I. — Etude de la fonction excrétoire
Dans les urines, selles et pigments.
Dans les selles. Aspect décoloré. Plus précis, dosage des pigments.
Dans le sang, bilirubine directe augmentée.
bilirubine indirecte normale.
Leur dosage régulier, courbe ictérométrique, permet de suivre l’évolution de l’ictère.
Par tubage, son étude donne des renseignements du plus haut intérêt ; en précisant tout d’abord quelques difficultés.
Il est fréquent que le tubage soit mal supporté par le malade, et même impossible, la sonde placée sous écran rejetée par le duodénome dès qu’on retire le mandrin.
La quantité de bile retirée par la sonde ne laissant présager en rien de la quantité totale qui s’écoule, une partie plus ou moins importante s’échappant par le jéjunum.
Enfin, il est souvent nécessaire de répéter les incitations, sulfate de magnésie, huile d'olive. Lorsqu'on n’a malgré tout pas de réponse, on pourra utiliser de la novocaïne par la sonde, 15 ce à 1 p. cent, et répéter les incitations.
La quantité de bile retirée par la sonde est généra-
lement faible, peu colorée, la concentration en biliru-
bine est faible, la quantité totale recueillie est de
PR OMERE
même teinte, claire, il n’y a pas de fraction plus concentrée (bile B). Est-ce à dire que la vésicule est exclue ? Nous ne le pensons pas et y reviendrons plus loin. Quelquefois, il est possible d’obtenir en faible quantité une bile B noire, fortement concentrée, (taux de bilirubine dépassant 800 mrg pour 1.000), généralement, après l’avoir obtenue au premier tubage, les autres drainages pratiqués ne ramènent plus de bile B. Celle-ci réapparaîtra progressivement en quantité et en teinte, assez longtemps après la guérison, deux à trois semaines.
Cette bile contient de nombreuses cellules biliaires desquamées, plus tard des leucocytes, la recherche de germes est en règle négative, Le tubage minuté, dans ces cas là, ne donne pas de renseignements plus précis. Il ne sera intéressant à pratiquer qu’à la guérison, pour établir le bilan des séquelles.
On a voulu compléter l’étude de la fonction biliaire par d’autres épreuves d’élimination, rose bengale, et bromsulfonephtaléine. En pratique, la rétention du colorant existe aussi bien dans les obstacles mécaniques de la voie biliaire principale que dans les atteintes cellulaires. Ces épreuves ne sont pas utilisables parce que d'interprétation difficile en cas d’ictère. Nous reviendrons cependant plus loin sur la mesure du temps d'apparition de la B.S.P. au tubage.
IT. —— Etude des différentes fonctions métaboliques.
1) Fonction glucidique. La glycémie est normale.
L’hyperglycémie provoquée donne une courbe plus élevée, plus étalée.
La galactosurie provoquée montre une élimination importante dans plusieurs échantillons prélevés, 2, 4, 10 et 24 heures après. Chez le sujet normal, on trouve des traces, moins de 2 gr. p. 1.000 dans le premier échantillon, et rien ensuite.
2) Les lipides du sang.
Le cholestérol : normalement 1,50 à 2 gr. pour 1.000 est très abaissé dans l’hépatite, son élévation étant en faveur d’une rétention. Là encore, causes d’erreur possibles du fait des fréquentes variations individuelles
EN ON ER du taux de cholestérol, Plus importante semble l’étude du raport
cholestérol estérifié 40279
cholestérol total
Toute atteinte hépatique entraîne une diminution importante du cholestérol estérifié ; ce dosage semble être un des meilleurs tests actuels. :
Il y a 15 ans, deux épreuves dominaient pratiquement l’exploration fonctionnelle hépatique : la galactosurie provoquée et le rapport d’estérification,
Depuis, toute une série d'épreuves fonctionnelles ont été proposées qui ont pris rapidement droit de cité. Nous citerons dans l’ordre :
— l’hippuricurie provoquée ;
— l’étude de la prothrombine ;
— le dosage des phosphatases ;
— les épreuves sérologiques.
L'hippuricurie provoquée consiste à faire absorber 6 gr. de benzoate de soude per os et à recueillir les urines des 4 premières heures. Cette épreuve explore la fonction antitoxique par conjugaison du radical benzoate avec le glycocolle. L’excrétion normale dans ces conditions est d'environ 4 gr. d'acide hyppurique. Sa diminution serait signe d’atteinte hépatique. En réalité, cette épreuve semble moins étudier une fonction hépatique de conjugaison que la réserve en glycocolle de l’organisme, Dans les cas où la réponse d’hippuricurie est très basse, il suffit souvent en une nouvelle épreuve d’administrer du glycoeolle en même temps que le benzoate de soude pour avoir une réponse normale.
L'étude de la prothrombine. Toute atteinte hépatique provoque une chute de prothrombine grossièrement proportionnelle à la déficience hépatique. La réponse à la vitamine K vient compléter ce dosage. Si un taux faible de prothrombine ne se relève pas après injection parentérale de vitamine K, il s’agit
d’une hépatite ; si, au contraire, l'élévation de la pro-
thrombine est spectaculaire, il s’agit probablement d’une rétention. PRE