OBSERVATION IV
Capd... Pauline, âgée de 50 ans, ménagère. Entre à l'hôpital Necker, service de M. le D* Rigal, le 10 janvier 1893, +
ie Na Où PRE . ; s « A Antécédents héréditaires. — Père mort à l’âge de 68 ans, à la
Suite d’une affection céribrale. Mère morte à l'âge de 33 ans, de ‘Le Etait (rès nerveuse, attaques de nerfs fréquentes qui paraissaient de nature hystérique.
Un frère nerveux et asthmatique. j
Antécédents personnels. — À été bien portante jusqu'à l’âge fluxion de poitrine. Influenza. Emphvsème depuis deux ou
WF trois ans. Jusqu'’il y a deux ans, état nerveux normal, jamais de
É de 28 ans. A celle époque fièvre typhoïde. A l’âge de 38 ans !
| crises nerveuses.
Elle a eu quatre enfants qui sont mortsen bas âge de ménin-
Mets, au dire de la malade.
Il Y a deux ans, elle a été prise brusquement, au milieu de ses occupalions, d’une douleur extrêmement tee dans la . région épigastrique et dans l’hypochondre droit. En même | temps des nausées et des vomissements. La douleur s'était | amendée au bout de quelques heures.
. Pas d’ictère. AUS
Depuis cette époque, les crises douloureuses se seraient res : nouvelées un grand nombre de fois. Seulement, ces crises, tout 4 en ayant ce caractère de soudainelé d'apparition, ne seraient pas toutes identiques comme siège du maximum de la douleur. à | Quelquefois c'est dans la région lombaire gauche qu’elle serait “ surtout intolérable et se propage alors dans laine et la cuisse | 8 gauche ; en même temps la quanlité d'urine diminue notableec ; les urines sont troubles et laissent au fond du vase de | petites pierres rougeâtres.
an parait donc que cette malade était atteinte à la fois de li- . thiase biliaire et de lithiase urinaire.
Depuis ses crises douloureuses la malade est devenue très
nerveuse. La moindre contrarièté provoque chez elle des pleurs, lä sensation de constriction à l'épigastre, de boule qui monte de cette région au cœur etl'étouffe. Des pleurs et des rires se produisent chez elle souvent sans cause aucune, et, ajoute-t-elle, quelquefois je ris quand il me semble qu'il faut plutôt pleurer et inversement. Jamais auparavant elle n’a rien eu de tout cela.
Depuis deux ans également, la malade est devenue sujette aux maux de têle ; elle a de l’insomnie, la mémoire a diminué notablement. Anorexie. Oppression. De Lemps en temps des lipo: thymies sans perie de connaissance. Pas de grandes attaques de nerfs. l
Etat actuel. — Le foie, légèrement augmenté de volume, n’est pas douloureux à la pression, mais cette manœuvre provoque une sensation douloureuse au niveau de la région épigastrique.
Le rein gauche est très douloureux à la pression.
À l’ausculta‘ion du poumon, emphysème.
Rien au cœur.
Troubles nerveux. — Affaiblissement de la sensibilité tactile. Analgésies par plaques qui occupent la moitié gauche du corps.
Plusieurs plaques d’hyperesthésie au niveau de la poitrine du côté gauche. La pression de ces points provoque une sensation très pénible pour la malade ; il est probable que ce sont des points hystérogènes, mais nous n'avons pas jugé à propos d’y insister.
Du côté de l'appareil de laudition, diminution de l’acuité auditive des deux côtés. É
Du côté de la vision, amblyopie.
PTT TaE
Cette malade est donc sujette depuis deux ans aux accidents de coliques hépatiques et de coliques néphrétiques. En même temps elle est hystérique et cette hystérie apparaît après les premières crises douloureuses. Or, malgré ses antécédents héréditaires, cette femme qui ne présentait jusqu'alors aucun état nerveux appréciable devient hystérique à 50 ans. Seuls Les accès de colique ont provoqué chez elle la névrose.
L'observation suivante montre encore l’action des crises
de coliques hépatiques sur le développement des phénomènes hystériques.
OBSERVATION V (Résumé).
(MM. Jeanselme et Rahé. Soc. méd. des Hôpitaux, 1898).
La malade hystérique est sujette à des crises de coliques hépatiques,
A l’âge de 10 ans, une première attaque de lithiase provoque une première crise d’hystérie ; ue lors toutes les causes qui ramènent des accès de lithiase hépatique, Lels que les divers incidents de la vie génitale (établissement et retour des règles,
grossesse, elc.) réveillent invariablement des crises d'hystérie. Pendant plusieurs années la névrose s’est traduite par de
signes sans localisation précise, puis elle a groupé ses manifestations sur la moitié droite du corps et plus spécialement dans les régions qui sont le siège des irradiations douloureuses de la colique hépatique.
Dans la dernière crise, toute la région scapulo-humérale était
PERS DRE le siège d'une douleur intolérable à la fois superficielle et pro: fonde. Des arthralgies d'intensité moindre occupaient les articulations du coude et du poignel. En outre, tout le côté droit du corps, moins le membre inférieur, était manifestement hyperesthésié ; la moindre pression sur les masses musculaires, les osel les articulations, le plus léger pincement de la peau provoquaient de vives souffrances. La zone d'hyperesthésie était circonscrite par des lignes d’une régularité géométrique.
L'hyperesthésie de -la sensibilité générale s’associait à de l’anesthésie sensorielle ; la nariné droite percevail mal les odeurs proprement dites, le parfum d’une fleur par exemple : mais elle était trop vivement impressionnée par les substances irrilantes, telles que l’ammoniaque.
L'œil droit était atteint d'amblyopie; la conjonctive était douloureuse au moindre contact. / \
Une hyperémie, avec élévation notable de la température, était superposée à la zone d’hyperesthésie. Le membre supérieur droit était immobilisé, non-seulement par la douleur, mais aussi par une véritable impuissance motrice.
Après une durée d’une quinzaine de jours, la douleur et lim potence du membre supérieur droit disparurent brusquement,
et, un matin, à la visite, la malade se présente portant son
enfant sur son bras.
Voici encore un cas de M. Potain qui pourrait être
interprété comme les précédents :
ÜOBSERVATION VI (Résumé).
li y a un certain nombre d'années, M. Potain fut appelé à donner ses soins à une jeune fiile alteinte de tuberculose pulmonaire au début. Les accidents s’atténuèrent et elle pul se marier. Quelque temps après son mariage, elle fut prise d'une colique hépatique violente à la suite de laquelle elle présenta des symptômes très nets d’hystérie. Elle était toujours hystérique quand, pendant un séjour au bord du lac de Genève, elle offrit des troubles cérébraux avec fièvre, délire, inégalité des pupilles, enfin tous les symptômes de la méningite tuberculeuse ; ces accidents disparurent peu à peu.
Quelques années plus tard, elle mourait de méningite tuber-
culeuse.
Jusqu'ici, en fait de traumatismes internes, nous n’avons parlé que des coliques hépatiques ou néphrétiques. Mais il est bien évident que d’autres irritations locales internes peuvent devenir, dans certaines conditions, le point de départ de l’hystérie.
Tout le monde sait que la présence des vers intestinaux peut provoquer, surtout chez les enfants, des manifestations hystériques variées. Des faits nombreux ont été publiés à ce sujet. Nous ne ferons qu’en résumer quel-
ques-uns.
Platrier 3