Eloge de Malebranche, par Fontenelle
GEOHGES LYON. 7
LMDEALISME EN ANGLETERRE AU XVllI' SIÈCLE
tion. Lui-même, au dire du P. André*, avait souvent raconté à ses amis la secousse qu'il ressentit. « La joie » d'apprendre un si grand nombre de nouvelles décou- » vertes lui causa des palpitations de cœur si violentes » qu'il était obligé de quitter son livre à toute heure, et » d'en interrompre la lecture pour respirer à son aise -. » Il va sans dire que ce premier ouvrage le mit bientôt en goût de lire et de méditer ceux où la doctrine entière du maître était plus explicitement contenue : le Discours de la Méthode, les Médilaiions, les Principes. Ce commerce avec Descartes l'induisit à s'appliquer aux sciences pures, où il devait exceller, et à mieux relire saint Augustin ^ Jamais, au cours de ses polémiques, il ne parlera de Descartes qu'avec vénération et comme d'un philosophe qui a « pénétré dans ce qui paraissait le plus caché aux yeux » des hommes et leur a montré un chemin sûr pour décou- » vrir toutes les vérités qu'un entendement limité peut » comprendre* >>.
Ce chemin très sûr est aussi celui que parcourut Male-^ branche et l'on aperçoit promptement ce que l'auteur de la Recherche de la Véynté hérita de l'auteur des Méditations, Il tint en premier lieu de lui cette défiance envers nos sens considérés comme agents de la connaissance objective et, par contre, cette foi permanente en la pensée, seule substance intuitivement instruite de sa propre réa-
1. La vie du R. P. Maîthranche, publiée par le P. Ingold. Paris, 188G.