Se conformant, non à sa déclaration mais aux injonctions de M. Ed. Lepelletier, elle nous a, en effet, quelques jours plus tard, enlevé la parole

— ou aux professeurs que nous avions priés de nous remplacer, — aux distributions de prix des écoles de Bicêtre, de la Pitié et de Lariboisière qui ont eu lieu à huis clos comme s'il s'agissait de cérémonies dont on était honteux (1) I

La délibération du Conseil relative à la nomination d'une commission spéciale pour le choix des livres a été annulée par un décret du Président de la République, en date du 27 juillet. Ce décret n'a pu être communiqué au Conseil que le 7 novembre (voir le Progrès médical du 17 novembre, page 407). Dans la discussion qui a suivi, M. Lepelletier, jetant le masque, a fait la déclaration suivante :

« Au cours du vote du budget, j'aurai l'honneur de demander que soit supprimée [''allocation destinée au fonctionnement des Ecoles d'infirmiers et d'infirmières, sauf à. la rétablir par la suite sous une autre forme. » (Très bien!).

En réponse à cette menace, nous terminions les réflexions dont nous avions accompagné la reproduction de la discussion, en annonçant que « les professeurs et nous, n'en demeurerions pas moins à la disposition de l'Administration pour continuer quand même les cours. » (P. 181.)

M. Ed. Lepelletier a tenu sa promesse; nos collaborateurs, les professeurs des Ecoles, et nous, avons tenu aussi la nôtre. Voici d'abord la partie du procès-verbal de la séance du 30 décembre du Conseil municipal concernant les Ecoles municipa.les d'infirmiers et d'infirmières dans laquelle M. Lepelletier joue le principal rôle.

M. Ambroise Rendu, rapporteur. — Art. 5. — Subvention spéciale pour écoles d'infirmiers et d'infirmières. L'Administration demande 19,400 francs, le rapporteur propose la suppression de l'article.

M. le Secrétaire général de l'Assistance publique. — Messieurs, je dois appeler votre attention sur la propositioa de suppression du crédit destiné aux écoles d'infirmières. Ce crédit existe au budget de l'Assistance publique depuis que le régime laïque existe dans les hôpitaux. Je demande à M. le

(1) Nous reviendrons probablement, au moment opportun, sur tout ce qui s'est passé depuis l'interpellation au Conseil municipal.

Rapporteur de vouloir bien faire connaître les motifs de sa proposition de suppression du crédit.

M, Edmond Lepelletier. — M. le Secrétaire général fait erreur lorsqu'il dit qu'on ne lui a pas fait connaître les motifs de la suppression de l'article, suppression qui, d'ailleurs, correspond à un rétablissement dans des conditions désignées.

M. Landrin. — Quant à nous, nous ne les connaissons pas et nous nous en plaignons.

M. Edmond Lepelletier. — Je m'étais fait inscrire exprès pour vous les faire connaître, parce que j'étais rapporteur de cette modification apportée au budget, modification de chiffres et d'article qui laissent subsister l'existence des cours d'infirmiers et d'infirmières laïques. Nous voulons maintenir ces cours d'infirmiers, car notre intention n'a jamais été de toucher à l'œuvre de la laïcisation. Mais par suite de l'acte arbitraire qu'a commis le Gouvernement en annulant une délibération pour laquelle nous revendiquions le droit de contrôler les cours que nous subventionnons, nous avons estimé qu'il y avait lieu de les réorganiser, afin de permettre au Conseil d'exercer ce droit de surveillance qui est la conséquence même du vote d'une subvention. Nous supprimons donc le crédit, mais nous allons vous proposer d'en voter un autre le remplaçant.

M. Landrin. — Je prie M. Edmond Lepelletier de nous dire le fond de sa pensée lorsqu'il nous propose la suppression du crédit. La vérité est que la motion de M. Edmond Lepelletier est la suite de la discussion dans laquelle notre collègue a pris à parti M. le docteur Bourneville. Au fonds, ce que veut M. Edmond Lepelletier, c'est chasser le docteur Bourneville des écoles d'infirmières.

Lorsqu'il nous dit avoir à cœur le bon fonctionnement de ces écoles, il ne nous confie pas le fond de sa pensée, qui est de chasser des écoles d'infirmières le fondateur de ces écoles parce q\i'il le trouve trop laïque. Celui qu'on vise est le promoteur de la laïcisation, le créateur d'écoles qui forment des infirmières, d'un talent et d'une science auxquels les sœurs n'ont jamais atteint.

Le Conseil ne voudra pas, par un moyen détourné, frapper un homme qui a toutes ses sympathies. Je demande le scrutin afin qu'on sache quels sont les partisans de la laïcisation.

M. Edmond Lepelletier. — Je n'ai pas voulu désigner une personnalité qui, suivant l'expression de M. Landrin, devrait être chassée. Je me bornais à demander qu'elle fût contrôlée.

M, Landrin. — Vous l'avez nommée aune précédente séance.

M. Edmond Lepelletier. — Puisque vous avez prononcé le nom de M. Bourneville et que vous semblez croire qu'en voulant surveiller la direction qu'il imprime au cours d'infirmières, j'attaquais la laïcisation, je vous répondrai que j'ai toujours été partisan de la laïcité, que je l'ai soutenue et la soutiendrai encore, et que ce n'est pas au point de vue de la laïcisation que j'ai visé le directeur de ces cours. {Très bien I) Mais le D"" Bourneville est indigne de continuer à présider à cet enseignement [Interruptions. — Applaudissements). Oui, il en est indigne, non comme laïcisateur, mais comme dreyfusard. {Violentes interruptions. — Nouveaux applaudissements).

M. Navarre. — Les malades en subiront les conséquences.

M. Edmond Lepelletier. — Les malades n'ont pas à faire de politique ; or le D' Bourneville a introduit la politique dans les hôpitaux. Je désire qu'il n'en soit plus ainsi et que le personnel de ces écoles soit placé sous le contrôle du Conseil municipal.

M. Ernest Morrau. — Quand vous étiez président de la Ligue de la libie pensée, vous étiez drejfusard. (Bruit.)

M. Edmond Lepelletier. — Je suis resté libre-penseur, je n'ai jamais été dreyfusard. J'ai protesté simplement contre ceux qui ont apporté l'aff.tire Dreyfus dans la République ; on ne saurait trop flétrir ceux qui l'uitroduisent dans les écoles, dans les hôpitaux, par des livres qu'ils y font circuler. Je ne veux pas supprimer les cours, mais j'entends qu'ils soient contrôlés, dans un sens antidreyfusard, si vous voulez.

M. J. Weber. — Je constate que si vous n'aviez pas l'aflaire Dre>fus à vous mettre sous la dent, vous n'auriez pas le moindre argument pour réclamer la suppression du crédit.

M. LE Secrétaire général de l'Assistance publique. — Il me semble- que donner et retenir ne vaut. Vous ne pouvez en même temps accorder et refuser le crédit de 19,400 francs. Or, je crois que vous le refusez. Je tiens donc à bien affirmer que le fonctionnement du régime laïque dans les hôpitaux est impossible sans les écoles d'infirmières et que si, comme j'en suis convaincu, vous voulez maintenir ce régime, vous ne pouvez le faire qu'en maintenant aussi les écoles d'infirmières,

M. Roger Lambelin. —Vous reconnaissez donc par là que, du

temps des sœurs, il n'était pas besoin d'écoles d'infirraières(l).

M. LE Secrétaire général de l'Assistance publique. — Je dois ajouter que je connais assez le dévouement et le désintéressement du directeur et des professeurs des écoles d'infirmières pour être convaincus qu'ils continueront leurs fonctions, même sans la minime rétribution qui leur avait été accordée jusqu'à présent. Mais il ne serait de la dignité ni de la ville de Paris, ni de l'Assistance publique, de leur retirer cette rétribution qui leur est légitimement due. {Très bien!)

M. le Président. — Je mets aux voix la proposition de M. Landrin. Il y a une demande de scrutin.

Le scrutin auquel il a été procédé sur la proposition de M. Landrin, donne les résultats suivants :

Nombre de votants 71

Majorité absolue 37

Pour 33

Contre 38

Le Conseil n'a pas adopté.

Ont voté poitr : MM. L. Achille, Archain, Bellan, Berthaut, Brenot, Paul Brousse, Chausse, Chautard, Adolphe Chérioux, Colly, Desplas, Faillet, V. Gelez, Hénaffe, Houdé, John Labusquière, Landrin, Marsoulan, Alfred Moreau, Ernest Moreau, Pierre Morel, Mossot, Navarre, Pannelier, Paris, Patenne, Piperaud, Poiry, Ranson, Ranvier, Henri Rousselle, Adrien Veber, J. Weber.

Ont voté contre : MM. Alpy, Jules Auffray, Ballière, Baranton, Barillier. Bertrou, Bassat, César Caire, Caplain, Ernest Caron, Chassaigne-Goyon, Dausset, Despatys, Dubuc, Duval- Arnould, Paul Escudier, Evain, Fortin, Foursin, Froment- Meurice, Henri Galli, Gay, Jousselin, Roger Lambelin, Le Menuet, Levée, Gaston Méry, Adrien Mithouard, René Piault, Poirier de Narçay, Pugliesi-Conti, Maurice Quentin, Quentin- Bauchart, Ambroise Rendu, Félix Roussel, Camille Ivousset Maurice Spronck, Tournade,

Excusés : MM. Brard, Arthur Rozier.

N'ont pas pris part au vole : MM. J. Caron, Chérot, Deville, Grébauval, Edmond Lepelletier, Opportun, Sauton.

(1) Nous emprunterons la réponse à cette singulière interruption à l'honorable M. Sabran, président de la Commission des hospices de Lyon : « C'est M. Bourneville qui m'a révélé la nécessité de créer des Ecoles d'infirmières. J'avais cru pendant longtemps que le dévouement était chose suffisante... C'est vous. Monsieur Bourneville, qui êtes l'initiateur de l'Ecole de Lyon. » (Recueil des travaux du Congrès international d'Assistance publique de 1900, t. IV, p. 266-267).

M. Edmond Lepelletier. — Je dépose la proposition suivante pour laquelle je demande le scrutin :

« Le Conseil délibère. — Le crédit inscrit à l'art. 3 du souschap. 23 du budget de l'Assistance publique est supprimé et remplacé par un crédit de 20,000 francs alfecté spécialement à la réorganisation parle Conseil municipal des cours d'infirmiers et infirmières laïques. — « Signé : Edmond Lepelletier. »

Le scrutin auquel il a été procédé sur la proposition de M. Edmond Lepelletier donne les résultats suivants :

Nombre de votants 40

Majorité absolue 21

Pour 40

Contre 0

Le Conseil a adopté.

Ont voté pour : MM. Alpy, Jules Auffray, Ballière, Baranton, Barillier, Bertrou. Bussat, César Caire, Caplain, Ernest Caron, J. Caron, Chassaigne Goyon, Chérot, Dausset, Dubuc, Duval- Arnould, Paul Escudier, Evain, Fortin, Foursin, Henri Galli, Gay, Grébauval, Iloudé, Jousselin, Le Menuet, Edmond Lepelletier, Levée, Gaston Méry, Adrien Mithouard, Patcnne, René Piault, Poirier de Narçay, Pugliesi-Conti, Maurice Quentin, Quentin-Bauchart, Ambroise Rendu, Félix Roussel, Camille Rousset, Maurice Spronck,- — Ont voté contre : Néant.

Excusés : MM. Brard, Arthur Rozier.

N'ont pas pris part au vole : MM. L. Achille, Archain, Bellan, Berthaut, Brenot, Paul Brousse, Chausse, Chautard, Adolphe Chériou.x, Colly, Despatys, Desplas, Deville, Faillet, Froment- Meurice, V. Gelez, Ilcnaffe, John Labusquière, Roger-Larabelin, Landrin, Marsoulan, Alfred Moreau, Ernest Moreau, Pierre Morel, Mossot, Navarre, Opportun, Pannelier, Paris, Piperaud, Poiry, Ranson, Ranvier, Henri Roussel, Sauton, Tournade, Adrien Veber, J. Weber.

M. Pierre Morel. — Puisqu'on a parlé tout à l'heure de science médicale et de l'intérêt que présentent les écoles d'infirmières, je dépose le projet de vœu suivant pour lequel je demande le scrutin :

« Le Conseil délibère : L'Administration est invitée à envoyer les infirmiers et infirmières laïques de l'Assistance publique à l'Ecole libre d'infirmiers et infirmières, fondée par M. Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur. — Signé : Pierre Morel. B

M. LE Président. — Je mets cet amendement aux voix; il y a une demande de scrutin. Le scrutin auquel il a été procédé sur la proposition de M. Pierre Morel donne les résultats suivants :

Nombre de votants 40

Majorité absolue 21

Pour 3

Contre 37

Le Conseil n'a pas adopté.

Ecoles d'infirmières. 13

M. Chausse. — Je déclare qu'avec plusieurs de mes amis je me suis abstenu parce que nous ne voyons pas la nécessité de créer une nouvelle école, alors que celles quedirigeM. Bourneville suffisent aux besoins.

M. Archaix. — Je me suis abstenu pour le même motif,

M. Edmond Lepelletier, rapporteur. — Je propose de fixer l'art. G à 4,700 francs.

M. V. Gelez. — Je crois, Messieurs, qu'il y a une confusion. Je pense que l'on avait compris que le chiflre de '^0,000 francs était présenté au lieu de 4,700 francs. — M. le Président. Cela n'avait aucun rapport. — L'art. 6 est fixé à 4,700 francs.

Ainsi se trouveraient supprimées les Ecoles d'infirmiers que nous avons créées en 1878, et dont la vingtquatrième année scolaire est aujourd'hui en cours, — auxquelles nous avons consacré une partie de notre existence et intéressé un grand nombre de nos amis, dont le dévouement et l'aclivité ne nous ont jamais fait défaut. Heureusement, pour la bonne réputation de notre pays, et dans l'intérêt du personnel secondaire des hôpitaux et surtout des malades, l'enseignement professionnel des infirmiers et des infirmières est assuré. Comme nous l'avons fait pressentir, tous les professeurs, en présence de la menace proférée par M. Lepelletier, ont, dès le 27 novembre, adressé la lettre suivante à M. le Directeur de l'Assistance publique :

« Monsieur le Directeur,

« Les soussignés, professeurs des Ecoles municipales d'infirmiers de Paris, ont l'honneur de vous soumettre la proposition suivante ;

« Considérant que, d'après le compte rendu de la séance du 7 novembre 1900, du Conseil municipal de Paris, les subventions accordées aux écoles d'infirmiers sont très compromises et pourraient ne pas être votées;

« Que la suppression de l'enseignement spécial donné au personnel hospitalier qui pourrait résulter de cette mesure, porterait une atteinte sérieuse aux malades de nos hôpitaux, au per.-onnel hospitalier et à l'œuvre de la laïcisation des hôpitaux;

« Que, sans entrer dans d'autres considérations que celles du bien public, il importe que l'enseignement technique donné aux infirmiers et iniirmières, depuis vintrt -quatre ans, ne soit pas interrompu ; espénuit que le Conseil municipal, mieux informé, ne tardera pas à se rendre compte des graves inconvénients qui résulteraient de la suppression des écoles;

« Les professeurs soussignés ont l'honneur de se mettre à la disposition de votre administration pour assurer comme par le passé, même sans subvention municipale, le fonctionnement des écoles d'infiraiiers pour lesquelles ils n'ont pas jusqu'alors marchandé ni leur temps ni leur peine.

« Comptant, Monsieur le Directeur, que vous voudrez bien faire un accueil favorable à cette demande, les soussignés ont l'honneur de vous assurer de levir profond respect et de leur entier dévouement. »

« Ont signé : Bonnaire, J.-B. Charcot. Cornet, Dauriac, Dubrisay (L.), Edwards-Pilliet, Isch-Wall, Napias (Louise), Noir (J.), PHul-Bi)ncour, Petit-Vendol, Regnard (P.), H. de Rothschild, Schwartz, fc-oUier, Tissier, Viron. »

Durant les deux ou trois premières années des Ecoles, les professeurs nous ont donné gratuitement leur concours. Les professeurs actuels font preuve du même désintéressement. Quant à nous, durant les quinze premières années des Ecoles, nous avons dirigé l'enseignement sans recevoir aucune indemnité ; nous ferons de même pendant la vingt-quatrième année.

Les cours fonctionnent actuellement, comme par le passé, dans les quatre Ecoles d'infirmiers et d'infirmières de l'Administration de l'Assistance publique de Paris. Par le fait du Conseil municipal nationaliste, elles ne dépendent plus dudit Conseil. Aidé des professeurs des cours professionnels, des surveillantes chargées des exercices pratiques, des instituteurs et des institutrices, nous nous efforcerons de perfectionner encore l'enseignement dont nous avons la direction, afin d'assurer aux malades des soins de plus en plus dévoués et intelligents. Ce sera la meilleure réponse aux adversaires de l'œuvre vraiment patriotique et humanitaire dont nous avons Ihonneur d'avoirpris l'initiative, et, quoiqu'on disent nos adversaires, que nous avons su mener à bien, mettre de pair avec les oeuvres similaires des pays civilisés, en dépit d'obstacles innombrables et de calomnies sans cesse renaissantes.

Nous adressons nos plus vifs remerciements aux 33 conseillers municipaux républicains qui ont voté pour le maintien de la subvention spéciale des Ecoles, « très minime» rémunération de services réels, et plus particulièrement à M. le conseiller Landrin et à M. Dehouin, secrétaire général de l'Assistance publique, qui, en excellents termes, ont défendu et les Ecoles et leur fondateur.

M. Jules AuFFRAY. — J'arrive au sous-chapitre 8, à propos duquel M. Labusquière a prononcé le mot grave d'attentat contre l'hygiène et la santé des infirmiers et des infirmières.

M. Pierre Morel. — Et M. Labusquière a eu grandement raison.

M. Jules AuFFRAY. — Ainsi, il est bien certain que si la situation lamentable de certains dortoirs d'infirmiers datait

de mai 1900, l'attentat serait à la charge exclusive de la majorité, qui va vous proposer de supprimer non pas le crédit total d'augmentation de 173,000 francs, mai-i de le réduire d'une somme de 50.000 francs. Mais ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il en est ainsi. Dans tous les rapports, depuis plus de dix ans, je relève les mènics constatations, les mêmes plaintes, et, en dernier lieu, c'est en 1899, dans un rapport à la valeur duqnel j'ai, plus que tout autre, le devoir de rendre hommage, qu'a été signalé ce que vous appelez et ce que nous appelons avec vous, si vous y tenez, un attentat.

Donc, s'il y a attentat, pendant neuf ans vous en avez été les auteurs ; et, s'il y a faute, vous en supportez depuis longtemps toute la responsabilité. {Bruit. Approbation. — Protestations.)

M Pierre Moi\el. — Nous avons été les premiers à sisnaler le mal. — M. Navarre. Nous avons amélioré la situation du personnel secondaire, il fallait d'abord lui fournir le moyen de vivre. — M. Chéf^ot. 11 fallait commencer par le plus pressé. (Bruit.)

M. Navarre. — Nous avons fait ce que nous avons pu, et c'est de ce côté (l'orateur désigne la droite) que nous nous sommes toujours heurtés à une résistance incoercible.

M. Jules AUFFRAY. — Puisque vous qualifiez d'attentat le fait de ne pas loger les infirmiers hors de dortoirs très défectueux, comment n'avez-vous pas paré à cette chose urgente, au plus pressé, au lieu de relever les traitements, chose utile, désirable, excellente, mais moins urgente que cette transformation des logements, puisqu'on ne peut pas dire qu'il y eût attentat à ne pas relever immédiatement le traitement du personnel secondaire? Si vous estimez aujourd'hui que ne pas faire de réformes dans les dortoirs et logements d'infirmiers constitue un attentat, je répète que depuis des années vous avez commis cet attentat. (Bruit.)

M. L.4.NDRIN. — Nous avons constamment amélioré la situation du personnel secondaire.

M. Jules AUFFRAV, — Sur ce chapitre, on proposait une augmentation de 173,000 francs ; nous réduisons 50,000 francs et nous maintenons 123,000.

M. LE Secrétaire r7KNÉRAL de l'Assistance publique. — Une partie de ces 173,000 francs venait de rattachements d'autres chapitres. Autrefois, les dépenses du personnel secondaire étaient éparpillées dans des articles qui ont été rattachés au sous-chapitre 8. La somme intégrale de 173,000 francs ne constitue donc pas une aucrmentation.

M. Jules AUFFRAY. — Nous ne refusons pas de transformer en indemnité de logement le logement en nature accordé à des infirmiers mariés à des infirmières. Ce sont les nécessités budgétaires qui nous obligent à n'agir que progressivement. L'Administration aurait d'ailleurs un moj^en de parer de suite au vice des logements insalubres. Les fonds du Pari mutuel.

à tort selon moi, ne sont consacrés qu'à des fondations et non à des dépenses courantes. Mais, puisque le transport des infirmiers liors des hôpitaux n'est pas encore un principe définitivement consacré par l'expérience, l'Admini-^tration pourrait demander au Pari mutuel une somme suffisante pour construire dans les hôpitaux des dortoirs et losrements d'infirmiers, sauf à les transfurmer en salles ou services annexes d'hôpitaux le jour où il serait admis que tous les infirmiers doivent être logés hors des hôpitaux.

En définitive, on nous rencontrera toujours lorsqu'il s'ae^ira d'améliorer le traitement matériel et de relever la situation morale du personnel des infirmiers et infirmières laïques. Je dirai même que c'est un devoir impérieux, un devoir de probité, dès lors qu'on s'adresse à un personnel, qu'il soit laïque ou congrégantste, de faire en sorte qu'il soit aussi bien traité que possible, aussi relevé, comme situation morale, que l'exige l'intérêt des malades.

Jamais les religieuses n'auraient accepté les bouges insalubres dans lesquels on met encore les infirmiers et les infirmières laïques. Les communautés étaient en général très bien installées, ainsi que nous avons pu le constater. En effet, nous avons visité la Communauté de l'hôpital Saint-Louis, en allant donner des soins à une religieuse ; nous avons visité en détail la communauté de l'Hôtel-Dieu, avec Mme la Prieure, que nous avions connue.à Saint-Louis ; nous avons visité la communauté de rhôpital Tenon, celle de Laënnec, celle de la Pitié à l'occasion des rapports dont nous avons été chargé par le Conseil municipal pour la. Irons formation de ces communautés en logements pour les laïques.

Depuis 1877 jusqu'à ce jour, nous n'avons pas cessé de signaler l'état abominable des liabitations du personnel secondaire. Dans tous nos discours, aux distributions de prix, nous sommes revenu sur cette réforme urgente : Reproduire tout ce que nous avons dit n'est pas possible ici. Nous nous bornerons à quelques citations :

1° Année 1881. — Extrait de notre discours à la Salpétrière :

« La plus importante des améliorations d'ordre matériel a consisté en l'introduction, h. la Salpêtrière, de dix nouveaux hommes de peine, destinés à faire la grosse besogne qui était autrefois imposée aux infirmières. Le Conseil municipal, en décidant cette amélioration, a voulu manifester son vif désir de relever les fonctions d'infirmière.

« D'autres améliorations dans votre situation ont été réclamées : elles concernent plus particulièrement votre situation matérielle. Le Conseil a appelé l'attention de l'Administration

de mai 1900, l'attentat serait à la charge exclusive de la majorité, qui va vous proposer de supprimer non pas le crédit total d'augmentation de 173,000 francs, mais de le réduire d'une somme de 50.000 francs. Mais ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il en est ainsi. Dans tous les rapports, depuis plus de dix ans, je relève les mênics constatations, les mêmes plaintes, et, en dernier lieu, c'est en 1899, dans un rapport à la valeur duquel j'ai, plus que tout autre, le devoir de rendre hommage, qu'a été signalé ce que vous appelez et ce que nous appelons avec vous, si vous y tenez, un attentat.

Donc, s'il y a attentat, pendant neuf ans vous en avez été les auteurs ; et, s'il y a faute, vous en supportez depuis longtemps toute la responsabilité. {Bruit. A2:)probation. — Protestalions.)

M Pierre Mouel. — Nous avons été les premiers à signaler le mal. — M. Navarre. Nous avons amélioré la situation du personnel secondaire, il fallait d'abord lui fournir le moyen de vivre. — M. ChéfîOT. Il fallait commencer par le plus pressé, (Bruit.)

M. Navarre. — Nous avons fait ce que nous avons pu, et c'est de ce côté (l'orateur désigne la droite) que nous nous sommes toujours heurtés à une résistance incoercible.

M. Jules AUFFRAY. — Puisque vous qualifiez d'attentat le fait de ne pas loger les infirmiers hors de dortoirs très défectueux, comment n'avez-vous pas paré à cette chose urgente, au plus pressé, au lieu de relever les traitements, chose utile, désirable, excellente, mais moins urgente que cette transformation des logements, puisqu'on ne peut pas dire qu'il y eût attentat à ne pas relever immédiatement le traitement du personnel secondaire? Si vous estimez aujourd'hui que ne pas faire de réformes dans les dortoirs et logements d'infirmiers constitue un attentat, je répète que depuis des années vous avez commis cet attentat. [Bruit.]

M. L.^NDRIN. — Nous avons constamment amélioré la situation du personnel secondaire.

M. Jules AUFFRAY, — Sur ce chapitre, on proposait une augmentation de 173,000 francs ; nous réduisons 50,000 francs et nous maintenons 123,000.

M, LE Secrétaire général de l'Assistance publique. — Une partie de ces 173,000 francs venait de rattachements d'autres chapitres. Autrefois, les dépenses du personnel secondaire étaient éparpillées dans des articles qui ont été rattachés au sous-chapitre 8. La somme intégrale de 173,000 francs ne constitue donc pas une augmentation.

M. Jules Auffrav. — Nous ne refusons pas de transformer en indemnité de logement le losrement en nature accordé à des infirmiers mariés à des infirmières. Ce sont les nécessités budgétaires qui nous obligent à n'agir que progressivement. L'Administration aurait d'ailleurs un moyen de parer de suite au vice des logements insalubres. Les fonds du Pari mutuel,

à tort selon moi, ne sont consacrés qu'à des fondations et non à des dépenses courantes. Mais, puisque le transport des infirmiers hors des hôpitaux n'est pas encore un principe défi,nitivement consacré par l'expérience, rAdniini<^tration pourrait demander au Pari mutuel une somme suffisante pour construire dans les hôpitaux des dortoirs et loçreraents d'infirmiers, sauf à les transformer en salles ou services annexes d'hôpitaux le jour où il serait admis que tous les infirmiers doivent être logés hors des hôpitaux.

En définitive, on nous rencontrera toujours lorsqu'il s'agrira d'améliorer le traitement matériel et de relever la situation morale du personnel des infirmiers et infirmières laïques. Je dirai même que c'est un devoir impérieux, un devoir de probité, dès lors qu'on s'adresse à un personnel, qu'il soit laïque ou congréf^aniste, de faire en sorte qu'il soit aussi bien traité que possible, aussi relevé, comme situation morale, que l'exige l'intérêt des malades.

Jamais les religieuses n'auraient accepté les bouges insalubres dans lesquels on met encore les infirmiers et les infirmières laïques. Les communautés étaient en général très bien installées, ainsi que nous avons pu le constater. En effet, nous avons visité la Communauté de l'hôpital Saint-Louis, en allant donner des soins à une religieuse; nous avons visité en détail la communauté de l'Hôtel-Dieu, avec Mme la Prieure, que nous avions connue.à Saint-Louis ; nous avons visité la communauté de l'hôpital Tenon, celle de Laënnec, celle de la Pitié à l'occasion des rapports dont nous avons été chargé par le Conseil municipal pour la transformation de ces communautés en logements pour les laïques.

Depuis 1877 jusqu'à ce jour, nous n'avons pas cessé de signaler l'état abominable des habitations du personnel secondaire. Dans tous nos discours, aux distributions de prix, nous sommes revenu sur cette réforme urgente : Reproduire tout ce que nous avons dit n'est pas possible ici. Nous nous bornerons à quelques citations :

1° Année 1881. — Extrait de notre discours à la Salpêtrière :

« La plus importante des améliorations d'ordre matériel a consisté en l'introduction, à la Salpêtrière, de dix nouveaux hommes de peine, destinés à faire la grosse besogne qui était autrefois imposée aux infirmières. Le Conseil municipal, en décidant cette amélioration, a voulu manifester son vif désir de relever les fonctions d'infirmière.

« D'autres améliorations dans votre situation ont été réclamées : elles concernent plus particulièrement votre situation matérielle. Le Conseil a appelé l'attention de l'Administration

sur la nécessité de varier votre alimentation, d'étudier les projets pour vous fournir des loeferaents plus salubres, pour délivrer aux surveillan'es, surveillants, etc., les aliments en nature. Nous ne doutons pas que M. le Directeur de l'Assistance publique no fasse examiner toutes ces demandes avec soin et ne donne bientôt satisfaction au Conseil municipal. »

2" Année 1882. — Extrait de notre discours à la Salpêtrière. Après avoir rappelé diverses amélioriations, nous ajoutions :

« Ce n'est pas à dire, toutefois, qu'il n'y ait plus rien à faire, que nous soyons arrivé à vous placer dans des conditions tout à fait convenables. Certes non. Pour réaliser le but poursuivi par le Conseil municipal, il reste encore beaucoup à faire. Chaque fois que l'occasion s'en est présentée, je n'ai pas manqué de sienaler à l'attention de mes collègcues et de l'Administration l'état véritablement déplorable des logements dans lesquels les infirmières et les infirmiers des hôpitau> sont condamnés à demeurer. Et chaque fois quil s'est agi d'installer dans des hôpitaux de nouvelles habitations pour vous, j'ai demandé qu'on vous donnât des habitations salubres; j'ai demandé qu'au lieu de vous installer dans des dortoirs communs, on mit à votre disposition des ch.^mbres PARTICULIÈRES, Grâce à l'appui que j'ai trouvé dans mon excellent ami, M. Thulié, président de la Commission de l'Assistance publique du Conseil municipal, j'ai obtenu dans le pavillon Moïana, à l'hôpital Saint-Antoine, à l'hôpital des Enfants-Malades, que chaque inlirmiôre aurait une chambre particulière. Chaque fois enfin que j'ai eu à faire des rapports au Conseil, j'ai insisté pour que les appropriations des anciennes communautés religieus:es à l'usage des habitations des sous-surveillantes laïques, soient faites, autant que possible, dans les meilleures conditions,

« Je ne fais donc que poursuivre la réalisation des vœux du Conseil municipal en demandant, aujourd'hui à M. le Directeur de l'Administration générale de l'Assistance publique de vouloir bien étudier avec l'activité que l'on est en droit d'attendre d'un administrateur républicain, l'installation à laSalpètrière de logements convenables et distincts pour vous. »

3° Année 1884. — Extrait de notre discours à Bicétre :

« Bien des fois déjà, soit dans la presse, soit au Conseil municipal, soit dans les distributions de prix, j'ai appelé l'attention de l'Administration sur les logements des sousemployés de tous grades et sur leur nourriture. Je crois nécessaire d'y revenir encore une fois. J'ai visité, il y a quelques années, d'une façon très complète, cet hospice. Il m'était resté une triste impression de cette visite, à bien des points de vue, mais surtout en ce qui concerne vos dortoirs, vos logements. Quelques améliorations ayant été réalisées depuis cette épo-

que par l'Administration, j'ai voulu faire une nouvelle visite, et j'ai constaté qu'il existait encore beaucoup de logements insalubres et qu'il est du devoir de l'Administration de les remplacer à bref délai.

« Quant à la nourriture des sous-employés, depuis les surveillants jusqu'aux infirmiers et infirmières qui débutent, elle exige des amciiorations sérieuses. Je ne veux pas insister; je me bornerai à dire que les infirmiers et les infirmières, sur seize repas consécutifs, ont eu douze fois du bœuf. Cette petite statistique juge la question. »

4° Année 1885. — Extrait du discours de la Pitié :

« Quant aux améliorations matérielles, j'ai réclamé notamment que l'on vous donnât une nourriture mieux préparée et mieux variée. Ce qu'on a fait dans ce sens est loin d'être suffisant. J'ai signalé la nécessité de remplacer les dortoirs communs par des chambres. Ces améliorations sont incontestablement dues à des hommes et à des femmes qui consacrent les uns leurs jours, les autres leurs nuits, à donner des soins à des malades; qui passent douze ou quinze heures dans des salles dont l'atmosphère est si profondément viciée. J'ai visité les trois dortoirs des infirmiers et les trois dortoirs des infirmières de 1 hôpital de la Pitié; ils sont disséminés dans les divers bâtiments de l'hôpital ; tous sont installés dans les greniers, encombrés au delà de toute mesure, dépourvus de cabinets d'aisance, de lavabos, et, la plupart ,de tables de nuit. Rien de plus triste et de plus insalubre que ces dortoirs, rien de plus contraire à l'humanité. Je ne doute pas, M. le Directeur, qu'après avoir visité ces dortoirs, vous no partagiez mon opinion et que vous preniez dJurgence les mesures nécessaires pour remédier à une situation aussi regrettable. »

5° Année 1885, — Extrait du discours à la Salpêtrlère :

« Les logements actuels, surtout les dortoirs des infirmiers et des infirmières exigent une transformation immédiate dans la plupart des établissements. Nous en avons cité un exemple tout à fait démonstratif à 1 hôpital de la Pitié. Ici, s'ils ne réalisent pas l'idéal, on peut dire qu'ils ont le cube d'air voulu, qu'ils sont propres el très bien tenus. Il y manque des armoires sulfi^amment grandes et de l'eau. Nous désirerions voir aussi des lits séparés par des cloisons formant des boxes, de sorte que chaque infirmière soit le plus possible chez elle.

s 11 y aurait certes mieux à faire et nous signalons ce projet à~nos amis du Conseil municipal : ce suerait de bâtir, à la Salpêtrière, un pavillon pour le personnel secondaire, analogue à ceux qui, sur notre proposition et d'après notre programme, viennent d'être construits à l'asile de Villejuif. Nous croyons que ces pavillons peuvent, dans l'espèce, servir de modèle, de même que le pavillon des logements des internes, de l'hôpital Saint-Antoine, doit servir de modèle dans l'avenir

chaque fois que l'on aura des logements à construire pour les internes. »

El nous avons fait les mcnics réclamations les années suivantes, en ajoutant de nouveaux détails pour en établir le bien-fondé. En 1899. à la Pitié, nous disions :

« A part quelques améliorations de détail, qui ont été réalisées par votre directeur, et dont nous vous avons entretenus l'an dernier, ils sont restés dans le même état abominable. Il y a des projets en cours, soumis au Conseil de surveillance, examinés par, une Commission, qui, après rapport, seront discutés et renvoyés au Conseil municipal. Souhaitons qu'ils se réalisent promptement et qu'ils soient complets, dignes de la Ville de Paris. Nous avons considéré comme un devoir, chaque année, de mentionner les trop rares améliorations réalisées. Ici, comme dans un trop grand nombre d hôpitaux, il s'agit véritablement d'une question d'humanité. La statistique des maladies qui ont frappé les infirmiers et infirmières de cette maison, depuis le l^-" juillet 1898 jusqu'au 30 juin 1899, est en partie la conséquence de l'insalubrité des logements. »

A la Salpêtrière, toujours en 1899, après avoir indiqué les réformes nécessaires, notamment la création d'une bibliothèque, d'un musée, d'une salle de réunion poulies infirmiers et les infirmières, nous ajoutions :

« C'est en réalisant ces formes, en supprimant l'habitation en commun, c'est-à-dire des dortoirs, en donnant des ch.4MBRE? DISTINCTES que l'on assurera un meilleur recrutement du personnel secondaire. Que de femmes sérieuses, dignes, instruites, consentiraient à se mettre au service des malades si elles étaient assurées d'avoir des conditions matérielles convenables, salubres ! »

Nous avons profité de la pré.scncc aux distributions des prix de M. Peyron, de M. Derouin, de conseillera municipaux pour leur faire visiter les dortoirs des infirmiers et infirmières, notamment à Bicêtre et <à la Pitié. Tous ont reconnu la nécessité d'une réforme complète; malheureusement, l'acte n'a pas suivi la parole. Souhaitons que le nouveau Conseil fasse mieux que l'ancien et réalise promptement la réforme que nous réclamons depuis une vingtaine d'années, c'est-à-dire donne aux infirmiers et infirmières des habitations individuelles, salubres, et convenablement aménagées. Bolrnevilll;.

Année scolaire 1900-1901.

Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de Bicêtre.

(18 iuilk't l'JOJ.)

Mesdames. Messieurs.

Permettez-moi de compléter les renseignements qui viennent de vous être donnés par M. le l)"" Sollieu, votre professeur depuis douze ans, au sujet de rensegincmcnt pratique. Il vous a parlé de tout ce qui se faisait à l'Infirmerie générale et dans les salles des malheureux atteints des maladies chroniques les plus graves. Nous croyons devoir, pour répondre à des critiques injustifiées faites à renseignement pratique des Ecoles, y ajouter quelques renseignements surtout ce qui est fait ici pour compléter vos connaissances pratiques.

1° Chaque année, à peu près tous les mois, nous pratiquons des revaccinations dans notre service sur les enfants nouvellement entrés et sur ceux que nous avons depuis G ou 7 ans avec le concours de nos internes et de M'"^ Athénaïs Bohaix. so'is-surveillante de notre infirmerie. Nous y faisons ve»ir. par série, nos infirmieis et infirmières. De plus, nous demandons à Ï\I. le Directeur

Écoles d'infirmières. 14

— l'.lti —

de ThospiL-e de nous envoyer des inlirniiers ou inlii'mières des autres divisions. Xous leur montrons eonimenl il faut pratifjuer la vaceinalion, en (Mitrant dans tous les détails indis[)ensal)les alin d'obtenir un bon résultat sans ineonvénient pour les malades, puis nous les faisons opérer eux- mêmes. Nous leur rappelons la cireulaire de l'Administration, exigeant ({u'eux-mêmes se fassent revacciner. Ciuel<[ues-uns, mais en trop petit nombre, consentent à s'y conformer.

2" Nous avons continué' à donner à nos infirmiers et infirmières des leçons sur Viulniinish-iitinn <les douches. La plupart d'entre eux sont parvenus à bien s'acquitter de cette opération. 11 nous parait indispensalile d'étendre cet enseignement aux doucheurs et aux doucbeuses des établissements-écoles ([ui sont chargés d'y faire un enseignement aux ('lèves. Dans ce but. nous avons demandé à INI. Mourier, directeur de l'Administration, dans votre intérêt et dans l'intérêt des malades, de nous les envoyer pour nous assurer de la façon dont ils s'acquittaient de cet enseiii-ncment et de leur fournir les indications nécessaires, s'il V avait lieu. 11 s'est empressé de nous l'accorder (1).

3" Nous avons repris l'exercice du rii-senieiil cette année pour toute la maison et non plus seulement pour les infirmiers ou inlirmières de notre service. — ^I. AlavoiNE, chef barbier de l'hospice, nous a donné à cet effet le concours le i)lus dévoué. D'un autre côte M. Kr.emeu, aide barbier, nous a prêté un concours non moins actif en continuant à apprendre aux infirmiers et infirmières de notre section à couper les cheveux et à raser les enfants.

4" La plupart des inlirmières sont exercées par M""^ Grisaud, première infirmière, chargée spécialement du pavillon des rnaladies contagieuses, à Vépilalion, car nous

(1) Nous avons convoqué les doucheurs et les douclieuses de lu .Saliiétrière, de la Pilii- et de L;irilioisière. Nous reviendrons sur ee que nous a\uns ùi\l tt constaté.

avons toujours, malheureusemcut, un ccilain nonil^re d'enfants teigneux.

Il conviendrait peut-être d'envoyer nos élèves inlîrniières ou les diplômées par séries dans les services de maladies de peau.

5" Quatre-vingts iniirniiers ou inlirniières ont appris à poser des ventouses, guidés par M. Péju, panseur-ventouseur. Il en a été mis environ 700 à 800 par jour. De plus, il a fait faire tous les jours aux infirmiers les pansements d'une vingtaine de malades du service des cancéreux.

6*^ En outre de ses leçons théoriques sur le massaae, M. le D' de Frumerie a bien voulu vous faire plusieurs séances pratiques qui m'ont paru avoir été très goûtées par les auditeurs et les auditrices.

7° Observation des malades. — La loi sur les aliénés nous oljlige à faire, 15 jours après l'admission des malades, un certificat dit de quinzaine. Nous dressons nos infirmiers et infirmières à rédiger, à cette occasion, un état détaillé de tout ce qu'ils ont observé chez les entrants. Nous essayons ainsi de les mettre en mesure, quand ils passeront dans d'autres hôpitaux, de bien renseigner les chefs de service sur les nouveaux malades. Nous avons étendu ce système d'observation dans une certaine mesure à l'école de la Pitié avec le concours de M'"* Boissière. A nos collègues des hôpitaux de nous aider dans cette voie fructueuse, à leur grand bénéfice et à celui des malades.

8" Conférences. — M. Sollier vous a signalé les conférences qui ont été faites cette année, comme par le passé, à l'école de Bicètre. Nous voudrions les voir se multiplier et nous sommes à la disposition des conférenciers de bonne volonté pour les organiser.

9" Séjour dans les sections d'aliénés. — Les infirmiers, ici, les infirmières à la Salpètrière devraient passer au moins quelques semaines dans les services des aliénés. Ils seraient, grâce à cette expérience, k même d'être utiles

aux inalades drliraïUs qu'ils solyncut dans les autres hôpitaux et éviteraient en grande partie les accidents (juc les journaux politiques relèvent trop souvent.

Ces exercices pniticiues^ auxquels nous devons ajouter les e.xerc/'ces prullques de gunécologie de l'hôpital Broca, suivis assidûment par la plupart des infirmières et des sous-employécs de lîicétrc, complètent ceux qui vous sont donnés par vos maîtresses de l'inlirmcrie générale, depuis le commencement, jusqu'à la fin de l'année scolaire. Si nous les rappelons, c'est pour répondre à ceux qui, n'ayant jamais eu la bonne idée de venir voir ce que l'ont vos maîtres de l'enseignement professionnel, vos maîtresses des exercices pratiques et de lire les documents que nous publions chaque année, critiquent injustement renseignement des Ecoles.

En terminant nous remercions vivement M. MouniEii d'avoir rétabli les distributions des prix de chaque école, telles qu'elles étaientautrefois. L'allocution de M. Tinière, le discours de M. Sollieu, par les considérations élevées et les conseils précieux qu'ils renferment, montrent l'utilité pratique de ces cérémonies. Profitez-en et montrezvous à la haulcur de la mission humanitaire (juc ^"0us avez à remplir.

Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de la Pitié.

(27 juillet 1901.)

^Mesdames, Mespieuus,

L'année scolaire que termine cette cérémonie, la onzième de l'Ecole de la Pitié, a été tronquée par la réouverture tardive des cours professionnels, théoriques et pratiques. Elle n'a eu lieu, en effet, que le I" décembre et non le l*^'' octolîre comme cela s'était toujours fait. Il en est résulté ]iour les élèves un surcroit de travail et une prolongation des cours jusqu'aux grandes chaleurs. C'est là une condition fâcheuse qui ne devrait pas se produire dans les étal)lissements hospitaliers où, plus que partout ailleurs, doit dominer l'hygiène. C'est pourquoi nos efforts ont constamment tendu a finir les cours et les examens à la fin do juin, afin de permettre à l'Administration de procéder aux distributions des prix avant le 1 i juillet.

Nous espérons que ^[. Mourier, directeur de l'Administration générale de l'Assistance publique, voudra bien autoriser la reprise des cours dès la première semaine d'octobre, ce ({ui facilitera pour le plus grand bien des élèves qui vous succéderont, la réalisation du programme que nous venons d'indiquer.

L'an dernier la distribution des prix au lieu d'être faite, comme par le passé, avec une certaine solennité, d'être

— îno —

pour vous, vos maîtix-s, vos maîtresses, et nirme pour les malades qui y assistent, une véritable IV-le, n'a été qu'une cérémonie triste, funèbre, comme l'ont dit des personnes autorisées qui s'intéressent viviMiient à vous, à votre travail, à vos succès. Grâce à M. Mourier, nous revenons à la tradition ancienne et c'est en public, en pleine lumière, que vous allez re-?evoir les récompenses que vor.s méritez. Nous allons pouvoir aussi relraccr, comme autrefois, ce qui n<Mis a élé interdil l'an dei-nicr. riiislorique de vos trii\.iii\ duranl 1 annt'O srol lirc IKOO- lllll I .

Le iioiiibri' des inso-iplUnis en l'.KKI- 1901 a été, à l'ouverluro des cours, de Kll), au lieu de 308 en 1898-1899. Sur ce nombre il y avait "22 élèves libres au lieu de 7'i en 1898-1899. Dans le courant de l'année, {]3 autres élèves sont venus se faire inscrire, dont W élèves libres. Aux derniers cours il restait lO.-) élèves, 30 bommes, 69 femmes, se répartissant ainsi :

Elèves libres

l'ersonnel de la Pilié.

— des autres établissenKMits

Le retard de deux mois apporté à l'ouverture des cours, l'opinion qui s'était répandue qu'ils ne reprendraient pas, l'examen primaire imposé pour l'instription ont écarté un grand nombre d'élèves libres. Nous nous bornons, pour l'instant, à rappeler que les cours des Ecoles d'infirmiers et d'infirmières sont LIBRES et (iratails, partant, ouverts à tous.

U enseigne m eut professionnel a été fait conformément au programnu; par tous vos maitres et, en raison des circonstances, avec plus de zèle encore que par le passé. En réponse à la mesure prise contre eux, la plupart ont fait plusieurs leçons supplémentaires. \ln cbangemcnt est survenu dans le personnel enseignant : M. le D'' Dibrisay est passé de l'Ecole de la Salpêtrière à celle de la Pitié, comme professeur du cours d'Accoucliement, en remplacement de ^I. le D' TiKPA(;i-. accoucbeur de la Pitié,

auquel nous adressons au nom de l'Administration et en notre nom personnel, avec nos regrets nos sincères remerciements pour le concours dévoué qu'il nous a donné depuis 1893 1). Aux cours anciens s'est ajouté le cours de massage. M, le D"" de Frumeiue vous a fait, à titre g-racieux, douze leçons, de même qu'en 1899-1900, sur cet important sujet.

Les exercices praticiaes ont continué a être faits par M""^ BoissiÈRE pour la médecine, M'"* Chineau, sagefemme, pour les Soins à donner aux femmes en couches et aux enfants nouveau-nés, M. Thévexot et M""" Godeau pour la po.se des ventouses, M. Yves et INI'"" Carizet pour les bains et les doucJ>es. Les changements survenus dans les services de Chirurgie, ont obligé l'Administration de faire passera la Salpêtrière, jM™"^ Graby, surveillante, qui depuis 1881, avait fait à la Pitié les examens pratiques de chirurgie. C'est un devoir pour nous de la remercier publiquement de tout ce qu'elle a fait pour l'enseignement pratique d'un grand nombre d'inlirmiers et d'infirmières. Elle a été remplacée par M*"" Laudix, sujipléante diplômée.

Pour la iiiédecine, les exercices pratiques ont eu lieu de 3 à 4 heures, du 3 décembre 1900 au 8 avril 1901 et de G h. 4.") à 7 h. 40, du 8 avril au 8 juillet. G() leçons ont été faites dans une pièce attenante au service et dans les salles j»our l'exécution des prescriptions médicales. Injections sous-cutanées de sérum ou médicamenteuses, injections vaginales, rectales, applications dos pommades, onguents, collyres, cataplasmes, topiques de toutes sortes; change des malades, juiso de la température, examen des urines, etc.)

Le niassage a été fait d'une façon suivie jiar i)lusieurs élèves libres et les trois infirmières du service, sur les malades hommes et femmes et aussi sur des malades du dehors.

Lerj élèves ont également appris à préparer les objets indispenssables pour l'examen de la gorge, du nez,

(1) En lOOO-lOOl, M. le D"- Lepage a été remplacé par un de ses élèves les plus distingués, M. MorcrroTTE. interno des liùpitanx.

des oreilles, des yeux. A rouverlnrc des cours, toutes les élèves libres, qui l'onl bien voulu, ont clé revaccinées et ont assisté aux séances de vaccinalion dans la salle. Plusieurs élèves libres, hommes et femmes, ont suivi les visites en chirurgie et en médecine.

Les cours pratiques de chirurgie ont commoncé le 18 décembre 1900 et se sont terminés le vendredi 12 juillet 1901. Il a été fait 56 cours qui ont été suivis par 29 élèves libres (femmes), G infirmières des établissements, 16 infirmières de la Pitié, 7 élèves libres (hommesl, 3 infirmiers seulement de la Pitié.

Les cours ont été fréquentés très régulièrement i^ar les élèves libres iies deux sexes. 11 est regrettable qu'il n'en ait pas été de môme pour les infirmiers ei infirmières des Etablissements; Tirrégularité en incombe partiellement aux exigences des services auxquelles elles appartiennent.

Les cours ont été faits en trois séries : [° l'asepsie des personnes et des instruments, 2" l'étude des instruments, 8" enfin les exercices de pansements.

L'étude des instruments a été détaillée par opération. Par exemple, on montrait la série d'instruments nécessaires pour la cure radicale de la hernie étranglée, pour la trépanation, la laparotomie, les amputations, la trachéotomie, etc. Le petit opuscule de M'"" Jannon a été, pour celte partie de l'enseignement, d'un grand secours. Citons encore les appareils pour les fraclures. Maintes fois, on est revenu sur la propreté qu'on doit exiger des j)ersonnes appelées à servir dans des salles de chirurgie. L'étude des objets de pansements a été faite avec un grand soin. De très fréquents exercices de pansements sur les malades ou sur le mannequin ont été exécutés dans le but d'obtenir que chaque élève, en fin d'année scolaire, ait ac.:uis le plus d'expérience possible dans la pratique desqiansements, connaisse également très bien les instruments, les bandages, les appareils.

Les examinateurs et nous avons eu le plaisir de constater à l'examen les résultats de l'enseignement pratique en médecine et en chirurgie.

Pour les accouchements, M'"'' Chixeau a fait 8 leçons

à l'amphithéâtre : 4 sur les femmes, avant, pendant et après l'accouchement ; 4 sur les enfants : habillement allaitement, enfants débiles. De plus, elle a fait venir les élèves dans le service pour qu'elles puissent elles-mêmes donner des soins aux femmes en couches, apprendre à emmailloter les enfanis, à reconnaître les instruments et appareils servant en obstétrique.

Le ventouscur et la ventouseuse ont fait chacun 40 leçons sur la pose des vontousfs. Tous les élèves ont été exercés à cette petite opération. Le baigneur et la baigneuse ont donné chacun 15 leçons sur les bains et les douches, ce qui est insuffisant.

Pour éviter aux infirmiers et infirmières des autres maisons des déplacements fatigants et onéreux nous avons demandé à l'Administration, il y a déjà longtemps, d'organiser des cours pratiques auxiliaires h la Charité, à Tenon, à Nccker et à Cochin.

A la Charité (M""' IIunLor). 60 infirmiers ou infirmières ont participé plus ou moins régulièrement, par série de 15, à cet enseignement.

A Nech.er, les cours pratiques sur les appareils, les instruments et les bandages ont été faits par ^P"" IIumber, suppléante. 15 élèves seulement en ont profité, parmi elles une suppléante de Laënnec et deux élèves libres.

Les cours pratiques de petite phai^nacie ont continué dans le même hôpital, sous la direction de ]\L Artreux. Ils ont été suivis à la fin de décembre par 3 1 élèves 1 7 hommes et 1 i femmes appartenant à Xecker, aux Enfants-Malades et à Laënnec, plus 3 élèves libres. Mais comme cela se produit tous les ans, malheureusement, le vide s'est fait dans leurs rangs, soit par changement d'établissement, soit par pure insouciance. Ces cours ont eu lieu tous les jeudis de 2 à 3 heures, ils se sont terminés avec le nombre dérisoire de 14 élèves, repartis comme il suit :

Xecker 2 élèves ,1 homme, 1 femmei, — Enfants-Malades, 7 élèves (3 hommes, 4 femmes); — Laënnec, 2 élèves 1 homme, 1 femme) et une suppléante, Mme Féchamps ; — Elèves libres (3 femmes).

" Durant la période scolaire, nous écrit ]\L Artreux, je me suis efforcé de faire comprendre aux élèves les diffé-

— în/i —

l'cntes manières de l'econnaitrc l(>s médicaments, de les conserver et de s'en servir. J'ai cru l)on de leur faire reconnaitrc également ccrlains médicaments nouveaux et assez en usag-e dans notre maison, tels que: le salicylate de mélhyle, le bromure d'éthyle, etc., et les plantes en usage pour les tisanes. Je leur ai appris à faire des filtres, à trouver le sucre cL rallnimine dans les urines. J"ai aussi attiré leur attention sur l'usage des étiquettes pour les toxiques, les poisons et les médicaments destinés à Tusage externe. I^our me rendre compte du travail de mes élèves, je leur ai fait passer deux examens en leur attribuant des points i)0ur les encourager et pour me permettre d'être fixé sur les parties où les élèves étaient faibles. «

A Tenon, les cours commencés le fi janvier 1001, ont été faits par M""' -Maffkv, surveillante, le samedi de chaque semaine de 1 h. 1/2 à 3 h. jusqu'au 3 mai. Puis de ce jour jus(|u'au Ifi juillet, le nifrdi et le samedi à la même heure. Son cours a porté sur les soins à donner aux malades à leur entrée, les soins préparatoires avant l'opération, sur les instruments, sur les médicaments, les précautions à prendre dans leur administration, enfin les pansements et les bandages.

A l'hôpital CocJrin, M'"" lioissox, sous-surveillante diplômée, a fait cent (jualre-vingt-quatre cours ])ratiques durant l'année, du 3 décembre au 12 juillet.

« Ces cours, nous a-t-elle écrit, ont eu lieu cinq fois ])ar semaine de 2 h. à 3 h. pour les infirmières, de 7 h. à 8 h. jjoui- les infirmi^-rs. — Trente quatre cours supplémentaires ont été faits de 2 h. à 4 h. [)endant les derniers mois aux quinze infirmiers et infirmières se préparant au diplôme pour compléter leur enseignement pratique. Soixante et un élè\es ont assisté régulièrement à ces leçons, dont :

Su)>|il(''ant<'. Infirmières. Infirniiers.

Cochin I .'{3 17

Enfants-Assistés « 4 «

lii-oca « 2 «

La Rochefoucauld « « t

l'^lèves libres « 3 «

Les cours ont porté sur Tapplication des bandages, la reconnaissance et l'administration des médicaments, le nom des instruments et leur préparation pour les opérations. Des pansements ont été pratiqués sur les malades eux-mêmes. On a insisté sur les soins à apporter pour le lavage des mains et pour rajiplication des appareils plâtrés et silicates Des leçons spéciales ont été faites sur la manière de prendre, de lire et de marquer la température des malades ; la confection des lits et leurs modifications, l'application de la glace et les précautions à prendre ; en résumé sur tout ce que l'infirmière est ajipelée à préparer ou à faire dans les salles.

Quelques infirmières ont assisté à une hystérectomie abdominale. De cette façon, elles se sont nettement rendu compte de la conduite à tenir dans une salle d'opérations vis-à-vis du chirurgien et des malades.

Il a été également recommandé à toutes les leçons, que la douceur envers les malades doit être la première des qualités de l'infirmière.

Ces cours pratiques auxiliaires, malgré la bonne volonté et le zèle des maîtres et des maîtresses qui en sont chargés, ne rendent pas tous les services que l'Administration et nous, sommes en droit d'en attendre. Ils devraient débuter dès l'ouverture des écoles, être faits régulièrement trois fois par semaine. Les infirmiers et infirmières des hôpitaux où ils sont installés ainsi que ceux des hôpitaux A'oisins, Laënnec et les Enfants-Malades, pour Necker ; Ricord, Maternité, Clinique Tarnier, Enfants-Assistés, pour Cocliîn, devraient être astreints à les suivre exactement, p«r séries.

Pour compléter ce qui a trait à l'enseignement pratique, nous devons mentionner les exercices de gynécologie organisés dans le service de M, Pozzi à l'hôpital Broca et faits par MM. les D'* .Iayle et Beaussénat que nous remercions de leur ]irécieux concours. Citons encore Vépilation, le rasernent, la coupe des cheveux.

Une seule conférence a pu être faite à la Pitié par l'un de nos internes de Bicètre, ^[. Morel, sur Vidcoolisme. Nous espérons faire mieux l'an prochain, si, comme nous en avons la ]iromesse. les cours recommencent la première

semaine d'octoln^c. Alors 1»^ temps no nous fera pas défaut.

Nous devons enfin remercier les médecins, les chirurgiens et raccouchcur de cet hôpital qui autorisent les élèves libres à assister à leur visite du matin.

Quant aux infirmiers et aux infirmières eux-ménu-s, ils ont un onseignement pratique quotidien dans leurs salles, mais pour le perfectionner, il faudrait dans le courant de l'année scolaire les faire ])asser successivement dans les services de médecine, chirurgie et accouchements. « Pour arrivera un résultat parfait, répétons-nous encore, il faut le concours de tous : nous n'avons jamais cessé d'y faire appel. TjCS surveillantes, les sous-surveillantes, les suppléantes se souvenant de l'enseignement dont elles ont profité, devraient chaque jour dans leur salle, donner des instructions pratiques à leurs infirmiers et infirmières. Les internes des hôpitaux sont aussi en mesure, surtout à leur visite du soir, de conseiller utilement leurs auxiliaires. Enfin les chefs de service, médecins, chirurgiens et accoucheurs pourraient collaborer d'une façon eflicace à cet enseignement durant leur visite du matin. «

Les examens pratiques, qui ont occupé deux longues séances, ont été jiassés par 1 1() élèves, au lieu de 15.5 en 1899-1900 :

Inlinnirres de la Pitié 21

Inlirmiers de la Pillé 8

Tnlirniières des étalilissements -37

Inlirmiers des établisseinenls 15

liilèves libres ( femmes ) 29

— lliommes) 10

TOTAl 110

Ici, comme dans les trois autres écoles, nous profitons de notre assistance constante à ces examens pour relever les certificals. brevets, et diplômes que possèdent les élèves.

Brevets supérieurs.

Brevets éléineiitai'>'\ Certificats d'études.

Élèves Libres .

liilinuici's.

liiliniiièi'cs.

Cette stalistiquc est supérieure à celle de l'avantdernière année scolaire. Parmi ceux qui ont le certificat d'études figurent 2 infirmiers et 6 infirmières de la Pitié qui, après avoir suivi les cours primaires créés en 1898 par ]M. JûLY et dirig-és par M. Gallix, suppléant diplômé, pourvu du In-evet de capacité et par M"*^ Clément, soussurveillante diplômée, pourvue du brevet de capacité, ont réussi aux examens de ce certificat. M. le Directeur de l'Assistance publique, pour les en récompenser et pour exciter le zèle de tous, a décidé qu'un livret de Caisse d'épargne de 20 fr. leur serait distribué. Nous comptons sur son é(fuité pour que la même récompense soit accordée aux infirmières et infirmiers des autres écoles qui ont obtenu le certificat d'études.

87 élèves ont obtenu le cliplôme ; ils se répartissent ainsi.

Iniirmières de la Pitié 16

Infirmiers — — 5

Infirmières des Établissements 23

Infirmiers — — 8

Elèves libres femmes 27

— — hommes 8

Total 87

Ce chiffre est inférieur de 36 à celui de l'année précédente. Le nombre total des diplôiiLcs de la Pitié depuis

iO

ir.

1H83, époque où rAdininislialioii s'est enfin déciclée ;'( auloriseï- la drlivrance des diplômes est de 1703.

Le ta))leaii suivant indi^iue par catégories les diplômés et les non di])l(')més de celle annc'C :

Ont subi Non

l'examen I)i|ilùniés <]i|ilomés.

J']lè\os libres, remnies 29 27 2

— — lioniiues

Iniinnièi-es de la Pitié

Inlinniers — —

Inlinuières des l-^tablissciueiil Intirmiers — —

Totaux 110 87 23

Depuis une 30'' d'années nous avons réclamé de noml)reuscs réformes dans TAssistancc publique, nous avons pu obtenir la réalisation d'un cerlain noml)re d'entre elles : Bibliothèques pour les malades, bibliothèques médicales, augmentation dv l'indemnité des internes, installalion de l'eau de source, boites de journaux dans les gares, assistance et traitement des enfants arriérés, création des médecins accoucheurs, des Ecoles d'infirmières, pensions représentatives, etc. Ici nous n'avons qu'à rappeler ce qui concerne le ijersonnel secondaire à tous les degrés :

1° \juii[jïneniiitU))i des salaires ; — 2" Vltabillement ; — 3" la nourriture ; — 4° les habitations ; — 5" le recrutement et le service de veille : — G° l'organisation d'un musée, d'une bibliothèciue, d"une salle de réunion et d'un amphithéâtre, spécialement destinés au personnel secondaire.

Ce })rogramme de revendications n'a pas été accompli intégralement. Tne partie seulement a été réalisie. Si nous le rappelons, c'est parce ({ue dans les publications de ces derniers temps, les écrivains, médecins et journalistes, ont découvert qu'il y avait des améliorations à ai)[)orter dans votre situation et rjuc précisément ces améliorations sont celles qu'on nous a reprochées si souvent de réclamer avec tant de persistance.

Toutelois, à part ce déni de justice, nous devons nous

lelicitei- du concours qu'on vient enfin nous prêler, ou mieux qu'on vient prêter à votre cause.

Nous aurions à insister sur d'autres points. Ce sera, s'il y a lieu, pour la Salpétrière.

£n terminant, nous avons le devoir agréal)le de renierviev bien vivement M. Mourier, le directeur actuel de l'Assistance pul^lique, du vif intérêt qu'il porte aux Ecoles d'inlirmirres, de ses intentions nettement exprimées, de réaliser les réformes dont nous avons été l'un des principaux initiateurs et d'avoir voulu aussi que les distributions des prix aux élèves des Ecoles soient faites comme i)ar le passé, en public, au grand jour, avec solennité.

A vous, inlirmières et infirmiers, de tenir compte des conseils donnés par vos maitres pendant toute l'année, aujourd'hui par votre président, M. Nielly. Par votre zèle, votre dévouement, votre bonne conduite, secondez les efforts de tous ceux (fui s'intéressent à vous. N'oubliez pas enfin que tout ce ({ui a été fait pour vous, vous le devez à la Répulîlique et, en toutes circonstances, faites envers elle tout votre devoir.

Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de Lariboisière.

CJU juillcl l'.iUl.)

Mesdames, Messieurs,

Noire intention n'est pas de retarder longtemps la distribution des récompenses que vous avez méritées. Nous nous jiornerons à quelques considérations sommaires.

La nêccssilé de renseignement professionnel pour les personnes qui acceptent la tàelie délicate de soigner lea malades est reconnue dans tous les pays étrangers qui comptent parmi les plus civilisés.

Dès la fin dn siècle dernier un médecin, le D'' Valentin Seaman a organisé à New-York une école d'infirmières, probablement la première. Depuis, ce genre d'écoles s'est muUi})lié de telle sorte qu'il n'y a guère de ville un peu importante aux Etats-Unis ({ui ne possède une ou plusieurs écoles annexées iialiirellement aux hôpitaux. Une école d'infirmières sans hôpital ou en dehors d'un hôpital est un non sens et une œuvre incomplète.

Il en existe un grand nombre en Angleterre, dont quelques-unes datent de 18i0 à 1850. Après la guerre de Crimée, sous rinriu(Mice active et puissante de miss Nighttingale, leur nombre est allé sans cesse croissant. Dans les Pays Scandinaves, en Suisse, en Allemagne, les

écoleis d'infirmières fonctionnent régulièrement. En Autriche, particulièrement à Vienne, cet enseignement a été organisé surtout par Billroth et le prince Rodolphe, de tragique mémoire : leur ensemhle porte le nom d'Institutions Rodolphiniennes.

C'est la connaissance de ces écoles, de la littératurft spéciale pour les infirmières, ot aussi parce que nous savions comhien les connaissances professionnelles du personnel secondaire des hôpitaux laissaient à désirei- — elles étaient à peu près nulles, en 1877, sur toute la ligne — que nous avons fait décider par le Conseil municipal de Paris la création des écoles d'infirmières.

L'école de la Salpêtrière a été ouverte lel"" avril 1878 ; celle de Bicétre le 20 mai de la même année ; celle de la Pitié le 24 mai 1881 ; enfin celle de Lariboisière le 18 décembre 1894.

Le prograymne de l'enseignement, élaboré par nous au début, a été successivement amélioré d'année en année avec la collaboration autoiisée de l uis les pr-ofesseurs.

La réforme a fait son chemin. Des écoles oni été créées à Lyon, au Havre, à Reims, à Rouen, à Bordeaux, etc., sans compter plusieurs écoles privées à Paris, l'enseignement de VUnion des femmes de France, de V Association des dames françaises et V École libre de garde-malades de la ville.

M. le ministre de l'Intérieur, tenant compte des vœux du Congrès international de 1889. a fait ctud'er la (jucslion de la création des Ecoles d'infiimières et le programme minimum de cet enseignement par le Conseil supérieur de l'Assistance publique. Ce Conseil, après avoir reconnu qu'il n'y avait pas lieu de toucher au programme d.'^s Ecoles de Paris, a adopté un programme minimum et décidé qu'il convenait d'inviter les municipalités déprovince à organiser dey écoles d'infirmières.

Le Congrès des aliénistes et neurologistes, qui s'ouvre demain à Limoges, a mis à son ordre du jour la question du Personnel secondaire des asiles d'aliénés.

Enfin la Société médicale des hôpitaux de Paris s« i>réoccu])e aujourd'hui de l'enseigiiemenl ei de !a situati )n matérielle des infirmiers et infirmières de tous grades.

Ecoles cVinfirniières. . 15

Son rapporteur, M. le D' Barth, a reconnu loyalement les résultats de l'enseignement professionnel donné dans les (|ualre écoles de Paris. « En somme, dit-il, tout le monde est d'accord })our rendre hommage au dévouement de la grande majorité de nos surveillantes et pour reconnaître les immenses progrès réalisés depuis 20 ans. »

En face de ce mouvement qui s'accentue, il n'y a donc plus aujourd'hui, que les esprits attardes ou les personnes ignorantes des exigences de la médecitie et de la chirurgie modernes qui contestent l'utilité des Ecoles d'infirmières et osent encore soutenir, malgré les résultats acquis, que les sacrifices, très modestes pourtant, consentis par la ville (ie Paris et par l'Administration pour l'entretien de ces écoles sont superflus, que les infirmiers et les infirmières n'ont besoin d'aucune instruction professionnelle, que l'antique et sainte Routine d'autrefois est bien suiîîsante.

Les efforts de vos maîtres, les nôtres, tendent ù })erfectionner sans cesse l'enseignement professionnel, à y faire particii)er Ions les infirmiers, toutes les infirmières. La réalité, ici, i)our cette année, ne répond pas à notre attente. Les infirmiers, en particulier, n'ont pas profité des leçons de leurs mailres. Aucun n'a son diplôme. Ils ont tort Ccir ils fournissent ainsi un argument redoutable contre eux et ])aralysent la bonne volonté de leurs défenseurs.

h'enscignenient devrait être obligatoire pour tous. Une fois que des hommes ou des femmes sont admis à l'hôpital, qu'ils sont en contact avec les malades, sont appelés à leur donner des soins, ils doivent recevoir l'enseignement professionnel, théorique et pratique et cela dans l'intérêt supérieur des malades qui doit l'emporter sur toute autre considération, même celle de l'orthographe. Aucune barrière ne doit s'y opposer. Si barrière' il y a, c'est à rentrée qu'elle devrait être posée.

Nous avons fait allusion aux perfectionnements dont est constcimment l'objet l'enseignement professionnel. Cette année nous avons ajouté au programme un cours de massage qui a été fait avec un zèle aussi actif que gratuit,

par M. le D' de Frumerie. Notre ami le professeur Pozzi et ses assistants, MM. les D'^ Jayle et Baussenat, ont organisé pour les élèves femmes des quatre écoles des exercices pratiques de gynécologie. Tandis qu'ailleurs les infirmières et des sous employées se sont empressées d'en profiter, seules les élèves libres de cette école s'y sont rendues, mais. ni infirmières, ni sous- employées.

En raison du retard de deux mois apporté à la réouAerture des cours, il est d'autres exercices pratiques, faits cependant dans les autres écoles, qui n'ont pu l'être à Lariboisière. Cette excuse ne pourra être invoquée, espérons-le, l'an prochain.

L'innovation la plue heureuse a été la fréquentation par les élèves libres des services de médecine et de chirurgie de cet hôpital et, demain, du service d'accouchements. Depuis plusieurs années cette faculté avait été accordée aux élèves de la Pitié.

Tous nos collègues de cet hôpital, auxquels nous avons demandé cette autorisation, se sont empressés de nous l'accorder. Aussi est-ce avec la plus vive satisfaction que nous leur adressons nos sincères remerciements. Faute de temps nous n'avons pu faire appel à tous; nous n'y manquerons pas dès l'ouverture de la prochaine année scolaire, c'est-à-dire au commencement d'octobre.

Nous croirions manquer à notre devoir si nous ne remercions aussi publiquement, en votre nom et au nom des anciennes élèves, l'une des maîtresses les plus distinguées de l'enseignement pratique des écoles, M"'" Jannox qui, depuis l'ouverture de cetie école en décembre 1894 jusqu'à ce jour, s'est acquittée de son enseignement pratique avec un zèle, une intelligence et un dévouement des plus dignes d'éloges.

En terminant, nous avons le devoir agréable de remercier bien vivement M. Mourier, directeur de l'Assistance publique, de tout l'intérêt qu'il porte aux écoles d'infirmières, de tout ce qu'il a déjà faitpour elles et leurs professeurs, de ses intentions nettement exprimées de réaliser, à votre avantage, les réformes dont nous avons été lu n des principaux indicateurs et d'avoir voulu aussi

que les distrilDutions des piix aux élèves des Ecoles d Intirmièrcs soient faites, comme par le passé, en public, au grand jour, avec solennité.

A vous, inlirmièrcs et inlii'miers, de tenir compte des ■ iseils qui vous sont donnés pendant l'année par tous )s maîtres, qui viennent d'otre résumés par M. le PnÉsioy.\r et par M. le W Cornet. A vous, par votre zèle, voire désintéressement, votre bonne conduite, votre dévouement, à seconder les efforts de ceux qni s'intéressent à votre perfectionnement matériel, moral et intellectuel. N'ouJjliez pas enfin ([ue tout ce qui a ét('' fait pour vous, vous le devez à la lîépul)lique et, en toutes circonstances, montrez-vous ses fidèles défenseurs.

Discours prononcé à la distribution des prix et des diplômes de l'École de la Salpêtrière.

(10 août 19U1.)

Mesdames, Messieurs,

La cérémonie qui nous réunit ici. dans ramphithéâire que nous avons fait aménager naguère i)our notre illustre maître ^I. Charcot et pour vous, termine la vhvjtquatrième année de l'Ecole d'infirmières de la Salpêtrière. Le discours que nous avons l'habitude d'y prononce:* comprend l'exposé des travaux de l'Ecole même, le résumides travaux des quatre écoles et se termine par d , considérations générales sur l'exercice de votre proli s^ sion, les améliorations qu'exige votre situation matériel v morale et intellectuelle, et enfin l'indication des changements survenus dans les établissements hospitaliers au point de vue de la Laïcisation.

En nous imposant chaque année, pour chaque école la tâche de rendre compte des résultats obtenus, notre but est de renseigner exactement l'Administration, le Conseil municipal et tout le monde II s'en suit qu'en parcourant les Palmarès du début à 1900, on a une histoire complète des Ecoles et on peut suivre, année par année, les progrès réalisés au point de vue de votre instruction

priniaiie et professionnelle et l;i marche lro]> lente de la Sécularisation de l'Assistance publique.

L'éco/e primaire a été dirigée par M'"*^* Rosel (I , CornoN (2), Patroueillf, {H\ inslitulriccs, assistées de M'"" Tourte et Imbert l 'i , suppléantes. Le nombre des élèves, à cette école, était de 151 en novembre (5) et de 125 en juin. L'école primaire, au lieu d'être réouverte, selon l'habitude, le l*"'' octobre ne l'a été qu'en novembre. Dix élèves ontobtenu en avril dernier le certificat d'études primaires (5), ce qui porte à 75 le chiffre de ces certificats depuis 1892, année où la Salpêtrière s'est décidée à imiter ce qui se faisait déjà de longue date à Bicêtre. Parmi les élèves les plus méritantes nous devons signaler M"" Fontaine, qui, quoique suppléante diplômée depuis plusieurs années, a suivi les cours primaires et a eu son certificat d'études et ]\p"" Charpentier, OUivier et Robert (6) qui, après avoir développé leur instruction primaire — ■ arrivées al)solijment illettrées — en venant régulièrement à l'école, ont, cetle année, subi avec succès les examens et les épreuves pour le diplôme.

Les renseignements qui précèdent sur l'éco/e primaire de la Salpêtrière nous amènent à demander à M. le Directeur d'encourager les infirmières diplômées de cette année, insutTisamment instruites, à suivre les cours primaires pour se perfectionner et avoir leur certificat d'études et pour cela de maintenir à la Salpêtrière et dans les autres établissements-écoles les infirmières diplômées, à la condition formoUe de fréquenter, à partir d'octobre, les cours primaires en vue de l'obtention, en avril, du certificat d'études et dajourner, après l'examen, réussi ou non, leur départ pour les autres hôpitaux. En ce qui concerne les infirmiers et les infirmières diplômés cette année ou

(I) Brevet élémentaire, certificat d'aptit des pédagogiques. — (2) Brevetsupérieur et certificat d'aptitudes. — (.'^1 Brevet élémentaire. — (4) M'i" Imbert; certificat d'études. Toutes ont leur diplôme d'infirmière.

(5) M""" Bnnnaire, Cougnoud, Duré, Gibert, Hnber, Hochet, Fontaine, Rousseau, Routier, Syvertegarag.

(6) M'»" Ollivier suit l«s cours primaires depuis 189ô, M"» Cliarpentier depuis 1896 et M"°Robert depuis 1897.

les années précédentes et non pourvus du certificat d'études, qui sont dans des établissements où il y a une école primaire (Tenon, Enfants-Assistés, etc.), nous demandons à l'Administration de les inviter à suivre ces coars atin d'avoir leur certilicat d'études, et d'être en mesure d'être premières infirmières, suppléantes, etc. Pour en finir avec l'instruction primaire, nous donnons, sous forme de tableau, la statistique des certificats d'études conquis par cbacune des Ecoles :

Certificats d'études Total des certificats 1900-1901 d'études de l'école.

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