‹ L'Ictère Émotif: chez l'enfantChapitre 17 sur 25 · ST · texte numérisé non relu

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l'urine de certains enfants, en quantité inférieure cependant à celle nécessaire pour provoquer la mort dans les conditions ordinaires, Les animaux morts, on constate à l’autopsie des lésions hépatiques et quelquefois rénales; or, on remarque des altérations viscérales identiques chez les nourrissons d’où provient cette urine. Ces enfants ayant été alimentés au sein par des femmes bien portantes, ce n'est pas leur nourriture qui a introduit des toxines dans leur organisme et pourtant leurs éléments cellulaires baignent au sein de poisons qui s’éliminent en partie au niveau du rein. Ces substances toxiques sont donc propres aux enfants en observation et ce sont elles qui provoquent les altérations organiques constatées à l'autopsie. Ainsi que le dit M. Charrin : « On est contraint de reconnaître que de telles modifcations sont l’œuvre de l’hérédité., Les humeurs sont ce que les cellules les font. Si ces humeurs sont anomales, c'est que la vie des cellules chez ces rejetons est elle-même anomale. Or, que sont ces cellules, sinon les divisions de lovule unie au spermatozoïde, sinon les atomes, les prolongements développés de ce principe fécondé à Ia fois . mâle et femelle. »

Hanot avait déjà remarqué «cette fragilité spéciale de la cellule hépatique chez quelques sujets et il se demandait si «chez certains individus, la celluie hépatique a la solidité, da résistance habituelle et si une débilité congénitale de l'élément ne fait pas l’appoint des causes occasionnelles intercurrentes. »

La elinique nous offre de nombreux exemples ile

cette aptitude morbide du foie chez certains sujets : Pfulh à Altona, Haas à Prague, Hennig, Hueber (cités par Baron), Lireux ont vu apparaître des ictères typhiques après ingestion d’eau de rivière, Garnieri et Longet ont fait connaître l’augiocholécystite à bacille d'Eberth sans typhoïde; Hennig a même observé au sein. d’une famille la ‘oexistence de la fièvre typhoïde et de l’ictère i.__ctieux sans accidents intestinaux. (Cité par Gilbert et Thoinot.) Continuant cette série de faits et éclairant leur cause nous avons parmi nos observations deux cas «’ictère émotif survenu chez des enfants présentant des antécédents hépatiques.

Nous avons dit plus haut que souvent on relèverait chez les enfants frappés d'ictère émotif l'existence d'un état gastro-intestinal morbide antérieur. Nous connaissons aujourd’hui les étroites relations pathologiques qui unissent foie et intestin, nous savons qu'il n'existe guère de lésions intestinales sans lésions hépatiques et réciproquement. On a étudié cette particularité dans le diabète, on la connaissait depuis longtemps dans le cancer et da tuberculose, on Pa observée dans les cirrhoses. M. le D’ Cassaët, professeur agrégé de la faculté de médecine de Bordeaux a montré qu'un simple embarras gastrique trouble Ia nutrition de la cellule hépatique et provoque l’apparition de la glycosurie alimentaire et de l’albuminurie. (Cité par Hanot.) Ce que nous savons de physiologie entéro-hépatique, si bien étudiée par Lussana, Schiff, Baldi, Weiss, Binet et Prévost, nous permet même de penser que dans certains cas les troubles digestifs

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observés chez les enfants atteints d'ictère émotif ont pour origine une altération hépatique; nous savons, en effet, que les lésions hépatiques influent sur la Structure et l’activité fonctionnelle de l'intestin.

Les auteurs ont, depuis longtemps, indiqué des relations pathologiques des deux organes, Si nous consultons Chomel, Adelon, Fauconneau-Dufresne, pour obtenir la définition du tempérament bilieux, nous relevons comme principales caractéristiques : sujets à peau jaunâtre, prédisposés aux troubles digestifs, aux exanthèmes et aux affections du foie. Frantz Glénard appelle hépatisme une disposition anormale du foie « à réaliser, sous l’influene de causes occasionnelles parfois légères, des maladies proprement dites. Ces maladies, dont le principe, la pathogénie, sont hépathiques se trahissent soit par des syndromes dyspeptiques, névropathiques, cutanés. soit par un syndrome hépatique franc ». La notion de l’hépatisme a conduit Glénard à prescrire dans les dyspepsies gastriques ou intestinales les laxatifs salins quotidiens dont on vante les succès, notamment dans la colite muco-membraneuse et les dyspepsies. Nous savons, d'autre part, qu'il apparaît des signes intestinaux au début de la cirrhose et des néoplasmes hépatiques.

Parmi nos observations, nous relevons le ecas de deux enfants qui ont souffert pendant un temps pro- Jlongé de troubles digestifs, antérieurs à l'émotion. Les considérations précédentes nous permettent d’attribuer à la présence de ces troubles gastro-intestinaux

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