CONCLUSIONS
Nosologiques.
Il nous semble indispensable d'abandonner l’ancienne terminologie classique, cause d’erreur, d’obscurités, et qui vient compliquer inutilement le problème de l’ictère, continuant à accepter des critères différents.
— pathogénique :. ictère catarrhal ;
— clinique : ictère-infectieux bénin ;
— évolutif : ictère grave ;
—— étiologique : hépatite à virus, et surtout ne pas comparer ou opposer des formes correspondant à des critères différents (icière catarrhal et hépatite à virus). 1
Comme il est probable, par suite d’une certaine facilité d'esprit que ces termes persistent encore longtemps, un premier pas utile serait d'admettre qu’ictère catarrhal et ictère infectieux bénin ne sont que deux aspects de l'hépatite à virus, ce qui est pratiquement toujours le cas.
Etiopathogénie :
Les ictères par obstacle fonctionnel (duodénum ou Oddi) ne peuvent être que s’il existe déjà une insuffisance hépatique marquée. Ce ne peut être que la cause déclenchante de l’ictère au cours d’une hépatite jusque là anictérique.
Clinique :
Il nous a paru utile de rechercher chaque fois la part
— de l’hépatite parenchymateuse,
— de l’hépatite biliaire, dans le déterminisme de l’ictère, Ceci permet un pronostic souvent plus précis, et surtout des indications
thérapeutiques différentes.
— L'hépatite à prédominance biliaire, avec son as-
LE 0e
pects rétentionnel, qui cède en règle aux moyens médicaux ;
— L’hépatite à prédominance parenchymateuse, à petit foie, et cholestérol bas, la plus traînante, celle qui évolue vers la cirrhose ou la grande insuffisance hépatique et qui nécessite souvent une intervention chirurgicale.
Examens biologiques :
Nous avons déjà dit notre méfiance envers les épreuves fonctionnelles hépatiques. Il nous suffit qu’elles affirment l'hépatite, Pour en suivre l’évolution nous nous sommes surtout fiés aux dosages de bilirubine et de cholestérol.
Le taux de bilirubine permet de suivre de façon précise l’évolution de la rétention et d’en déduire celle de l’insuffisance hépatique.
Le taux du cholestérol est la résultante de deux influences. L’hépatite qui en entraîne la diminution, et la rétention qui l’augmente, Il ne faudra le lire que corrigé par ces deux données. Au cours de l'hépatite de type rétentionnel, un chiffre sensiblement normal du cholestérol ne doit pas donner une fausse impression de sécurité, non plus que son abaissement passager lorsque la rétention se lève n’est signe d’une aggravation de l’hépatite. Son étude ne doit se faire que complétée par celle de la bilirubine.
À la fin de cette étude trop hâtive, nous tenons à dire que nous n’avons jamais eu l'intention d’apporter des conclusions définitives à un sujet aussi fuyant et renouvelé que celui de la pathologie hépatique. Mais seulement d'ouvrir des voies nouvelles qui étaient fermées jusque là par une terminologie désuète et des conceptions pathogéniques qui ne s’accordaient plus avec les faits.
Ceci n’est que le point de départ de travaux nouveaux. |