‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 22 sur 87 · Luc. XIII · texte numérisé non relu

Luc. XIII

changer d'avis, pieTavoslv. On avait d'abord considéré les choses sous tel aspect, sans tenir compte de ceci, de cela ; de cette manière de voir, fausse et incomplète, sont résultés des actes contraires à la vérité, à la justice, à nos propres intérêts. C'était le cas de nos convertis de la Pentecôte. Aveuglés par les préjugés orgueilleux de leur race, désireux de complaire aux Pharisiens et aux chefs indignes de la Synagogue, ils avaient fermé les oreilles à la voix des oracles divins ; les prodiges de toutes sortes accomplis par Jésus sous leurs yeux n'avaient pu triompher de leur mauvais vouloir : les uns par lâcheté, les autres par mépris ou par haine, ils ont tous fait bon marché du sang du Galiléen. Enfin pourtant la lumière s'est faite dans leur esprit : ils reconnaissent combien leur conduite a été coupable. Mais le mal est fait, impossible de le réparer. ly'homme peut tuer, il ne saurait rendre la vie ; c'est le pouvoir de Dieu seul, Dominus mortificat et vîvificat^., Ne reste-t-il donc aucun espoir ? Si, c'est de venger sur nous-mêmes le traitement infligé au Fils de Dieu. Il faut donner la mort à tout ce qui en nous a été cause de sa mort. Mort donc à ces jugements injustes et précipités, mort à ces élèvements de l'orgueil, mort à ces mouvements passionnés, mort à tout ce qui peut être pour nous un principe de révolte contre Dieu. Et de quelle mort, s'il vous plaît ? De la même mort dont nous avons fait mourir le Seigneur Jésus. Nous l'avons crucifié : il faudra crucifier ce qui l'a ainsi cloué en croix ; cette partie misérable et condamnée qui est en nous, et que saint I. I Reg. II, 6.

Paul appelle le vieil homme, il faudra la crucifier. Vêtus homo noster simul crucifixus est ^ ; avec tout ce qui a trempé dans son noir forfait, cîtm vîfiis et concupiscentiis ^ ; avec ce que le même Apôtre n'hésite pas à appeler « nos membres qui sont sur la terre », au risque de nous couvrir d'une trop juste confusion : Mortificate ergo memhra vestra, quae sunt super terram : fornîcationem, inmunditîam, Ubîdinem, concupîscentiam malam, et avaritiam ^.

Mais ce n'est là que le côté négatif de la pénitence. Nous avons dit qu'elle consiste dans un changement d'âme, par conséquent, elle ne tue pas seulement en nous le vieil homme, elle y fait naître et se développer un homme nouveau. Depuis que la mort a été vaincue par la vie, jamais rien ne meurt, sous l'action de Dieu, que pour servir en définitive les intérêts de la vie. lyC Christ est désormais le grand modèle, le type universel : or, le Christ n'est mort que pour ressusciter. Partout où s'étendra l'efficacité du remède divin qui a jailli sur le Calvaire, il y aura œuvre de mort, et oeuvre de vie. Œuvre de mort, pour détruire et consumer tout ce qui en nous est le fruit du péché ; œuvre de vie, pour affranchir et dilater jusqu'à la dernière extrémité de notre être capable de recevoir la grâce et la gloire. Que cette œuvre de vie soit encore cachée avec le Christ *, elle n'en est pas moins réelle : cela

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