I. Rom. XV
C'est surtout de la part des plus jeunes qu'on est en droit d'attendre ce suave parfum des vignes en fleur dont il est parlé dans le Cantique sacré. Vineae florentes dederunt odorem suum ^. Dès qu'elle respire cet arôme, l'âme, si abattue qu'elle soit, se sent prise soudain d'une généreuse ardeur : elle dit avec l'Épouse : Allons, courons : c'est le parfum de l'Époux. Curremus in odorem unguentorum tuorum 2. « Notre-Seigneur, disait l'Abbé de Solesmes, éprouve une grande tendresse pour les âmes qui travaillent ainsi à répandre la joie autour d'elles, et elles avancent à pas de géants. » C'est là véritablement l'esprit bénédictin : Nemo quod sibi utile judicat sequaHir, sed quod magis alii ^. Rappelons-nous encore l'avertissement donné au cellérier : quand il ne peut accorder ce qu'on lui demande, qu'il donne du moins une bonne parole *, une parole de paix, de consolation et de joie. C'est un point auquel doivent faire particulièrement attention tous ceux qui sont chargés de distribuer aux autres quelque chose que ce soit : il faut qu'on voie sur leur visage que c'est pour eux une joie de donner, de distribuer aux membres de la famille de Dieu, de soulager, de prévenir même, autant qu'il est en eux, les moindres nécessités de leurs frères. Enfin, tous, nous devons nous donner les uns aux autres, nous montrant heureux de nous trouver ensemble, de jouir de la société et de l'entretien des autres aux heures permises. Ne