‹ L'Ictère graveChapitre 7 sur 19 · SET · texte numérisé non relu

SET

ap es NÉ ie D M td ne gr

SU E Dom

Il semble que dans ce dernier cas la septicémie à Perfringens soit plus pure, plus spécifique. C’est là, la cause habituelle, on pourrait dire constante, des ictères graves à Perfringens observés en temps de paix.

La symptomatologie est, comme cela ressortira nettement des observations que nous avons rassemblées, celle d’un ictère grave suraigu mortel : Les faits étant mieux connus peut-être pourra-t-on observer des cas de guérison par l’emploi précoce et de facon massive du sérum antiperfringens.

Les lésions anatomiques macroscopiques sont très spéciales :

Le foie, les reins sont noirs, comme carbonisés. Ils présentent en outre un aspect très particulier du fait de la présence dans ces organes, de gaz qui font éclater le parenchyme, d’où une apparence aréoléé qui a fait donner au foie l'appellation de « foie écumeux ».

Les lésions anatomiques microscopiques montrent la présence, én quantité considérable dans les organes du bacille perfringens. Les coupes en sont bourrées. On ne peut mieux comparer cette pullulation qu’ à celle que l’on observe dans la septicémie charbonneuse.

Or, aussi bien dans la septicémie charbonneuse que dans la septicémie à Perfringens on a été frappé du contraste qui existe entre la multiplicité des germes qui envahissent les organes, et le peu de lésions parenchymateuses de ces organes. Quelle

tr

A Die

opposition entre ces affections et celles dues, par exemple, au bacille diphtérique lequel restant localisé à son point d'implantation dans l’organisme sidère à distance les parenchymes viscéraux par ses toxines d’iffusibles. Dans la septicémie charbonneuse les poisons bactéridiens sont extrêmement difticiles à mettre en évidence à tel point que Toussaint admettait que la mort résultait d’un phénomène purement mécanique: l’encombrementdes capillaires par les bactéridies, encombrement qui entravait la nutrition des tissus. Pasteur, il est vrai, allait plus loin et admettait que la bactéridie très avide d’oxygéne parvenait en se multipliant dans le sang à provoquer l’asphyxie en enlevant aux globules l'oxygène nécessaire à l’hématose.

Dans la septicémie à Perfringens,s’il n'existe souvent que très peu de lésions parenchymateuses, on rencontre dans les ‘organes, en particulier dans le foie et les reins, des lésions hémorragiques intenses qui donnent à ces organes cet aspect noirâtre observé microscopiquement Ces hémorragies sont dues à une action hémolysante intense si bien que les auteurs admettent en général que la septicémie à Perfringens détermine l'ictère et la mort par le pouvoir hémolysant considérable du bacille perfringens. Il s'agirait d’un ictére grave d’origine hémolytique sans lésions parenchymateuses toxiniques. Le bacille entraiînerait la mort par action directe sur les hématies, comme la bactéridie charbonneuse entrainerait la mort par sa multipli-

PUR Pneu

cation extrême agissant par asphyxie en dépouillant les globules rouges de leur oxygène. Il n’y aurait pas d'action toxinique directe, à distance ou rapprochée, altérant les parenchymes viscéraux. D'ailleurs même si l’on trouve ses lésions parenchymateuses, il est possible d’objecter qu’elles sont de nature cadavérique. Il est évident que les cadavres de malades morts de septicémie à microbes anaérobies se putréfient extrêmement vite.

MM. Rist et Ribadeau-Dumas ont fait des expériences sur le lapin avec le bacille perfringens seul et n'ont pu obtenir la formation de gaz dans les viscères. Pour eux l'apparence si spéciale du foie, « foie écumeux », que l’on retrouve dans toutes les autopsies d’ictère grave par septicémie à perfringens ne serait pas due directement au bacille perfringens mais à des phénomènes de putréfaction secondaire.

On peut cependant faire remarquer que cet aspect est très spécial à cette infection, qu’on le rencontre de façon très précoce, qu'il suflit à lui seul à poser le diagnostic de l'infection et que si le bacille perfringens n’est pas capable de provoquer à lui seul cette lésion il est présent lorsque celle-ci est observée.

Le cas inédit que nous apportons confirme ces données classiques sur l’action hémolysante du bacille perfringens. On y voit le bacille répandu dars les vaisseaux en nombre considérable, l’hémorragie splénique, la destruction des globules rouges dans les organes et le sang d’où obstruction des

Page 1