BOURNE VILLE
Les Écoles d'infirmières et la circulaire de M. Combes, Président du Conseil.
En 1871, nous avions essayé, \)i\r rinlcrniédiairo de Dclescluze, de faire organiser un enseignement professionnel pour les infirmiers, les infirmières et les gardesmalades. Les tempa n'étaient pas favorables. Rien ne fut tenté. Six ans, plus tard, nous avons proposé au Conseil municipal de Paris de réclamer à l'Administration de l'Assistance pul)lique la création d'Ecoles d'infirmières. Cette proposition fut adoptée et, de suite, nous nous sommes mis à l'œuvre. L'Ecole de la Salpêtrière fut ouverte le 1*'' avril 1878, celle de Bicétre le 20 mai suivant, de la Pitié le 24 mai 1881, de Lariboisière le 11 décembre 1894, et, entre temps, les Ecoles départementales de l'Asile clinique, des asiles de Vaucluse, Ville-Evrard et Villejuif. Concurremment aussi, nous avons collaboré le plus possible, mais moins que nous ne l'aurions voulu, aux tentativey faites par un certain nombre de villes pour la création d'écoles semblables à celles de Paris et du département de la Seine. Depuis 1878 jusqu'à ce jour, dans des conférences, dans des congrès, aux distributions des prix des Ecoles d'infirmières, dans la presse, nous avons accumulé les documents, multiplié les faits qui montraient la nécessité de ïenseiynentoil in-ofcssionnel du personnel secondaire des hôpitaux.
Dans un rapport au Congrès Internntionnal d'assislance publique de 1880 sur V Éducation professionnelle du personnel hospitalier et sur les écoles cl' Infirmiers et dlnfirmières, nous avons exposé le programme des réformes à réaliser, notamment la création d'écoles d'infirmières, dans les grandes villes, en commençant par celles qui possèdent des Facultés et des Ecoles de médecine, lorelè-
vernent des salaires, l'institution de j)cnsions de repos, etc. A la suite de ce rapport et de la discussion dont il avait été l'objet, les résolutions ci-après furent votées :
1° Le Congrès inritc les ;idr)iinisl rat ions Jiospitalières à ne recruter le personv cl soignaitt les malades, que parmi les pe]-son7ies aijatd reçuunc instruction professionnelle.
\'° Il demande que le traite)nent de ce personnel soit augmenté afin d'en faciliter le recrutement.
3" Il émet le cœu (^ue des écoles jjrofôssionnelles cViU' miers et d'infirmières soient créées dans les villes où cela est possible, surtout celles où il existe des facultés et des écoles préparatoires de médecine.
La circulaire de M. Combes, que nous reproduisons intégralement, réalisera enfin, — si son auteur veiller énergiquement à l'exécution des prescriptions qu'elle renferme — l'idéal ([ue nous avons poursuivi.
Paris, le 28 oclobro l'J02.
Le Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes, A Monsieur le Préfet
I.a loi du 15 juillet 1893, en rendant obligatoire l'assistance médicale aux nialades dénués de ressources, en faisant de cette assistance un service public placé sous le contrôle et la direction de l'État, a imposé à celui-ci le devoir de veille à ce que les malades soient non seulement soignés mais bien soignés.
Plus la science progresse, plus apparaît l'importance du rôle de l'infirmière; plus aussi il devient manifeste que pour remplir ce rôle, le bon vouloir, le dévouement^ l'abnégation même, ne suilisent pas ; il y faut de plus une instruction technique.
Les commissions hospitalières ont l'obligation morale très étroite de ne confier des malades qu'aux infirmières qui ont justifié avoir acquis les connaissances indispensables à l'exercice de leur état. L'administration supérieieure doit tenir la main à ce que les commissions ne manquent pas à ce devoir. L'instruction des infirmières n'est pas moins exigible que la
salubrité des locaux ; elle est même plus nécessaire, car les malades courent plus de dangers, soignés dans des locaux irréprochables par des infirmières ignorantes, que soignés par des infirmières instruites dans des locaux insufïisants.
C'est sous l'inlluence de ces préoccupations qu'en 189!) un de mes prédéce.'^seurs, après s'être éclairé des avis d'une commission spéciale et du Conseil supérieur de l'assistance publique, a tenté d'obtenir la création, au moins dans chacune des villes siège d'une faculté ou d'une école secondaire de médecine^ d'une école d'intirmiéres. Le résultat favorable des études aurait été constaté, après examen, par un diplôme, et le personnel ainsi formé aurait desservi les établissements hospitaliers de la ville et de la région.
Cette tentative est restée à peu près sans effet. Je me vois forcé d'insister, et de vous dire qu'il ne s'agit pas ici de conseils que les commissions hospitalières sont libres de suivre, mais dune obligulion absolue à laquelle elles doivent se soumettre.
Restreindre ces écoles aux villes où existe une faculté ou une école secondaire de médecine est, peut-être, pour l'organisation générale qu''il s'agit de créer^ une base un peu étroite, et sans doute y a-t-il peu de départements où l'on ne trouvera pas, dans le personnel médical du plus important' établissement hospitalier^ les éléments nécessaires pour l'instruction professionnelle des infirmières. En tout cas, c'est à vous, Monsieur le Préfet, que je remetslc soin de rechercher, pour les hôpitaux dont vous avez la tutelle, les moyens de satisfaire aux exigences de la loi.
La commission administrative de chaque hôpital se compose en majorité de vos délégués. Vous devrez lui faire comprendre son devoir de s'assurer le recrutement du personnel capable, soit en créant elle-même' une école d'infirmières, soit en traitant avec un autre hôpital pourvu d'une telle école .
Par une école d'inlirmières, j'entends, non pas une série de conférences au personnel déjà existant, mais une véritable école ouverte à des élèves désirant prendre la carrière d'inlirmières et s'y préparer. C'est bien d'une carrière qu'il s'agit. L'infirmière, telle qu'on doit la concevoir, est absolument différente de la servante employée aux gros ouvrages de cuisine, de nettoyage, etc. Elle est réservée aux soins directs des malades ; c'est la collaboratrice disciplinée, mais intelligente, du médecin et du chirurgien ; en dehors de sa
dignité personnelle, qu'il est essentiel de sauvegarder, elle doit éprouver une légitime fierté d'un état très scientifique. Vous pouvez préparer pour l'école nouvelle un projet de règlement. Les indications qui vont suivre vous aideront dans ce travail. Le nombre des élèves sera nécessairement proportionné aux besoins de la région à desservir. L'expérience a conduit à compter une infirmière par six et par huit malades et un roulement de vingt années. Quelles seront les conditions requises des aspirantes? Il semble que l'on pourrait prendre pour minimum l'âge de 18 ans, pour maximum celui de 30 ans. Il sera indispensable de s'assurer de l'aptitude physique des candidates. Les travaux et les fatigues réservés à l'infirmière réclament un tempérament, non pas seulement sain, mais robuste; la plus élémentaire prudence commande l'exclusion de toute personne atteinte de maladie transmissible, spécialement de la tuberculose ; reportez-vous à cet égard aux prescriptions de la circulaire dn 15 juin 1901.
La parfaite moralité des candidates devra êtrecertitiée. L'on prendra également des garanties au point de vue de leur aptitude intellectuelle. En principe, le brevet de capacité devrait être exigé, et il faut tendre au moment où la justification de ce diplôme sera obligatoire. A titre temporaire, et pour faciliter la transition, on pourrait se contenter du certificat d'études primaires, confirma par un examen spécial d'entrée (orthographe, calcul, rédaction.)
L'enseignement serait donné gratuitement aux pensionnaires dont il ne sera d'ailleurs réclamé aucune rétribution pour leur entretien. Seulement l'élève ou ses parents (en cas de minorité) auront à souscrire l'engagement (ie servir pendant un certain nombre d'années d'assistance. La sanction serait le remboursement des frais d'entretien.
Il faudra rechercher une bonne directrice (I); c'est d'elle en très grande partie que dépendra le succès de l'école. Il importe donc de lui faire une situation convenable permettant le choix.
L'internat sera préférable en principe; il se prête mieux à l'organisation des exercices pratiques, et permet davantage d'inculquer l'esprit professionnel. Pourtant, on ne saurait exclure l'externat, à la condition que les élèves soient danS
(1) Elle devrait toujours posséder son diplôme d'infirmière et avoir exercé sa profession pendant plusieurs années. (B.)
Écoles d'Infirmières, 1901-1902. 22
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leur famille, ou chez des personnes agréées à la fois par la famille (si elles sont mineures) et par l'administration hospitalière.
Le régime de l'internat ne doit d'ailleurs avoir rien de rigide et de morose ; l'installation sera gaie et attrayante ; chaque élève devra avoir sa chambre séparée, meublée sans luxe, mais avec goût ; un réfectoire et une salle de bains seront exclusivement réservés aux élèves, et, de plus, une salle coumume sera mise à leur disposition, où, dans les heures de loisir, elles pourront se réunir, causer, lire et recevoir leurs amies du dehors.
Un uniforme simple et seyant sera donné aux élèves (et plus tard aux infirmières) par l'établissement ; elles pourront le porter même dans leurs sorties. L'esprit professionnel y trouvera profit, et le port de cet uniforme, en inspirant l'estime, constituera une sauvegarde.
Les sorties doivent en effet être libéralement accordées, sauf entente avec les parents pour les mineures. Il ne faut pas cjue les élèves se sentent cloîtrés. Une sortie réglementaire sera accordée au moins tous les quinze jours. L'heure de la rentrée sera fixée de façon à concilier le bon ordre de la maison avec la possibilité pour les élèves de conserver des rapports de société.
Pour l'enseignement, j'ai peu de choses à ajouter aux indications données par mon prédécesseur en 1899. (Vous trouverez en annexe le texte de sa circulaire.)
J'appelle seulement l'attention sur l'extrême importance de l'enseignement pratique. Afin c^u'il soit tout à fait fructueux, il importe d'organiser un roidenienl entre les divers services, particulièrement entre les salles de médecine et les salles de chirurgie, les salles de contagieux et la maternité, chacun de ses services comportant un apprentissage particulier.
L'année d'études sera suivie d'une année de stage que l'élève passera sous la direction de l'école. Comme alors la jeune infirmière sera en état de rendre des services appréciables, elle devra recevoir une rémunération ; cela coûtera peu à rétablissement, puisque le concours des stagiaires permettra de diminuer le nombre des titulaires.
Pour ces dernières, plusieurs classes devront être établies : il importe de ne pas négliger le stimulant de l'avancement liossible. Les Irailenients devront être honorables ; il n'y a .pas lieu de s'effrayer d'avance s'ils sont plus élevés que les traitements actuels : les exigences professionnelles étant
supérieures, il doit être juste que la rémunération le soii aussi.
Des retraites devront être constituées pour les infirmières ayant rendu aux établissements publics des services suffisants.
Dans le règlement hospitalier, il devra être ajouté un article portant qu'une infirmière diplômée ne pourra être congédiée que sur une délibération de la commission administrative, prise le médecin entendu, motivée, et approuvée par le préfet.
Il est très désirable qu'en haut de l'écheUe, et pour diriger le personnel, Ton place une femme. En bas de l'échelle, et pour les gros ouvrages, l'on emploiera des serviteurs et des servantes (1).
On ne pourrait opposer légitimement au projet de création de l'école d'infirmières des motifs d'économie et le défaut de ressources. L'économie n'est pas une raison valable quand il s'agit de procurer à un service public un organe indispensable. Les ressources ne sauraient, d'autre part, manquer à un service qui, à défaut de dotation, est obligatoirement entretenu au moyen de l'impôt. D'ailleurs presque partout la dotation permettra de créer l'établissement nouveau.
Pour le cas où il y aurait nécessité d'édifier de nouvelles constructions, on peut évaluer au maximum les frais de première installation à 4.000 francs par élève. Pour vingt élèves, chiffre suffisant en moyenne, on n'aurait donc à prévoir qu'une dépense de 80.000 francs. Grâce au concours qu'il est permis d'attendre du département, de la ville, des hôpitaux à desservir, de la commission spéciale de répartition des fonds du pari mutuel, laquelle sans doute se montrerait disposée à contribuer laru'ement à ces travaux, la dotation de l'hôpital ne serait que fort peu diminuée par les frais annuels de l'école. Le résultat de cette diminution ne pourrait être que le nombre des lits entretenus au compte de Thospice par application de la loi du 7 août 1851 serait légèrement réduit, et que, pour ces lits, que l'hôpital ne pourrait plus entretenir, la dépense serait à la charge du service de Tassistance médicale gratuite. Celle-ci doit, en effet, suppléer à l'insuffisance des ressources propres de l'hospice. Si les choses sont menées
(il Nous pensons que les cours des futures écoles seront publics et gratuits; que les « serviteurs et servantes », mots que nous avons fait supprimer et que nous voyons rétablir avec peine, les gardes-malades de la ville et les mères de familles pourront les suivre. (B.)
avec la prudonoe et l'esprit d'économie qui devront préside à toute l'opériition, la charge nouvelle qui, de ce fait, serait repartie entre les collectivités tenues à l'assistance serait presque insensible.
Je viens de dire que les frais de fonctionnement do l'école seront bien élevés. J'espère qu'ils se réduiront à l'entretien des élèves pensionnaires, et que l'enseignement pourra être assuré par le concours bénévole de professeurs universitaires ou de médecins de l'établissement ; ces derniers surtout seront heureux de participer à une réforme qui leur donnera des auxiliaires vraiment capables de les seconder. Aux uns et aux autres les encouragements du gouvernement ne feraient pas défaut.
Des bourses seraient vraisemblablement constituées, soit par le conseil général, soit par les villes et les hospices de la région, pour ces derniers moyennant l'engagement d'accomplir les années de service public dans la ville ou l'établissement qui accorderait la bourse.
Quant au surplus, l'hôpital, en restreignant le nombre des lits entretenus par application de la loi du 7 août iSôl, compenserait la charge nouvelle qui pèserait sur les revenus de la dotation (1).
Il importe, en tous cas, d'aboutir. C'est une œuvre importante, une œuvre d'avenir que je vous invite à entreprendre, et dont les derniers termes seront d'une part un service public convenablement outillé, d'autre part un débouché ouvert aux activités féminines sur le terrain où elles peuvent se déployer le plus utilement.
On ne doit pas admettre plus longtemps que les malades soient confiés aux soins de personnes dont les preuves d'instruction spéciale ne sont pas fournies. La justification d'aptitude, qui est exigée de ceux qui veulent enseigner, doit l'être avec autant de raisons au moins de ceux qui s'offrent à soigner les malades, jusqu'ici l'ignorance peut, en dépit des sacrifices de la Société et de la science des médecins, causer la mort des malheureux qui viennent dans nos hôpitaux chercher la guérison.
Dès que cette lettre vous sera parvenue, vous voudrez bien m'en accuser réception, et me faire connaître l'état de la question dans votre département, les ditllcultés que vouspré-
(1| Voir, pour les économies à réaliser, sans diminuer les lits, les lettres de MM. Arcangel et Kubregas (p. 178 et ;i07, SU et 313).
voyez, ainsi que les moj'ens que vous comptez prendre pour les surmonter. J'attache une très sérieuse importance à l'exécution des présentes instructions : je désire que vous la preniez personnellement en mains et je vous saurai g-ré des succès que vous y obtiendrez.
Le Président du Conseil, Ministre de Tintérieur et des cultes, Signé : E. Combes.
L'un des obstacles ({ui s'opposera à la création des écoles d'infirmières viendra des commissions administrati\'es des hospices. j\L Combes rappelle aux Préfets « que ces commissions sont composées en majorité de leurs délégués. « Or, comme nous l'avons dit bien souvent et le démontrons plus loin, les délégués des Préfets sont en général opposés à toute réforme (p. 325).
^I. Combes voudrait que les candidates infirmières soient pourvues du brevet de capacité. Pendant bien des années encore, il ne sera même pas possible d'exiger le simple certificat d'études, par suite de la non-exécution de la loi sur l'obligation de l'instruction primaire. A Paris, l'administration de l'Assistance publique est forcée d'accepter des femmes qui. loin d'avoir ce cerJifîcat, ont souvent une instruction primaire rudimentaire. Il n'y a pas longtemps, par exemple, qu'on ne prend plus, à la Salpêtrière, de Bretonnes bretonnantes. Cette condition ne sera réalisable que lorsqu'on donnera aux infirmières des chambres individuelles, un traitement et une nourriture convenables, une pension de repos, qu'on les entourera de considération, autant do conditions propres à faciliter un meilleur recrutement .
Au point de vue de l'enseignement pratique, M. Combes recommande « d'organiser un roulement — le mot est de nous — entre les divers services, particulièrement entre les salles de médecine et les salles de chirurgie, les salles de contagieux et la maternité il). C'est là une pratique que nous réclamons depuis une vingtaine d'années dans les établissements-écoles de Paris sans pouvoir l'obtenir.
(1) Il faudrait y ajouter, pour les raisons uue nous avons souvent exposées, le passage dans le quartier d'aliénés ou dans l'asile d'aliénés voisin.
Les instructions de M. Combes nous feront peut-être obtenir enfin satisfaction.
M. Combes insiste sur la nécessité des pensions de repos ou des retraites. Dans l'établissement de ces retraites, que nous n'avons cessé de réclamer, il faudrait faire entrer en ligne de compte toutes les années passées dans les établissements puljlics municipaux, départementaux, nationaux.
Nous ne pouvons aussi que nous associer à l'idée de création de tionrses. que nous avons fait instituer autrefois à Paris, et que nous avons réclamées maintes fois du Ministère de 1 Intérieur en faveur dos villes de province, en prélevant le crédit nécessaire sur le pari mutuel.
Pour l'organisation des^ écoles, M. Combes fait appel « au concours bénévole des professeurs universitaires et des médecins des hôpitaux... Aux uns et aux autres, ditil, les encouragements du Gouvernement ne feront pas défaut. « Cela ne nous parait pas admissible. A Paris, dans les débuts, les professeurs, nos amis, ont fait leurs cours gratuitement. Nous avons pensé, et le Conseil municipal nous a donné raison, qu'on ne pouvait accepter indéfiniment un concours gratuit. Nous-même, pendant quinze ans, sans aucune indemnité, nous nous sommes occupé ardemment de la direction des écoles, du perfectionnement continu de l'enseignement. M.Peyron a pensé un jour ({u'il y avait des limites au sacrifice et nous a fait allouer une modeste indemnité.
Nous aurons sans doute l'occasion de revenir sur quelques points de la circulaire remarqual)le de M. Combes. Les écoles d'infirmières et la laïcisation des hôpitaux nous ont coûté assez de sacrifices, de la])eur. d'injures et de calomnies de toutes sortes pour que nous ne soyons très heureux d'espérer voir enfin la réalisation des réformes pour lesquelles nous luttons depuis si longtemps. Espérant que M. Combes veillera à ce que ses instructions soient obéies et se fera rendre un compte exact de ce que ses préfets daigneront faire, nous nous permettrons de lui adresser nos plus sincères félicitations {Progrès médical du -20 déc. 19021. Bourxeville.
La circulaire Combes et les Écoles d'infirmières.
Cette circulaire parait avoir été communiquée aux commissions administratives des hôpitaux et hospices, si nous en jugeons par l'extrait suivant de la séance du 9 décembre du Conseil municipal de Salins (Jura , emprunté à la Démocratie Jurassienne du 14 décembre.
La commission administrative do l'hospice, dit le maire, M. Champon, s'est réunie le 4 courant.
« Le président a donné lecture de la circulaire de M. le Président du Conseil relative à la création d'écoles d'infirmières. Le principe n'est pas admis par la commission. La majorité de la commission est d'avis qu'il n'y a lieu de rien changer au système en vigueur dans rhôpital. M. Champon, seul, s'est déclaré partisan de la réforme proposée. »
Conformément à l'article 10 de la loi du 7 août 1851, le Conseil municipal est appelé à donner son avis sur cette délibération.
Après lecture de la circulaire précitée et de la délibération prise par la connnission administrative de l'hospice le 4 courant^ en suite d'une discussion à laquelle prennent part tous les membres de l'assemblée, l'avis suivant est adopté par 14 voix contre 3 et une abstention.
f( Le conseil est d'avis que les commissions hospitalières et les bureaux d'assistance aient l'obligation très étroite de ne confier des malades qu'à des infirmières qui ont justifié avoir acquis les connaissances indispensables à l'exercice de leur état (1) :
« Qu'il y a lieu de créer une École cV infirmières dans le
. (1) De même qu'on exige le brevet de capacité pour enseigner dans les Ecoles, de même, avons-nous dit, il faut, dès qu'il y aura un nombre suffisant d'écoles d'infirmières, exiger le diplôme d'infirmière pour soigner les malades dans les Hôpitaux.
département du Jura, à l'iiopital de Dûlc ou de Lons-lc-Saunier ;
« Que l'hôpital de Salins peut et doit créer au moins deux bourses h l'école d'infirmières. Le bureau de bienfaisance et la ville, voulant de leur côté assurer le service des malades traités à domicile par une infirmière diplômée, il y aurait probablement une troisième bourse fondée par la ville et le bureau de bienfaisance, ces bourses seraient temporaires; que quatre infirmières paraissent nécessaires au service de l'hôpital.
Ont voté pour : MM. Champon, Uodet, lleddet, Dole, Mour- Iheaux, Grenaud, Tonnaire, Thurel, Rouget, Faton, Jeandenand, Bernard, Holier et Godé. Ont voté contre : MM. Gabet, Cuisinier et Bouvet.
Nous ne pouvons quapplaudir au vote du Conseil municipal de Salins, en harmonie avec la circulaire de M. Combes. Mais nous devons relever le vote de la commission administrative dont une partie des membres est nommée par le préfet, agent du Gouvernement. D'une part, le Gouvernement veut créer des Ecoles dinfirmicres, avoir partout dans les établissements hospitaliers municipaux, départementaux et nationaux, des infirmières instruites, diplômées, et d'autre part nous voyons le Gouvernement, par ses préfets, composer les commissions administratives de gens, qui ignorant sans doute tout ce ({ui se fait, partout, sauf en France, pour l'instruction des infirmières, se déclarent carrément hostiles à des réformes indispensables. Il est donc urgent que M. Combes donne des ordres à ses préfets pour mettre fin à une situation aussi anormale ÎPfogrcs médical^ 20 déc. 1902) ili. B.
(Il A Evrcux, le Conseil municipal a voté la laïcisation de riiôi)ital. La Commission administrative de l'établissement, consultée, a émis un avis défavorable. Peu après, deux des membi-es d^. cette Commission, nommés naguère par le Préfet, qui avaient voté contre, sont sujets à reinvestiture . le Préfet s'empresse do les renommer, véritable défi au Conseil municipal d'Évreux !
Les commissions hospitalières et les surveillantes laïques.
L'administration de l'Assistance publique a lait apposer dans quelques hôpitaux l'avis suivant :
« La Commission administrative des hospices civils d'Arles demande quatre hospitalières diplômées et vivant seules pour desservir ses établissements, l'une en qualité de surveillante générale, les autres de surveillantes. Cette administration désirerait que, parmi ces trois dernières, il y en eût une possédant des connaissances pratiques nécessaires pour assurer le service de la pharmacie sous le contrôle d'un pharmacien titulaire. Avantages: Prestations en nature équivalentes à celles allouées à notre personnel.
« Traitement en argent : surveillante générale, 80 francs par mois ; surveillantes, 50 fr. par mois. Les candidates sont priées de se faire connaître immédatement et par écrit au bureau du personnel. »
Il devrait en être ainsi pour toutes les demandes adressées par les municipalités ou les commissions hospitalières, c'est-à-dire que l'Avis devrait être opposé, bien en évidence, dans tous les hôpitaux.
Les personnes choisies devraient être astreintes, avant leur départ, à suivre, le matin, la visite d'un service médical ou chirurgical, dans l'après-midi les exercices pratiques et, le soir, les cours professionnels de Tune des Écoles et, dans certains cas, participer à la confection des remèdes.
Écoles d'Infirmières, 1902-1903. 23
École d'Infirmiers et dinfirmières des Hospices de Montpellier.
M. le Secrétaire de la Rédaction du Progrès Mcdical.
Les cours d'Infirmiers et d'Infirmières ont été inaugurés dans les hôpitaux fie Montpellier en décembre 1808. Une subvention de mille francs a été votée parle Conseil municipal, afin que les personnes étrangères aux hôpitaux puissent gratuitement les suivre.
Le Mnruiel des Infirmiers et Infirmières de M. le D'' BouB- NEviLLE a été mis gratuitement entre les mains de nos servants et le programme suivi a été celui cjui a été indiqué par le Conseil supérieur de l'Assistance publique.
La première année 1898-18'^9, les auditeurs étaient au nombre de 7G : 21 infirmiers; 14 infirmières; 42 sœurs de Saint- Vincent-de-Paul; 10 personnes venues de la > ille.
Les cours suivants ont été régulièrement faits : Médecine : Professeurs, MM. Carrière et Ilamelin; — Chirurgie : Professeurs, MM. Tédenat, Forgue, Estor; — Phurmacie : Profes-. seur, M. Jadin.
Chacun a montré la plus grande assiduité, et l'œuvre semblait assurée. Aux examens de fin d'année, le personnel des hôpitaux seul s'est présenté. 15 hommes et G femmes obtinrent le diplôme. Les sœurs ne jyensérent pas devoir affronter un examen public.
La Commission des Hospices accorda aux élèves ayant eu à leur examen la mention très bien un livret de caisse d'épargne de 25 fr. et aux infirmiers et infirmières diplômées une augmentation mensuelle de 5 fr. pour les hommes, et 3 fr. pour les femmes.
En 1899-1900, pour décharger les chefs de service d'un cours qui prenait trop de temps, l'Administration confia à M. le professeur agrégé Imbert le cours de chirurgie, et à M. J. Malbois, chef interne, celui de médecine. M.Madin, pharmacien en chef, resta toujours chargé du cours de petite pharmacie. M. Tessié, administrateur, fut chargé du cours d'administration hospitalière.
Les sœurs ne crurent pas devoir assister à ces cours, el furent remplacées par 22 élèv 's sages-femmes, qui furent d'autant plus assidues que quelques matières du cours
n'étaient pas dans leur programme technique. 14 infirmiers, 17 infirmières, 5 personnes étrangères.
La durée de ces cours fut de sept mois, décembre à juin. Aux examens, Ô infirmiers et -2 infirmières obtinrent seuls le diplôme. Les autres élèves crurent inutile de se présenter à l'examen final.
En 1900-1901, M. le professeur Imbert continua son cours de chirurgie et M. Puyg, celui de médecine en remplacement de M le D' Malbois MM. Jadin et Tissié continuèrent l'un le cours de petite pharmacie, l'autre d'administration, 24 élèves sages-femmes, 26 infirmiers, 12 infirmières, 3 personnes étrangères s'inscrivaient pour suivre les cours. A la fin de l'année, comme précédemment, les infirmiers et les infirmières seuls se présentèrent à l'examen. 4 infirmiers et 2 infirmières obtinrent le diplôme. Deux infirmiers avec la mention Très bien.
Le jury se montra, il est vrai, plus sévère, en exigeant une instruction primaire plus élevée et une instruction technique plus forte que les autres années.
Le niveau général semblait plus élevé également. Cette année, les cours sont suivis par un égal nombre d'infirmiers et d'infirmières. Les élève sages-femmes assistent aux cours et deux ou trois personnes étrangères au personel hospitalier.
Chaque année, à l'ouverture des cours^ des circulaires indiquant le but de l'Ecole sont envoyés dans les Ecoles supérieures et primaires de la ville, etune propagande se fait pour attirer les jeunes filles ayant leurs brevets, de façon à former un noyau d'infirmières qualifiées. Les résultats semblent nuls.
Cela vientde la rémunération absolument illusoire que l'on offre au personnel hospitalier, 18 fr au début pour les femmes et 25 fr. pour les hommes, pas de gratifications assurées à la fin de l'année. Dans ces conditions, le recrutement d'un personnel capable semble impossible. Il y aurait lieu si le budget le permettait, de modifier cet état de choses et d'essayer de faire ap el à l'intérêt, pui-.que le sentiment du devoir et l'attrait du dévouement aux maladies semblent sommeiller encore dans le cœur déjeunes filles qui sembleraient toutes désignées pour se vouer â cette œuvre si belle et si noble à la fois.
Veuillez agréer^ etc.
Année scolaire 1902-1903.
Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de Bicêtre.
(18 juillet 1903.1
^[esdames, Messieurs,
Je remercie vivement votre professeur, mon ami le D"" Nom, d'avoir consenli cette année, comme il Ta fait déjà en 1898, à exposer l'histoire des travaux de cette école durant l'année scolaire 1902-1903. En toute autre circonstance, j'aurais peut-être trouvé un peu trop laudative l'appréciation de la réforme que j'ai entreprise, mais il s'agit du 25'' anniversaire des Ecoles d'Infirmières — leurs noces d'argent, et j'aurais mauvaise grâce à ne pas le remercier bien cordial, ment d'avoir rappelé tout ce que j'ai fait pour vous durant un quart de siècle, pour organiser, améliorer sans cesse votre instruction professionnelle, relever votre situation matérielle et morale et faire de vous, autrefois serviteurs et servantes, de véritables infirmiers, de véritables infi-mières. Il a rappelé en excellents termes, que le but principal poursuivi par nous, était de créer l'enseignement iirofessionnel en vue d'assurer aux malades, qui sont la préoccupation constante, al)solue, des médecins et de leurs auxiliaires, des soins intelligents, scientifiques et dévoués.
Je ne veux pas vous faire de discours, mais je tiens à préciser quelques-uns dos exercices pratiques, ajoutés à ceux qui sont faits régulièrement d'octobre à juillet à l'Infirmerie générale par M'"'' Chcvallet et M"'' Lorcet ; aux incurables par M. Péju.
1° La vaccina.tion, a été pratiquée régulièrement dans mon service, au cours de l'année, suivant une coutume
ancienne, par 1cî3 infirmiers et lés infirmières de la maison, avec la collaboration de mes internes et de mes soussurveillantes. De plus, un certain nombre d'élèves libres des autres écoles y ont participé. Chaque séance a été précédée d'explications détaillées sur le vaccin, et sur l'opération. De plus, nous avons profité des autopsies pour montrer dans quelle partie de la peau se fait la piqûre, pour la faire faire par les élèves, leur donnant ainsi plus d'assurance. Puisque nous leur parlions de la peau, des parties qui la composent, nous avoirs été amené à leur apprendre ce qu'est le tissu cellulaire sous-cutané, ses différences d'épaisseur selon les régions, selon le degré d'embonpoint ou de maigreur du sujet. Et cela, pour leur •expliquer ce qu'elles font quand elles pratiquent une injection sous-cutanée. Cette leçon de choses, d'une utilité incontestable et qu'il faudrait répéter dans toutes les écoles, a été très appréciée de toutes les élèves qui y ont assisté.
A ces exercices de petite chirurgie, qui montrent la nécessité de l'enseignf'ment de notions élémentaires d'anatomie, enseignement qui, dans cette mesure restreinte, devrait être fait dans les lycées et les classes les plus avancées des écoles primaires, nous avons joint des leçons d'anatomie topographiqut. sommaires. A chacune de nos autopsies, nous avons faii v nir un petit groupe des meilleurs infirmiers et infirmières de Bicètre, et nous leur avons fait voir les différents viscères du corps humai . en insistant sur leur siège par rapport les uns aux autres.
Par exemple, le larynx, la glotte et l'épiglotte, la glande thyroïde et la trachée, les bronches, les poumons, le cœur et l'aorte, le diaphragme, etc. Les uns et les autres, comprennent alors d'une façon très nette les planches murales et les projections qu'on leur fait voir au cours d'anatomie et de physiologie.
Les leçons de rasement, que nous avons instituées il y a longtemps, après une suspension, ont été reprises il y a cinq ans. Elles sont faites par le chef barbier, M. Ala-
voiNE, avec le concours des aides barbiers des quatre sections de la division des aliénés (1). 23 infirmières et 59 infirmiers, du 1" novembre au 15 juin 1903, ont suivi ces cours avec assiduité et savent raser.
Nous avons appris aux infirmiers et infirmières de notre service ii prendre des notes sur nos malades, afin de nous renseigner au moment du certificat de quinzaine qu'exige la loi sur les aliénés. De plus, ils sont dressés à faire le mieux possible, la. description, très difficile, des accès d'épilepsle et des attaques d'hystérie. Tous les infirmiers et infirmières doivent être habitués à rédiger des notes sur les malades entrants, sur les malades qui, entre deux visites du médecin, ont offert des accidents. C'est là une des tâches les plus délicates des maîtresses des cours pratiques, qui a été accomplie durant plusieurs années à la Pitié, par MM'"''* Boissière et Graby et qui devrait être généralisée.
Nous avons l'habitude, depuis bien des années, d'apprendre à tous les infirmiers et infirmières qui passent dans notre service, h donner des douches d'une façon convenable. Sachant par expérience, combien les doucheurs et les doucheuses sont ignorants sur la véritable manière d'accomplir ce travail, depuis plusieurs années, nous avons étendu cet enseignement pratic^ue aux doucheurs et doucheuses des trois autres sections d'aliénés, et aux élèves diplômés de l'hospice. Puis, nous avons demandé à l'Administration de nous envoyer ici, où, du l*^"" avril au l*^'' novembre, il est donné quatre à cinq cents
Inf
irmières.
Inf]
rmiers.
Total.
(1) Alavoine,
chef barbier (divisions).
Roux,
aidc-barbier (5' 1")
Galmiche.
Lacroix.
Kraëmer.
— (5' 4" et
Fondation Vallée.
Totaux. 23 59 82
douches par jour, les doucheurs et les doucheuses des établissements-écoles, afin de nous rendre compte de la façon dont ils dressaient les élèves de leur école respective. Nous avons fait des constatations pénibles, qui nous ont incité à continuer régulièrement les leçons de douches. Enfin cette année, nous avons fait venir à Bicêtre, toutes les élèves libres de bonne volonté des écoles de la Pitié, la Salpètriére et Lariboisière. Malgré la distance, elles s'y sont rendues en grand nombre.
En vous donnant des leçons de douches, en vous faisant connaître la maneuvre des appareils, nous avons plusieurs buts : 1'^' De vous montrer ce qu'est un service de bains et d'hydrothérapie, car, à mon avis, vous devez connaître tous les organismes d'un hôpital.
2° De vous mettre en mesure de remplir les fonctions de baigneuses et de doucheuses si TAdministration, à 1 improviste, vous charge de donner des bains et des douches, soit comme titulaires, soit en remplacement ; soit aussi pour permettre aux élèves libres, exerçant le métier de garde-malade, de renseigner leurs clientes sur ce que sont les douches, la nécessité de se conformer aux prescriptions du médecin, leur faire comprendre, que loin d'être un supplice, les douches administrées convenablement, sont plutôt agréa])les et ne peuvent que leur être très utiles.
Ayant donné des douches elles-mêmes, ayant vu avec quelle facilité les enfants arriérés de Bicêtre les prennent, elles pourront convaincre même les personnes qui ont le plus de préjugés contie l'hydrothérapie, qui constitue l'un des moyens de traitement les plus actifs et les plus efïîcaces dont dispose le médecin.
Aux douches encore, vous avez reconnu l'utilité des notions d'anatomie, pour envoyer le jet de la douche sur la région indiquée, quand il s'agit de douches locales ou parlielles : douches hépaticiues ou sur le foie, douches spléniques ou sur la i^ate, douches hypogastriques, véri- 7iéales, sur certaines régions de la poitrine [tuberculose, bronchite chronique) etc.
Vos dortoirs n'ont pas subi d'am-^lioration. Toutefois rAdminislration. (mi vue d atténuer l'inconvi^nient de leur haliilalion. a eu l'Iuuircuse idée, souvent émise dans nos discours, de laisser hahiic au dehors les infirmières mariées, en leur accordant une légère indemnité (1).
Depuis 1893, chaque année, à l'une ou à l'autre dos distributions des prix d(!s Ecok^s d'infirmières etd'infirmiers, avec une persistance digne d'un meilleur sort, nous avons demandé h l'Adininislration de remplacer, en été, les vêtements do drap loiii'Js, épais, incommodes et malsains, que portent constamment, du P'' janvier au 31 décembre, les infirmiers, et qui constituent pour eux, pendant la saison chaude. u;i véritable supplice, par des vêtements légers, commodes et sains, en toile ou en coutil. Dans ces dernières années, nous avons appuyé notre réclamation sur des exemples, empruntés à diverses administrations, celles des postes et télégraphes, des services pénitentiaires, des promenHdes et plantations, entres autres, de la police eu province (sergents de ville de Reims, des Sabl s d'Olonne. etc.) L'an dernier, nous avons cité l'expérience en cours à l'asile de Villejuif. L'Administration de l'Assistance publiijue, qui devrait être la })remière à réaliser les réformes qu'exige l'Hygiéne, est restée sourde à r.os vœux, fidèle expression des réclamations de son [personnel.
Eh bien cette petite réforme est réalisée maintenant dans les asiles de la Sein.', à la suite d'un rapport que nous avons présenté à la Commission de Surveillance des asiles. Tous les médecins des asiles consultés par l'adminisi ration préfectorale sur cette modification, comme ils le sont sur ce qui concerne leurs services, même sur le changement du personnel secondaire, avaient émis un avis favorable. Si l'Administration de l'Assistance jjublique n'a pas eu la priorité de cette réforme, la faute ne nous
(1) Lors de la créition de notre service, nous avons réclamé et obtenu l'installation de chambres iiarticulieres.
en incomlje pas. Nous espérons que l'expérience heureuse, faite dans les étalilissenients départementaux, décidera M Mesureur, dontl' sprit est ouvert à toutes les réformes, adonnera tous s. s infirmiers une tenue d'été en harmonie avec les exigences de l'Hygiène.
D'une façon générale, je dois vous féliciter, Mesdames et Messieurs, de l'assiduité que vous avez mise à suivre les cours professionnels. J'insiste encore une fois, pour que ceux qui entrent au cours de Tannée scolaire soient autorisés à assister aux leçons, et profitent de l'enseignement qui est donné. Ils se trouveront mieux préparés à bénéficier des cours de l'année suivante. D'autre part, nous estimons que, dès qu'un infirmier, une infirmière entre en contact avec les malades, on doit les mettre en mesure de s'instruire, afin de mieux connaître leurs devoirs et de mieux soigner les malades.
Nous avons ici un service de contagieux Mctif. Nous avons toujours regretté d'j' voir mettre de jeunes infirmières, exposées par leur âge à contracter les maladies des enfants qu'elle- soignent. Dans les services de ce genre, il conviendrait de ne placer qu'- tes infirmières .d'un certain âge ou des infirmières qui ont eu, comme cela se rencontre, à peu près toutes les maladies conlagieuses. Je prolite de cette occasion, pour vous conseiller de réclamer de votre chef de service, dès que vous êtes guéris, un certificat constatant la maladie que vous avez contractée dans l'exercice de vos fonctions. Chaque infirmière, chaque infirmier devrait avoir son ol)servation.
Les renseignements que nous venons de donner, montreront à tous ceux qui n'ont pas de parti ;'ris. que l'enseignement des Ecoles a un caractère tout à fait pratique que les efforts de vos maîtres, de vos maîtresses tendent à vous mettre en mesure de connaître à fond votre profession, de bien servir les malades.
Tenez compte des conseils que viennent de vous donner M.' Noir et M. Tinière que nous remercions de ses bonnes paroles à not'^e adresse et, en toutes circonstHnces, soyez de véritables laïques, des serviteurs dévoués de la République
Discours prononcé à la distribution des prix de rÉcole de la Pitié.
(-20 juillet 1903.)
Mesdames, Messieurs,
Suivant l'habitude nous allons vous résumer tout d'abord l'histoire de l'Ecole d'infirmiers et d'infirmières de la Pitié, puis nous vous cxposero-^s quelques considérations générales, relatives à l'enseignement professionnel.
Ici, de même qu'à Bicétre, à la Salpétrière et à Lariboisière, une école primnire est annexée à ïécole professionnelle.
Les cours primaires ont commencé le 8 octobre 1902. Pendant les mois de janvier, février et mars l'instituteur M. Gallix et l'instilutricc M'"^ Clément ont donné aux élèves qu'ils devaient jjrésenter au certificat d'études des leçons supplémentaires qui duraient de 8 à 10 heures du soir. Au début, les élèves étaient au nombre de 43 : 28 femmes et 15 hommes. A la fin de mars, ce nombre était réduit à 17:7 femmes et 10 hommes. 3 femmes et 7 hommes, présentés au cerlificat d'études, ont été reçus.
Ce résultat fait honneur au maitre et à la maîtresse des cours auxquels nous sommes heureux d'adresser nos félicitations et dont nous signalons les services exceptionnels à l'Administration. Il est à regretter que les infirmières n'aient pas mis plus d'empressement à profiler des moyens de s'instruire qui sont mis à leur disposition, alors que les places s'oiïrcnl, à elles, de plus en plus nombreuses. Aussi demandons-nous à 1 Administration de perfectionner l'organisation des cours primaires et d'obliger toutes celles
qui n'ont pas leur certificat d'études à les suivre régulièrement, ici et partout.
L'École primsiire de la Pitié, due à l'initiative de M. JoLY, a été ouverte !e 8 décembre 1898. Elle a obtenu jusqu'à ce jour 39 certificats d'études.
Nous croyons devoir donner quelques détails statistiques sur les cours primaires institués dans quelques hôpitaux. A l'hôpital de Berck fM"* Jeanne Guillaumin), 9 certificats d'études; — Aux Enfants-malades par suite, sans doute, du recrutement défectueux du personnel, aucune infirmière n'a été en mesure d'être présentée à l'examen. — A l'hôpital Tenon (M"'^ Dubourg), un infirmier et 6 infirmières ont été reçus. Aux Enfants-assistés et à l'annexe de Thiais, sept infirmières ont eu leur certificat d'études. Les cours sont faits depuis longtemps par M"*^ Glais, qui a reçu les palmes académii|ues en janvier dernier, juste récompense de ses longs et dévoués services, et, plus récemment par M"'' Guillaume. Rappelons que Bicétre a obtenu 10 certificats d'études, la Salpêtrière 10, Lariboisière 12 (1), soit au total 65 pour 1903.
h'enseignemejit professionnel a été fait régulièrement, suivant le programme, perfectionné chaque année par tous vos maîtres, qui sont restés les mômes que durant l'année précédente. Il a été complété, ainsi que cela a lieu depuis 1899 par le cours de massage de M. le D"" de Frumerie, par les exercices de gynécologie, faits dans le service de notre ami M. le professeur Pozzi à l'hôpital Broca, par MM. les D""* BEAUSSEXATct Jayle. Enfin par des conférences de M. le D'" Cornet sur les sigries de la mort, sur les différents modes de sépultures et le rôle de l'infirmière et en cas de décès ; par ^I. Laurexs sur les dangers de l'alcoolisme, par M. le D"" Poulabd sur les maladies des yeux et sur le rôle de Vinfirmière dans leur traitement. De plus, M. Poulard a fait une revision générale, avec projeciions, de son cours de physiologie.
(1) En neuf ans, M""" Obin charg-ée principalement de l'école primaire a fait avoir 126 certificats d'étude.
Le nombre des inscriptions en 1902-1903 a été de 282 :
Femmes.
Elèves libres 60 \
Infirmières de la Pitié 42 | 179
Infirmières des Établissements. . . 77 )
Hommes.
Elèves libres {[ \
Infirmiers de la Pitié 37 | 103
Infirmiers des Établissements 55 )
Aux dernières leçons, à la fin de juin, il restait 126 élèves ainsi repartis :
Femmes. \
Élèves libres 35 \
Infirmières de la Pitié 22 1 94
Infirmières des Établissements . . 37 /
Hommes.
Élèves libres 2 ^,
Infirmiers delà Pitié 17 [ 32
Inlirmiers des Etablissements. ... 13 )
Les exercices pniliques ont été faits pour la médecine par INl"'' JouANETAUD, survcillanle, pour la chirurgie par M"^ L4UD1N, surveilhinle. pour ïenimaillolement et les soins à donner aux femmes en couches, à titre gracieux, par M""" CHINE.A.U. sage-femme en chef de la Pitié; pour les ventouses par M. Thévenot, suppléant et M""= Godeaut, 1''^ infirmière; pour les baiiis et les douches, par M. Gobil-
LOT et >!'"•= POUJOL.
Les exercices pvaticiues de médecine ont commencé le G octobre et ont été faits régulièrement trois fois par semaine jusqu'au 13 juillet. Il y a eu 120 leçons, plus quelques séances de récapitulation générale et sur la préparation et le mode de fonctionnement des appareils électriques. Lct: élèves libres et un certain nombre d infirmières ont été très exactes et ont montré une grande application. La plupart des premières ont assisté aux visites des médecins et
des chirurgiens de la JMaison, que nous ne saurions trop remercier de leur concours.
Les exercices pratiques de petite chirurgie et de bail' dages ont commencé le 8 octobre et se sont terminés le 11 juillet. 120 séances régulières et 20 supplémentaires.
Les exercices praticpies d'accouchement ont été l'objet de huit leçons. De [)Ius, M'"*" Chixeau a pris les élèves par groupes de trois ou quaire dans son service, deux fois par jour, pour leur faire donner elles-mêmes les soins aux lemmes en couches et aux enfants nouveaunés et pour leur m )ntrer les instruments usit s en obstétrique. Cet enseignement, qui com,)lète le cours de M. le D'' DuBRiSAV, fait avec les plus grandes précautions, n'a aucun inconvénient pour les accouchées et est d'une grande utilité pour les élèves.
Les leçons de bains, de douches, de pose des ventouses sèches ou scarifiées, d'application des sangsues ont continué comme par le passé. Nous avons fait venir à Bicêtre la baigneuse, déjà venue en 1902, le nouveau baigneur qui. veilleur, a été chargé inopinément du service balnéohydrothérapique, alisolumeut ignorant de sa tâche. Tous deux ont assisté à nos leçons de douches, en ont administré un grand nombre et ont été mis ainsi en état de rendre service aux malades, au lieu de leur être nuisibles par des douches mal données. Les leçons de bains cl de dou~ elles doivent être faites durant toute Vaniiée scolaire.
Tous et toutes ont apporté un grand zèle dans la partie respective de I en: eignement qui leur est confiée. Les cours pratiques, ont eu lieu tous les jours sauf le dimanche.
Cette école est fré({uentée non seulement par le personnel de la Pitié, mais aussi par des infirmiers et infirmières d'autres établissements. En raison de l'éloignement, il est difficile de les faire venir régulièrement aux exercices pratiques. Il en résulte, d'ailleurs, pour eux, fatigue et dépenses. Afin d'obvier à ces inconvénients, nous avons demandé à l'Administration d'instituer des cours pratiques
auxiliaires h la Charité, à Tenon, à Necker et à Cochin, en invitant toutefois les élèves de ces hôpitaux à assister ici, en juin, aux exercices de leur école, en vue d'être mieux préparés à subir l'examen final. Voici quelques renseigncmonls sommaires sur ces cours auxiliaires.
A la ChariU'i (M"" Filet), ils ont eu lieu trois fois par semaine, pendant une heure d'octobre à la fin d'avril, puis pendant deux heures du 1" mai à la fin de juin. 40 élèves y assistaient au début. Ils se sont réduits progressivement à 13 dont 5 très assidues.
A l'hôpital Tenon, M"'' Maffev s'est conformée le plus possible aux leçons-Lypes, suivant le programme de l'école de la Salpètrière. En voici le résumé qu'elle nous a donné :
Les exercices pratiques ont été faits chaque semaine selon la formule prescrite par vous : soins à donner aux malades à leur entrée à l'hôpital. — Manière de nettoyer et préparer le lit. dévêtir le malade, le baigner, température, examens des urines, etc.. — Manière de prendre un malade ayant une fracture des membres. — Préparation d'appareils pour fracture des membres supérieurs ou inférieurs, bassin. — Préparation d'un lit pour une malade atteinte d'une hémorrhagie abondante; glace, tamponnement, injection sous-cutanée d'ergotine, etc..
Apprêt de la salle d'opérations, pour opérations diverses, par exemple une hernie étranglée. — Des instruments ; stérilisation des divers appareils. — Linge et oljjets qui doivent servir aux pansements. Fonctionnement des appareils Potain, Richardson, thermocautère. — Sondes de toute espèces. — Lavage de l'estomac ; fonctionnement du tube Faucher. Apprêts nécessaires en cas d'empoisonnement par substances corrosives et autres.
Manière de faire les cataplasmes simples et composés, lavements, injections vaginales, auriculaires, nasales. Injections sous-cutanées, précautions à prendre selon la substance. — Soms à donner aux yeux; collyres.
Médicaments : administration, dangers et précautions à prendre envers les malades et les infirmières.
•Linges à pansements, gazes, cotons, taffetas divers,
matiièra de stériliser les substances et objets servant aux pansements et opérations, manière de les présenter au chef. — Bandeset leur application.
Cathétérisme, manière de stériliser ces objets. — Importance de la propreté c\cessive dans ces sortes de soins. — Pose des ventouses, des sangsues. — Bains, douches.
Les cours se terminaient chaque fois par les pansements divers à faire dans les salles.
A riiôpital Nocher, les cours auxiliaires sonl faits par M'"* HuMBERT, aidée de M. Artreux et do M. Duboret. Voici la note de iM""" Humbert :
Pendant la période des cours pratiques à l'hôpital Necker, il a été donné l'explication des linges et gazes, etc., à pansements, leur emploi, la manière de les désinfecter et stériliser, la manière de prendre les températures, de secouer le thermomètre, combien il y a de façons de prendre la température^ désinfection du thermomètre, reconnaître si le thermomètre est bon, différence du thermomètre maxima et minima.
Admini>tration des lavements simples et nutritifs ; — préparatifs pour examen d'urine, comment on donne une injection vaginale, comment on procède pour le cathétérisme de l'urèthre, les soins de propreté nécessaires avant et après avoir sondé la malade, désinfection delà sonde, comment on prépare une malade pour opération de gj'nécologie ou une opération de chirurgie générale, comment l'on rase. Désinfection des mains, des rasoirs, des objets de literie après maladie contagieuse. Explication des objets et préparation pour une saignée, le rôle de l'infirmière après et pendant la saignée. (Jomment on couche un blessé, un opéré, un brûlé; les soins à prendre pour préserver la literie quand ce sont des pansements qui suintent, comment on préserve les malades des escharres, comment on les lave quand elles en ont, comment on les place sur ronds en caoutchouc, matelas d'eau, etc.
Quand les malades ont des appareils plâtrés ou des compressions ou opérations, comme résection de genou, les précautions à prendre, surveiller le membre pour qu'il ne se refroidisse pas.
Désinfection des instruments, cuvettes et objets de pansements, préparation des instruments pour curetage, examen vaginal, etc..
■ Vpiî-iroils divers; appar -il Potain. comment il fonctionne, .^ornaient on le désinfecte, ce qu'il faut préparer pour une ponelion.
Comment on monte le thermo-cautère, précaution à prendre pour l'allumer et l'éteindre afin de ne pas l'abimer ; lepulvéris;it;'ur, comment on W pri-parc, ses dangers, les précautions à prendre pour préserver la literie quand on pulvérise une malade qui est au lit et pié>erver la malade elle-même.
Reconnaissance do tous les instrument employés pour
opérations chirurgicales et gynécologiques.
B; r!'l;ic"r=:, manière de rouler les bandes, cxplu'ation sur le
initial dos bandes. Comment on fait une injection
do séruin. désinfection de l'endroit où l'on pique
• lication du collodion après, soins à prendre pour
i sous-cutanées de morphine, caféine, ergoiine,
' i c:>lomac. Explications sur les a pareils plâtrés et
Conunent il faut tout préparer, les précautions de i in;u-i)iiere ouand 'ine malade a des hémorragies vaginales ou autres op. attendant l'arrivée du médecin. — En plus, (ira tiques qui sont indiqués dans le cours de la e f ui nous a ^ervi de guide.
AI. Aia^REUX a fait 28 leçons sur la petite pharmacie. Lé maximum de ses élèves a été de 14. Ce nombre est l)icn minime par rapport à celui des élèves qui devraient assister à ces cours (Necker, Enfants-malades et Laennec).
A Cocliiii, 80 leçons régulières, plus 20 su|)plémentaires pour les élèves en mesure d'avoir leur diplôme. 82 élèves 7 ont assiste avec une grande assiduité. Ils se répartissaicnt a.insi :
Infirmières. Infirmiers.
Cuchin 49 17
Enfants assisté;- 4 »
Maternité H »
C'est à Cochin que les cours auxiliaires ont donné les meilleurs résuliats C'est là qu'ils ont répondu complètement à nos désirs. Le mérite en revient à M'"'' lîoissoN, justement récompensée pour son zèle, son activité, son
dévouement, parles palmes d'ofFicier d'académie, — et au directeur de la maison, vieil ami des Ecoles.
Ainsi qu'on le voit par les renseignements qui précèdent il y a des diversités très grandes entre ces différents cours, faits dans un hôpital avec beaucoup de soin, ailleurs avec une certaine nonchalance. Bien des fois nous avons signalé à l'Administration la nécessite d'obliger les infirmiers et infirmières à suivre obligatoirement ces exercices pratiques. Nous n'avons pas réussi, jusqu'ici, dans nos réclamations. Nous le regrettons vivement car si cette obligation, si justifiée, avait été imposée, un plus grand nombre dinfirmières auraient bénéficié de l'enseignement et auraient grossi le chiffre des diplômées.
Nous insistons de nouveau pour que tous les iniirmiers et infirmières de la région des hôpitaux où'se font ces cours auxiliaires soient astreints à suivre très régulièrement ces exercices pratiques. On ne conçoit pas qu'il y ait une hésitation à cet égard. L'intérêt des malades, qui prime tout, commande que l'on ne soit jias un jour sans mettre lei^ infirmiers et les infirmières en mesure de leur donner des soins intelligents.
Il conviendrait aussi que toutes les surveillantes diplômées, qui ont bénéficié de l'enseignement et de lalaïcisation contribuassent largement et fraternellement à l'instructoin professionnelle des agents sous leurs ordres. Nous faisons de nouveau appel à leur concours quotidien. En agissant ainsi, elles feront acte de solidarité.
Les examens pratiques ont été subis par 120 élèves soit, 10 de plus qu'en 1901-02.
Infirmières de la Pitié 19
Infirmiers — IG
Infirmièi'Bs des établissements 43
Infirmiers — 16
Elèves libres (femmes) 34
Elèves libres (hommes) .- 2
Total 130
Nous profitons de notre assistance constante à ces examens pour relever les certificats, brevets, et diplômes que possèdent les élèves de la Pitié. Nous avons constate que cinq ontlebrevet supérieur, 8 1e brevet élémentaire, un le certificat d'é udes supérieures. 68 le certificat d'études, soit au total 8'2, chilïre upérieur de 10 à celui de 1901-1902. D'où il suit que le niveau de ri/is/rucfio77 primaire de nos élèves s'élève d année en année. Nous pouvons ajouter qu'il en est de même dans les autres écîles. Nous insisterons sur ce fait à la distribution des diplâmrs, h la Salpêtrière.
Nous avons condensé dans un très suggestif tal^'eau les résultats de l'année au point de vue de l'enseignement professionnel.
Femmes.
Elèves ayant passé Nombre de diploles examens prnti- mes obtenus par qiics. catégories.
Élèves libres 34 j 33 )
Infirmière.^ de la Pitié 19 [ 96 16 > 76
Intinu''^-^ des Etablissements. iS ) 21 )
Hommes.
Élèves libres 2 ] 1
Infirmières de la Pillé 16 > 3i 8
Infirm'"*^^ des Etablissements. 16 ) 12
Au début de l'année scolaire, il y a eu 135 élèves inscrits. Plus tard ce cluffre s"est élevé à 282. 130 ont subi l'examen pratique, 97 seulement ont obtenu le diplôme. Ces éliminations successives d('monlfent péremptoirement que n'a pas le diplôme qui veut, fomme certains le prétendent, et ({u'il n'est accordé qu'aux élèv'cs qui ont fait des efforts sérieux et prolongés.
Le nombre total des diptnrnés de la Pitié depuis 5883
s'élève à 1887. Depuis le 1" juillet 1902 jusqu'au 30 juin 1903 ont eu lieu (i pi'omotions
Deux infirmiers et infirmières ont été promus infirmier et infirmier de 1<='" classe.
Une suppl aute a été promue surveillante de 4« classe.
Deux le""»^» iniirmicres ont été nommées surveillantes de 5® classe.
En conformité de la très juste mesure prise par l'Administration, sur nos réclamations p.-rsistantes, mesure qui ne devrait plus comporter d'exception, toutes les promotions de la Pitié ont eu lieu en faveur d'agents diplômés. II y va d'ailleurs de l'intérêt môme de l'Administration. En exigeant le diplôme, consécration des connaissances professionnelles, pour les fonctions d'infirmières gradées, l'Administration fait passer lintérêt des malades avant les recommandations incompétentes souvent, parfois non justifiées. La justice pour tons a pour conséquence le respect de l'Administration, la confiance de son personnel. Donc pus de nomination de faveur.
Le caractère tout pratique d' l'enspignement professionnel ressort pour toute personne de bonne foi, desren geignements que nous venons, de donner. Il ne faut pas oublier que les infirmières de la Pilié sont en fonction dans leurs salles, du matin au sur; qu'elles p rticipent à tout, lavent, nelioïent. torcJient les malades; font tous les pansements toutes les petites opérations, indiqués par les médecins : lavements, injections, ventouses, vésicatoires, prise de la température, bains, etc., ce qui complète l'enseignement professionnel.
Il en est de même pour les infirmières des autres hôpitaux dans leur service. Il conviendrait que leurs surveillantes profitent de toutes les circonstancespour leur donner de^ conseils. Et il faudrait que, dans les quati^e établissements-écoles, toutes les infi niières soient changées de service tous les mois ou tous les deux mois : médecine, chirurgie, accouchements, aliénés, services généraux, etc. En un mot il faut organiser un roulement
régulier, comme nous le réclamons depuis une vingtaine d'années et comme larecomniandé le président du Conseil des ministres, M. Combes, dans sa circulaire, dont j'ai fait donner lecture dans les cours primaires et extrait plusieurs dictées pour les cours primaires annexés aux Écoles professionnelles.
L'enseignement pratique est complété pour les élèves libres par l'assistance aux visites, aux consultations des médecins et des chirurgiens : elles font là un starje, pour lequel il serait peut-être bon de fixer une durée minima. Ceci me fait souvenir que je dois rappeler à tous nos élèves libres qu'il existe à la Pitié, pout elles, anciennes et nouvelles, un Registre où nous conseillons à celles qui veulent exercer le métier de gardes-malades, de se faire inscrire, afin que les familles, les médecins de la ville puissent trouver ici, rapidement, les infirmières dont ils peuvent avoir besoin. Nous cherchons ainsi à faire ({ue l'Administration rendent service à la population parisienne, n'osant aller jus"{u"à demander quelles fournissent elles-mêmes, comme cela se fait à Londres et ailleurs, des gardes-malades aux familles.
Les Écoles d'infirmières sont publiques^ gratuites, ouvertes à toutes les persoïines de bonne volonté : c'est une œuvre absolument démocratique, comme il convient sous un gouvernement républic;iin. Le nombre des élèves est illimité : s'il augmente, l'Administration devra créer un nouveau centre d'enseignement.
D'ailleurs, les infirmières et les élèves libres peuvent lui fournir un bon personnel pour les fonctions de visiteuses, de surveillantes des crèches, des dispensaires, pour tous les postes où il y a contact avec les malades. Elles peuvent aussi se mettre à la disposition de M. le ministre de l'Intérieur soit pour hi laïcisation des établissements nationaux de bienfaisance, soit pour la laïcisation des établissements départementaux ou communaux. Rien n'est plus facile quo de trouver tout le personnel laïque nécessaire à la condition de n'apporter aucune entrave à l'admission aux cours des Ecoles, de donner un
traitement convenable (1) au personnel, do créer partouî; des pensions de repos ou tles retraites en tenant compte des années de service passées dans les établissements publics de toute catégorie.
En répondant à mon appel, en suivant les conseils que vous donnent vos maîtres, que M. le Président vient de vous donner, vous contribuerez au progrès de la Laïcisation, et partant à la défense el à l'affermissement de la République.
(1) Nous avons démontré par de nombreux exemples que l'on pouvait, en général, remplacer trois religieuses par deux laïques. D'où il suit que si le traitement des laïques est supérieur à celui des religieuses, il est compensé par Téconomio réalisée sur la nourriture et les avantages en nature. Avec les religieuses, il y a souvent une série d'aides, d'anciennes orphelines qu'on ne paie pas ou peu, mais qu'on nourrit, alors qu'elles pourraient être placées dehors. N'oublions pas les convalescents maintenus trop longtemps. (B.)
Discours prononcé à la distribution des prix de rÉcole de Lariboisière.
(ÎT juillet 11)0;^)
Monsieur le président, Mesdames, Messieurs.
Le nombre des personnes qui contestent l'utilité, la nécessité de l'instruction professionnelle des Infirmiers et Infirmières paraitenfin aller en diminuant dans notre pays. Tel, qui semblait en être un adversaire irréductible, mieux renseigné sans doute, s'incline devant les faits et devient peu à peu partisan des Ecoles. Et cependant il s'agit là d'une institution déjà ])ien ancienne, au moins à l'étranger.
En effet c'est en 1798 que le docteur Valentin Seaman a fait un cours suivi et méthodique aux Infirmières de l'hôpital de New- York.
Le pasteur Fiedner a créé en Allemagne, en I83G, la première école pour l'instruction des personnes qui se destinent à la profession d'infirmiers et d'infirmières.
En Angleterre, la première personne qui eut l'idée d'instituer un enseignement pour les gardes malades fut, en 1840, la célèbre malade Fry. A partir de là, c'est- à-dire de 18i0, il s'est crée en Angleterre un certain nombre d'Ecoles d'Infirmières.
Enfin, en 1860, Miss Nigthingale a fondé l'école de l'Hôpital Saint-Thomas de Londres et, à la suite de la campagne ardente qu'elle fit, les éoles d'Infirmières se sont rapidement multipliées en Angleterre.
^ Aujourd hui il en existe aussi un grand nombre aux Etats-Unis, dans les pays Scandinaves, en Allemagne, etc. Dès avant 1870, pour des raisons que nous avons souvent
exposées, nous avons signalé la nécessité de créer des écoles semblables dans notre pays.
En 1875, nous avons fait déposer au Conseil municipal par notre ami Talardier, un vœu demandant que, p -r les soins de la Société médicale des hôpitaux de Paris, il soit organisé un enseignement professionnel pour les infirmiers et infirmières «les hôpitaux et hospices. Ce vœu fut renvoyé à la Commission d'Assistance publique. Le rapporteur désigné oublia de s'acquitter de sa tâche.
En 1876 et 1877, seul ou avec Talandier et de Boyer, nous avons analysé longuement dans le Progrès médicaU un grand nombre de travaux publiés en Angleterre (1) en particulier.c^eux de Florence Nigthingaie que l'an dernier on a semblé découvrir. Bien des fois, pourtant, dans nos discours, nous avons luirlé de son œuvre à l'appui de ce que nous entreprenions en France. Bien des fois aussi, nous avons donné en dictées des fragments de ses publications.
En 1877, sur notre initiative, le Conseil municipal vote la création des Ecoles.
Le but, selon les fondateurs des Ecoles, le Conseil municipal et nous, rappelons-le puis(ju'on semble l'oublier, a été d'instruire en vue de leur profession, les infirmiers et les infirmières des hôpitaux, sans distinction, les gardemalades de la Ville, les mères de familles de bonne volonté. En délinitive, pour toutes, infirmières des hôpitaux, f'ives libres.
En 1878, le 1''' avril, a eu lieu l'ouverture de l'Ecole de la Salpétrière; en mai de la même année, celle de Bicêtre; en mai 1881, celle de la Pitié; en décembre 1894, c<-Ile de Lariboisière. Plus tard ont été ouvertes successivement les écoles départementales des cinq asiles d'aliénés de la Seine.
En voulant que ces écoles soient ouvertes à tout le monde, gratuitement, sans restriction, le Conseil municipal et nous, avons voulu faire une œuvre démycratique.
(1) Entre autres les manuels du D' Steele, de M""» Veitch, de M"* Florence Lees, etc.
Les ôl6vos ont ro'pondii à notre appel, d'année en année plus noni])reuses. En 191)2-1903. 165 ont suivi régulièrement li-s cours, fait les compositions, assisté aux exercices pratiques et subi l'examen final.
Les Écoles ont donc rendu des services non seulement aux malades des Hôpitaux mais encore aux malades de la ville. Il convient donc, et nou.s y insistons, qu'elles restent ouvertes à toutes le^ personnes de hf)nne volonté.
L'alTliience des élèves aux cours, si ellecontinuecommc nous l'espérons, rendra nécessaire la création d'une .5" école L'IIôtel-Dieu laïcisé, Beaujon ou les Enfants-Malades, sembleraient tout indiqués.
JMus nombreuses seront les élèves des Ecoles, plus se répandra le désir d'apprendre à donner des soins intelligents aux malades et aux blessés, plus l'Administration aura le choix pour le recrutement de son personnel.
La présence des élèves /i6res doit exciter l'émulation de nos infirmières qui, en raison de leurs services, h égalité de connaissances primaires et professionnelles, devraient avoir pour toutes les places, dans les hôpitaux et en dehors, la préférence de l'Administration.
Au fur et à mesure des améliorations réalisées, le recrutement devient plus facile. Mais les candidates ne doivent pas perdre de vue qu'elles auront à donner aux malades, elles-mêmes, tous les soins, même les plus répugnants et (jue pour parvenir aux grades élevés il faudra qu'elles passent par les grades inférieurs. S'il en était autrement elles ne seraient pas de véritables infirmières. Elles pourraient être des surveillantes administratives, mais elles ne seraient pas des auxiliaires des médecins, de vraies servantes des malades.
Le recrutement des infirmièi'es pourrait se faire encore dans la mesure du possible parmi les entants assistées, même pai-mi les en!anls moralement abandonnées, améliorées. L'Administration compléterait ain-i son œuvre de relèvement. Ce sont ses enfants et. remplissant envers
eux, le rôle de mère de famille, clic doit les aider et même les favoriser (!,',
Les élèves infirmiers et infirmières de Thôpilal, en contactquolidien avec les malades et les l)lessés, mettent sans cesse en pratique renseignement qui leur est donné. Autrefois l'Administration accordait aux élèves de VUnion des Femmes de Frnncela. faculté de suivre la visite des médecins et la refusait aux élèves libres de ses écoles. Dans ces dernièresannées, ellel'aaccordéc aux élèves de l\4ssoc/apour le développement de^ l'assistance aux malades et enfin aussi aux élèves des Ecoles municipales d'infirmières. Ici, durant les dernières années scolaires et surtout cette année les Elèves libres ont pu suivre- autant qu'elles l'ont voulu les visites des services de médecine et de chirurgie, le service de la crèche et la considtation et le service d'ophtlialmologie.
Aussi, est-ce avec une véritable satisfaction que nous remercions en votre nom et au nôtre, tous les chefs de service de Lariboisière de leur précieux concours. Enfin nous joignons nos félicitations à celles qui viennent d être adressées par M. le professeur Tissier aux surveillantes, professeurs des cours pratiques, aux maîtresses de l'enseignement primaire.
En terminant nous faisons appel h toutes les élèves diplômées, surtout aux élèves libres pour qu'elles se mettent à la disposition de M. Combes, Ministre de l'Intérieur, afin de l'aider à mener à bien la laïcisation des établissements nationaux de bienfaisance et les hôpitaux de province. Elles se montreront ainsi reconnaissantes envers la République.
(1) C'était aussi ropinion d'un ancien directeur de l'Assistance publique, Michel Moring. Plus tard, après l'achèvement de la laïcisation des écoles, nous comptions sur d'autres recrues, qui sont venues d'ailleurs en nombre de plus en plus grand : les jeunes femmes possédant le brevet de capacité.
Discours prononcé à la distribution des prix et des diplômes de l'École de la Salpêtrière.
(^28 juillet 1903.)
Monsieur le Directeur et cher ancien Collègue,
Il m'est 1res a'2,TéabIe de vous remercier vivement de votre appréciation si bienveillante de mon rôle dans la création des Ecoles dinfirmières et dans l'org-anisalion de l'enseignement professionnel, (jiii ont rendu facile la laïcisation des établissements bospitalicrs de Paris et aidé à la laïcisation d'hôpitaux en province. Je vous remercie aussi d'avoir cité une autre réforme : celle de l'assistance, de l'éducation et du traitement des enfants nerveux et arriérés. Permettez-moi, puisque vous m'en fournissez vous-même l'occasion, d'en remémore)' une troisième non moins importante : la création des ini'dcrins accoucheurs, la réorrj-dnisdtioii des spfvircs d'accouchement et partant une impulsion nouvelle donnée à Vensoirinement de lobstériClLie. Cette réforme qui a permis de donnm- un enseignement pratique sérieux à tous les médecins, a eu pour heureuse conséciuence de sauver un '^rand nombi-e d'existences de femmes et d'enfants. Encore une fois. M. le Directeur, merci.
Mesdames, Messieurs,
Dans nos disioiirs annuels, (|iii coni])rennpnt toujours deux parties : 1° l'hisloire de I Kcoledurantl'année scolaire, 2° le résun.ô des travaux des quatre écoles, suivi de considérations généra es portant sur les améliorations à réaliser dans l'enseignenienl ou dans la situation du personnel secondaire, — nous avons adopté un plan uniforme afin que l'Administration et le public qui s'intéresse aux questions d'assistance et d'enseignement, puissent comparer les résultats de chaque année et se rendre facilement compte des résultats obtenus.
En organisant les Ecoles d'infirmières avec le Conseil municipal et l'Administration, nous avons, forcé d'ailleurs par les circonstances, poursuivi un double but : améliorer ou donner Vinstruction primaire, donner l'enseignement professionnel.
Nous sommes entré, à la distribution des prix de la Pitié, dans des détails sur les cours primairesqu'] existent dans plusieurs hôpitaux (Enfants assistes. Enfants malades, Berck, Tenon), en plus des cours primaires annexés aux écoles d'infirmières. M. le D"" Nom à Bicêtre, M. le D'' TissiEH, àLariboisière, nous-même<à la Pitié, avons fourni des renseignements délaillés sur l'instruction primaire dans les éiablissements-écoles.
Ici, de même qu'à Bicêtre et à Lariboisière, par suite de l'insufTisance de l'instruction dune partie encore considérable des infirmières, insulfisame et souvent nullité au début, est annexée une Ecole primaire. Les cours y sont faits par des institutri<;es brevetées : M""'* Rosel (1), Cordon (2). I^atoueille (3), Tourte (4), et Mercier (5), assistées de ^I""^ Imdert (6), surveillante. Le nombre des
(1) Brevet élémentaire et certificat d'aptitudes pédagogiques.
('2) Brevet supérieur et certificat d'aptitudes pédagogicjues.
(3) Brevet élémentaire. — (i) Brevet élémentaire. — (5) Brevet élémentaire. — (G) Certificat d'études. — Toutes ont leur diplôme d'infirmière.
élèves était de 142 en octobre 1902 et de 124 en juin 1903, chiffres un peu inférieurs à ceux de l'année précédente.
Les cours ont commencé le 1*='" octobre. Dix élèves ont ol)tenu, en mars, le certilicat d'études primaires (1), ce qui porte à 9G le chiffre de ces certilicats depuis 1895. Parmi les élèves ayant eu le certificat d'études, nous tenons à mentionner particulièrement. M""' IIuc, surveillante diplômée, qui a suivi les cours |)rimaircs avec beaucoup de zèle. Félicitons-la et souhaitons qu'elle ait de nombreuses imitatrices.
La liasse des illcllrées compte encore 1 1 élèves dont 6 arrivées celte année à l'école. C'est une diminution par rapport aux années précédentes.
Espérons que grâceaux mesures prises par M. Combes, président du Conseil, dans ({uelques années, les illettrées auront complètement disparu, et que l'Administration pourra exiger, à l'entrée, le certificat d'études. Voici la statistifjuc des certificats d'éiudes :
Bicêtre
Salpêtrièrc
Pillé
Lariboisiùre ....
Enfants-assistés
Tenon
Berck
(1) Mlles Dauhacq, I^'rot, Gigaut, Guillemix, lire. Lacomjse, Masson, JIkhlette (Anna), Merlette (Jeanne), et liuvœx.
(,2) Depuis 188i ; — (3) Depuis 189-2 : — (i) Depuis 189-2; — (5) Depuis 189:}; — (f.) Depuis 1891 ; — (7) Depuis 1887 ; — (8) Depuis 189i. ^'oi(•i d'après rinstitutrice, M"° Guillaumin la statistique année par année : 189'i, 10 ; — 1895, 5 ; — 1890, 10 ; — 1897, 9 ; — 1898, G ; — 1899, 1.3; — 1900, 7; — 1901, i; — 190'2, i; — 1903, 9. De plus, M"° Guillaumin a fait obtenir le brevet de capacité à deux infirmières, M"" I.andrieu et Née qui toutes deux, depuis, ont rempli les fonctions d'institutrices à l'hôpital de Berck.
Certificats
Total des
d'études.
certificats d't^tudes
de l'Ecole.
iO
il (4)
Cetfeannexe des écoles professionnelles donne dcsrésultats considérables au point de vue de l'instruction primaire, résultais plus grands que ceux qui ressortent du nombre des certificats, car ce n'est que longtemps après le fonctionnement des cours primaires que nous avons demandé aux maîtres et aux maîtresses d'écoles de l'aire sanctionner leur enseignement par l'examen du certificat d'études. C'est ainsi qu'à la Salpétrière, M"*^ Nicolle, par ex-ès de modestic, n'a consenti à répondre à nos désirs qu'en 189v. Ces résultats, répéterons-nous encore une fois, justifient l'idée que nous avons eu de créer des cours primaires à Bicêtre et à la Salpétrière, dès l'oiigine, et ensuite de demander à l'Administration d'en créer partout où elle avait des instituteurs et des institutrices. Notre participation s'est manifestée surtout par l'introduction, dans ces cours, de Vensei- (incrnent professionnel sous différentes formes : lecture du Manuelde l infirmière, lecture de latraduction de l'anglais d'un Manuel de l'infirmière, copiée par les eijfants des écoles de Bicèlrc et de la Salpétrière, remplaçant la lecture d'un manuscrit quelconque, dictées professionnelles, dont nous remettons chaque année un exemplaire h M. le Directeur de l'Vssistance publique. Nous préparons ainsi, dès l'école primaire, les infirmières peu instruites, à recevoir plus elUcacemcnt, le moment venu, l'enseignement professionnel. ]M. le D'' Noir a donné le texte des dictées de 1902- 1903 à la distribution des prix de Bicêlre. Nous nous contenterons de rappeler qu'elles portent sur les conditions à remplir pour l'obtention du diplôme, sur les devoirs du personnel, sur les accidents qui surviennent dans les divers établissements ou en ville et les moyens de les éviter, sur des questions professionnelles, etc. En un mot, jjar tous les moyens possibles, nous essayons de faire pénétrer l'enseignement professionnel dans l'esprit des élèves.
h' enseignement professionnel a été fait conformément au programme adopté par l'Administration, révisé chaque année par nous et par tous vos professeurs qui sont restés les mêmes durant celte année. Depuis 1899, au
prog-ranime ancien, avec l'assentiment de l'Arlministration, nous avons ajouté un cours de massage qui, jusqu'à nouvel ordre, n'entre pas dans les conditions pour robtenlion du diidônie, mais qui n'en a pas moins un g-rand intérêt pour vous et mérite d'être régulièrement suivi.
Les exercices prallciues ont été faits par 'M"^"- BoissiÈRE et Jannon, avec l'aide de ^I"'' Dumont et de M""^ Nénv.
Nous ne lirons pas les rapports sur ces cours qui nous ont été remis par^I""^' Boissiép.e et Jannox, on les trouvera dans le Palmarès. Nous nous bornerons à dire qu'ils ont lieu tous les jours du commencement à la fin de l'année scolaire; que les élèves y viennent par séries ; qu'ils portent sur tous les objets de pansement, sur les instrumerds de chirurgie, sur les médicaments usuels avec l'indication des i>rccautions minutieuses à prendre pour éviter les accidents, sur toutes les petites opérations confiées aux infirmières ; (juils sont complétés par des pansements au lit des malades faits parles élèves sous l'œil des surveillantes (pose des ventouses, des sangsues, prise de la température,' injections sous-cutanées, etc.) ; que toutes les élèves sont intei-rogées à chaque séance. Nous ajouterons encore que les élèves, à tour de rôle, passent un certain nombre de jours à l'Infirmerie générale, à la cuisine, à la lingerie, car nous avons toujours pensé qu'une infirmière parfaite devait connaître tous les services dun hôpital.
Vous avez assisté un insiant à l'un des cours pratiques, ]\r. le Directeur, et vous avez pu avoir une idée de leur importance et de la façon habile, intelligente dont ils sont faits.
Les médecins et les chirurgiens des établissements-éco» les ont témoigné de l'intérêt qu'ils portent à l'enseignement professionnel en autorisant gracieusement les élèves libres à assistera leurs visite- el beaucoup ont eu la générosité de ])arliciperaux récompenses qui sont données.
M. le I)'" Mallet. médecin du dispensaire de la rue Jeûner, a bien voulu autoriser, par séries, les élèves libres de l'école de la Salpôtricrc à assister à ses consultations et à
collaborer aux pansements. 19 élèves en ont profité. Ce serait une excellente mesure, M. le Directeur, d'autoriser et d'encourager les médecins des autres dispensaires à recevoir nos élèves des autres écoles.
A nos collègues des hôpitaux et à M. le D'" Malletuous adre?sons, en votre nom, Mesdames, nos plus sincères remerciements. C'est avec leur collaboration à tous, avec l'aide des internes que nous pourrons faire un enseignement professionnel aussi complet et aussi pratique que possible : c'est dire que cet enseignement devrait être fait dans tous les hôpitaux.
Mme Grady, surveillante, ancienne maîtresse des cours pratiques de l'Ecole de la Pitié, est chargée de la surveillance des élèves pendant les cours à ramphithéâtre et les compositions et des relevés des présences et des alisences. Elle s'acquitte de sa mission délicate avec un grand tact et une rigoureuse exactitude.
Cette année, comme auparavant, nous avons fait venir aux cours pratiques de la Salpêtrière les maîtresses des cours des autres écoles et des cours auxiliaires afin de donner une plus grande uniformité à cet enseignement Nous vous demandons dès maintenant, M. le Directeur, de renouveler celte expérience. Toutes les maîtresses, les élèves et les professeurs, — - qui ont bien voulu y assister — n'ont eu qu'à se louer de ces répétitions générales.
Les examens pratiques ont été subis par 140 élèves :
Surveillante 1
Infirmières de la Salpêtrière 06
Infirmières des Hôpitaux 35
Infirmier l
Élèves libres 37
Total 14Ô
Parmi ces élèves 4 ont le brevet supérieur (1), 9 ont le
(1) Mmes Delpcut, Gautier, Lebard, Le Peltier. (Élèves libres.) Écoles d'Infirmières, 1902-1903. 25
brevet élémentaire (1), 1 a le brevet d'herboriste (2), 4Gont le ccrlificat d'études (3), 2 ont le certificat complémentaire (4).
102 diplômes ont été conquis celte année :
Salpôtrière 'f^^
Hôpitaux 31
Élèves libres 36
Total m
Nous relevons parmi les élèves libres diplômées cette année à la Salpêtrière les noms de : W'' Bonnange, Dutartre, Chabancl, Gautier, née Le Peltier, Ilamard et Le Peltier, religieuses hospitalières de la ^Maison de santé du D' Péan, M'"'' Lcbard, surveillante de l'infirmerie de l'École Normale supérieure, M"''' Géminet et Godinot, surveillantes de crèches, pour les citer en exemple à celles de leurs collègues des autres établissements non encore pourvues du diplôme.
Les promotions depuis le l'"' juillet 1902 jusqu'au 30 juin 1903 ont été les suivantes :
4 sous-surveillantes ont été promues survcillatites. 9 suppléantes ont été promues sous-surveillantes. 10 l*""*-'^ infirmières ont été promues suppléantes. 1 est entrée directement comme suppléante. 8 infirmières ont été promues l"""' infirmières. 1 infirmier a été promu 1'^'' infirmier.
(1; :Mines Dreptin. Géininct, Giraïul, Grabkowska, Fol, Maillard, Montaf^ny, (Élèves libres). Engcl (Broca), Née (Salpêtrière).
{2} lime Clouct, (Élève libre).
(3) Mines Boissière, Chassagnon, Darracq, Enjolvin, Frot, Guil- Icniain, Jégou, Lacombe, Lcflaniant, Masson, Merlette (Anna), [Mei'lcttc (Jeanne), Pasquiou, Ruvoën Anna, (Salpêtrière), Mmes Buultct, Cliabcrt. Grosniangin, Gasnier, Gigault, Kibler, I.abessc. I.cbassard, Lcy, Ligniez, Omnès, Ozou, Olivier, Saint-Joirc, Sullice, Ti-ianon, (Hôpitaux), Mnics Bonnange, Coze, Desbonles, Kgly, Gauly, Godinot, Laurent, Lcsi)rif, Piaccntini, Pacalin, Paulct, Ropion, Wolfstirn, Vidaillct.
(')) Mnics Poncelet, Godinot.
Là se termine ce que nous avions à dire de l'Ecole de la. Salpètrière, nous abordons maintenant la seconde partie de notre tâche. (3omme d'haljitude, nous profitons de la distribution des diplômes qui a lieu après la distribution des prix aux élèves de l'Ecole de la Salpètrière, aux élèves des quatre écoles, pour émettre quelques considérations générales intéressant le corps tout entier des infirmiers et des infirmières.
L'un des griefs, répéterons-nous, qu'on a contre vous, est tiré de votre instabilité et des rnutatiotis trop fréquentes qui se produisent dans les hôpitaux. En généralisant cette accusation, on se trompe. En effet, il est une partie du personnel secondaire qui reste fermement attachée à ses fonctions. Ce sont les sous-employés : surveillantes, sous-surveillantes, suppl;éantes auxquelles il convient d'ajouter les 1*^'" infirmières. Cette élite du personnel est, à cet égard, exempte de tout reproche. Même constatation pour les sous-employés Malheureusement, il n'en est pas de même des infirmiers et des infirmières.
Voici, à titre de renseignement, les mutations des infirmiers et infirmières, qui se sont produites dans les quatre établissements-ccoles du l^"" juillet 1902 au 30 juin 1903.
Hospice de Bicètre
ïl. F.
Partis sur leur demande 88 26
Partis dans d'autres hôpitaux 15 D
Refusés par rAdministration 13 »
Admis au repos 3 »
Causes diverses 63 18
Total 182 53
Hospice de la Salpètrière
Partis sur leur demande 3 44
Partis dans d'autres hôpitaux » 38
A reporter 3 82
Report 3 82
Partis par avancement » 8
Refusés par l'Administration » »
Passés dans le service des malades externes » 5
Admis au repos » 14
Hôpital de la Pitié
Refusés par l'Administration
Ivresse
Néglii»"ence ou incapacité
Grossièreté envers les malades
Mauvais traitements envers les malades.
Mauvaise conduite
Sur leur demande, bons serviteurs
Abandon de service
Partis dans d'autres établissements
Refus de service
Total 50 30
Hôpital de la Lariboisiére
Refusés par l'Administration
Ivresse
Négligence ou incapacité
(Irossiéreté envers les malades
Mauvais traitements envers les malades
Mauvaise conduite
Sur leur demande. Bons serviteurs
Abandon de service '
Partis dans d'autres établissements
Refus de service
Total 81 32
Hôpital de l'Hotel-Dieu
Refus de service, mauvais service et
abandon de service
Légèreté de conduite
Intempérance
Service militaire
Partis sur leur demande
Suppressions d'emploi
Décédés
Admis au repos
Passages dans d'autres hôpitaux
Refusés par l'Administration
Malades
Total 80 39
Les mutations qui avaient été en bloc de 609 en 1901-1902, sont descendues à. 540 en 1902-1903. Bien que ramélioration de ce chef ne soit pas aussi accusée que nous le désirons, elle méritait néammoins détre signalée.
Les examens pratiques ont été subis cette année par 422 élèves : Bicêtre, 56; — Pitié, 130; — Salpêtrière, 140; — Lariboisière, 90. Pour chacune des quatre écoles, nous avons dressé la liste de ceux qui possèdent un d'qAôme un brevet ou un certificat cVétudes. La voici :
3fi4 —
Baccalauréat
Brevet supcr.'cur
15rcvet élémentaire
Cortiticat d'études primaires sup-'s (Jertilicat d'aptitude pédagogique.
Certificat de grammaire
(Jertiticat d'études primaires.-
Certificat d'études langue russe. . .
Diplôme d'herboriste
Diplôme de sage-femme
Total o-énéral | 49 59 82 62:252
Ces brevets, diplômes, certificats, se repartissent de la façon suivante pour l'année 1902-03 : Bicêlre, 49 ; — la Salpêtricre, 62 ; — Pitié, 82; — Lariboisicre, 59 ; — soit ~o2 pour les quatre écoles.
Les d/])/onios d'infirmiers et d'infirmières, qui vont être distribués tout à l'beure, sont au nombre de 47 pour Bicêtre ; de 97 pour la Pitié ; de 85 pour Lariboisièro et de 101 pour La Salpêtrière ; soit 330 diplômes. Si l'on ajoute ces 330 nouveaux diplômes, en augmentation de 84 sur l'année dernière, aux 4.581 diplômes antérieurs le total rjénéraU après cette cérémonie, sera de 4.911 dont la plus grande partie a été attribuée au personnel hospitalier {1:.
Cette année encore nous croyons devoir indiquer la situation, au point de vue des diplômes, des sous-employés des
(I) Beaucoup d'infirmières diplômées quittent l'Administration pour se marier, s'établir garde-malades ou aller dans les hôpitaux qu'on laïcise.
établissements-écoles, qui ont plus de facilité pour s'instruire que leurs collègues des autres hôpitaux.
Hospice de Bicétre
Avant la A lu fin da
réouverture cette année
des cours. scolaire,
Sur 1 1 Surveillants 10 10
— 9 Surveillantes 8 8
— 14 Sous-surveillants 14 14
— 19 Sous-surveillantes 14 14
— 14 Suppléants 12 12
— 15 Suppléantes 14 14
— 18 1<"'« infirmiers 18 18
— 16 l«""=Mnfirmières 16 16
— 2 Panseurs 2 2
— 1 Panseuse 1 1
— 1 Garçon d'amphithéâtre ... 1 1
— 21 agents du Personnel pro-
fessionnel 12 12
Sur
Hospice de la Salpètrière Diplômés.
131 Surveillantes
19 Surveillants
1 Garçon d'amphithéâtre
360 Infirmiers et filles de service. . . .
31 Infirmiers et Garçons de service
Personnel professionnel 12
Il y a donc 204 diplômés sur un personnel de 558 et 111 sous-employés sur 151.
Hôpital de la Pitié.
Sur 9 surveillants. .
— 30 surveillantes
Avant la A la fin de réouverture cette année des cours, scolaire.
A reporter
Report 82 32
— 3 infirmiers de 1''' classe 3 3
— 7 infirmières de !■'«' classe 7 7
— 1 garçon d'ami^hithéàtre 1 1
— 2 personnel professionnel (I 0
Sur 52, 'i3 diplômés.
IIOPITAI, DE LaRIBOISIÈRE.
Avant la A la fin de réouverture cette année des cours. scolaire.
Sur 12 surveillants 12 12
— 54 surveillantes 53 53
— 1 garçon d'amphithéâtre 1 l
— 16 infirmières soignantes 8 8
— 97 garçons de service 11 1 1
— 53 infirmiers soignants 33 48
— 52 filles de service 2 2
— 2 personnel professionnel 2 2
En résumé, la proportion des gradés non diplômés, va diminuant d'année en année dans les quatre établissements-écoles.
Nous avions songé à résumer riiistoire des 25 années des Ecoles d'infirmières (i'^'' avril f878-juillct 1903), ù rappeler d'une part les luttes soutenues, les calomnies odieuses, contre le personnel laïque, les hostilités ouvertes ou dissimulées du vieux personnel administratif, le choix, par certains, d'un personnel illettré afin de ralentir la laïcisation, l'ajournement d'un avancement justifié pour les agents vraiment laï({ues. le refus de l'institution d'un diplôme, consécration de l'instruction professionnelle, etc., etc. ; — et d'autre part à mettre en relief les résultats ol)tcnus au point de vue do Vinstruction primaire et de Vinx\r\iction professionnelle. Il aurait fallu consacrer n cette double tache un long temps, nous y avons renoncé.
Nous nous ])ornerons à la dernière partie, aussi agréable que la première serait péniljle. Ces résultats sont mis en relief, en premier lieu par Y état numérique des agents de tout grade des hôpitaux qui, avant la fin de cette année scolaire, étaient pourvus du diplôme professionnel :
GRADES
NOiMBRE d'agents.
POUUVUS DU
DIPLOME