Dialogue iv
dans l'ordre delà pratique. Il ne s'adresse pas moins à notre conscience active qu'à notre entendement. Le symbolisme qu'il agence dans la nature sensible le fait connaître de nos cœurs aussi clairement que de nos pensées. Nous avions tort de prétendre, tout à l'heure, que l'égoïsme était à la base de cette Ethique. Non, la morale de Johnson ne va pas, comme celle que prêchait le Sermon sur VOhêissance passive, de l'intérêt égoïste à Dieu. Un enseignement divin en est la première maxime. La loi de Dieu et le souci de mon bonheur forment en se combinant et le principe et la fin de la morale. Tout ce que je perçois, ressens, comprends, prévois, m'est un discours de l'universel Auteur et, parce que chaque phrase, chaque mot de ce discours respire l'amour et la tendresse, je n'ai qu'à suivre l'impulsion qu'il me donne pour réaliser à la fois sa volonté
et mon bien.
Dès lors, il ne reste plus au « déontologiste », comme dirait Bentham, qu'à proclamer la loi de bienveillance, qui régit le monde moral aussi universellement que l'attraction gouverne le monde physique*. L'assurance où je suis que Dieu a tout fait pour sa gloire et que mon intérêt me commande de respecter ses desseins me permet d'instituer une Ethique appliquée. Le précepte initial, d'où sortiront les diverses classes de devoirs, sera celui qui me prescrit « d'exercer mon entendement en m'instruisant de toute la » constitution des choses, de manière à acquérir une juste » appréciation des divers genres ou degrés du bien et du - » mal, et à toujours préférer un plus grand bien à un » moindre, un moindre mal à un plus grande » Cette