CONSEIL MUNICIPAL
Séance du 29 jaiyi. — Présidence de M. Grébauval.
Question de M. Edmond Lepelletier sur les écoles professionnelles d'infirmiers et d'infirmières à l'Assistance publique.
M. Edmond Lepelletier. — La question que jo vais développer devant le Conseil ne concerne pas un des points principaux de la réforme de l'Assistance publique que nous vous présenterons dans un projet d'ensemble. Elle ne touche que par un petit côté à cet édifice vermoulu.
Il s'agit, en effet, de la distribution des prix donnés en récompense aux infirmiers et infirmières qui suivent les cours professionnels des hôpitaux.
Ces cours sont au nombre de quatre et se font dans les établissements suivants : Lariboisière, Bicètre, la Pitié, la Salpètrière; ils sont à la fois scientifiques et professionnels et comprennent un cours d'administration donné par le directeur de l'hôpital, un cours de pansement fait par un professeur, un cours de pharmacie fait par un interne et un cours fait — ou qui devrait être fait — par un instituteur ou une institutrice.
[Il ne s'agit pas de quatre cours, mais de quatre écoles. Dans chaque école il y a non pas trois cours mais sept : 1° Cours d'administration, fait parle directeur de l'établissement où se trouve l'école (7 leçons); 2° cours de notions élémentaires d'anatomie (6 leçons); 3° cours de notions élémentaires de physiologie (6 leçons' ; 4° cours de pansements (18 leçons ; 5" cours d'hygiène (12 leçons) ; 6" cours de petite pharmacie (10 leçons) ; 1" cours sur les femmes en couches, les enfants nouveau-nés et les crèches (5 leçons). Ces cours sont complétés par un enseignement pratique,
— lîr. —
confié dans chaque éta])lissement-écolc à 2 surveillantes, aux ventouseur et ventouseuse, baigneur et baigneuse. A la Pitié et à Lariboisière, il y a en outre des exercices pi-atiques sur le dernier cours dirigé, soit par la sagefemme, soit par la surveillante. Enfin à cet enseignement s'ajoutent des conférences sur des sujets spéciaux, faites par des personnes de bonne volonté,
« Le cours de petite pharmacie est fait, dit M. Lepelletier, par un interne. » L'individu qui a conseillé M. Lepel- Ictier l'a induit dans une erreur grossière. S'il avait jeté un coup d'oeil sur le Palmarès, publié chaque année et distribué aux Conseillers municipaux, il aurait vu que ce cours est fait, à Bicêtre par M. le D"" Cornet, ancien interne en pharmacie des hôpitaux, à la Salpê trière et à la Pitié par M. le D"" Viron, pharmacien des hôpitaux, à Lariboisière, par M"^ Napias, pharmacien de 1" classe.]
M. Faillet (faisant allusion aux instituteurs et aux institutrices). — Il n^y en a pas partout.
M. Edmond Lepelletier. — Malheureusement, ce dernier cours devait être fait par un instituteur ou une institutrice breveté; mais, la plupart du temps, il est fait par des infirmiers.
[En ce qui concerne les écoles primaires annexées aux écoles professionnelles, pour suppléer à l'instruction souvent insuffisante des infirmiers et des infirmières, ce n'est pas la première fois que l'enseignement qui y est donné, est l'objet de la même critique et que les instituteurs et les institutrices sont l'objet d'attaques aussi injustes. Elles ont été produites déjà au Conseil municipal en 1897 et nous ne pouvons mieux faire que de reproduire la réponse que nous avons faite à cette époque. Voici comment nous nous exprimions :
« Puisque nous avons l'occasion de parler des maîtres de l'enseignement primaire, nous en profiterons pour rectifier certaines allégations produites récemment au Conseil municipal. L'interpellateur, M. Paul Bernard, était, certes, animé de bonnes intentions, mais il a été mal renseigné, mal conseillé. Et, avant de se lancer, il aurait dû
s'enquérir de la situation vraie. L'Administration et nous même, qui avons bien quelque connaissance du fonctionnement des écoles, nous nous serions empressé de le renseigner exactement. Personnellement, nous aurions pu mettre sous ses yeux les lettres où nous exposions la situation. Voici le texte des considérants et du projet de délibération par lesquels M. Paul Bernard a terminé l'exposé de ses réclamations :
« Le Conseil, considérant ; « 1° Que les cours primaires organisés dans les écoles municipales d'infirmiers et d'infirmières de Bicêtre, la Salpêtrière et Lariboisière sont confiés, dans la proportion de trois quarts, à des moniteurs ou monitrices ne possédant aucun brevet de capacité ; — 2° Que les cours professés par des instituteurs et institutrices diplômés sont rétribués d'une façon inégale et arbitraire (cette allocation varie entre 450 francs et 120 francs); — 3° Qu'une pareille organisation ne s'explique pas et ne peut produire que de mauvais résultats au point de vue de l'instruction de nos infirmiers et de nos infirmières, et qu'il y a lieu de mettre fin au plus tôt à cet état de choses,
« Délibère : 1° Dans les écoles municipales d'infirmiers et d'infirmières les cours seront confiés désormais à des instituteurs ou institutrices munis d'un brevet de capacité.
« 2° La rétribution de chacun de ces cours sera égale pour les instituteurs et institutrices ; elle ne pourra pas être inférieure à 450 francs, par an, payable par trimestre.
« 3° Les instituteurs ou institutrices chargés de cours primaires aux écoles municipales d'infirmiers et d'infirmières devront être pourvus d'une nomination régulière. »
M. le Président. — Je mets le projet de délibération aux voix. — (Ces conclusions sont adoptées 1897; C. 1235.)
« Entrer complètement dans le détail nous conduirait trop loin. Dans l'organisation des Ecoles d'infirmières nous avons procédé avec d'autant plus d'économie que nos adversaires arguaient des dépenses des écoles pour combattre et l'enseignement et la laïcisation. Nous avons choisi, à l'origine, Bicêtre et la Salpêtrière parce qu'il existait dans ces établissements des maîtres et des maitresses chargés des Ecoles primaires des sections d'enfants. Avec une modeste indemnité, on était sûr de leur
concours. Et point n'était besoin de recourir à des instituteurs ou à des institutrices du deliors, ignorants des conditions spéciales de l'enseignement, ne connaissant pas le personnel qu'ils avaient à instruire. Bien plus, au début, les professeurs de l'enseignement professionnel se sont mis gratuitement à noire disposition. De même nos internes, dont la plupart ont fait chaque année des conférences sur des sujets complémentaires et nous ont aidé à faire passer les examens jiratiques. Enfin, nous-méme avons consacré notre temps, pendant quinze années, au fonctionnement des écoles, a])solument sans aucune indemnité.
(( Il est dit dans le premier considérant que les cours primaires de Bicêtre, de Lariboisière et de la Salpétrière, sont confiés dans la proportion des trois quarts à des instituteurs et des institutrices ne possédant aucun brevet de capacité. C'est là une erreur. En effet, àlMcétre, les deux instituteurs, M. Mesnardet M. Landosse, sont pourvus du brevet de capacité (1) ; Mlle Blanche Agnus a le certificat d'aptitudes à la direction des écoles maternelles. M. ]\Ialençon, notre surveillant, n'a point de brevet, mais il a passe avec succès le concours pour la place d'auxiliaire permanent. M. jNIassing n'est qu'un infirmier, il est vrai, mais il possède une très bonne instruction primaire, connaît et parle l'allemand, et nous sert de moniteur à la classe des enfants. Enfin si ^DI. Malençon et Massing ont été désignés comme moniteurs, c'est sur le refus des deux autres maîtres d'écoles brevetés. Tous remplissent leur tâche avec un zèle et une persévérance dignes d'éloges.
« A Lariboisière, M"''' Obin et Corniou ont le brevet de capacité. A la Salpétrière, M"*" Gillot, Destable, Rosel et Patrouille ont le brevet élémentaire, M"*^ Corbon, le brevet supérieur ; seule, une monitrice, M"^ Foncier, n'a que le certificat d'études. (Voir p. 152.)
« Nous compléterons ces renseignements en indiquant la situation des institutrices chargées des cours primaires auxiliaires. Aux Enfants-Assistés, M"*" Glais est pourvue du certificat d'aptitudes pédagogiques et du brevet supérieur. — A Ihôpital Tenon, M""-' Amice a son brevet supé-
ili De. uis, M. Lamlossc a (ilileiui le lirewt supérieur.
rieur et M""* Marque le brevet de capacité. — Aux Enfants- Malades, l'institutrice, M"® Edé, est munie du brevet de capacité , — à l'hôpital Trousseau, M"® Colders a aussi son brevet de capacité.
« En résumé, sur 17 maîtres ou maîtresses, 14ont le brevet de capacité ; trois seulement qui servent de moniteurs n'ont pas ce brevet, tout en offrant des garanties sérieuses, et si les deux maîtres dont nous avons parlé n'avaient pas refusé leur concours, il y aurait 16 maîtres ou maîtresses brevetés, chargés des cours primaires, sur 17.
« Et se basant sur cette première erreur, M. Paul Bernard affirme que les cours primaires annexés à trois des quatre écoles d'infirmières n'ont produit que de mauvais résultats. C'est là encore une erreur et, de plus, une injustice envers tous ceux qui se sont consacrés avec un réel dévouement à l'instruction du personnel secondaire depuis 21 ans. Pourtant, chaque année, le Pa?ma?"ès enregistre les résultats obtenus et signale, entre autres, comme indice, le nombre des élèves et le nombre des certificats d'études... » (1). — Revenons à M. Lepelletier.
L^instruction donnée dans ces cours, dit-il, estrudimentaire ; malgré cela, vous voyez, au bout de chaque année, le nombre des diplômés augmenter. Il y a là. Messieurs, un véritable trompe-l'œil qui ne sert qu'à abuser le Conseil municipal et la population parisienne. Il est établi d'une façon certaine que ces cours ne sont pas à la hauteur qu'ils devraient atteindre.
[Sur ce point encore ]M. Lepelletier est fort mal renseigné. L'an dernier au Conseil supérieur de l'Assistance publique on a prétendu, à tort suivant nous, que ces cours étaient trop complets. Nous disons à tort, car en Angleterre, aux Etats-Unis, etc., le programme est souvent plus complet que celui des écoles de Paris. Le programme adopté par le Conseil supérieur, qui est conseillé aux villes de provinces, ne diffère du programme des écoles municipales de Paris que par des interpositions de ques-
(1) Depuis deux ans, M. Joly, directeur de la Pitié, a organisé un cours prima i:e confié à Mlle Clément et à M. Gallix pourvus tous les deux du brevet de capacité.
tions. Après nous avoir reproché un programme trop vaste (G4 leçons), on en a fait un qui comprend 70 leçons. 11 nous semble naturel qu'après vingt-trois ans d'enseignement et avec les progrès relatifs de l'instruction primaire, le nombre des diplômés augmente. Malheureusement cette augmentation de diplômés, que déplore M. Lepelletier, n'est pas ce qu'elle devrait être, et cette année la moisson sera moins abondante. Personnellement ce n'est pas nous qui sommes la cause de l'augmentation ou de la non augmentation des diplômes. Si M. Lepelletier avait été de bonne foi, il aurait vu que ce sont les professeurs qui donnent, pour les compositions de leur cours, le nombre de points qu'ils jugent être mérités par leurs élèves.]
M. Lepelletier poursuit en ces termes :
Il y a vingt ans (1°) qu'ils ont été fondés parlM. le docteur Bourneville. Ces écoles d'infirmiers et d'infirmières, où des élèves ont été surpris en train de copier (2°) leurs compositions de concours ne servent actuellement qu'à constituer une sinécure (3") pour M. Bourneville^ qui préside les distributions de prix chaque année. Or, quels sont les livres qui sont choisis pour être donnés en prix ? Des livres qui pourraient intéresser des conseillers municipaux ou bien des fonctionnaires de l'Administration de l'Assistance ne peuvent certainement offrir un intérêt quelconque pour des infirmiers (4°).
[!'• Non, c'est la vingt-troisième année scolaire, 23 ans de combat, qui va être close avant la fin du mois courant.
[2° Copier des compositions ce n'est certes pas avec notre assentiment. Nous connaissons le mal et pour y remédier, sans compter de mombreuses lettres à l'Administration, qui ne s'en est guère émue, tous les ans nous faisons donner en dictée, dans les écoles primaires des quatre établissements-écoles, au début de l'année scolaire, la note suivante :
De la loyauté dans les compositions.
« Les compositions doivent être faites loyalement. Sur les feuilles de convocation des jeunes gens qui sont appelés à subir les examens du baccalauréat^ se lit un avis ainsi conçu :
« Le candidat ne doit avoir, sous -peine d'exclusion, aucune note manuscrite ni imprimée, aucun livre, aucune communication avec le dehors. Il est interdit de sortir durant les comjyositions. »
« Il faut, pour la bonne réputation de nos écoles, que les élèves se conforment scrupuleusement à ces indications. Il conviendra aussi, pour éviter toute suspicion, qu'à la fin de chaque composition toutes les copies soient remises dans une enveloppe cachetée et scellée. »
[M. Lepelletier oublie que nous ne sommes pas chargé de la police des salles de cours, que c'est l'affaire de l'Administration. Cet acte de déloyauté n'est pas le fait seulement de quelques malheureux infirmiers ou infirmières, qui sont exclus chaque fois que le professeur s'en aperçoit, il se produit trop souvent parmi les candidats à tous les concours et à tous les examens. Les nouveaux amis de M. Lepelletier, qui sortent de toutes les jésuitières, en usent et en abusent au delà de toute mesure. Notre devoir est de les signaler, c'est à l'Administration d'employer les moyens nécessaires pour les prévenir. Au lieu de charger ses directeurs de dresser la liste des livres de prix, ce qui ne les regarde nullement en qualité de directeurs d'hôpitaux et dans lequel ils ne devraient intervenir qu'en qualité de professeurs du cours d'administration avec leurs collègues, avec les institutrices et ce qui est logique et juste avec le Directeur de l'enseignement des Ecoles, l'Administration ferait mieux de les inviter à faire la police des cours professionnels et des compositions. Si l'interpellation de M. Lepelletier pouvait amener l'Administration à plus de vigilance, nous nous en féliciterions. En tous cas les faits qu'il dénonce sont exceptionnels et les professeurs, chaque fois qu'ils s'aperçoivent d'un acte d'indélicatesse, s'empressent de le réprimer en supprimant la copie.]
[3° Nous dirons, tout à l'heure, en quoi consiste cette sinécure. (Voir p. 148).
[4° M. Lepelletier a raison de dire « qui pourraient intéresser des conseillers municipaux (car peu ont lu les rapports de Clemenceau, de Thulié, les nôtres, ceux de Robinet, etc.) ou bien, ajoute-t-il, des fonctionnaires de
l'Assistance publique, » De ce côté la lecture des ouvrages d'Assistance pulilique n'assurerait pas une vente même des plus modiques. Sauf quelques rares exceptions, une telle occupation ne leursourit guère. M. Lepelletier pourra s'en rendre compte par le nombre des fonctionnaires de l'Assistance pulïlique qui seront adhérents au prochain Congrès d'Assistance publique, assisteront aux séances, prendront part aux discussions. Reprenons maintenant le discours de M. Lepelletier.]
Un de ces livres est le rapport fait jadis par M. Thulié au Conseil municipal (1) sur le service des Enfants-Assistés. Ledit rapport, qui se trouve quelquefois même sur les quais, est halDillé d'une reliure, débité pour un prix assez élevé et distribué en récompense à des élèves qui ne le comprennent pas. En outre des documents de ce genre, on donne aussi d'autres livres, le rebut des quais, et qui sont encore des œuvres professionnelles, présentant un caractère technique et difficiles à comprendre.
[Nous répondrons plus loin à ces affirmations fantaisistes.]
M. John Labusquière. — Du moment que ces livres ont été compris par d'autres, vous admettrez que les lecteurs dont vous parlez peuvent bien aussi les comprendre.
[M. J. Labusquière, qui est notre adversaire, nous n'avons jamais pu savoir pour quelle raison, a dans la circonstance, émis une opinion tout à fait justifiée.]
M. Edmond Lepelletier. — Évidemment ces livres sont compréhensibles, mais il ne sont certainement pas intéressants pour le personnel à qui ils sont donnés.
M. John Labusquière. — Il y a dans ce personnel des personnes très inslruites et très aptes à comprendre.
M. Edmond Lepelletier. — Sans doute. Mais enfin, Messieurs, il s'agit là de récompenses à donner et il convient, il me semble, de distribuer des livres qui ressemblent à des livres de prix.
M. John Labusquière. — Des livres de Ponson du Terrail, par exemple. (Rires.)
(1) Non, au Conseil général.
M. Edmond Lepelletier. — Cela les intéresserait peut-être davantage que ceux qu'on leur donne.
M. John Labusquière. — M. Alpy conseillerait sans doute de donner les œuvres du père Loriquet. (Rires.)
[Notre ])ut est de relever le niveau du personnel, de lui faire connaître l'histoire, l'organisation et le fonctionnement des établissements.] (Voir p. 146).
M. Edmond Lepelletier. — En dehors des rapports et des œuvres professionnels, on a fait choix d'ouvrages de violence et de passion, dans le genre et dans le ton, par exemple, du fameux livre d'Urbain Gohier. (Exclamations. — Bruit )
Je citerai le titre de l'un d^'eux : « l'Iniquité ».
Ce sont, en somme, des livres qui TOUS se rapportent à l'affaire Dreyfus. Croyez-vous, Messieurs, que cela ne constitue pas un abus? J'attire toute votre attention sur ces faits...
M. John Labusquière. — Ce sont des livres dans l'esprit de vos anciens artit-les anticléricaux. (Bruit.)
M. Edmond Lepelletier. — Je n'entends pas. (Exclamations.)
M. Arthur Rozier. — Vous avez la mt'nnoire courte.
M. Edmond Lepelletier. — Vous aussi dans beaucoup de cas. Il est certain, Messieurs, que de tels ouvrages ne sont pas faits pour être distribués en prix aux infirmiers qui suivent les cours institués par M. Bourneville.
Si ces livres plaisent à certains d'entre vous, ils doivent disparaître avec le coup de balai qui a nettoyé l'ancien Conseil. (Le bruit continue.)
Messieurs, je dépose sans plus discuter une proposition que je vous demande d'adopter d'urgence.
M. le Directeur de TAssistance publique. — M. Lepelletier peut se rassurer : sa question retarde d'une année.
Je vous dirai tout à l'heure comment mon attention fut attirée sur les livres de prix et quelles mesures j'ai cru devoir prendre. Mais d'abord je ne puis laisser passer sans protester les paroles de M. Lepelletier, qui ont dû évidemment dépasser sa pensée lorsqu'il a vivement critiqué M. Bourneville. Mon devoir autant que la vérité m''obligent à ne pas laisser croire que les médecins nommés au concours ne sont pas à la hauteur de leur service.
M. Bourneville n'est pas seulement directeur de l'école d'infirmiers, c'est un savant universellement connu en Europe pour ses remarquables travaux de physiologie et de pathologie du système nerveux.
M. Bourncvillc a été conseiller municipal. On lui doit l'œuvre importante de la laïcisation et il a pris une 2:rande part aux études sur l'assainissement de Paris (1) ; mais je n^ai pas qualité pour parler de l'ancien conseiller municipal et je laisse à ses anciens collègues et à M. Lepelletier, son ancien ami, le soin de dire quels services il a rendus à la ville de Paris.
Quant aux distributions de prix, ce n'est pas M. Bourneneville, c'est le directeur de l'Assistance ou son délégué qui les préside (2).
Il y a deux ans, quand j'ai pris la direction de l'Assistance publique, assez de questions sollicitaient mon étude pour que j'aie laissé de côté les détails et c'est seulement plus tard que je me suis aperçu que le choix des livres n'avait pas été toujours absolument heureux. M. Bourneville ne les choisissait peut-être pas lui-même, il se servait d'intermédiaires qui l'ont trompé, je crois, de beaucoup de manières. Quoi qu'il en soit, j'ai découvert que certains de ces ouvrages étaient des œuvres de polémique. Je les ai supprimés.
Lorsque M. Lepelletier dit que ces livres « ont été donnés » il se trompe : il aurait dû dire : « auraient pu être donnés », mais ils ne l'ont pas été.
Je n'ai pas voulu que les questions politiques et religieuses fussent introduites dans les hôpitaux. Elles doivent être absolument écartées de l'Assistance publique et lorsqu'un malheureux se présente dans mon cabinet, je ne lui demande pas quelle est son opinion ou sa croyance, je m'occupe de savoir s'il est pauvre, désemparé, chagrin, et je recherche les moyens de l'aider, de le consoler, de le relever.
(Ij Suns conii>t('r la rn'-alion des mêdccins-accouclienrs qui a permis de donner aux femmes en couclies des soins qu'elles n'avaient pas, partant de sauver un grand nombre d'existences, et d'apprendre aux jeunes médecins la pratique des accouchements ; sans compter aussi la création de la section des enfants idiots et épileptiques de Bicètre, les bibliothèques médicales, les bibliothèques pour les malades, les boites des Gares destinées à recevoir les journaux et les brochures pour les malades, les consultations externes par la suppression du Bureau central, l'introduction de l'eau de source dans les hôpitaux, l'organisation ou la réorganisation des services de bains et d'hydrothérapie à Saint-Louis, à Lourcine, à Laënnec, à la Salpêtriére, etc. ; la construction du pavillon-modèle des internes à l'hôpital Saint-Antoine, le développement des pensions représentatives du séjour à l'hospice, le laboratoire commun à Laënnec, le service des morts dans le même hôpital, etc.
(2) Nous avons toujours demandé, à l'Administration, sans succès, de faire présider la distribution des prix d'une des écoles, au moins, par le président du Conseil municipal, ou un conseiller municipal, ou même le vice-président du Conseil de Surveillance.
M. Gaston Méry . — Il n'en est pas de même dans les agences, en province.
M. John Labusquière. — Parlons de la province. J'y connais des propriétaires qui défendent à leurs fermiers de recevoir des enfants assistés.
M. Jules Auffray, — Nous, nous connaissons des inspecteurs des enfants assistés qui exercent vis-à-vis des nourriciers auxquels l'Assistance publique confie des enfants une pression scandaleuse. (Très bien ! — Bruit continu.) M. Chérot. — Il faudrait nous donner la liste de ces livres. M. Arthur Rozier. — M. Chérot a raison ; nous discutons sans savoir de quoi il s'agit. (Voir p. 146 et 150.)
M. Edmond Lepelletier. — Ce sont les œuvres de Clemenceau.
M. le Directeur de TAssistance publique. — On en a indiqué quelques-uns.
J'ajoute que, si j'en ai arrêté la distribution, je n'ai pas entendu me prononcer sur leur valeur ; je puis en penser ce que je veux et conserver le droit de croire que ce sont des chefs-d'œuvre ; mais je crois qu'ils n'étaient point là à leur place et qu'il ne fallait, sous aucune forme, introduire dans les hôpitaux les querelles politiques et religieuses. L'Assistance doit rester un terrain neutre où ne doivent jamais arriver les bruits énervants des luttes du dehors.
M. Gaston Méry a dit que dans les agences, il n'en était pas toujours ainsi. Qu'il pose une question à ce sujet au Conseil général ; je lui répondrai.
Je reviens à la question qui m'est aujourd'hui posée : les ouvrages sont choisis parles directeurs d'hôpitaux sous mon contrôle et ma responsabilité.
J'estime que la littérature française contient, sans compter nos classiques, assez d'ouvrages de sciences vulgarisées pour qu'il soit possible de donner des livres qui amusent, instruisent et distraient nos infirmiers et infirmières du labeur des salles de malade.
Voilà ce que j'ai fait et ce que je continuerai de faire. J'écarterai toujours les questions politiques et religieuses de la bienfaisance. J'ajoute que telle m'a paru avoir été toujours la doctrine du Conseil municipal.
M. Edmond Lepelletier. — Les explications de M. le directeur de l'Assistance publique montrent que ma question avait sa raison d'être. M. John Labusquière. — Elles démontrent le contraire.
M. Edmond Lepelletier. — Je n'ai pas pu connaître la
liste des livres qui soroal distribués dans quinze jours ; mais j'ai vu celle des livres distribués l'année dernière, et je ne veux pas que le dreyfusisme ait sa presse dans les hôpitaux.
L'exactitude des faits a d'ailleurs été reconnue par M. le directeur de l'Assistance pul)liquc, que je n'attaque pas.
C'est M. Bourneville que j'attaque parce qu'il marche avec les ennemis de la Patrie et de la République. (Très bien, très bien.)
M. John Labusquière, — M. Alpy est l'ennemi de la République et vous marchez avec lui.
M. Edmond Lepelletier. — M. Bourneville n'est pas là. ..
M. Arthur Rozier. — C'est pour cela que vous l'attaquez.
M. Edmond Lepelletier, continuant. — Mais je suis bien obligé de demander au Conseil do se prononcer par un vote.
M. Arthur Rozier. — INIais quels livres attaquez vous ?
M. Edmond Lepelletier. — Dans toutes les distributions de prix, M. Bourneville a toujours parlé.
M. Le Directeur de TAssistance publique. — Il est absolument naturel qu'il rende compte des travaux de l'école, puisqu'il en est le directeur ; il vient tout simplement dire ce que les élèves ont fait dans le cours de l'année.
M. Edmond Lepelletier. —Oui, il a pris la parole, et nous voulons qu'il ne la prenne plus, absolument comme cela eut" lieu quand on me retira la parole que je prenais devant mon modeste tribunal. Vous savez bien, Messieurs^ que je suis républicain de caractère. . .
M. Landrin. — Allons donc! (Bruit.)
M. Edmond Lepelletier. — Messieurs, délibérons avec calme. . . (le bruit continue). Il s'agit de savoir si un homme qui ne représente pas les idées de la majorité du Conseil aura la parole dans les distributions de prix des infirmiers et infirmières. Il s'agit de savoir ensuite si les livres choisis seront conformes aux idées de la majorité du Conseil.
Si le Conseil admet que les choses restent dans l'état, je n'insiste pas. Mais si le Conseil estime qu''à un ordre municipal nouveau doivent correspondre des agissements nouveaux, ma question aura eu sa raison d'être. (Très bien !)
M. Arthur Rozier. — Et les livres ? Qu'on nous en dise quelque chose ! (Voir p. 14G et 150.)
M. Edmond Lepelletier. — Voici donc le texte que je soumets à votre vote.
M. John Labusquière. — Ecoutez la proposition de l'ancien pape de la libre-pensée.
M. Edmond Lepelletier. — Je donne lecture de ma proposition :
« Le Conseil « Délibère :
« Article premier. — Une Commission de quatre membres nommés par le Conseil examinera et choisira chaque année les volumes destinés à être donnés en prix aux élèves des quatre écoles municipales d'infirmières.
« Art. 2. — Cette Commission déléguera l'un de ses membres à chacune des distributions de prix de ces écoles, la Salpêtrière, Bicêtre, la Pitié, Lariboisière, pour y assister.
« .Signé : Edmond Lepelletier. »
M. le Directeur de l'Assistance publique. — Un certain nombre de Conseillers municipaux ont toujours assisté à ces distributions de prix et les membres de la 5"= Commission y ont toujours été invités.
Quant au choix des livres, j'en prends la responsabilité et il n'appartient à personne de substituer une autorité à la mienne dans le choix des livres pas plus que dans la Présidence des distributions de prix et des invitations que je juge convenable d'y faire.
M. Faillet. — J'ai demandé la parole sur cette question pour trois raisons :
La première, c'est qu^on attaque le docteur Bourneville qui est absent et, par conséquent, ne peut se défendre. Je ne veux pas qualifier un pareil procédé, que M. Lepelletier^ ancien libre-penseur et radical, vénérable de la maçonnerie, a bien vite appris à l'école de M. Alpy à prendre ses armes chez les Jésuites. (Très bien ! très bien ! sur un grand nombre de bancs. — Rumeurs à droite et sur un grand nombre de bancs à gauche.)
La deuxième raison, c'est que j'ai le devoir de protester contre les allégations sans preuves, les insinuations indignes de M. Lepelletier à propos des distributions de prix aux élèves des écoles d'infirmiers et d'infirmières. Plus de dix fois j'ai assisté aux distributions de prix et j'ai pris soin de lire le titre des volumes décernés. J'affirme sur l'honneur que ces volumes étaient tous des livres de science et d'histoire semblables à ceux distribués dans nos écoles communales et professionnelles.
La question posée par M. Lepelletier au directeur de l'Assistance fait partie, je dirai, de la série des attaques du cléricalisme contre la liberté de pensée, et je suis indigné de la
voir poser par M. Lepelletier qui s'affirma jadis si carrément jacobin et libre-penseur. (Très bien ! très bien ! )
La vérité est que les écoles des infirmiers et infirmières gênent nos adversaires parce qu'elles réusissent.
Quelles que soient mes divergences d'opinions sur certains points avec le docteur Bourncville, je rends, en cette occasion, un solennel hommage à ce républicain, à ce savant, qui a voulu qu'au lieu de confier le soin des malades à des ignorants, à des ignorantes, pétris de superstition, il y avait un devoir sous un régime républicain et dans une époque de lumière et de dévouement raisonné, de confier les malades à des serviteurs munis des notions générales d'hygiène, de médecine, sans négliger les autres connaissances élémentaires. En voulant cette précieuse réforme intellectuelle et morale, je déclare que le docteur Bourneville a fait une œuvre méritoire, démocratique, que je salue au nom du Conseil municipal. (Trèsijien ! très bien ! — Bruit.)
Je le répète encore une fois, les livres qui ont été distribués jusqu'ici sont hors de tout reproche, et si quelques-uns, proposés cette année, peuvent être critiqués, je n'en sais rien, je ne les connais pas. Il est loisible à M. Edmond Lepelletier, d'attaquer M. Bourneville, qu'il appelle son ancien ami. — Eh bien, monsieur Lepelletier, si vous osez attaquer vos amis, de sincères, d'éprouvés républicains comme Bourneville, — je vous le dis nettement, vous êtes un apostat ! (Très bien ! Très bien ! — Violentes rumeurs à droite et sur un certain nombre de bancs à gauche.)
Oui, vous êtes un apostat ! (Redoublement de bruit.)
Tout à l'heure M. Edmond Lepelletier attaquait les subventions. Il y a là une inexactitude encore, car il n'existe pour cet objet aucune inscription budgétaire que pour ordre. Notre collègue a donc apporté deux affirmations qui sont également erronées, fausses.
La première est relative au caractère des livres de prix distribués dans les écoles d'infirmiers ; la seconde relative aux subventions.
Monsieur Lepelletier, vous qui venez d'où nous savons tous, avec qui donc êtes-vous et où allez-vous donc? (Sensation.)
Une telle conduite, je ne crains pas de le dire, Monsieur Lepelletier, est absolument indigne d'un homme qui porte l'étiquette de libre-penseur et de républicain. Je ne vous en félicite pas. (Très bien ! Très bien ! sur un certain nombre de bancs.)
M. Bellan. — Il lie nous est pas possible de rechercher en ce moment le libellé des livres dont a parlé M. Lepelletier, mais, dans la crainte que la proposition qui vient d'être faite ne soit de nature à porter atteinte à l'esprit laïque de la Déclaration des droits de l'homme, je demande au Conseil de vouloir bien se prononcer sur la proposition suivante, pour laquelle je demande le scrutin (Bruit et exclamations au centre et à droite), :
« Le Conseil,
« Considérant que plus que jamais l'esprit laïque de la Déclaration des droits de l'homme doit subsister dans tous les établissements d'enseignement ou d'assistance de la ville de Paris, passe à l'ordre du jour. Signé : Bellan, Chautard, Pierre Morel. »
M. Edmond Lepelletier. — Je déclare que je voterai cet ordre du jour, car il ne s'agit pas ici d'une question de législation, mais seulement du choix de volumes et par conséquent d'une question d'esprit....
Une voix. — D'esprit nouveau !
M. Edmond Lepelletier. — Non, d'esprit ancien. Nous demandons qu'à la place du docteur Bourneville — qui a été autrefois mon ami politique, c'est vrai, mais pas autre chose, — et dont l'attitude au point de vue de la question du dreyfusisme qui nous divise actuellement nous paraît condamnable et mauvaise — nous demandons, dis-je, qu'au lieu du docteur Bourneville, ce soit la majorité du Conseil qui ait le choix des ouvrages.
Et ce que nous voulons encore, c'est que les ouvrages qu'on donne ne soient pas de ceux où l'on combat la patrie. (Applaudissements.)
M. Bellan. — Si jai apporté cette protestation...
M. Alpy — Mais c'est un hors-d'œuvre.
M. Bellan. — ... c'est pour que le Conseil puisse se prononcer, c'est pour que nous puissions nous compter dans cette enceinte sur le principe de cet esprit laïque de la déclaration des Droits de l'homme que tontes les majorités qui se sont succédé dans cette enceinte ont défendu depuis trente ans, quelle que soit leur nuance, socialiste, radicale ou modérée ; c'est pour cela que j'ai déposé ma proposition.
M. Pugliesi Conti. — L'esprit laïque dont vous parlez, vous ne l'avez jamais protégé ; vous avez toujours fait montre d'intolérance.
Ecoles d'Infirmières. 10
M. Bellan. — L'intolérance a toujouis été de votre côté et jamais du nôtre. Nous, nous avons toujours respecté la neutralité. (Bruit.)
M. Arthur Rozier. — Mais jamais la nouvelle majorité n'osera toucher à la laïcité. Vous n'oserez pas ramener les sœurs.
M. Bellan. — Je dis que ces circonstances sont très heureuses ca ce sens qu'elles vont permettre de nous fixer sur les tendances de cette nouvelle majorité.
Quand nous avons vu venir ici cette majorité nouvelle, nous, républicains (Exclamations à droite et au centre), nous demandions ce qui se cachait derrière cette étiquette de nationaliste. (Tumulte. — Bruit prolongé.)
M. Barillier. — Vous n^avcz pas le droit de discuter ainsi nos opinions. Nous sommes élus... (Le bruit continue.)
M. Pugliesi-Conti. — L'idéal répuljlicain est de respecter la volonté du peuple. (Bruit.)
M. Bellan. — Si vous vouliez m'écouter. Messieurs, vous finiriez par me comprendre.
Je disais que, quand celte nouvelle majorité est arrivée, avec celte étiquetle de nationaliste, nous républicains, étions en droit de nous demander quels sentiments apportait cette nouvelle majorité. Onr nous y trouvions des hommes de toutes opinions. (Nouveau bruit.)
Nous voulions savoir — et nous espérons le savoir tout à l'heure par le scrutin qui va avoir lieu sur ma proposition — si, à côté de cléricaux comme M. Alpy, il y avait dans cette assemblée des libres-penseurs comme M.Edmond Lepelletier. Bruit. — protestations.) Si vous n'êtes pas tous du même parti, ma proposition en gênera quelques-uns, je le conçois.
M. Tournade. — Vous n'êtes pas là pour nous interroger. (Bruit violent.)
M. Bertrou. — Vous n'êtes pas élu, M. Bellan, vous n'êtes ici que par un tour de passe-passe.
M. J. AufFray. — Il est plus délicat en effet pour vous que pour tout autre, de parler du suffrage universel, vous n'êtes pas réellf'mcnt élu. (Tumulte.)
M. Bellan. — Dans les Conseils précédents, la majorité représentait les opinions libérales, la minorité, les opinions cléricales. Il s'agit aujourd'hui de savoir si vous voulez démolir l'œuvre du Conseil depuis trente ans. En votant ma proposition^ vous ferez voir comlîien, dans cette Assemblée, il y a de véritables républicains et libres- penseurs. (Bruit.)
M. Gaston Mery. — Au nom de mes amis et au mien, je déclare que nous aussi nous nous réclamons de la Déclaration des Droits de l'homme.
M. Landrin. — Napoléon III s'en est réclamé aussi.
M. Gaston Mery. — M. Bellan a parlé tout à l'heure de l'esprit laïque de cette déclaration. Il a dit une chose contraire à la vérité historique. La déclaration des Droits de l'homme a été rédigée en dehors de tout esprit laïque ou religieux, elle n'a été inspirée que par un esprit de liberté. Nous sommes pour la liberté. (Applaudissments au centre et à droite.)
M. J. "Weber. — Vous voulez la liberté pour les cléricaux.
M. Alpy. — Vous êtes des oppresseurs.
M. le Préfet de la Seine. — Je prie le Conseil de ne pas adopter la proposition de M. Edmond Lepelletier. Voici pourquoi.
Cette proposition est contraire à la loi, car elle tend à substituer à TAssistance publique, personnalité morale distincte du Conseil municipal, une Commission issue du Conseil municipal chargée de faire une œuvre qui incombe à l'Assistance publique.
Cela n'est pas possible. Tant que l'Assistance publique aura sa personnalité propre^ une proposition du genre de celle qui fait Tobjet de ce débat ne saurait être ratifiée, (Bruit.)
M. Tournade. — L'Assistance publique a cette personnalité avec notre argent. Si nous ne votions pas les fonds nécessaires^ elle n^'existerait pas.
M. Edmond Lepelletier. — Nous ne prétendons pas empiéter sur les droits supérieurs que M. le directeur de l'Assistance publique tient de la loi 1849.
Nous voulons enlever ses attributions à une personne^ dont on a beaucoup parlé et qui les tient peut-être d'une délégation de TAdministration de l'Assistance publique, mais certainement d'un vote du Conseil (?). M. le docteur Bourneville était jusqu'ici chargé de présider aux distributions de prix et de choisir les volumes à décerner en récompense. Nous demandons le remplacement de ce potentat par quatre conseillers municipaux, un pour chaque cours.
Nous voulons relever l'enseignement donné dans les cours en question et avoir, grâce à eux, un personnel secondaire tel que sont en droit de le réclamer les malades et le corps médical.
M. Archain. — Il va falloir dos doctoresses pour soigner les d ictcurs quand ils seront malades. (Rires.)
M. Edmond Lepelletier. — En résumé, nous voulons surveiller à la fois l'enseignement et le choix des livres de prix. Puisque nous payons, c'est bien le moins que nous contrôlions.
M. le Président. — Je vais mettre aux voix l'ordre du jour de M. Lepelletier.
M. Landrin. — Il convient auparavant de voter sur la demande d'ordi-e du jour déposée par M. Bellan.
M. le Président. — Ce n'est pas une demande d'ordre du jour. Ces! une nouvelle proposition. Je prie ceux qui veulent adopter la proposition de M. Edmond Lepelletier de lever la main.
M. Arthur Rozier. — Nous demandons le scrutin.
M. le Président. — Je ne suis saisi d'aucune demande de
scrutin.
M. Arthur Rozier. — Je dépose une demande de sciutin et j'invite mes collègues à se joindre à moi à cet effet. (Bruit.)
M. le Président. — Que ceux qui sont davis d'adopter la proposition de M. Edmond Lepelletier lèvent la main. — La proposition de M. Edmond Lepelletier est adoptée. (Exclamations.)
M. Arthur Rozier. — J'avais demandé le scrutin. Je crois qu'il n'est pas inutile de faire remarquer que c'est la première fois, au Conseil municipal, qu''on refuse le scrutin à plusieurs collègues qui le demandent. (Exclamations.)
Plusieurs voix. — Le vote était commencé.
M. Arthur Rozier. — MM. Henri Galli, Gaston Mer}- et Poirier de Narçay n'ont pas hésité à signer ma demande de scrutin.
M. Gaston Méry. — Mais vous êtes intervenu trop tard.
M. Arthur Rozier. — Il e^t né -essaire que le public sache quelle est l'opinion de chacun de nous. Vous n'avez pas voulu la lui faire connaître; vous en porterez la responsabilité.
M, le Président. — Messieurs, votre président a fait observer la règle toujours suivie en cette enceinte. On ne parle pas pendant un vote. (Très bien.) Je suis d'ailleurs saisi d'une proposition de M. Bellan pour laquelle il y a une demande de scrutin.
M. Jules Auffray. — Je demande l'ordre du jour pur et simple et je rappelle que cet ordre du jour a toujours la priorité.
M. Alpy. — C'est le droit en effet.
M. le Président. — Je suis saisi d'une demande de scrutin sur l'ordre du jour pur et simple proposé par M. Jules Aiiffray.
M. V. Gelez. — Je demande la parole sur l'ordre du jour pur et simple.
M. le Président. — M. Gelez a la parole.
M. V. Gelez. — Il est impossible que le Conseil vote l'ordre du jour pur et simple après s'être déjà prononcé sur l'ordre du jour présenté par M. Edmond Lepelletier.
Voix à droite. — Mais cela n'a pas de rapport.
M. V. Gelez. — Vous pouvez voter l'ordre du jour pur et simple, mais à la condition de ne pas supprimer l'ordre du jour proposé par M. Bellan et qui est l'opposé de l'ordre du jour de M. Lepelletier.
M. le Président. — L'ordre du jour pur et simple ayant été demandé, c'est sur cet ordre du jour pur et simple que portera le scrutin.
Le scrutin auquel il a été procédé sur l'ordre du jour pur et simple, donne les résultats suivants :
Nombre de votants 70
Majorité absolue 36
Pour 35
Contre 35
Le conseil n'a pas adopté l'ordre du jour pur et simple.
Ont voté pour :
MM. Alpy, Jules Auffray, Ballière, Baranton, Barillier, Bertrou, César Caire, Caplain, Chassaigne-Goyon, Chérot, Despatys, Deville, Dubuc, Duval-Arnoud, Paul Escudier, Evain, Fortain, Foursin, Froment-Meurice, Henri Galli, Gay, Roger Lembelin, Le Menuet, Edmond Lepelletier, Levée, Gaston Mery. Adrien Mithouare, René Piault, Poirier de Narçay, Pugliesi-Conti, Quentin- Bauchart, Ambroise Rendu, Camille Rousset, Maurice Spronck, Tournade.
On voté contre :
MM. L. Achille, Archain, Bellan, Berthaut, Brenot, Paul Brousse, Bussat, Ernest Caron, Chautard, Adolphe Chérioux, CoUy, Desplas, Faillet, V. Gelez, Grébauval, Hénaffe, Houdé, John Labusquière, Landrin, Marsoulan, Alfred Moreau , Ernest Moreau, Pierre Morel, Mossot, Navarre, Opportun,
Pannelier, Paris, Pateiine, Poiry, Ramier, Henri Roussel Arthur Rozier, Adrien Veber, J. Weber.
Excusés : MM. Chausse, Alfred Lamouroux.
En congé : M. Ranson.
N'ont pas pris part au vote : MM. Brard, J-. Caron, Dausset, .Tousselin, Piperaud, Félix Roussel, Sauton.
M. Arthur Rozier. — Vive la Répul)lique !
M. Jules Auffray. — J'ai l'iionneur. Messieurs, de déposer la proposition suivante :
« Le Conseil, considérant que c'est dénaturer l'esprit de la déclaration des Droits de l'Homme que de lui attribuer un caractère de partialité religieuse et philosophique ; qu'elle a été conçue dans un esprit de liberté qui doit être l'idéal du régime républicain, passe h l'ordre clu jour. Signé : Jules Auffray. »
M. Henri Galli. — Je propose à votre approbation l'ordre du jour suivant :
« Le Conseil, alfirmant que l'un des premiers principes des Droits de l'Homme est celui qui implique le respect de la liberté des autres et la tolérance politique et religieuse, passe à l'ordre du jour. Signé : Henri Galli, René Piault, Paul Escudier. »
M. le Président. — Je suis donc saisi de trois ordres du. jour. (Exclamations à gauche.)
M. Bellan. — Mais permettez, Monsieur le Président, la priorité est de droit pour mon ordre du jour, puisque l'ordre du jour pur et simple est rejeté.
M. le Président. — Je vais mettre aux voix la proposition de M. Bellan.
M. Alpy. — Mais non !
M. Archain; — ï\ le faut bien, cependant.
M. Gaston Méry. — Je demande la priorité pour l'ordre du jour de mon ami M. Galli.
M. Landrin. — Le Conseil vient de repousser l'ordre du jour pur et simple qui avait été opposé à la motion de notre collègue M. Bellan. Nous n'avons, à présent, qu'à nous prononcer sur cette motion. J'en appelle aux anciens membres de cette assemblée ; il n'est pas dans les usages de procéder autrement et, si le Bureau veut assumer la responsabilité d'une jurisprudence nouvelle, je la lui laisse tout entière. (Aux voix ! 7\.ux voix !)
M. Roger Lambelin. — Je ne partage pas l'avis de M. Landrin.
M. Archain. — Vous avez changé depuis les élections,
M. J. "Weber. — C'est la théorie nationaliste qui en est la cause.
M. Roger Lambelin. — Mais, Messieurs, le rejet de l'ordre du jour pur et simple n'implique pas qu'on va voter sur l'un des ordres du jour en présence plutôt que sur l'autre, il implique que l'on va discuter ces ordres du jour.
M. J. "Weber. — C'est une théorie nouvelle.
M. Arthur Rozier. — Mais enfin, Monsieur le Président, s'il nous plaisait d'apporter une nouvelle demande d'ordre du jour portant sur celle des propositions en présence qui aurait eu la priorité, le mettriez-vous aux voix?
M. Archain. — Rappelez-vous, Monsieur le Président, les opinions que vous professiez quand vous ne présidiez pas encore.
M. V. Gelez. — Messieurs, on ne doit pas déposer des propositions nouvelles quand on a voté sur l'ordre du jour.
M. Gaston Méry. — Mais c'est M. Bellan lui-même qui a demandé la priorité sur l'ordre du jour de M. Galli.
M. Arthur Rozier. — C'est une question de bonne foi Que s'est-il passé ?
A propos de l'ordre du jour de M. Bellan, on a demandé le vote sur l'ordre du jour pur et simple. Si ce dernier eût été adopté, il n'y aurait plus eu à voter sur la proposition ellemême ; puisque le Conseil en a décidé autrement, c'est donc la proposition de M. Bellan qu'il faut mettre aux voix.
Sinon, à un nouvel ordre du jour, nous opposerons une demande d'ordre du jour pur et simple et nous n'en finirons jamais. Conclusion : il me paraît beaucoup plus simple de mettre aux voix l'ordre du jour de M. Bellan.
M. Grébauval. — Je ne comprends pas la querelle, alors qu'il apparaît à tous que les deux ordres du jour vont être votés et que les auteurs de l'un et de l'autre acceptent réciproquement ce double vote. Je pense donc qu'il vaut mieux mettre aux voix les deux ordres du jour successivement. (Très bien!)
M. le Président. — Je mets aux voix l'ordre du jour de M. Bellan. Il y a une demande de scrutin.
Le scrutin auquel il a été procédé sur l'ordre du jour de M. Bellan donne les résultats suivants :
Nombre de votants 58
Majorité absolue 30
Pour 50
Contre 8
Le Conseil a adopté l'ordre du jour de M. Bellan.
Ont voté pour :
MM. L. Achille, Archain, Balliérc, Barillier, Bellan, Berthaut, Brenot, Paul Brousse, Bussat, Ernest Caron, J. Caron, Chautard, Adelphe Chérioux^ Chérot. Colly. Dausset, Desplas, Dubuc, Faillct, Foursin, Henri Galli, Gay^ V. Gelez, Grébauval, Hénaffc, Iloude, John Labusquiére, Landrin, Le Menuet, Marsoulan, Gaston Méry, Alfred Moreau, Ernest Moreau, Pierre Morcl, IMossot, Navarre, Opportun, Pannelier, Paris, Patenne, Piperaud, Poirier de Narçay, Poiry^ Ranvier, Félix Roussel, Henri RoussellCj Camille Rousset, Arthur Rozier, Adrien Vcber, J. Weber.
Ont voté contre ;
MM. Alpy, Chassaii^ne-Goyon, Despatys, Froment Maurice, Roger, Lambelin, Pugliesi-Conti, Quentin-Bauchart, Ambroi- Rendu.
Excusés ; MM. Chausse, Alfred Lamouroux,
En congé : M, Ranson.
N'ont pas pris part au vote :
MM. Jules Aut'fray, Baranton. Bertrou, Brard, César Caire, Caplain, Devillo, Duval-Arnould, Paul Escudier, Evain, Fortin, Jousselin, Edmond Lepelletier, Levée, Adrien Miihouard, René Piault, Sauton, Maurice Spronck, Tournade.
Reprenons quelques points de l'étrange discours de M. E. Lepelletier.
Les livres.
En organisant les Ecoles d'infirmières, nous avions pour but de remplacer un personnel ig-norant et intolérant par un personnel instruit et respectueux de la liberté de conscience. Pour remédier à l'ignorance, nous avons fait marcher de pair Vinstruction primaire et V enseignement professionnel.
I^our le premier enseignement, nous avons utilisé le personnel que l'Administration mettait à notre disposition : on a vu, par les renseignements donnés plus haut, que ce personnel offre, au point de vue universitaire, toutes les garanties nécessaires et qu'en l'accusant de ne pas être breveté, de n'être pas à la hauteur de sa mission, M. E. Lepelletier a fait preuve d'ignorance et d'injustice.
Pour l'enseignement professionnel, nous avons fait appel à des hommes qui. tous, ont une valeur scientifique
et un talent d'éducateur que personne ne peut contester : docteurs en médecine et anciens internes des hôpitaux, médecins, chirurgiens et accoucheurs des liôpitaux, agrégés de la Faculté, membres de l'Académie de Médecine. Nous les avons choisis, autant que possible, républicains et lihres-penseurs : c'était notre devoir pour assurer la réussile de la réforme de la laïcisation.
Logique avec nous-mêmes, fidèle aux principes de la Déclaration des Droits de l'Homme, nous avons choisi, pour être donnés en récompense, des livres d'instruction professionnelle, des livres de propagande républicaine.
Ayant affaire à des citoyens, à des femmes qui n'ont pas renié la Société civile, désireux d'en faire de véritables laïques, nous aurions cru manquer à tous nos devoirs en ne profitant pas des distributions de prix pour donner à nos élèves des livres pouvant perfectionner leur instruction professionnelle et contribuer à leur éducation républicaine.
La liste de ces livres, nous la donnons sans crainte. Les ouvrages de H. Thulié, — incriminé plus particulièrement, — de Bru (Histoire de Bicélre), de Rousselet, de Seguin, d'Itard, de Hamon du Fougeray, de Gilles de la Tourette, etc., ont été fournis, avec l'autorisation des auteurs, sur notre demande, aux prix les plus réduits !
Quant aux oeuvres de Victor Hugo, de Michelet, de P.-L. Courier, de P. Bert, de Gambetta, de Pelletan, de Voltaire, de Molière, de Clemenceau, etc., nous les avons choisis parce ce qu'ils sont admirablement écrits, inspirés par un sentiment puissant d'humanité, de tolérance, et en même temps d'horreur pour les jésuites et les apostats.
Afin d'avoir à distribuer un plus grand nombre de récompenses, nous avons fait appel au ministère de l'instruction publique, MM. Ferry et Bourgeois nous ont répondu., modestement; au ministère de l'Intérieur, où M. H. Monod nous a donné un stock considérable de documents venant du Conseil supérieur de l'Assistance publique, tous les exemplaires disponibles de V Assistance publique en Sambre-et-Loire et du volumineux Rapport sur le serrnce des aliénés enFrance de 1876. Nous ne rappellerons pas nos démarches auprès des éditeurs pour solliciter leur
générosité. Tous ces résultats n'ont pas été acquis sans perte de temps — notre seul capital — ni sans travail.
Et puis, nous avons demandé à tous nos amis des do7is de livrets de Caisse d'épargne dont la totalisation dépasserait une dizaine de mille francs. M. le directeur n'aurait eu qu'à ouvrir quelques-uns des Palmarès pour s'assurer que nous n'avons jamais été guidé par une idée de lucre et pour faire comprendre à son questionneur l'esprit de générosité et de dévouement qui nous a toujours inspiré.
Sinécure.
Sinécure, dites-vous, en parlant de mes fonctions modestes, mais pénibles, de directeur de l'enseignement des Ecoles d'infirmières. Qu'est-ce qu'une Sirte'cu?'e? Les dictionnaires répondent ; Sine, sans ; cura, souci, place rétribuée qui n'oblige à aucun travail.
Nous avons été chargé de la direction de l'enseignement des écoles d'infirmières en 1878. De cette première année scolaire à 1893, nos appointements ont été ; zéro. De 1893 à 1896, l'Administration a estimé que nos sacrifices étaient suffisants, et nous a alloué une indemnité de 500 francs pour chaque école, soit 1 .500 francs par an. De 1897 à 1900, à l'occasion de l'ouverture de l'école de Lariboisière, cette indemnité a été portée à 2.000 francs, soit au total, environ 14.000 francs. Si Ion en déduit le don fait par nous de la première édition du ^lanuel, 1.000 francs, et les livrets de Caisse d'épargne de 25 francs, que nous avons donnés tous les ans à chacune des trois premières écoles, sans compter nos déplacements, nos visites, notre correspondance, les examens, etc., notre indemnité se trouve réduite à 11.500 francs pour vingt-trois ans, soit en moyenne cinq cents francs par an !
Et les amis de M. Lepelletier écrivent que les Ecoles d'infirmières n'ont eu d'autre utilité que de nous « servir des rentes » ? Ce seraient des rentes bien modestes.
Quant au travail donné, M. Lepelletier pourra s'en rendre compte, s'il lui reste encore quelque vague sentiment de justice, en parcourant les rapports que nous faisons tous les ans aux distributions de prix. Il pourra s'en
rendre compte aussi, en venant assister aux examens pratiques.
Nous ne nous attendions pas à une accusation aussi ridicule et aussi odieuse après vingt-trois ans de labeurs et de luttes.
Patriotisme.
Celui qui a été le promoteur de nombreuses réformes dans l'Assistance, l'Hygiène, l'Enseignement publics, qui toujours, dans toutes les circonstances, s'est efforcé de remplir avec un soin scrupuleux les obligations que lui imposaient les fonctions qu'on lui confiait, qui n'a jamais eu d'autre but, dans les œuvres qu'il accomplissait, que de contribuer à la bonne réputation, à la grandeur de son Pays, n'a pas à recevoir de leçon de patriotisme, surtout de M. Lepelletier, qui, lui, n'a encore jusqu'ici, croyons-'nous, été le créateur et l'initiateur d'une réformé quelconque dont puisse s'honorer la Patrie.
Conclusion.
Que d'erreurs, que de contre-vérités nous aurions encore à relever ! ^Mais il nous semble inutile de discuter davantage, aujourd'hui, avec un franc-maçon qui ne veut pas qu'on donne les livres d'assistance et d'éducation de H. Thulié; avec un républicain qui répudie les livres de G. Clemenceau ; avec un libre-penseur qui calomnie outrageusement l'homme qui, sacrifiant ses intérêts personnelsj a créé les Écoles d'infirmières et a été le principal auteur de la Laïcisation^ en un mot, ainsi que l'a dit énergiquement M. Faillet, avec « un apostat j^ . Bourxeville.
Liste (les livres donnés en prix aux élèves des éeoles municipales dinlirmiers et d'Inlii'miiM'es de la Ville de Paris.
Puisque ni M. Xapias, ni M. Lcpolletier n'ont donné la liste criminelle des livres républicains et anti-cléricaux, qu'on nous reproche, nous allons combler cette lacune.
Auteurs.
Titres des ouvrages.
Benêt
Françoise Fontaine.
Bert(P.)
Morale des Jésuites.
Bouchet
Histoire de la Salpôtrière.
Bourneville
Assistance des enfants anormaux.
Jeanne Féry.
Sabat des sorciers.
Bru
Histoire de Bicêtre.
Charcot
Foi qui guérit.
Cliatrian
Contes des bords du Rhin.
Grand'père Lebigre.
L'Ami Fritz.
Le Blocus.
Le Brigadier Frederick.
Les vieux de la vieille.
Maitre Daniel Rock.
Souvenirs d'un ancien chef de
chantier.
Clemenceau
Le grand Pan.
Les plus forts.
L'Iiiiquité.
Mêlée Sociale.
Vers la réparation.
Courier (P. L)
Pamphlets.
Desmaisons
Tu seras ouvrière.
Despois
Vandalisme révolutionnaire.
Auteurs.
Titres des ouvrages.
' Gallet
Assistance publique pendant le
siège.
Gambetta
Discours.
Gilles cle la Tourette..
Sœur Jeanne des Anges.
Théophraste Renaudot.
Hachette
Bibliothèque à 4 fr. 20.
» à3lr. 00.
à 1 fr. 3.5.
Hamoii (T.)
Lally Tollendal.
Dupleix.
Hamou du Fougeray..
^Manuel des enfants anormaux.
Itard •
Sauvage de l'Aveyron.
Procès de la dernière Sorcière.
Tu seras prévoyant.
Chasseurs de Girafes.
Ladame
Matrat
Mayne Reid
Planteurs de la Jamaïque.
Montheuil
Assistance publique à l'étranger.
Nicolas
Tu seras chef de famille.
Pelletaii (E.)
Naissance d'une ville (Royan).
Jarousseau, lo Pasteur du désert.
Raymond
Les neveux du capitaine Fran-
cœur.
Rousselet (Alb.)
Hôtel-Dieu (son histoire).
Rothschild (D' H. de)..
Allaitement mixte.
Aux pays Scandinaves.
Notes africaines.
Strauss
Enfance malheureuse.
Teinturier
Histoire d'une secte religieuse
russe (Les Skoptzy).
Thulié
Les enfants as-istés.
Tomtit
100 nouvelles expériences.
Verne
Archipel en feu.
Aventures de 3 russes et de 3
anglais.
Hivernage dans les glaces.
La Jungada.
Robur le Conquérant.
Les années précédentes, nous avons donné des livres
de Michelet, de Victor Hugo (Les Châtiments, Histoire d'un crime, Napoléon le Petit, etc.), Voltaire, Molière, la collection du Bulletin des infirmiers et infirmières, etc. Et cette année nous aurions ajouté avec plaisir le nouveau livre de G. Clemenceau, Au fil des jours et le bel ouvrage de H. Thulié, Le Dressage des jeunes dégénérés.
Nous ne devons pas clore cette discussion sans remercier cordialement M. Faillet d'avoir pris, entérines si chaleureux et si sympathiques, notre défense et surtout celle des Ecoles d'infirmières et de la Laïcisation. B.
A la Salpôti'iére, les maîtresses des cours primaires sont maintenant : M"« Oorbon, sous-surveillante, brevet supérieur, certificat d'aptitudes pédagogiques; M"« Rosel, sous-surveillante, brevet élémentaire, certifiât d'aptitudes pédagogi • ques; M"»-' Patrouille, suppléante, mêmes brevets; Mi'« Combet, suppléante, mêmes brevets; M'^^ Imbert, suppléante, brevet élémentaire.
Discours prononcé à la distribution des prix et des diplômes à l'École de la Salpêtrière.
(28 juillet 1900.)
Flappelons les passages suivants de la discussion au Conseil municipal qu'on vient de lire :
M. Edmond Lepelletier. — Dans toutes les distribuions de prix, M. Bourneville a toujours parlé.
M. LE Directeur de TAssistance publique. — Il est ibsolument naturel qu'il rende compte des travaux des îcoles, puisqu'il en est le directeur ; il vient tout simpleiient dire ce que les élèves ont fait dans le cours de 'année.
M. Edmond Lepelletier. — Oui, il a pris la parole et
S'OUS VOULONS qu'il NE LA PRENNE PLUS.
Ceci se passait le 2U juin. Quelques jours plus tard, e 7 juillet, M. le Directeur de l'Assistance publique nous îcrivait :
Monsieur le Docteur,
J'ai l'honnear de répondre à la lettre par laquelle vous me lemandez de fixer la date de la distribution des piùx de 'école d'infirmières de Bicêtre. — Sans vouloir dès à présent engager l'avenir, ni fixer définitivement le mode de distribu- ;ion des prix qu'il me semblera juste d'adopter, je me propose îette année, au moins et à l'occasion de l'exposition, d'apporier une modification assez importante au programme habituel le nos distributions de prix. J'ai décidé, en effet, que les listributions qui ont lieu dans chaque établissement-école, lu lieu de prendre le caractère d'une cérémonie, auraient îelui d'une réunion tout intime à laquelle seraient seulement îouviés et admis les professeurs et les élèves de l'école ; 1 ne serait pas lancé d'invitations au dehors et aucun disîours ne serait prononcé, sauf une courte allocution faite par
le directeur de l'établissement rc^présentant l'Administriition. — Cette allocution sera suivie de la lecture du Palmarès et de la distribution des récompenses
« Je viens de donner aux directeurs des hùpilanx-écoles des instructions dans ce sens. — Vous vous entendrez avec chaque directeur pour fixer la date des distributions particulières puisqu'elles se feront ^ans la moindre HOlennitè, mais je me réserve de m'cmtretenir ultérieurement avec vous de la cérémonie que j'organise à la Salpêtrière »
Naturellemenl ni nous, directeur de l'enselu-nenient des écoles, ni les professeurs, sauf deux non au courant de la lettre de l'Administration, n'avons assisté à ces distributions de prix qui ressemblaient non à une fête, mais à une cérémonie funèbre. Toutefois, nous avons été autorisé à prendre la parole à la distribution des prix de la Salpêtrière, présidée par M. II. Monod, délégué de M. Waldeck-Rousseau, président du conseil et ministre de l'Intérieur, où nous avons prononcé le discours qui suit :
Mesdames, Messieurs,
La cérémonie de ce jour à laquelle l'Administration, renouvelant en cela une ancienne tradition, a voulu donner un éclat particulier en y convoquant la plupart des délégués étrangers au Congrès I nternational d'Assistance publique, tous les membres du bureau de ce Congrès et divers représentants des Commissions administratives des hôpitaux de notre pays, clôt la vingt troisième année scolaire des Écoles municipales d'infirmiers et d'infirmières des hôpitaux de Paris.
Répondant au désir que nous a exprimé M. le Directeur de l'Administration générale de l'Assistance publique, nous allons exposer aussi brièvement que possible l'histoire de la création de ces Ecoles, leur organisation et leur fonctionnement durant cette période déjà longue.
Dès le début de nos études, deux de nos maîtres, Delar-iAUVE et GiRALDÈs, uous Ont appris à nous intéresser aux choses de l'Assistance publique. Nous avons été ainsi amené à étudier le personnel secondaire des hôpitaux, surveillantes religieuses et laïques, inlirmiers et infirmières. Nous avons bien vite constaté que, à part quelques exceptions, la plupart avaient une instruction primaire nulle ou très insuffisante et qu'au point de vue professioniiel, elles n'avaient qu'une routine plus ou moins raisonnée, transmise de génération en génération. Nous avons alors cherché à savoir ce qui se faisait à l'étranger et nous avons appris que, dans quelques pays, par exemple en Angleterre, aux Etats-Unis et ailleurs, les médecins, se préoccupant d'avoir des auxiliaires capables de les seconder efficacement, avaient créé des Écoles d'infirmières.
Profitant d'un voyage à Londres avec une délégation du Conseil municipal qui s'y était rendue dans le but de se rendre compte du fonctionnement du ^létropolitain, — c'était en 1877 — nous avons visité plusieurs écoles d'infirmières, étudié leur programme et rassemblé de nombreux documents sur les Hicoles d'infirmières laïques de l'Angleterre. A la fin de cette même année, rapporteur du Budget de l'Assistance publique, nous avons fait voter par le Conseil municipal la création d'Écoles d'infirmiè res afin d'arriver à mettre notre pays sur un pied d'égalité avec les pays étrangers sous le rapport de leur enseigement professionnel et aussi afin de pouvoir réaliser, avec avantage pour les malades, la réforme républicaine de la laicisation. En agissant ainsi nous faisions acte de patriote et acte de républicain.
L'Ecole de la Salpétrière a été ouverte le 1" avril 1878 ; celle de Bicétre le 20 mai suivant ; l'Ecole de la Pitié le 24 mai 1880 et celle de Lariboisière le l'^'" janvier 1895. Parallèlement s'ouvrirent les Ecoles départementales de l'Asile clinique, des asiles de Vaucluse, Villejuif et Ville- Evrard.
Notre but principal visait V enseignement professionnel. Pour le rendre profitable au personnel, dont l'instruction
primaire était., en général, si médiocre, nous avons demandé la création cVécoles primiùres à lîicctre et à la Salpétrièrc. VA, h cet effet, nous avons utilisé, dans un but d'économie, le personnel enseignant des écoles d'enfants arriérés de ces deux établissements. Peu après, nous avons réclamé la création de cours primaires pour les infirmiers et infirmières dans les hôpitaux d'enfants où il y avait éu-alement des institutrices : Enfants-Assistés, Enfants- Malades, Trousseau et ultérieurement, Berck. Puis des cours primaires furent organisés à Tenon en 1800, ensuite à Lariboisière par ^1. Montreuil, en dernier lieu k la Pitié par M. Joly. Les services rendus par ces cours primaires à l'instruction populaire ont été considéraliles. Chaque année le nombre des certificats d'études le démontre. Cette année ils ont été au nomljre de 7 (il, pour Bicètre ;
— de 8, pour la Salpêtrière ; — de 7, pour Berck ; — de 0, pour les Enfants-Malades ; — de 10, pour Tenon, soit 90 depuis 1892 ; — de 8, pour Laril)oisière, soit 68 depuis 1896 ; — de A, aux Enfants-Assistés, soit 35 depuis 1890;
— de 12 h la Pitié, soit 19 depuis l'ouverture des cours primaires en 1899.
Tout en signalant, comme ils le méritent, le dévouement des instituteurs et des institutrices qui, quoiqu'on en ait dit, ont tous, sauf trois sur 24, le brevet supérieur ou le brevet élémentaire et font cet enseignement pour une indemnité ])ien minime; tout en signalant le zèle des infirmiers et des infirmières à relever leur instruction primaire pour se mettre en mesure d'arriver au grade de sous-employés, nous ne pouvons nous emi^êclier de regretter la nécessité de ces cours primaires, car elle démontre combien l'instruction j)ubli(|ue laisse encore à désirer dans notre pays. Si la Loi, qui la rend obligatoire, était appliquée comme elle devrait Tëlre, nous n'aurions plus besoin que de cours de perfectionnement et l'Administration pourrait e.Kiger des candidats infirmiers et infirmières, à l'entrée, le certificat d'études, et par conséquent avoir un meilleur recrutement. — Si nous sommes entré dans ces
(1) Ce qui porte à 172 le nombre de ces eertilicats obtenus par l'École de -Bicêtre depuis iS8i : 01 pour les iiilirmières, 111 pour les inftrmiers.
considérations, c'est pour bien faire comprendre les difficultés delà tâche que nous avons assumée depuis 23 ans, répondre à des critiques mal fondées, injustes, adressées au personnel, dégager notre responsabilité et indiquer la voie à suivre.
h'ense'ujneinent professionnel qui comprenait au début 4 cours en comprend 7 depuis plusieurs années. En voici l'énuméralion : 1° Cours cl'administrcition et de comptabilité liospitalières (7 leçons) ; 2° Cours de )iotions élémentaires d'amitomie (6 leçons) ; 3" Cours de physiologie (G leçons) ; 4° Cours de pansements et de petite chirargie (19 leçons) ; 5" Cours d'hygiène (12 leçons) : 6" Cours sur les soins à donne)- aux femmes en couches et aux enfants nouveau-nés (4 leçons) ; 7" Cours de petite pJiarmacie (10 leçons.)
Ces cours sont faits par des professeurs dont aucune personne sensée et de bonne foi ne peut contester le savoir et la compétence (1).
Les /eçois théoriques sont complétées : 1" par la lecture à l'école primaire, avec explications par les instituteurs, de la partie du Manuel correspondant aux leçons des professeurs ; 2° par la lecture de la traduction du manuel anglais de Domville; 3° par des dictées sur des questions professionnelles dont nous remettons aujourd'hui même un exemplaire à M. le Directeur; 4" en ce qui concerne les aliénés par la lecture de la traduction du Manuel de VAssociation médico-psycliologique d'Angleterre; 5" par des conférences.
Voici le titre de quelques-unes des dictées faites cette année : 1° Conditions à remplir pour l'obtention du diplôme ; — 2'^ De la loyauté clans les compositions ; — 3" Fragment du discours de M. Napias à la distribution des prix de La Salpêtrière ; — 4° Obligation de suivre les cours, d'après une lettre de M. le Directeur général ; —
(1) Voir ces noms en tête du Palmarès de 1898-1899, p. 8.
5° Le personnel des liâpitaux et les abus ; — 6° Tentallrr de suicide à l'asile de Villejuif, commentaires par M. le D' Briand ; — 1° Technique des pulvérisations éthérées de sublimé dan.s le traitement de l'érysipèle, par le ï)'' Talamon ; — 8" Hystérie et épilepsie, précautions à prendre au moment des crises, surveillance rigoureuse ; — 9° Traitement antiseptique des plaies accidentelles, par Nicaise ; — 10" Du premier pansement, par le même; — 11° Dangers de l'éther sul furique ; — 12° Réflexions à propos do l'envoi des malades aliénés des liôpitaux à l'Asile cliniciHP : précautions-k prendre ; — \'è'' Action de l'alcoolisme sur laproduction de l'idiotie et de l'épilepsie, etc. , etc. — Des dictées analogues ont été données par nous depuis 1878 jusqu'à ce jour aux cours primaires annexés aux écoles d'intirmières.
Nous avons parlé des conférences, nous en organisons chaque année avec nos internes ou des amis de lionne volonté, à Bicêtre, à La Salpùtricre et à la Pitié. Nous en avons donné l'énumération tous les ans, jusqu'en 1899, alors que nous avions la liberté de prendre la parole aux distributions des prix de chacune des quatre écoles. N'ayant pu le taire ni à Bicêtre, ni à la Pitié, ni à Lariboisière, nous avons cru de notre devoir de le faire ici.
Les internes de notre service, qui nous ont aidé pour les examens, ont fait des conférences, le plus souvent avec projections, sur les signes précurseurs des maladies contagieuses M. Dionis du Séjourj ; • — les vers intestinaux (M. Crouzon ; — les signes de la mort et les devoirs des infirmières en cas de décès M. Izard ; — enlin M. ^lesnard, notre premier instituteur, a fait une conférence, aussi avec de nomlireuses projections, sur les différents 7nodes sépulture et en particulier sur la crémation.
Sur la proposition de notre ami. M. le D' Poiiueiï, l'un de vos anciens professeurs les plus dévoués à Bicêtre et dans cette Maison, nous avons fait faire à la Pitié, avec l'autorisation de l'Administration supérieure une série de douze leçons sur le massage par l'un des hommes les plus expérimentés en cette matière, M. de Frumerie, un
Suédois d'oria'ino française, car sa famille a été l'une des victimes de l'inlolérance religieuse à la suite de la révocation de l'édit de Nantes. M. de Frumerie, dont les leçons théoriques ont été très goûtées par les bons élèves de la Pitié auxquels s'étaient joints un certain nombre de sous-employées deBicêtre, de la Salpètrière et de LarilDoisière, a ])ien voulu les compléter par deux séries de six leçons pratiques à Bicétre et à la Salpètrière. Il n"a pas fait moins d'une vingtaine de leçons.
En instruisant nos sous-employées, en mettant plus particulièrement celles des maîtresses des cours pratiques qui ont ])ien voulu se rendre à ses leçons, en mesure d'enseigner les notions élément;ures de massage, M. de Frumerie a rendu d'incontestables services aux malades, notre préocupation dominante. Nous ne saurions personnellement l'en remerciertrop vivement et, dès maintenant, nous exprimons le désir que l'Administration veuille ])ien le charger régulièrement d'un cours de massage dans les écoles d'infirmières.
L'an dernier, notre ami le D"" Pozzi, chirurgien de l'hôpital Broca, s'est mis à notre disposition avec ses assistants et ses internes pour enseigner aux infirmières la pratique des petites opérations et des j)ansenients en gynécologie. Les élèves y ont été appelées par séries. Chaque série a assisté à trois séances. Ces exercices ont été complétés par trois conférences faites à l'école de la Pitié et réunies en un petit volume de la Bibliothèque de l'infirmière. Cette année les mêmes exercices pratiques ont été repris sous la direction de notre ami Pozzi par ses assistants, ]\IM, les D"" Javle et Baussénat, à titre gracieux. Nous estimons que, eux aussi, mériteraient d'être récompensés de leurs services par l'Administration.
Personne ne peut contester l'utilité des leçons pratiques sur le massage et sur la gynécologie.
Dans les cours, dans les conférences, les professeurs se servent de grandes planches murales, de dessins faits par eux-mêmes, par des infirmiers ou des malades qui veulent bien se mettre à notre disposition. Ils ont recours aux
projections; ils montrent les instruments, les appareils, les ])andages, les médicamenls, etc., etc.
Les cours théoriques, souvent véritables leçons de choses, sont complétés par des exercices et des examens pratiques.
Les exercices pratiques sont faits tous les jours, alternativement dans un service de médecine et dans un service de chirurgie, par des surveillantes qui en sont chargées spécialement. Les élèves y viennent par séries. Des registres indiquent les présences, les absences et ce qui a été enseigné. Ces exercices portent : sur les médicaments d'un usage courant dans les salles, sur les objets de pansement, sur les inslruments, etc. On fait faire aux élèves tous les pansements et toutes les petites opérations qui peuvent leur être confiés, appliquer des visicatoires ou des sangsues, prendre la température, vacciner, pratiquer les injections sous-cutanées, nasales, auriculaires, vaginales, rectales, préparer les appareils, etc., etc.
Le ventouseur et la i-entouseuse de chacun des établissements-écoles leur apprennent à poser des ventouses, le bai(jneur et la baigneuse h in^éparer les bains, adonner les douches. La surveillante du service d'accouchement leur apprend l'emmaillotement. A la Pitié, M'"* Chixeau, sage-femme, a désiré se charger elle-même de cet enseignement et nous l'en remercions. Un mannequin sert à enseigner l'application des bandes. A Bicètre, nous apprenons, aux élèves à donner des doucJies, et, avec nos internes, la vaccination. Il serait bien désirable que, par groupes, les infirmières de tous les établissements assistent aux séances de vaccination qui se font avec la génisse et que les opérateurs leur apprennent à vacciner.
Durant l'année les élèves sont appelés à faire deux ou trois compositions sur chacun des cours. Ces compositions Sont corrigées et pointées par chacun des professeurs et personne, naturellement, n'a le droit de modifier les points qu'ils ont attribués. Un minimum pour chaque composition a été fixé d'accord avec l'Administration en vue de l'obtention du diplôme. Le diplôme ou le certificat d'aptitude, auto-
risé seulement depuis 1883, n'est accordé qu'aux élèves qui, après avoir suivi régulièrement les cours, ont fait toutes les COMPOSITIONS et obtenu au moins le minimum pour Tune des compositions données dans l'année pour chaque cours. Ces compositions portent sur les sujets suivants :
Maximum Minimum
des des
points points
Administration 20 15
Anatomie 20 10
Physiologie 20 10
Pansements 25 15
Hygiène 20 15
Pharmacie 20 15
Soins aux femmes en couches et
aux nouveau-nés 20 15
Examen pratique BO 20
Totaux 175 115
Durant long-tem])s, nous autorisions, avec les professeurs, des compositions supplémentaires afin de permettre aux élèves auxquels il ne manquait le point voulu pour le diplôme que pour une ou deux compositions. Il en résultait un surcroit de besogne, au dernier moment, ])our les professeurs. Sur leurs réclamations, bien justifiées, les compositions supplémentaires ont été limitées aux élèves qui, pour cause de maladie ou pour service militaire, n'ont pu faire certaines compositions, ou se trouvaient dans des conditions anormales.
Pour compléter cet cnseig nement pratique nous aurions désiré que les élèves inOrmiers et infirmières des hôpitaux ainsi que les élèves libres soient dressés à prendre des notes sur les malades entrants, puis sur les accidents offerts par les malades admis, en vue de renseigner les chefs de service, et cela à l'exemple du personnel de notre section. Là, en effet, les infirmiers et les infirmières sont habitués à nous fournir, à l'occasion du certificat de quinzaine exigé par la loi, des renseignements complets sur ce qu'ils ont observé chez les enfants depuis leur admission. Il serait vivement à désirer que dans les ser-
vices des surveillantes chargées des cours pratiques, les infirmières soient exercées à prendre des notes analogues (I). Pour arriver à ce n'îsultat, il faudrait que les maîtresses de l'enseignement pratique soient choisies avec le plus grand soin parmi le ]icrsonnel dijdômé et une fois éduqudcs ne soient ]^as changées inopinément pendant le cours de l'année scolaire, sans des motifs d'une gravité exceptionnelle. Les services qu'elles rendent aux Ecoles leur mériteraient, selon nous, au moins les circonstances atténuantes, en cas de faute vénielle, et Venseignement pratique ne courrait i)as le risque d'être désorganisé.
Chaque école est suivie non seulement par les infirmiers et les infirmières des établissements-écoles, mais aussi par les infirmiers et infirmières des hôpitaux voisins et par des élèves libres. Les premiers sont avantagés dans une certaine mesure puisqu'ils suivent les leçons théoriques et les exercices pratiques, sans déplacement, dans la maison même où ils sont employés. C'est déjà pour eux un surcroit de besogne puisqu'ils le font après une journée de fatigue, en plus de leurs obligations professionnelles de la journée. Mais le sacrifice est beaucoup plus lourd pour les infirmiers et infirmières des autres hôpitaux qui sont obligés de se déplacer et cela souvent au détriment de leur modeste budget. Dans le but d'atténuer pour eux fatigues et dépenses, nous avons réclamé la création de cours pratiques auxiliaires à Cochin pour cet hôpital, l'hôpital Ricord, La Rochefoucauld, les Enfants-Assistés, la Maternité et la Clinique Tarnicr ; à la Charité, à Tenon, à Necker pour cette maison et les maisons voisines (Enfants-Malades, Laënnec et Boucicaut). Malheureusement, pour des raisons que nous avons souvent énumérées et sur lesquelles il serait oiseux d'insister aujourd'hui, ces cours auxiliaires n'ont pas donné les résultats que légitimement l'on devait en attendre.
Sachant, par expérience, combien le fonctionnement de
(1) Un essai a été tenti à la Pitié par M"» Boissiére à notre invitation. 11 serait trop long d'ew parler ici comme nous aurions pu le faire à la Pitié, si la parole ne nous avait été retirée.
ces cours nuxUiairos laissait à désirer nous avons demandé k M. le Directeur d'intervenir pour exciter le zèle de tous.
Dans une lettre en date du 15 mars dernier, M. le Directeur nous a répondu en ces termes :
« Je viens d'adresser une circulaire aux directeurs des établissements où ont lieu des cours auxiliaires pour les inviter d'exiger des infirmiers et infirmières diplômés ou non, toute l'assiduité désirable, et à surveiller de près les instructions de l'Administration qui sont, comme vous le savez, absolument conformes au désir que vous exprimez à ce sujet. »
Nous avons le regret de constater que ces instructions n'ont pas été suivies, sauf à l'hôpital Cochin. En effet, à Tenon, les leçons trop rares, puisqu'elles n'ont eu lieu qu'une fois par semaine de 8 h. à 9 h. et demie du soir, n'ont eu pour auditeurs que ?ieu/" infirmiers et infirmières sur un chiffre de 220.
A Necker, les cours faits au début de Tannée scolaire par une sous-surveillante, qui vers le mois d'avril ?; a été déplacée, ont eu lieu deux fois par semaine de 4 à 5 heures. Douze élèves, dont 6 avaient leur diplôme, y ont assisté pendant quelques mois. « Il ne restait qu'un élore à la fin de juin. »
Les cours pratiques de petite pharmacie dans le même hôpital, sous la direction de M. Artreux, ont été suivis durant les premiers mois par 18 élèves, onze femmes dont 9 des Enfants-Malades et 2 seulement de Necker, 7 hommes dont 6 de Necker et 1 des Enfants-malades. Aucun infirmier, aucune infirmière de Laënnec.
A la Charité plus grande pénurie encore d'auditeurs.
A Cochin, M""" Boisson a donné 200 leçons pratiques, du 18 octobre au 7 juillet. Elles ont eu lieu du 18 octobre au 7 juillet, de 2 à 3 h. pour les infirmiers et de 7 à 8 h. pour les infirmières; 20 leçons supplémentaires ont été faites de 2 à 4 h. pendant le dernier mois de l'année scolaire, aux 28 infirmiers et infirmières se préparant au diplôme. 97 élèves ont suivi régulièrement ce cours :
Infirinicr-! Infirmières
Enfanls-Assistés 1) 3
Cochiii 31 14
■Maternité 3 l
Bauclelocque 'i «
El eu plus 26 infirmières et G infirmiers di]ilômés les années précédentes.
Ce qui a été fait à Cochin, au point de vue de l'enseignement pratique, aurait dû être fait à Nccker, à la Charité et à Tenon. La faute no nous en incombe pas. Nous le disons bien haut parce que certains s'imaginent que nous avons vraiment la direction de tout ce qui concerne les Écoles d'infirmières, et parce ({u'elles font comprendre ce qu'est le milieu administratif. En tout cas, Cochin doit servir d'exemple. A l'Administration de donner des ordres en conséquence. A toutes les surveillantes à faire acte de solidarité en instruisant leur personnel.
Nous aurons l'occasion tout à l'heure de revenir sur le perfectionnement de l'enseignement jiratique et pour les élèves des hôpitaux et jiour les élèves libres.
L'ensemble de cet enseignement est complété par des examens prntiques qui sont faits par 3 des professeurs, par nous et par les surveillantes chargées des exercices pratiques. Ils portent sur les médicaments, sur les instruments et appareils et sur les bandages. Depuis 23 ans nous avons toujours assisté à tous ces examens, en profitant pour nous rendre com]ite du mode de recrutement, des motifs d'entrée dans les hôpitaux, du degré d'instruction du personnel secondaire.
Faire la synthèse de tous ces documents, qui nous ont permis do connaitre [)arfaitement le personnel secondaire des hôpitaux, et d'apprécier son mod(; de recrutement, est une tâche qui ne peut être accomplie aujourd'hui.
Pour compléter tout ce que nous venons de dire sur l'organisation des Ecoles il'infirmières nous ajouterons que chaque mois nous adressons un rapport à l'Administration sur les présences, les absences des élèves, les compositions, les points de ces composiions, sur les travaux professionnels et ]irimaires du mois; que tous les trimes-
très il est également fait à l'Administration un rapport fournissant des renseignements sur chaque élève, que tous les ans nous remettons à TAdministration le cahier des dictées professionnelles données aux élèves; qu'aucune innovation n"a été faite sans que TAdministration n'ait été prévenue ; que tous les ans le jj^'ogramine de l'enseignement est soumis aux professeurs qui y proposent les modifications rendues nécessaires par les progrès de la science médico-chirurgicale; c'est leur œvvre aussi bien que la nôtre.
Tous ces renseignements montrent que les diplômes d'infirmiers et d'infirmières ne sont attribués qu'après la démonstration d'un travail rigoureux. Les professeurs, pas plus dans les Ecoles d'infirmières qu'ailleurs, n'ont à tenir compte de l'orlhograplie des élèves : ils doivent juger les compositions d'après les réponses faites à leurs questions. Il devra en être ainsi tant que l'Administration ne sera pas en mesure d'exiger le certificat d'études des postulants à l'infirmât. Quant aux élères libres nous ne croyons pas que l'Administration ni les professeurs n'aient à se préoccuper de leur instruction primaire. Nous devons dire toutefois que, dès maintenant, elle est supérieure à celles des infirmiers et infirmières des hôpitaux.
Jusqu'à cette année, dans chaque école l'un des professeurs ou nous-même tracions l'historique des travaux accomplis. Nous en profitions pour rendre justice à vos maîtres, vos maîtresses, remercier les personnes généreuses qui s'intéressent à vous; pour vous rappeler vos devoirs et faire votre éducation morale. Le président désigné par l'Administration, inspecteur général, chef de division, ou le Directeur de l'Administration générale
(1) Ce n'est qu'en 1S83 que l'Administration, sur notre proposition, souvent renouvelée, s'est décidée a délivrer les diplômes ou certificats d'aptitude.
complétait très utilement à cet dgard nos dires ou ceux (le nos collaborateurs. Cette tâche n'ayant pu être accomplie cette année, nous allons donner l'apidemcnt les résultats généraux (1rs quatre ('coles.
Toutefois, au])aravant, disons un mot des récompenses.
Pour augmenter le nombre de celles qui sont d(îlivrées sur le budget spécial des Ecoles, nous faisions appel à nos amis, au ministère de l'instruction publique, à la Ville, au ministère de l'intérieur, sans compter nos sacrifices personnels. C'est grâce à M. II. Monod, le président de cette cérémonie, que j'ai pu vous donner les années précédentes de nombreux rapports sur les questions d'assistance publique, entre autres le Rapport sur lesercicedes a/ié/iés en France, publié en 1876, Et puisque l'occasion m'en est fournie, laissez-moi vous rappeler que deux autres membres de la famille ]Monod ont collaboré à l'œuvre des Ecoles d'inlirmières, l'un ^l. Monod de Bordeaux, en écrivant plusieurs articles du Manuel, lautre, notre excellent ami, M. Ch. Monod, chirurgien des hôpitaux, en vous donnant un prix chaque année.
Les examens pratiques ont été sulîis par 536 élèves il). Afin de montrer que notre rôle de directeur de l'enseignement des Ecoles d'infirmières n'est pas une sinécure, comme on l'a prétendu, nous dirons que cette année ces examens pratiques ont pris 7 heures à Bicêtre, 5 heures à Lariboisière, 7 heures 1/2 à la Pitié et 7 heures 1/2 à la Salpêtrière, soit au moins 27 heures.
Dans chacune des (juatre écoles nous avons dressé la liste de ceux qui possèdent un di]dômc un brevet ou certificat d'études ;
(1) 19C à la Salpêtrière. 87 ;'i Bicétre, i7i à la Pitié et 79 à Lariboisière.