Part. II, ch. i
400 L'IDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVlIh SIÈCLE
connaissance obtenue, il suffira de déduire quels devoirs nous lient envers nous-mêmes, envers Dieu, envers nos
semblables *.
Johnson clôt sa morale sur une prière philosophique-. Pouvait-il mieux faire, pour terminer ses Principes, que de s'adresser à celui qui nous envoie les pensées révélatrices de la science aussi bien que les suggestions inspiratrices du devoir ?
Si nous voulions condenser encore cet abrégé et ramasser en quelques lignes les idées particulières à Timmatérialiste Américain, nous dirions que, tout en suivant de bien près son modèle Irlandais, il a cependant fait mieux que d'accommoder, tel quel, à un plan pédagogique l'idéalisme Berkeleyen. Il en a, d'une vue très juste, discerné les fissures et ne s'est point épargné à les combler. Sur les notions, sur ces connaissances abstraites laissées par son devancier dans la pénombre, il a porté une curiosité investigatrice. Il a dégagé la théorie explicative qui semble se chercher dans la Siris, Au même titre que les images des sens, il a fait des idées intellectuelles les impressions de Dieu sur nos âmes, impressions actuelles, non préétablies ou incréees en nous. En même temps qu'il mettait en relief ce caractère acquisitionnel de toutes nos connaissances, même des rationnelles, il proclamait la forme archétypale des idées et leur inhérence à la pensée divine, menant ainsi à bien et par la voie la plus naturelle la réconciliation entre l'évêque de Cloyne et le philosophe de l'Oratoire. Enfin il atténuait ce que présente de paradoxal une Ethique utilitaire à sa base et théologique à son