Obs. de M. le professeur Bernheim, in thèse Cosserat
La
typhlite avec douleur vive iléo-cœcale, fièvre intense, constipation ; cette typhlite fut combattue par des purgatifs- et l’application de deux vésicatoires. Il resta alité pendant 17 jours, puis rèsta encore 12 jours à achever sa convalescence à Lille, n'ayant de selles qu'avec les purgatifs. Rentré à Lunéville, 1l vit se confirmer sa guérison ; il n’accusait plus aueune douleur, mais toujours de la constipation, et de plus rendait les aliments aussitôt après les repas. Tout d’un coup, 15 jours après, survint vers la région abdominale inférieure droite une douleur atroce, comme une crampe, comparable en intensité à une colique hépatique ou néphrétique des plus violentes ; cette douleur dura de 1 heure à 1 heure 1/2 et se dissipa à la suite de cataplasmes et de lavements laudanisés. Après cet accès, V.., resta alilé, avec de l’anorexie, sans aucune douleur, ni spontanée ni à la pression. Trois jours plus tard, survint un accès pareil au premier.
Puis les accès se répétèrent presque tous les jours, à heures variables, durant 1/2 heure à 1 heure, rarement la nuil. En même temps, outre ces accès de coliques, constipation opiniätre ; il n'allait à la selle que par lavements et ne rendait que de petits rubans tout minces et plats, dit-i, ayant cependant la longueur d’un doigt.
Les médecins de Lunéville qui le virent pensèrent naturellement qu'il s'agissait d'un obstacle intestinal, consécutif au processus de la typhlite, par bride cicatricielle, péritonite chronique, épaississement inflammatoire du cœcum.
Appelé à voir le malade en octobre 1888, je ne pus que me ranger à l’avis de mes confrères. En dehors des crises, on ne constatait rien de bien net à la palpation profonde de la région
iléo-cœæcale, qui n’était pas douloureuse; parfois on croyait
sentir une résistance, mais peu distincte. Pendant les crises douloureuses, on constatait une contracture avec gonflement de la paroi abdominale du côté droit et des anses intestinalès sous-jacentes. On continua à essayer les révulsifs, vésicatoires, “et les purgatifs divers, huile de ricin, séné, etc., contre la constipation opiniâtre ; rien n’y fit. . |
En novembre, les douleurs devenaient intolérables au malade ; il dut avoir recours aüx injections de morphine, et commencça par la dose de 1 centigramme, pour arriver, en mars 1889, à la dose de 10 centigrammes. | :
Les choses restèrent dans le même état. Vers la fin de février cependant, le malade resta 8 à 10 jours sans douleurs. Mais les accès reparurent plus douloureux, et la dose de 10 centigrammes de morphine par jour devint nécessaire. La santé générale périclitait. Rien n’arrêtait les accès ; l’idée d'une lésion organique grave s’imposait.
Le 20 juillet, le malade vint me revoir. Après l'avoir examiné de nouveau et constaté que le ventre était souple et nullement douloureux à la pression profonde, en dehors des accès, j’essayai l’hypnotisation, et en moins d'une minute, V... était en sommeil presque complet (catalepsie, mouvements automatiques et analgésie) avec souvenir conservé au réveil. Je suggérai la disparition de douleur et de contraction.
Malgré la suggestion, V... eut un accès, le lendemain 21 et revint le 22 juillet s'installer à Nancy. Ce jour, je fis deux séances ; le malade arriva depuis la 3 en sommeil profond avec amnésie au réveil. Les crises depuis quelques jours viennent surtout vers 8 heures du matin. Le 23 juilet, à 8 heures, je me rendis chez le malade, je le trouvai la main appuyée sur la
région iliaque droite, la face commençait à se gripper, l'accès
= 302 commençait ; je constatai que toute la paroi abdominale surtout à droite était contracturée. Je provoque immédiatement l'hypnose et je dis au malade : « Dans une minute vous ne sentirez plus rien, et le ventre sera relâché complétement ». Une minute après, la douleur avait disparu et la contracture avait cédé.
Le 24, nouvelle suggestion, la crise ne vint pas. Le malade
n'eut plus de crise jusqu’au 31.
-Nous résumerons en quelques mots la fin de cette intéressante observation : Les séances d’hypnotisation, mal dirigées après le départ du malade, devinrent impuissantes à supprimer les crises. Le malade fut traité de nouveau par M, Bernheim et retourna chez lui le 28 oc-
tobre 1889, complètement quéri.
Dans cette observation, nous avons deux éléments à envisager : la typhlite et les crises convulsives intestinales. La localisation de la douleur, les troubles généraux qui l'accompagnaient sont des signes assez significatifs pour qu’on puisse affirmer l’existence de cette typhlite. Mais il était permis d'établir des doutes quant à la nature des contractures douloureuses des masses intestinales, et l'observation nous montre que le diagnostic est resté longtemps méconnu jusqu’à ce que M. Bernheim l'ait établi par la méthode de traitement et le plein succès qu’il a obtenu. \
Nous venons de passer successivement en revue un certain nombre de traumatismes internes, au point de vue des rapports qu'ils peuvent avoir avec l’hystérie.
Mais il en existe bien d’autres qui peuvent devenir, à
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l’occasion, les #cteurs étiologiques des manifestations nerveuses. Et si les observations relatives à ce fait sont encore peu nombreuses jusqu'ici, cette lacune sera comblée peu à peu, à mesure que lon connaîtra mieux les causes provocatrices multiples de l’hystérie et le polymorphisme des symptômes de cette névrose.
Ainsi qu’on peut s’en convaincre par la lecture des observations que nous reproduisons ici, la symptomatologie de l’hystéro-traumatisme interne est absolument semblable à celle de l’hystérie vulgaire.
Les anesthésies, anesthésies cutanées ou profondes, anesthésies des muqueuses et des sens, sont notées dans la plupart des observations. De même les hyperesthésies se rencontrent fréquemment. Les stigmates psychiques et en particulier l’'amnésie, trouble si fréquent chez les hystériques et sur lequel Briquet et Charcot ont tant insisté, existaient chez la malade de l’observation IV. Les accidents hystériques, les attaques affectant des formes variées, les paralysies, les contractures, la chorée, etc., sont également fréquents. |
Ajoutons que les syndromes douloureux, et surtout la céphalalgie, sont souvent observés. Par sa violence et les manifestations réactionnelles qu’elle provoquait, la céphalalgie composait même, chez la malade de l’observation VI, un tableau analogue à celui de la méningite. Enfin les accidents viscéraux, troubles digestifs, etc., ne sont pas rares.
Assurément {ous ces signes ou symptômes ne sont pas invariablement réunis et combinés dans la même propor-
tion chez tous les sujets. Il n’y à pas de maladies par-
J | CUS RIEES
faites, conformes au type idéal des prescriptions patholo-
| giques. Mais ce groupement de symptômes, si incomplet … , qu'il soit, ne peut être attribué qu’à l’hystérie.
Mais si, comme nous l’établirons dans le chapitre sUI-