‹ L'hystérotomie, ou l'amputation du col de la matrice dans les affections cancéreuses. Suivant un nouveau procédé avec la description de l'hystérotome et de plusiers autres instrumens nouveauxChapitre 7 sur 12 · POUR COMPRIMER ET LIER LES ARTÈRES · texte numérisé non relu

POUR COMPRIMER ET LIER LES ARTÈRES

« Non quærens quod mihi utile, sed quod multis. »

Si je me suis principalement attaché à ajouter quelques modifications aux instrumens employés, soit pour comprimer, soit pour lier les artères, c’est que le point le plus important de la médecine opératoire est sans contredit la compression et la ligature de ces vaisseaux , puisque la vie des malades , peut dépendre de la manière dont on fait usage des moyens d’arrêter les hémorrhagies.

Comme l’intérêt de l’humanité est mon seul but , et que mon plus ardent désir est de pouvoir faire quelque chose pour la science, ne fût-ce, d’ailleurs, que pour suivre le conseil que m’ont donné plusieurs praticiens de la capitale , je crois devoir consacrer ici quelques lignes , pour faire connaître mon compresseur et mon tenaculum porte-nœuds , ou pince h ligatures profondes.

Ces instrumens , qui ont reçu l’approbation de MM. les professeurs de la Faculté de médecine de Paris, et qui ont déjà été plusieurs fois employés dans les hôpitaux , paraissent surtout devoir être utiles aux chirurgiens militaires et aux médecins exerçant dans les campagnes , parce qu’ils sont presque toujours obligés d’opérer seuls et promptement , à la suite d’accidens et de blessures graves , et que par manque d’aides inteîligens ou d’instrumens qui puissent y suppléer, ils sont souvent fort embarassés pour arrêter les hémorrhagies et faire la ligature des artères après les opérations.

Avec ma pince porte -nœuds (1) et- mon compresseur , un chirurgien pourrait au besoin pratiquer une amputation de membre et faire toutes les ligatures, n’ayant pour aides que des personnes tout à fait étrangères a l’art.

(i) M. le professeur Récamier a modifié cet instrument; avecsa modification il devient plus compliqué et a l’inconvénient d’être trop volumineux pour être introduit dans une cavité étroite et profonde.

1NSTRUMENS NOUVEAUX . L\ 5

L’application du tourniquet et la compression exercée avec la pelote , ou simplement avec les doigts , sont les principaux moyens employés pour arrêter'les hémorrhagies pendant les opérations. Tous ces moyens ont des avantages et des inconvéniens que je crois devoir signaler, afin de faire juger, par comparaison, si l’on doit rejeter ou adopter les instrumens que je propose.

La compression par la pelote ou les doigts a l’inconvénient d’exiger des aides qui aient une connaissance exacte de la direction des artères ; car si la pelote se déplaçait , ou si fatigué par une pression pénible , parce qu’elle est prolongée , l’aide cessait de comprimer, il pourrait en résulter des accidens fâcheux j ne connaissant pas le trajet des vaisseaux , il serait possible qu’il laissât s’écouler un grand laps de temps avant de pouvoir arrêter de nouveau l’hémorrhagie dont la durée, même très-courte, peut souvent exposer les jours des malades. La compression au moyen du tourniquet est plus sûre et plus prudente , mais elle a le désavantage de ne pas permettre de laisser couler ou d’arrêter

subitement le sang si on avait besoin de recourir à ce moyen pour pouvoir trouver et lier ensuite les artères rétractées dans les chairs.

Le compresseur que j’ai imaginé offre les avantages des moyens que je viens d’indiquer, sans présenter aucun de leurs inconvéniens ; Fopérateur l’ayant placé lui-même, peut en confier la garde et la direction a quelque aide que ce soit , ayant toutefois le soin de faire presser ou lâcher les branches de l’instrument , selon qu’il veut laisser couler le sang ou arrêter l’hémorrhagie.

Cet instrument, qui peut être employé pour comprimer l’artère axillaire et l’artère crurale , peut aussi être appliqué dans tous les cas où l’on veut traiter les anévrismes des membres, par la compression que le malade peut exercer et faire cesser subitement ou graduellement, selon qu’il le désire.

Avant de donner la description du compresseur (i), je vais parler du tenacülum porte-nœud , ou pince à ligatures profondes.

(i) Cet instrument a été employé par M. Lisfranc.

Depuis long-temps , pour arrêter le sang après les opérations, on a renoncé h l’emploi des caustiques , des astringens et autres moyens aussi insufïisans qui exposaient la vie des malades , en s’opposant aux hémorrhagies d’une manière trop imparfaite.

La ligature des artères est la méthode qui est généralement adoptée aujourd’hui ; ce moyen, toutes les fois qu’il peut être pratiqué, est préférable à tous les autres, parce qu’il est plus sûr, moins douloureux, et qu’il détermine plus rarement l’engorgement et la gangrène , en irritant moins les parties, et en attirant par conséquent moins l’inflammation.

La ligature des artères se fait en exerçant sur elles une sorté de compression circulaire avec un petit ruban composé de plusieurs fils cirés , placés à côté les uns des autres , et noués fortement de manière a rapprocher de son axe tous les points de la circonférence du vaisseau que l’on veut lier.

La difficulté qu’on éprouve , et souvent même l’impossibilité de porter et de serrer une ligature dans une cavité , m’a suggéré l’idée de ma pince porte-nœud. , qui offre l’a-

vantage d’aller dans un espace étroit , nonseulement saisir une artère et porter un nœud autour d’elle , mais encore la lier fortement sans avoir besoin d’y porter les doigts. Un chirurgien peut faire une ligature profonde sans le secours d’un aide , et sans s’exposer à déchirer l’artère par des tractions trop fortes , ce qui peut occasioner des accidens fâcheux et nécessiter la ligature médiate qui est toujours très-douloureuse , et qui a des inconvéniens qui l’on fait re j eter depuis long-temps.

Cet instrument, qui est très-commode pour lier les artères rétractées dans les chairs après les amputations , peut remplacer la pince anatomique , la pince à valet à patin , et être employé avec avantage pour lier les polypes de la matrice , ayant soin , pour pratiquer plus facilement cette opération, de faire changer son extrémité , qui devra être terminée en forme de cuiller semblable a celles qui terminent les autres pinces à polypes.

Dans la description que je vais donner du compresseur et de la pince porte-nœud , j’indiquerai la manière de se servir de ces deux instrumens.

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