A MES MAITRES
A la veille de terminer nos études, nous sommes heureuse d'exprimer à nos Maîtres combien sont grands nos sentiments de reconnaissance envers eux et combien aussi nous apprécions l’excellence de l’enseignement qu'ils nous ont si libéralement donné.
Merci tout d’abord à nos Maîtres de l'Ecole de Médecine de Clermont-Ferrand, si bienveillants, si dévoués, qui nous ont quidée dans nos premiers pas vers l’Art Médical : professeurs de Clinique chirurgicale, médicale et obstétricale, professeurs d'anatomie, de physiologie, d'embryologie, d'histologie.
Merci encore à nos Maîtres de la Faculté de Médecine de Paris dont les services furent si largement ouverts à notre curiosité scientifique et près desquels nous avons recueilli un enseignement qui nous sera d'un puissant avantage au cours de notre carrière médicale.
A M.LE PROFESSEUR HUTINEL
Nous ne saurions présenter ce travail sans remercier tout spécialement M. le professeur Hutinel de l'honneur qu'il veut bien nous faire en acceptant la présidence de notre thèse. Nous le prions donc ici d'agréer nos sentiments de respectueuse gratitude, non seulement pour cet honneur dont nous sentons tout le prix, mais encore pour l’enseignement que nous avons reçu de lui. Elève assidue de son service à l’Hôpital des Enfants-Malades, nous avons puisé dans les leçons d'un tel maître des fruits abondants et précieux.
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On désigne sous le nom ‘ictère un syndrome clinique caractérisé par la coloration jaune plus ou moins accusée de la peau, des conjonctives et des sécrétives, notamment de l'urine, coloration due à l’imprégnation par le pigment biliaire.
L’ictère peut apparaître à tous les âges de la vie; on le rencontre chez l'enfant comme chez l’adulte, chez le nouveau-né comme chez le vieillard. Les caractères cliniques de l’ictère du nouveau-né sont spéciaux, par contre l’ictère infantile offre les plus grandes analogies cliniques avec l’ictère de l'adulte, de sorte que leur étude peut presque être confondue.
On divise les ictères infantiles en groupes nettement séparés. Nous indiquerons la classification de M. le “professeur Hutinel et de M. le D' Merklen (article « Ictère ». Hutinel et Merklen in Traité des Maladies des Enjants) :
Ictères symptomatiques.
» dans les congestions giandulaires.
» au cours des états de stase par Cardiopathie. » au cours des cirrhoses.
» congénitaux, hémolytiques ou non.
» hémolytiques acquis.
Cholémie famikale de Gilbert, Castaigne, Lere-
boullet.
Ictère émotif.
») accompagnant les vomissements cycliques.
» toxi-infectieux, primitif ou secondaire.
» grave, ») avec suppuration biliaire.
En consultant la littérature médicale, on constate bientôt qu'un certain nombre de ces ictères ont été rarement observés, notamment l'ictère hémolytique acquis dont M, le 1)' Tixier à publié une observation, les ictères graves dont quelques cas furent étudiés par Lang, Frenkel et Weiïmberg, Auché et Coyne, Ashby, Mlle Nourrit, (Grèves, Roché, Donkins, médecin à l'Hôpital des Enfants de Londres. L'ictère accompagnant les vomissements cycliques a, ces dernières années, attiré l'attention, et M. le D’ Richardière à mis en valeur le rôle qu'il faut attribuer à la glande hépatique dans l’apparition du syndrome : vomissements à répétition de l'enfance. MM. Gilbert et Lereboullet avaient déjà noté la coexistence des vomissements cycliques avec le flux bilieux dans la cholémie familiale, A
M. le professeur Hutinel et M. Vitry ont cité un cas d'ictère avec suppuration biliaire, Sur l’ictère émotif infantile, les auteurs étant restés muets jusqu'ici, MM. Hutinel et Merklen se demandent : « L’ictère émotif existe-t-il chez l'enfant? » Il est vrai que M. Variot en rapporte un cas et M. Coulon trois observations rapides.
Dans ce travail, nous nous sommes assigné pour but de rechercher si vraiment l'ictère de cause morale est
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aussi rare qu'il le semble chez l'enfant. Ni son existence peut être prouvée, nous tâcherons de déterminer la cause de cette rareté du retentissement d'un choc moral sur la glande hépatique de l’enfant, puis nous essayerons de découvrir les raisons de, cette localisation viscérale lorsqu'elle nous 'semblera évidente. Enfin, nous nous appliquerons à reconnaître les particularités cliniques de l’ictère émotif infantile.
Nous avons été guidée dans nos investigations par M. le D’ Nobécourt, agrégé, et par M. le D' Merklen, nous les prions d’agréer ici l'expression de notre sincère reconnaissance.